| Le mardi 1er septembre dernier, une
commission de SINTRATUCAR s'est adressée à
vous en exigeant des garanties pour pouvoir
continuer notre activité syndicale, après les
menaces reçues contre des membres de son
Comité de Direction. Nous voulons réitérer
que ces harcèlements contre nos camarades et
leurs familles ont comme seule cause leur
activité syndicale, étant donné qu'avant la
création de SINTRATUCAR et l'apparition du
conflit de travail, les camarades ne
faisaient l'objet d'aucun type de menace.
Nous voulons manifester notre
préoccupation pour la sécurité de nos
dirigeants syndicaux, car après une semaine,
l'entreprise ne s'est toujours pas prononcée
en ce qui concerne les demandes formulées
pour la protection de SINTRATUCAR, et la
seule chose que nous avons reçu de vous, face
à l'infinité de démarches judiciaires à
réaliser dans ces cas, c'est un permis non
rémunéré, comme si la vie des travailleurs
n'importait pas.
En ce sens nous déclarons devant vous que
le silence et l'absence de mesures de
protection face aux menaces, signifie une
validation de la situation qui affecte le
syndicat et sa direction, et cette abstention
rend l'entreprise responsable de toute
situation en soi déjà regrettable.
Les analyses que nous faisons en
SINTRATUCAR, après avoir connu l'attitude
indolente de TENARIS, nous mènent à trois
hypothèses :
1. Que les menaces ont comme origine le
conflit de travail soutenu entre TENARIS et
SINTRATUCAR, et proviennent directement de
l'entreprise, comme telle.
2. Que, comme on sait, SINTRATUCAR a
acheminé plusieurs requêtes contre des chefs
d'usine pour attenter contre le droit de
syndicalisation, et contre le chef de
sécurité auprès de l'Office National des
Plaintes pour attaquer des travailleurs à
l'occasion d'une activité syndicale, ce qui
peut aussi avoir donné lieu aux les menaces,
une situation qui mettrait en cause
directement l'entreprise, par le biais de ses
fonctionnaires.
3. Que, de la même manière, nous avons
fait des mises en question aux maniements du
Fonds de Salariés, pour des situations que
nous considérons anormales. La relation
étroite de fonctionnaires de direction de
l'entreprise avec les maniements du Fonds
établit aussi une relation directe avec
l'entreprise et la compromet dans cette
situation.
Nous voulons préciser le fait que ni le
camarade Deivis Blanco ni le camarade Jairo
del Rio ont quelque relation que ce soit avec
un groupe de guérilla ou en marge de la Loi.
Le camarade Jairo del Rio appartient au Parti
Socialiste des Travailleurs, une organisation
qui durant plus de 30 ans d'existence n'a
jamais participé à des actions de guérilla
et, au contraire, a toujours agi dans la
légalité que lui permet la Constitution de la
Colombie, et a défendu la méthode de la lutte
directe et ouverte, propre du mouvement
ouvrier. La stigmatisation de « guérillero »
de la part de ceux qui font les menaces est
une justification perverse pour réaliser des
actions qui, elles, sont bien terroristes,
contre le mouvement ouvrier et des
travailleurs.
Nous nous adressons de nouveau à vous,
cette fois de manière publique, pour exiger
les garanties qui permettent de sauvegarder
la vie des dirigeants de notre organisation.
Cela nous préoccupe que TENARIS dise
publiquement qu'elle respecte les droits
humains et la législation de travail et
qu'elle considère la ressource humaine, les
travailleurs, comme une de ses principales
ressources; mais qu'au milieu de cette crise
tellement grave, elle continue à nous inviter
à « nous intégrer et partager ensemble des
jeux de l'amitié », sans faire des efforts
pour que dans l'entreprise existe une paix de
travail et sans chercher une solution à la
problématique que nous avons, dans laquelle
nos vies sont menacées. En outre, le meilleur
geste serait de résoudre notre pli de
revendications, parce que le responsable de
notre problème de sécurité est ce conflit de
travail. Outre les mesures ponctuelles déjà
sollicitées, nous demandons la convocation
immédiate d'une Assemblée Générale avec la
participation de tous les travailleurs, dans
le but d'examiner cette situation très grave
en présence des organismes de droits humains,
la municipalité et le juge.
Pour le droit à la vie, unité,
organisation et lutte!
Nous ne voulons pas de jeux ! Nous
n'admettons pas le retard à répondre à nos
justes revendications ! Nous voulons une
solution !
COMITE DE DIRECTION DE SINTRATUCAR
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