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Article paru dans Courrier International n°101, publié dans l'Internationaliste n°49

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Après l'attentat contre l'ONU,
quel est son véritable rôle en Iraq ?

Le 19 août, un camion piégé a explosé à côté de l'immeuble où siège l'ONU à Bagdad. Dans l'explosion, le chef de la mission de l'ONU, le brésilien Sergio Viera de Melo, a été tué. Les gouvernements impérialistes, et les gouvernements complices et réformistes de tout genre, se sont empressés à s'avancer en défense de l'ONU et de sa "mission humanitaire" et à condamner les attentats parce que, selon eux, ils iraient "à l'encontre du peuple irakien", "contre la paix", etc.

C'est d'une belle hypocrisie ! Ils oublient très rapidement que le peuple irakien a souffert, pendant 12 années, des sanctions qui ont empêché le pays de recevoir des médicaments et des aliments. Les conséquences de ce blocus ont causé de grandes souffrances au peuple irakien et ont décimé la population, en particulier les enfants et les personnes âgées. Ces sanctions ont été appliquées au nom de l'ONU et ont été approuvées par son Conseil de Sécurité. Pour les Irakiens, ce n'est vraiment pas facile de croire en la "mission humanitaire" d'un tel organisme.

En plus, bien que le Conseil de Sécurité n'ait pas formellement approuvé l'invasion anglo-yankee, cette organisation n'a absolument rien fait pour l'empêcher. Elle n'a même pas voté une résolution qui la condamnerait, comme violant la souveraineté d'un autre pays membre de l'ONU. Après l'occupation, elle a eu vite fait d'approuver l'autorité des Etats-Unis sur le territoire irakien et sur ses richesses, en particulier le pétrole. En échange, elle n'a que mendié "un rôle dans la reconstruction de l'Iraq" (c'est-à-dire "répartir le butin avec les partenaires impérialistes européens"). L'envoyé pour accomplir cette mission a été Vieira de Melo, choisi personnellement par Kofi Annan avec l'accord de Bush, celui qui, en plus de représenter sur place les intérêts des autres puissances de l'ONU, essayerait de donner une couverture "humanitaire" à l'occupation des Etats-Unis.

Avec la situation que nous venons de décrire : pénurie économique, pillage des richesses du pays, invasion des transnationales impérialistes, les soldats étrangers poursuivant et fustigeant de façon permanente la population ; il ne faut pas s'étonner que l'ONU soit vue par les irakiens comme une partie du schéma de l'occupation et, par conséquent, soit la cible elle aussi de la juste haine et de l'indignation de la population irakienne.

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