Le mercredi 17 août, une
Manifestation organisée par CONLUTAS a réunit
30 000 personnes à Brasilia. C'était beaucoup
plus que le rassemblement convoqué la veille
par la CUT (syndicat traditionnel), la UNE
(Union nationale des étudiant) et d'autres
institutions proches du gouvernement, "contre
le gouvernement et la corruption" mais en
défense de Lula. Dirceu Travesso, dirigeant
de l'Opposition Syndicale des Travailleurs de
Banque et dirigeant du PSTU, pouvait dire :
"Cela prouve que l'option de défense du
gouvernement de ces organisations, les
éloigne du mouvement syndical, étudiant et
populaire".
Zé Maria, de la coordination de CONLUTAS,
et président national du PSTU, disait dans
son intervention de clôture de la Marche :
"Nous n'acceptons pas que les travailleurs y
les jeunes du pays soient confondus avec
cette opposition mensongère, formée par la
droite [...] Ce n'est pas de ce Congrès
corrompu ou des élections de cette démocratie
des riches que viendra une vraie alternative
pour le pays. Il faut les renvoyer tous.
(...) Nous apprécions les camarades de la
gauche de la CUT et de la UNE qui se sont
mobilisé dans la marche contre le
gouvernement et la corruption [de la veille],
mais nous devons les lancer un appel : il est
temps de rompre avec la CUT et de construire
une alternative des travailleurs."
Face au siège du gouvernement, les
manifestants exigeaient : "Fuera Lula" (Lula
dehors), et les chants de la multitude ne
manquaient pas d'humour en disant "Le Congrès
s'est installé au Bangu" (en référence à la
prison de haute sécurité de Rio de Janeiro),
ou "Quelle blague ! Le chef de la bande est
le président de la nation !"
Face au Ministère du Travail, les
invectives se dirigeaient contre les réformes
néo-libérales de restriction brutale des
droits syndicales des travailleurs, qui
étaient "approuvées" par le Congrès moyennant
toute cette corruption.
A la fin, Luis Carlos Prates ("Mancha"),
du syndicat des métallos de São José dos
Campos, exhortait les participants à rester
encore un jour à Brasilia pour discuter "non
seulement la continuité de la mobilisation
dans les différents Etats, mais aussi de
débattre comment organiser un grand congrès
en avril 2006".
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