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Article paru dans Courrier International n°114, publié dans l'Internationaliste n°56

Traduit par les soins de nos camarades de Belgique

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Soutenons la lutte du peuple équatorien

contre l'Occidental Petroleum et Petrobras !

En Équateur, il y a deux batailles de la "guerre des hydrocarbures" en cours. Une d'elles est la grève générale qui, depuis le 15 août, est menée par les habitants et les travailleurs pétroliers des provinces de Sucumbíos et d'Orellana, en Amazonie.

La grève inclut des mobilisations, le blocage de routes, ainsi que des occupations de puits pétroliers, exigeant l'annulation du contrat de la multinationale pétrolière Occidental Petroleum. Les habitants dénoncent que, malgré les profits gigantesques qu'obtient l'entreprise, ils ne disposent pas "d'attention médicale, éducative, et de services de base adéquats". Plus de 80% des habitants ne peuvent pas satisfaire leurs besoins fondamentaux. Ils dénoncent, en outre, que l'entreprise "provoque une pollution dans tout le territoire de l'Amazonie équatorienne". La grève a provoqué une diminution de la production de 200.000 barils par jour à seulement 10.000, des pertes de plus de 200 millions de dollars et une chute des exportations pétrolières du pays.

Le président Palacio ordonne la répression

La première réponse d'Occidental Petroleum a produit encore plus indignation : la compagnie a non seulement rejeté toute possibilité d'annulation du contrat, mais elle a réclamé à l'État équatorien le payement de 75 millions de dollars à titre de remboursement de la TVA.

Le gouvernement Alfredo Palacio défend clairement la position de la compagnie pétrolière : il a militarisé la région, il a envoyé d'importants contingents de troupes et il a exercé une répression dure pour reprendre le contrôle des puits pétroliers. Dans sa tentative de briser la grève, Palacio a reçu l'aide du président vénézuélien Hugo Chavez (voir encadré). Dans ce contexte de répression, l'Assemblée des deux provinces, qui représente la population, a accepté d'ouvrir un "dialogue" avec le gouvernement. Après plusieurs démarches sans succès, ce dialogue a été considéré comme "une farce du gouvernement" et on a commencé à reprendre le blocage de routes. Face à cela, l'entreprise a fait la proposition de financer une série de travaux dans la région. Soutenons la lutte du peuple équatorien !

La lutte des peuples Huaorani

La communauté des peuples Huaorani s'est mobilisée à Quito le 12 juillet contre le début de l'exploitation par Petrobras des ressources pétrolières dans le "Bloc 31", situé en plein Parc national Yasuní, l'habitat naturel de résidence de la communauté. Cette exploitation provoquera "des décharges d'effluents dans l'atmosphère, l'enterrement de déchets de perforation sur le site, la construction de routes, un oléoduc partiellement enterré et la construction d'un incinérateur".

La réserve Yasuní est un des lieux qui renferme la plus grande diversité d'espèces animales et végétales au monde, et possède un paysage naturel intact. Petrobras est déjà active depuis 2002 dans le "Bloc 18" et a causé des impacts sociaux et environnementaux par la construction d'un oléoduc.

La lutte des Huaorani a reçu des soutiens nationaux et internationaux et, pour le moment, a obtenu l'arrêt du début d'exploitation dans le "Bloc 31". Dans le camp d'en face, Lula a envoyé une lettre au président équatorien le 26 juillet, faisant état de "sa préoccupation pour la décision récente de suspendre les activités de Petrobras dans le bloc 31, un fait qui met en risque le futur même du projet" (La Insignia, 18/8/05).

Le soutien du PSTU

Face à la position indigne du gouvernement brésilien, le PSTU a envoyé une lettre de protestation à Lula et au président de Petrobras, en manifestant, entre autres, ce qui suit :

“Considérant :

Que le parc National Yasuní est une des zones les plus riches en biodiversité de la planète ;

Que les impacts des entreprises pétrolières dans le Parc ont mené les peuples indigènes qui y habitent à une situation d'exploitation et de violation des droits humains, et de menace constante contre la conservation des espèces animales et végétales ;

Nous dénonçons que, sous le couvert de "l'intégration régionale sud-américaine", on privilégie en réalité des intérêts commerciaux. C'est pourquoi, nous exigeons que Petrobras et le gouvernement brésilien suspendent immédiatement tout type d'activité dans la région et respectent les demandes des peuples équatoriens qui vivent dans le Parc, en permettant qu'une commission d'évaluation puisse librement travailler, et le temps nécessaire, pour produire un rapport qui garantit la protection de la région et des droits humains des peuples qui y habitent."

Chavez contre la grève

Les faits valent plus que les mots, et l'anti-impérialisme que Chavez proclame dans ses discours se révèle totalement faux dans ses actes. D'abord, il a collaboré avec les représentants de Lula et de Kirchner pour "calmer" le processus révolutionnaire bolivien récent. Ensuite, il a soutenu personnellement le gouvernement corrompu de Lula. Maintenant, face à la grève des habitants de Sucumbíos et d'Orellana contre l'Occidental Petroleum, il a décidé d'aider son collègue équatorien Alfredo Palacio, en lui envoyant du pétrole vénézuélien "en qualité de prêt" pour "faire face à la situation critique produite par la paralysie de l'industrie". Comme l'indique Jeronimo Antón, dans un article publié dans Rebelión, l'attitude de Chavez "provoque une peine dans les secteurs classistes et révolutionnaires", car le président vénézuélien "finit par soutenir les multinationales". De plus, il le fait contre les mêmes travailleurs et techniciens pétroliers équatoriens qui, lors du sabotage patronal et impérialiste contre le gouvernement de Chavez en décembre 2002 - janvier 2003 (qui entre autres avait paralysé la production de PDVSA), ont offert tout leur soutien et collaboration pour remettre PDVSA en fonctionnement.

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