| En Équateur, il y a deux batailles de la
"guerre des hydrocarbures" en cours. Une
d'elles est la grève générale qui, depuis le
15 août, est menée par les habitants et les
travailleurs pétroliers des provinces de
Sucumbíos et d'Orellana, en Amazonie.
La grève inclut des mobilisations, le
blocage de routes, ainsi que des occupations
de puits pétroliers, exigeant l'annulation du
contrat de la multinationale pétrolière
Occidental Petroleum. Les habitants dénoncent
que, malgré les profits gigantesques
qu'obtient l'entreprise, ils ne disposent pas
"d'attention médicale, éducative, et de
services de base adéquats". Plus de 80% des
habitants ne peuvent pas satisfaire leurs
besoins fondamentaux. Ils dénoncent, en
outre, que l'entreprise "provoque une
pollution dans tout le territoire de
l'Amazonie équatorienne". La grève a provoqué
une diminution de la production de 200.000
barils par jour à seulement 10.000, des
pertes de plus de 200 millions de dollars et
une chute des exportations pétrolières du
pays.
Le président Palacio
ordonne la répression
La première réponse d'Occidental Petroleum
a produit encore plus indignation : la
compagnie a non seulement rejeté toute
possibilité d'annulation du contrat, mais
elle a réclamé à l'État équatorien le
payement de 75 millions de dollars à titre de
remboursement de la TVA.
Le gouvernement Alfredo Palacio défend
clairement la position de la compagnie
pétrolière : il a militarisé la région, il a
envoyé d'importants contingents de troupes et
il a exercé une répression dure pour
reprendre le contrôle des puits pétroliers.
Dans sa tentative de briser la grève, Palacio
a reçu l'aide du président vénézuélien Hugo
Chavez (voir encadré). Dans ce contexte de
répression, l'Assemblée des deux provinces,
qui représente la population, a accepté
d'ouvrir un "dialogue" avec le gouvernement.
Après plusieurs démarches sans succès, ce
dialogue a été considéré comme "une farce du
gouvernement" et on a commencé à reprendre le
blocage de routes. Face à cela, l'entreprise
a fait la proposition de financer une série
de travaux dans la région. Soutenons la lutte
du peuple équatorien !
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La lutte des peuples
Huaorani
La communauté des peuples Huaorani
s'est mobilisée à Quito le 12 juillet
contre le début de l'exploitation par
Petrobras des ressources pétrolières
dans le "Bloc 31", situé en plein
Parc national Yasuní, l'habitat
naturel de résidence de la
communauté. Cette exploitation
provoquera "des décharges d'effluents
dans l'atmosphère, l'enterrement de
déchets de perforation sur le site,
la construction de routes, un oléoduc
partiellement enterré et la
construction d'un incinérateur".
La réserve Yasuní est un des lieux
qui renferme la plus grande diversité
d'espèces animales et végétales au
monde, et possède un paysage naturel
intact. Petrobras est déjà active
depuis 2002 dans le "Bloc 18" et a
causé des impacts sociaux et
environnementaux par la construction
d'un oléoduc.
La lutte des Huaorani a reçu des
soutiens nationaux et internationaux
et, pour le moment, a obtenu l'arrêt
du début d'exploitation dans le "Bloc
31". Dans le camp d'en face, Lula a
envoyé une lettre au président
équatorien le 26 juillet, faisant
état de "sa préoccupation pour la
décision récente de suspendre les
activités de Petrobras dans le bloc
31, un fait qui met en risque le
futur même du projet" (La Insignia,
18/8/05).
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Face à la position indigne du
gouvernement brésilien, le PSTU a
envoyé une lettre de protestation à
Lula et au président de Petrobras, en
manifestant, entre autres, ce qui
suit :
“Considérant :
Que le parc National Yasuní est
une des zones les plus riches en
biodiversité de la planète ;
Que les impacts des entreprises
pétrolières dans le Parc ont mené les
peuples indigènes qui y habitent à
une situation d'exploitation et de
violation des droits humains, et de
menace constante contre la
conservation des espèces animales et
végétales ;
Nous dénonçons que, sous le
couvert de "l'intégration régionale
sud-américaine", on privilégie en
réalité des intérêts commerciaux.
C'est pourquoi, nous exigeons que
Petrobras et le gouvernement
brésilien suspendent immédiatement
tout type d'activité dans la région
et respectent les demandes des
peuples équatoriens qui vivent dans
le Parc, en permettant qu'une
commission d'évaluation puisse
librement travailler, et le temps
nécessaire, pour produire un rapport
qui garantit la protection de la
région et des droits humains des
peuples qui y habitent."
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Les faits valent plus que les
mots, et l'anti-impérialisme que
Chavez proclame dans ses discours se
révèle totalement faux dans ses
actes. D'abord, il a collaboré avec
les représentants de Lula et de
Kirchner pour "calmer" le processus
révolutionnaire bolivien récent.
Ensuite, il a soutenu personnellement
le gouvernement corrompu de Lula.
Maintenant, face à la grève des
habitants de Sucumbíos et d'Orellana
contre l'Occidental Petroleum, il a
décidé d'aider son collègue
équatorien Alfredo Palacio, en lui
envoyant du pétrole vénézuélien "en
qualité de prêt" pour "faire face à
la situation critique produite par la
paralysie de l'industrie". Comme
l'indique Jeronimo Antón, dans un
article publié dans Rebelión,
l'attitude de Chavez "provoque une
peine dans les secteurs classistes et
révolutionnaires", car le président
vénézuélien "finit par soutenir les
multinationales". De plus, il le fait
contre les mêmes travailleurs et
techniciens pétroliers équatoriens
qui, lors du sabotage patronal et
impérialiste contre le gouvernement
de Chavez en décembre 2002 - janvier
2003 (qui entre autres avait paralysé
la production de PDVSA), ont offert
tout leur soutien et collaboration
pour remettre PDVSA en
fonctionnement.
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