- La grève nationale
des fonctionnaires contre la Réforme de
la Prévision Sociale, en juillet
2003, a marqué le début de la rupture des
masses avec ses organisations
traditionnelles à cause du rôle traître
de la CUT dans cette grève. Les
travailleurs commencent à rompre
définitivement avec les directions
progouvernementales du mouvement syndical
et populaire. Les grévistes refusent à la
CUT le droit de parler en leur nom lors
des négociations avec le gouvernement.
Après la défaite de la grève, le
processus continue avec la suspension du
paiement des contributions financières et
avec la désaffiliation définitive des
syndicats à la CUT. Le phénomène s'étend
rapidement à d'autres syndicats de base,
dans un processus de rupture des secteurs
les plus combatifs du mouvement syndical
avec la CUT.
- La lutte contre la
Réforme Syndicale et du Travail a
ouvert la phase de construction
d'organismes alternatifs de lutte. La
Proposition présentée par le gouvernement
met le mouvement syndical en alerte
concernant son objectif, celui de
modifier la structure syndicale existante
dans le pays, avec le but de renforcer
encore plus le contrôle de l'Etat et du
gouvernement sur les syndicats, de
maintenir le mouvement syndical sous la
direction absolue des centrales jaunes,
d'éliminer des droits du travail
historiques et d'attacher les mains des
travailleurs avec l'interdiction des
grèves.
- La Rencontre
Nationale Syndicale de Luziania
(Goiás), en mars 2004, entame
cette seconde phase : 1800 dirigeants et
181 syndicats de base et oppositions
syndicales décident d'entamer la
construction d'un front de lutte contre
la réforme. On approuve une plate-forme
nationale de lutte et la réalisation
d'une marche nationale, le 16 juin, à
Brasilia.
- A Brasilia, le 19 mars, une nouvelle réunion vote
la construction de la Coordination
Nationale de Luttes (CONLUTAS)
comme un pôle national de lutte,
alternatif à la CUT. Etaient présents :
des secteurs syndicaux de gauche, des
syndicats indépendants de fonctionnaires
fédéraux, et un secteur des Fédérations
qui par après s'est retiré.
- Dans le mouvement
estudiantin il y a un processus
similaire. Des secteurs liés au
PSTU, des groupes régionaux de gauche et
un vaste secteur indépendant entament un
mouvement d'opposition à la Réforme
Universitaire du gouvernement. En mai a
lieu une Rencontre Nationale à Rio de
Janeiro : près de 1.500 étudiants
approuvent une plate-forme de lutte
contre la Réforme et le gouvernement, et
décident de construire la Coordination
Nationale de Lutte des Étudiants
(CONLUTE) comme un pôle alternatif à la
direction de l'UNE.
- La Marche Nationale
du 16 juin a réuni à Brasilia
entre 8 et 10 mille personnes et a
démontré qu'il était possible de faire
une mobilisation nationale en marge des
organisations traditionnelles.
L'événement donne une plus grande
confiance à l'avant-garde, qui commence à
voir avec davantage d'optimisme la
viabilité de la construction d'un projet
de direction alternatif.
- La grève nationale
des travailleurs de banque,
entamée le 14 septembre 2004, encourage
la construction d'Oppositions Syndicales
liées à CONLUTAS comme alternative aux
directions syndicales
progouvernementales. Dans cette grève, la
plus longue dans l'histoire du secteur,
le Mouvement National d'Opposition
Bancaire (MNOB) dirige un processus de
rébellion de base contre la Confédération
Nationale des Travailleurs de Banque
(CNB-CUT) et fait face au gouvernement,
aux banquiers, à la CUT et aux directions
des syndicats. La victoire partielle
obtenue a provoqué un saut qualitatif
dans l'expérience des travailleurs de
banque avec les directions syndicales
progouvernementales, et le MNOB se
fortifie dans tout le pays.
- En septembre 2004, CONLUTE organise un
Plébiscite National
contre la Réforme Universitaire.
En faisant face à l'UNE, CONLUTE parvient
à rassembler 56.127 votes estudiantins et
elle s'impose clairement, surtout dans
les universités publiques.
- En janvier 2005,
CONLUTAS tient sa Première Rencontre
Nationale à Porto Alegre, avec la
participation de 1.500 activistes
syndicaux, populaires et estudiantins.
Elle mène une discussion stratégique sur
la nécessité de se transformer en une
véritable organisation nationale qui
agglutine les différents mouvements
sociaux (syndical, populaire, paysan et
estudiantin). On y vote la réalisation
d'une nouvelle Rencontre Nationale pour
organiser un Congrès National de
Fondation, un plan de mobilisation contre
la Réforme Syndicale et du Travail, et
une nouvelle marche sur Brasilia. Le plan
serait combiné avec la lutte pour
l'unification des campagnes salariales et
la participation aux élections annoncées
dans plusieurs syndicats importants.
- CONLUTE tient aussi
une nouvelle Rencontre Nationale avec
environ 1.000 étudiants. On y
décide l'organisation d'un vaste débat
dans la base du mouvement estudiantin sur
la nécessité de rompre avec l'UNE,
l'intensification de la lutte contre la
réforme universitaire et la réalisation
d'une nouvelle rencontre nationale. En outre, la Rencontre
Nationale de la Coordination de Luttes
des Mouvements Populaires (CLMP) a
lieu avec la présence de mouvements
urbains des SDF (MUST - Movimento Urbano
dos Sem-Teto - de San José dos Campos-São
Paulo et de Recife) et du Mouvement
Populaire Alborada de Rio Grande do Sul.
On y vote l'intégration de la CLMP à
CONLUTAS.
- Dans les premiers mois de 2005, la campagne contre la
Réforme Syndicale et du Travail
s’intensifie. Le
gouvernement, la direction de la CUT et
les centrales jaunes commencent à perdre
le débat sur le sujet. Le Front National
contre la Réforme est mis sur pied.
Fuerza Sindical retire son soutien au
projet et affaiblit la stratégie du
gouvernement qui voulait l'approuver
cette année.
- Des listes
d'opposition syndicale à la CUT par la
gauche, et/ou liées à CONLUTAS,
apparaissent. Les discussions sur
l'orientation progouvernementale des
directions syndicales, sur la rupture
avec la CUT et sur la nécessité de
construire CONLUTAS comme alternative de
direction sont menées à la base dans des
secteurs importants. Malgré le poids de
la machine électorale bureaucratique, les
oppositions obtiennent des résultats
autour de 30% des votes, et dans quelques
cas elles obtiennent la victoire. Le
processus de rupture des syndicats avec
la CUT et la construction de CONLUTAS est
l'expression d'un vaste processus de
rupture dans la base des sections. Le
projet de construction des Oppositions
Syndicales de CONLUTAS commence à se
généraliser.
- La crise politique
qui s'ouvre dans le pays, impliquant le
gouvernement de Lula et le Congrès
National dans des scandales de
corruption, produit un nouveau
saut dans la rupture avec le gouvernement
et avec les directions syndicales,
populaires et estudiantines qui le
soutiennent. Le chemin pour le
renforcement de CONLUTAS se dégage.
Celle-ci lance une campagne contre la
corruption, les réformes néo-libérales et
la politique économique du
gouvernement-FMI, et convoque à une
journée de luttes dans les principales
villes du pays, à une manifestation
nationale, le 17 août, à Brasilia, et à
sa Deuxième Rencontre Nationale, le 18
août, dans cette ville.
- La marche du 17
août réunit autour de 12 mille
personnes alors que le meeting de soutien
au gouvernement, convoqué le jour
précédent par la CUT, l'UNE et le MST,
avait réuni à peine 5 mille personnes.
Cet événement place CONLUTAS à un niveau
supérieur pour disputer la direction du
mouvement de masses au Brésil. Même si
elle est encore très loin d'avoir la même
représentativité que les plus grands
organismes, la marche la place sur la
scène politique nationale et accélère sa
capacité d'attraction de l'avant-garde et
du mouvement social organisé.
- La Deuxième
Rencontre Nationale, le jour
suivant, réunit environ 1.700 activistes
syndicaux, paysans et populaires. On
annonce formellement l'entrée à CONLUTAS
du Mouvement Terre et Liberté (MTL) et de
la FENAFISCO. On se met d'accord sur la
réalisation d'un Congrès National pour
fin avril/début mai 2006, dans le but de
construire une nouvelle organisation
nationale de lutte de la classe ouvrière,
qui unifie les différents mouvements
sociaux. On approuve aussi un Manifeste
et un calendrier de meetings dans les
principales capitales du pays contre la
corruption, les réformes et la politique
économique du gouvernement. Les meetings
ont été d'importantes manifestations
d'avant-garde et ont contribué à ce que
CONLUTAS continue à attirer des
organismes dans tout le pays. Elle entre
ainsi dans une phase de renforcement, en
marche vers sa transformation en une
nouvelle organisation nationale.
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