L'Autorité Nationale
Palestinienne
Pour éviter la destruction de l'Etat
d'Israël, mis en échec au Liban, en 1985, et
incapable de mettre un terme à l'Intifada de
1987, l’impérialisme a imposé la
signature des accords d'Oslo. Un gouvernement
palestinien élu, avec des pouvoirs très
limités (semblable aux "bantoustans"
sud-africains) était désormais chargé de
l'administration de la bande de Gaza et de la
Cisjordanie. Le Fatah reconnaissait l'Etat
d'Israël et renonçait à le combattre.
L'Autorité Nationale Palestinienne (ANP)
n'a aucune autonomie financière possible :
ses recettes proviennent de fonds qu'Israël
transfère des impôts perçus dans les
territoires, de l'aide internationale des
Etats-Unis, de l'UE et des gouvernements
arabes. Cela explique clairement les
positions pro-impérialistes du Fatah qui, en
outre, fait preuve d’une corruption
totale dans l’administration des
territoires.
Parallèlement, Israël a continué à
implanter des colonies juives dans les
territoires palestiniens, s'est approprié les
meilleures terres et les sources d'eau de la
Cisjordanie, a isolé la zone arabe de
Jérusalem et les populations palestiniennes
de la Cisjordanie. Cette situation s'est
aggravée avec la "séparation unilatérale" et
la construction du fameux "mur" sous le
gouvernement israélien de Sharon-Olmert. Dans
ces conditions, tout état palestinien, même
"indépendant", s'avère non viable,
géographiquement et économiquement. Les
conditions de vie des Palestiniens ne cessent
de se détériorer: un tiers vit dans la
misère, 50% des Palestiniens sont au chômage;
et avec le Fatah, il n'y avait aucune
perspective d’amélioration possible.
Le triomphe du Hamas représente donc un
vote de désaveu massif, face à la trahison et
la corruption du Fatah. Les masses ont opté
pour l'"option la plus radicalisée" et le
Hamas a triomphé, même dans des lieux où il
n'avait pourtant presque aucune insertion.
Son opposition aux accords d'Oslo, son
programme, qui inclut la destruction de
l'Etat d'Israël et la récupération de la
"patrie palestinienne", ont contribué à ce
triomphe. En fait, les Palestiniens ont voté
pour tous ceux qui apparaissaient comme des
"combattants contre Israël". Ainsi, les
députés du Fatah emprisonnés dans les geôles
israéliennes pour "terrorisme", comme Marwan
Bargouti, ont aussi été élus.
Le Hamas, fondé pendant la première
Intifada en 1987, a été soutenu par le clergé
iranien et la monarchie saoudienne ; il a
même été encouragé par le premier ministre
israélien de l’époque, Itzak Shamir,
pour s’opposer au poids des
organisations laïques et marxistes
palestiniennes. Peu après, il est devenu un
phénomène de masses, notamment à Gaza.
Parallèlement, il a radicalisé ses positions
et a commencé à être durement attaqué par
Israël, puis il est devenu une référence pour
des milliers de combattants palestiniens.
Il s’agit d’un courant doté
d’une direction bourgeoise et
d’une idéologie théocratique: son
programme propose l’établissement
d’un état islamique dans toute la
Palestine. Une proposition que la LIT-QI
considère comme totalement erronée, parce
qu'elle divise les palestiniens entre
croyants et non-croyants, au lieu de les unir
dans la lutte contre le sionisme. Tant par
son caractère bourgeois, que par son
idéologie, on ne peut avoir aucune confiance
dans la direction du Hamas qui ne sera pas
conséquente dans sa lutte contre
l'impérialisme et le sionisme. La Hamas a
ainsi déjà accepté la trêve organisée par le
gouvernement du Fatah et par Israël.
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La politique de
l'impérialisme et d'Israël
Le triomphe du Hamas a certes constitué un
coup dur pour le maintien de la politique des
accords d'Oslo, défendue par l'impérialisme
et par Israël. L’allié palestinien
préféré (le Fatah) quitte la scène et est
remplacé par un intrus (le Hamas) qui ne
reconnaît pas Israël et est qualifié de
"terroriste".
Ce putsch a lieu alors que la situation de
la Palestine et la maladie d'Ariel Sharon ont
produit une grave crise politique en Israël,
et ce, peu avant les élections. Si on ajoute
à cela la guerre en Irak et l'augmentation
des tensions avec l'Iran, ce qui constituait
les piliers de la politique impérialiste au
Moyen-Orient est remis en cause.
La politique impérialiste consiste
maintenant à exercer une pression sur le
Hamas : le menacer de couper l'aide
financière à l'ANP, dans le cas où son futur
gouvernement ne reconnaîtrait pas l'État
d'Israël et ne renoncerait pas à la lutte
armée contre celui-ci, autrement dit, forcer
le Hamas à abandonner son programme. On voit
ce que signifie, pour l'impérialisme et pour
Israël, la "démocratie" dans les pays
dominés: "les résultats ne seront respectés
que si est élu celui que je veux". En ce
sens, nous revendiquons le droit du Hamas à
former son propre gouvernement sans aucune
pression.
Jusqu'à présent, la réponse du Hamas a été
d'ouvrir des négociations avec le
gouvernement israélien et de prolonger
indéfiniment la trêve avec Israël, pactisée
par le Fatah, mais sans abandonner
formellement son programme. L'impérialisme et
Israël exigent toutefois une capitulation
complète, cherchant ainsi à répéter, en un
délai beaucoup plus court, ce qui est arrivé
avec le Fatah. Jusqu'à quand pourront-ils
maintenir cette pression, sans provoquer une
nouvelle explosion en Palestine? Le Hamas
parie que, face à cette possibilité,
l'impérialisme et Israël vont finalement
accepter la négociation.
Ainsi, la direction du Hamas se retrouve
divisée entre la pression de l'impérialisme
et des sionistes, d'une part, et celle du
peuple palestinien qui l'a porté au pouvoir,
d'autre part.. Que fera-t-il dans ces
conditions? Nous n'avons pas encore la
réponse mais, par son caractère bourgeois et
la capitulation partielle qu'il accepte déjà
aujourd'hui, nous répétons que nous ne
faisons pas confiance au Hamas pour défendre
la lutte du peuple palestinien. D'ailleurs,
des dirigeants du Hamas, ont déjà déclaré que
"les Etats-Unis ne sont pas l'ennemi".
La seule garantie :
continuer la lutte
C'est dans le peuple palestinien héroïque
et dans sa lutte que nous confions
pleinement, une lutte qui, sûrement, sera
fortifiée par le triomphe électoral récent,
contre les traîtres et ceux qui capitulent.
Il n'y a que cette lutte qui sera capable de
détruire l'Etat gendarme et raciste d'Israël
et d'obtenir les revendications historiques
de l'OLP: une Palestine laïque, démocratique
et non-raciste et le droit au retour des
réfugiés. Nous offrons tout le soutien de la
LIT-QI à ce combat, comme nous l'avons fait
jusqu'à maintenant.
Secrétariat
International de la LIT-QI
São Paulo,
février 2006
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