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Article paru dans Courrier International n°123

Pseudo puce Dossier Brésil

Conlutas

C'est l'heure d'unifier les luttes des travailleurs

Dans un autre article de cette édition de Courrier International, nous indiquons que la crise de la CUT (Centrale Unique des Travailleurs) est beaucoup plus avancée que l'usure de la figure de Lula. Son adhésion inconditionnelle au gouvernement l'a mené à s’opposer de manière croissante aux nécessités des travailleurs et ceci a provoqué un processus presque continu de rupture de beaucoup de syndicats. Une partie de ces syndicats, d'oppositions syndicales, d'organisations paysannes, sociales et estudiantines, qui représentent une base de presque 1.800.000 travailleurs, ont fondé Conlutas (Coordination Nationale de Luttes), dans un Congrès qui a eu lieu au mois de mai 2006.

Depuis lors, le processus de rupture avec la CUT a continué et s'est approfondi. Des syndicats importants, comme celui des enseignants de Rio de Janeiro, ont décidé leur rupture. Dans le syndicat métallo de Volta Ronde (Rio de Janeiro), siège d'une grande sidérurgie et symbole des luttes contre la dictature et les privatisations, une liste qui postulait la rupture avec la CUT a gagné les élections. Dans la région minière du Vale do Rio Doce (Minas Gerais) aussi, une liste combative, identifiée avec la CONLUTAS, a gagné les élections. Dans le secteur pétrolier, plusieurs syndicats, qui représentent 40% des délégués au congrès, ont rompu avec la direction proche du gouvernement de la FUP (Fédération Unique des Pétroliers) et ont constitué le FNP (Front National Pétrolier). Certains de ces syndicats ont déjà adhéré à Conlutas et d'autres examinent cette possibilité.

En même temps, quelques luttes importantes des travailleurs publics, de métallos et d'autres secteurs ont lieu dans le pays. Dans ce cadre a eu lieu, entre les 18 et le 20 août, la première réunion de la Direction Nationale de Conlutas depuis la fondation de cet organisme. Nous présentons ici le reportage effectué par Opinião Socialista, le journal du PSTU, à Zé María d'Almeida, membre de cette direction, dans lequel il évalue les résultats de la réunion et les tâches décidées.

Opinião Socialista - Quelle bilan fais-tu de la réunion de la Direction Nationale de Conlutas ?

Zé Maria - Cela a été une réunion très importante, représentative, qui a réuni environ 100 dirigeants et activistes de 53 syndicats, 13 oppositions syndicales, six mouvements populaires de la ville et de la campagne et deux organisations estudiantines, issus de 12 Etats. Nous avons examiné le cadre politique et nous avons défini une orientation. Il est important de souligner que nous commençons aussi à construire les conditions pour répondre aux demandes des mouvements populaires.

OS - Quelles ont été les principales discussions et les résolutions de la réunion ?

Zé Maria - En même temps que nous allons poursuivre les campagnes que nous menons déjà contre le « Super Simple » [projet d'élimination de droits du travail pour les travailleurs des petites entreprises], pour l'annulation de la réforme de la prévision sociale, contre le paiement des dettes externe et interne, etc., la réunion a décidé de faire un effort pour unifier les campagnes salariales en cours des fonctionnaires nationaux, des travailleurs des secteurs pétroliers, bancaires, métallos, des travailleurs de la Poste et d'autres syndicats. Nous allons faire un journal massif adressé à la base de ces syndicats en les appelant à rejoindre le jour de lutte déjà convoqué par les fonctionnaires, le 5 septembre. L’objectif est defaire de cette date un jour de lutte de tous les syndicats qui sont en campagne salariale.

OS - Quels organismes des mouvements populaires ont participé à la réunion ?

Zé Maria - Ont été présentes : des représentations du MTL (Mouvement Terre et Liberté), du MUST (Mouvement Unifié des Sans-Toit de São José dos Campos) et de l'Association Ouest de Diadème (qui sont déjà dans Conlutas depuis quelque temps), ainsi que des représentations du MLST (Mouvement de Libération des Sans Terre), du MPRA (Mouvement Populaire pour la Réforme Agricole) de Minas Gerais, du MTST (Mouvement des Travailleurs Sans-Toit) de São Paulo, qui ont commencé à organiser un groupe de travail qui va s'occuper de la lutte dans ce secteur. Il y a, à l'heure actuelle, plusieurs processus de luttes de ces mouvements, dans la ville et à la campagne, auxquels Conlutas participe activement. La réunion a aussi permis d'avancer dans le renforcement de la structure elle-même de la coordination, et on est en train de faire les pas nécessaires pour le registre et la légalisation de Conlutas comme une centrale à caractère syndical et populaire, selon la résolution du Conat.

La réunion a aussi examiné le renforcement du travail des oppositions syndicales et l'appui à la lutte des peuples libanais et palestinien. Il y a aussi eu un très bon débat sur la politique de réparation [pour 400 ans d'esclavage] et de quote-part pour les noires et noirs. Nous avons débattu aussi des finances de Conlutas, en insistant pour que les organismes, principalement les syndicats, qui disposent de davantage de ressources, contribuent régulièrement.

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