| Dans un autre article de cette
édition de Courrier International, nous
indiquons que la crise de la CUT (Centrale
Unique des Travailleurs) est beaucoup plus
avancée que l'usure de la figure de Lula. Son
adhésion inconditionnelle au gouvernement l'a
mené à s’opposer de manière croissante
aux nécessités des travailleurs et ceci a
provoqué un processus presque continu de
rupture de beaucoup de syndicats. Une partie
de ces syndicats, d'oppositions syndicales,
d'organisations paysannes, sociales et
estudiantines, qui représentent une base de
presque 1.800.000 travailleurs, ont fondé
Conlutas (Coordination Nationale de Luttes),
dans un Congrès qui a eu lieu au mois de mai
2006.
Depuis lors, le processus de rupture avec
la CUT a continué et s'est approfondi. Des
syndicats importants, comme celui des
enseignants de Rio de Janeiro, ont décidé
leur rupture. Dans le syndicat métallo de
Volta Ronde (Rio de Janeiro), siège d'une
grande sidérurgie et symbole des luttes
contre la dictature et les privatisations,
une liste qui postulait la rupture avec la
CUT a gagné les élections. Dans la région
minière du Vale do Rio Doce (Minas Gerais)
aussi, une liste combative, identifiée avec
la CONLUTAS, a gagné les élections. Dans le
secteur pétrolier, plusieurs syndicats, qui
représentent 40% des délégués au congrès, ont
rompu avec la direction proche du
gouvernement de la FUP (Fédération Unique des
Pétroliers) et ont constitué le FNP (Front
National Pétrolier). Certains de ces
syndicats ont déjà adhéré à Conlutas et
d'autres examinent cette possibilité.
En même temps, quelques luttes importantes
des travailleurs publics, de métallos et
d'autres secteurs ont lieu dans le pays. Dans
ce cadre a eu lieu, entre les 18 et le 20
août, la première réunion de la Direction
Nationale de Conlutas depuis la fondation de
cet organisme. Nous présentons ici le
reportage effectué par Opinião
Socialista, le journal du PSTU, à Zé
María d'Almeida, membre de cette direction,
dans lequel il évalue les résultats de la
réunion et les tâches décidées.
Opinião
Socialista - Quelle bilan fais-tu de la
réunion de la Direction Nationale de Conlutas
?
Zé Maria - Cela
a été une réunion très importante,
représentative, qui a réuni environ 100
dirigeants et activistes de 53 syndicats, 13
oppositions syndicales, six mouvements
populaires de la ville et de la campagne et
deux organisations estudiantines, issus de 12
Etats. Nous avons examiné le cadre politique
et nous avons défini une orientation. Il est
important de souligner que nous commençons
aussi à construire les conditions pour
répondre aux demandes des mouvements
populaires.
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OS
- Quelles ont été les principales discussions
et les résolutions de la réunion ?
Zé Maria - En
même temps que nous allons poursuivre les
campagnes que nous menons déjà contre le «
Super Simple » [projet d'élimination de
droits du travail pour les travailleurs des
petites entreprises], pour l'annulation de la
réforme de la prévision sociale, contre le
paiement des dettes externe et interne, etc.,
la réunion a décidé de faire un effort pour
unifier les campagnes salariales en cours des
fonctionnaires nationaux, des travailleurs
des secteurs pétroliers, bancaires, métallos,
des travailleurs de la Poste et d'autres
syndicats. Nous allons faire un journal
massif adressé à la base de ces syndicats en
les appelant à rejoindre le jour de lutte
déjà convoqué par les fonctionnaires, le 5
septembre. L’objectif est defaire de
cette date un jour de lutte de tous les
syndicats qui sont en campagne salariale.
OS - Quels
organismes des mouvements populaires ont
participé à la réunion ?
Zé Maria - Ont
été présentes : des représentations du MTL
(Mouvement Terre et Liberté), du MUST
(Mouvement Unifié des Sans-Toit de São José
dos Campos) et de l'Association Ouest de
Diadème (qui sont déjà dans Conlutas depuis
quelque temps), ainsi que des représentations
du MLST (Mouvement de Libération des Sans
Terre), du MPRA (Mouvement Populaire pour la
Réforme Agricole) de Minas Gerais, du MTST
(Mouvement des Travailleurs Sans-Toit) de São
Paulo, qui ont commencé à organiser un groupe
de travail qui va s'occuper de la lutte dans
ce secteur. Il y a, à l'heure actuelle,
plusieurs processus de luttes de ces
mouvements, dans la ville et à la campagne,
auxquels Conlutas participe activement. La
réunion a aussi permis d'avancer dans le
renforcement de la structure elle-même de la
coordination, et on est en train de faire les
pas nécessaires pour le registre et la
légalisation de Conlutas comme une centrale à
caractère syndical et populaire, selon la
résolution du Conat.
La réunion a aussi examiné le renforcement
du travail des oppositions syndicales et
l'appui à la lutte des peuples libanais et
palestinien. Il y a aussi eu un très bon
débat sur la politique de réparation [pour
400 ans d'esclavage] et de quote-part pour
les noires et noirs. Nous avons débattu aussi
des finances de Conlutas, en insistant pour
que les organismes, principalement les
syndicats, qui disposent de davantage de
ressources, contribuent régulièrement.
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