| Nous, qui nous constituons
comme Unité Socialiste des Travailleurs, nous
sommes tous des révolutionnaires, des
travailleurs, et nous avons décidé de ne pas
aller au PSUV. Pourquoi nous n'y allons pas ?
(...)
Nous devons analyser le
Mouvement de la Cinquième République (MVR) et
les autres partis au gouvernement.
Le PSUV n'a
pas encore été créé formellement, et il y a
beaucoup de questions auxquelles on ne peut
répondre qu'en analysant les caractéristiques
du Mouvement pour la Cinquième République
(MVR), PODEMOS, Patrie Pour Tous (PPT), le
Parti Communiste Vénézuélien (PCV).(1) (...) Ce sont des partis
qui soutiennent les riches et appliquent une
politique économique qui favorise ceux-ci, au
bénéfice de la bourgeoisie et au détriment
des travailleurs et du peuple. (...)
Les entreprises
transnationales de l'automobile sont
exemptes du paiement de la TVA dans toute la
chaîne de production, grâce au Programme
Venezuela Mobile.
Les propriétaires des
banques, nationales ou étrangères,
n'ont pas à se plaindre : les affaires avec
les Bons du Trésor argentin, les Bons du Sud
et les Bons de PDVSA (2)
ont permis et permettent aux banques des
profits fabuleux.
Les banquiers
internationaux sont très satisfaits,
étant donné que le Venezuela fait des
paiements anticipés de la dette externe.
Le secteur
agricole a obtenu l'exonération de la
TVA dans la production, le transport, la
distribution et la commercialisation, de même
que les producteurs de viande et autres
secteurs alimentaires. C'est un grand cadeau
à ce secteur de la bourgeoisie, plus que le
double de ce qui est destiné comme budget
pour les projets de logements et de
développement urbain.
Analysons maintenant les nationalisations : nous
considérons très important que les secteurs
de la téléphonie, de l'électricité et du
pétrole retournent au contrôle national, mais
cela a regrettablement été « une bonne
affaire » pour les entreprises impérialistes.
Pourquoi personne n'a-t-il vu le patronat
yankee dénoncer les nationalisations ? Ce
qu'on a vu, c'est plutôt que les Yankees
étaient contents de quitter le pays, comme
c'est le cas de l'exécutif de l'entreprise
électrique de Caracas qui disait : « Cela
a été une des meilleures affaires durant ces
dernières années ».
Le MVR & Cie font de
petites concessions aux
travailleurs
Après huit années dans le gouvernement,
nous devons faire un bilan sur les avancées
que le MVR a obtenu en matière de conquêtes
pour les travailleurs. Beaucoup de camarades
honnêtes nous disent: « regarde les Missions,
les bourses ». Expliquons ce que nous disons
:
Le chômage n'a
pas diminué. Les statistiques sont en baisse
et les colporteurs augmentent.
Les bidon-villes
prolifèrent autour des grandes villes, et la
politique du logement est une catastrophe. En
2006, le Ministère du Logement n'a même pas
pu construire 34.000 logements.
La politique
salariale favorise seulement le profit
des chefs d'entreprise. Le panier d'aliments
de base à lui seul coûte plus que le salaire
minimal.
Le salaire
minimal de nos jours ne garantit pas
le panier alimentaire, sans parler du panier
des besoins élémentaires de 1.400.000
bolivars (700 dollars).
Une inflation
annuelle de 18% corrode les salaires.
Les Contrats
Collectifs. Le MVR est le pire patron
du pays : les travailleurs du Mercal sont
déjà presque 2 ans sans contrat; les employés
publics, 4 ans; ceux de l'INCE, 9 ans, et les
travailleurs du Ministère du Travail
lui-même, 16 ans ! (...) Beaucoup s'imaginent
que les travailleurs pétroliers gagnent de
hauts salaires, mais un travailleur de la
dotation fixe de PDVSA gagne moins de 150.000
bolivars par semaine (moins de 70
dollars).
D'autre part, on observe une offensive contre le mouvement
ouvrier. Le samedi 24/03, il y a eu un
rassemblement important au Théâtre Teresa
Carreño pour la construction du PSUV. Le
discours de Hugo Chavez a été clair, limpide
et direct : « les
syndicats ne doivent pas être autonomes, il
faut en finir avec ça ».
Chavez se permet d'insulter les dirigeants
syndicaux sans broncher : « J'ai beaucoup
d'amis dirigeants syndicaux, mais ils se
battent entre eux, l'un par-ici, l'autre
par-là. Je ne les reçois pas, aussi longtemps
qu'ils ne seront pas unis. »
(...) L'autonomie
syndicale signifie avoir le courage de
dénoncer que l'Etat vénézuélien est un patron
très mauvais, étant donné qu'il embauche des
travailleurs sans garantie de travail, comme
n'importe quel gars propriétaire d'un magasin
(...). S'il n'y a pas d'autonomie syndicale,
qui combattra alors pour le salaire des
employés publics, qui s'opposera aux
vexations dont ils font l’objet ?
Le PSUV naît sous le signe
du club d'amis
Lors du rassemblement au Théâtre Teresa
Carreño, il a été possible de voir comment
fonctionnera le futur PSUV. L'entrée était
réservée aux chers
amis. Les mêmes politiciens que les
masses commencent à répudier, étant donné
leur enrichissement rapide et inexplicable,
étaient présents sans avoir été élus par
personne.
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Les secteurs de l'UNT qui sont
critiques envers la politique économique et
salariale du gouvernement, n'ont pas pu
entrer. Les camarades de la Force Socialiste
de Professionnels, Techniciens et
Intellectuels non plus. (...) S'ils n'ont pas
pu participer à la fête, ils ne pourront pas
non plus participer au débat du programme et
de la composition de la direction ou à
d'importantes délibérations. Ce sera un parti
en plus, où il nous sera permis de participer
avec notre vote mais pas avec nos idées.
La majorité de la gauche
marche vers le PSUV de façon allègre et
irresponsable
(...) Il y en a qui marchent la tête basse
et d'une façon résignée, d'autres
joyeusement. Pourquoi la gauche vénézuélienne
agit-elle de cette manière ? (...) Serait-ce
la première fois que ce problème se pose pour
notre classe ? (...) Les maîtres de la classe
ouvrière, Marx, Lénine et Trotsky, entre
autres, ont étudié déjà à fond ces processus
et ont recommandé à la classe ouvrière de
maintenir son « indépendance politique ».
Le problème le plus grave est que la
gauche vénézuélienne est devenue tellement
opportuniste, que la valse des cadeaux qu'on
est en train de distribuer aux
transnationales, aux banquiers, aux
industriels et à la bourgeoisie agricole, ne
fait même plus l'objet de commentaires. La
gauche marche allègrement vers le parti qui
continuera à appliquer ces politiques.
Cela suffit
(...) Comme travailleurs, nous devrons
faire clairement le constat que cela fait 8
ans de gouvernement déjà, qu'on n'a pas
résolu le problème du chômage et de la
pauvreté, et qu'en même temps, il y a un
gaspillage du revenu pétrolier en faveur de
la bourgeoisie.
(...) Certains nous diront qu'agir et
penser ainsi, c’est faire preuve de
sectarisme, qu'il faut accompagner
l'expérience et la conscience des masses.
Nous répondons que celui qui fait de la
politique à partir de la conscience des
masses, finit toujours, et inévitablement,
par capituler au retard de celle-ci (...).
D'abord l'indépendance de classes, ensuite
celle de la conscience.
En ce sens, nous considérons comme une
erreur la lettre qu'a envoyé un groupe de
camarades dirigeants syndicaux de la CCURA
(http://www.aporrea.org/,
27/03/07) au Président Chavez concernant le «
manque d'autonomie des syndicats ». Cette
lettre ne dit rien de la politique économique
du chavisme. Comment les masses peuvent-elles
arriver à tirer leurs conclusions politiques,
et à avancer dans leur conscience, si leurs
dirigeants ne disent pas toute la vérité ? Un
autre problème grave est que la lettre part
de la supposition que le gouvernements et les
travailleurs se trouvent dans le même camp,
comme si cette société n'était pas divisée en
classes.
La lettre dit aussi que : « nous
défendons le droit des travailleurs de faire
de la politique et de se joindre au PSUV
» et que « nous ne voyons pas de
contradiction entre construire le PSUV et
soutenir la révolution ». Quand les
milliers de travailleurs des services
publics, les travailleurs du secteur
pétrolier, ou les retraités de CANTV (3) commencent à faire leur
expérience avec ce gouvernement et voient que
leurs dirigeants demandent d'entrer au PSUV,
ils peuvent penser, de manière erronée, que «
maintenant les choses vont changer, il ne
s'agit déjà plus du vieux MVR, il s'agit du
nouveau PSUV ». Ceci aide-t-il au
développement de leur conscience ?
(...) C'est pourquoi, la première mesure à
prendre est d'être conséquents avec le
congrès constitutif du CCURA, qui a approuvé,
dans la résolution sur « l'UNT dont nous
avons besoin, nous les travailleurs », que «
les organisations syndicales doivent être
indépendantes et autonomes par rapport à
l'impérialisme, l'Etat, le gouvernement, les
patrons et les partis politiques ».
Un front de gauche est
nécessaire
L'UST, un groupement de révolutionnaires
et défenseurs inconditionnels de
l'indépendance politique de la classe
ouvrière, de l'unité syndicale indépendante
et autonome, considère qu'il y a différents
groupes avec des orientations semblables dans
le pays. Nous ne croyons pas que ces groupes
ont individuellement la force pour imposer un
plan économique des travailleurs. Mais, si
nous rassemblons nos forces, nous pouvons
arriver à construire un grand front de gauche
et avancer dans l'organisation indépendante
des travailleurs. (...)
L'autre alternative est d'entrer au PSUV
et de se soumettre à sa politique économique
en faveur des capitalistes, de maintenir un
silence complice face à l'occupation de
Haïti, de se soumettre à la volonté des
gouverneurs qu'on connaît, des maires et des
députés, de se soumettre à un parti sans
démocratie interne, déjà depuis ses actes
constitutifs.
Nous considérons que ce n'est pas le
chemin à suivre, et nous appelons les
camarades du CCURA qui ont signé la lettre
mentionnée à rompre avec le PSUV et,
qu'ensemble, nous construisions l'outil
politique indépendant dont la classe ouvrière
vénézuélienne a besoin.
(1) Le MVR est le parti de Chavez, le
parti le plus important au Venezuela. PODEMOS
(« Nous pouvons »), PTT et PCV soutiennent
Chaves, mais PODEMOS et PTT ont manifesté des
réticence à se dissoudre dans le PSUV. Le PCV
a décidé dans son 13ème Congrès (mars 2007)
"le soutient total à la proposition du
Président Chavez".
(2) Petróleo de Venezuela Sociedad
Anónima, la compagnie pétrolière de l'Etat
(3) La principale entreprise de
télécommunications du Venezuela
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