| Les attaques à l'« autonomie
syndicale », c'est-à-dire les attaques à
l'indépendance des syndicats et des centrales
face à l'Etat et au gouvernement, sont un
autre aspect central de l'actuelle politique
du gouvernement chaviste. Chavez lui-même,
dans un discours du mois de mars de cette
année, a affirmé « qu'il faut en finir avec
cette histoire de l'autonomie syndicale ».
La question de l'« autonomie » se réfère
aujourd'hui, en premier lieu, au destin de
l'UNT (Union Nationale de Travailleurs),
apparue en 2003 par la faillite de la vieille
CTV lors de l'attitude putschiste de
celle-ci. Bien que l'UNT et les courants qui
l'intègrent aient toujours revendiqué le «
processus bolivarien »", plusieurs d'entre
eux (spécialement le courant CCURA) ont
revendiqué la nécessité de leur « autonomie »
face au gouvernement et aux patrons.
La politique du chavisme est que l'UNT se
subordonne au PSUV, qui est en train de
s'articuler comme le « bras politique » du
gouvernement. Chavez propose donc que la
direction de l'UNT soit préalablement définie
dans le PSUV et par après seulement « choisie
»" dans l'UNT. Toutefois, quatre des cinq
courants internes de l'UNT ont rejeté cette
proposition et ont décidé, dans une récente
réunion plénière de quelque mille activistes,
de convoquer à des élections cette année,
sans attendre l'« approbation » du
gouvernement, ce qui veut dire, dans les
faits, une décision « autonome ».
Le seul courant qui s'est opposé à cet
accord a été la FSTB (Force Socialiste
Bolivarienne de Travailleurs), liée au
ministère du Travail. Son principal
dirigeant, le député Oswaldo Vera, apparaît
dans les meetings du PSUV comme «
représentant » de l'UNT, bien qu'aucun
organisme de la centrale ne l'ait désigné
comme tel. Vera a durement attaqué l'accord
de convoquer à des élections. Comme l'a
dénoncé Orlando Chirino (dirigeant de la
CCURA et un des coordinateurs nationaux de
l'UNT) : « Je pense que les déclarations
d'Oswaldo Vera sont la réponse
"officielle" du haut gouvernement contre
les efforts pour réunifier la Centrale
». Chirino a ajouté que cette réponse est
destinée « à l'imposition d'office des
candidats ou à diviser la centrale », en
promouvant la désaffiliation (www.aporrea.org,
03/08/2007).
|
La LIT-QI rejette toute
tentative du gouvernement de Chavez de
concocter qui doivent être les «
représentants » des travailleurs. Nous
défendons le droit de l'UNT de réaliser ses
élections internes, sans interférence du
gouvernement. Nous revendiquons la nécessité
que l'UNT avance sur le chemin d'être une
centrale totalement « autonome » des patrons
et, spécialement, du gouvernement, ce qui ne
pourra être obtenu qu’avec le respect
le plus absolu de la démocratie ouvrière en
son sein.
Toutefois, il est nécessaire de tirer
toutes les conclusions de ces faits. Le
gouvernement de Chavez n'est pas prêt à
tolérer la moindre « autonomie » de l'UNT, ni
même le droit élémentaire de choisir
librement sa direction. Si l'UNT n'entre pas
dans les rangs, la politique de Chavez est
d'essayer de la diviser et de la détruire.
Il est dès lors clair que Chavez et son
gouvernement sont totalement opposé à toute
expression de démocratie ouvrière. Que
pouvons-nous alors attendre des organismes
d'un « pouvoir populaire » hypothétique,
inclus dans le projet de la nouvelle
constitution, qui seront téléguidés
directement depuis les ministères, les
gouvernements et les mayorats ? Même si
certains d'entre eux peuvent recevoir le nom
trompeur de "soviets" (par lequel on essaye
d'associer ce projet avec la Révolution russe
de 1917), le véritable objectif sera celui de
contrôler les travailleurs et, en même temps,
d'utiliser ces organismes comme armes pour
détruire les processus plus authentiques
d'organisation, comme l'UNT.
|