Logo Quatrième Internationale
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Article paru dans Courrier International n°132
Les attaques à l'« autonomie syndicale »
Les attaques à l'« autonomie syndicale », c'est-à-dire les attaques à l'indépendance des syndicats et des centrales face à l'Etat et au gouvernement, sont un autre aspect central de l'actuelle politique du gouvernement chaviste. Chavez lui-même, dans un discours du mois de mars de cette année, a affirmé « qu'il faut en finir avec cette histoire de l'autonomie syndicale ».

La question de l'« autonomie » se réfère aujourd'hui, en premier lieu, au destin de l'UNT (Union Nationale de Travailleurs), apparue en 2003 par la faillite de la vieille CTV lors de l'attitude putschiste de celle-ci. Bien que l'UNT et les courants qui l'intègrent aient toujours revendiqué le « processus bolivarien »", plusieurs d'entre eux (spécialement le courant CCURA) ont revendiqué la nécessité de leur « autonomie » face au gouvernement et aux patrons.

La politique du chavisme est que l'UNT se subordonne au PSUV, qui est en train de s'articuler comme le « bras politique » du gouvernement. Chavez propose donc que la direction de l'UNT soit préalablement définie dans le PSUV et par après seulement « choisie »" dans l'UNT. Toutefois, quatre des cinq courants internes de l'UNT ont rejeté cette proposition et ont décidé, dans une récente réunion plénière de quelque mille activistes, de convoquer à des élections cette année, sans attendre l'« approbation » du gouvernement, ce qui veut dire, dans les faits, une décision « autonome ».

Le seul courant qui s'est opposé à cet accord a été la FSTB (Force Socialiste Bolivarienne de Travailleurs), liée au ministère du Travail. Son principal dirigeant, le député Oswaldo Vera, apparaît dans les meetings du PSUV comme « représentant » de l'UNT, bien qu'aucun organisme de la centrale ne l'ait désigné comme tel. Vera a durement attaqué l'accord de convoquer à des élections. Comme l'a dénoncé Orlando Chirino (dirigeant de la CCURA et un des coordinateurs nationaux de l'UNT) : « Je pense que les déclarations d'Oswaldo Vera sont la réponse "officielle" du haut gouvernement contre les efforts pour réunifier la Centrale ». Chirino a ajouté que cette réponse est destinée « à l'imposition d'office des candidats ou à diviser la centrale », en promouvant la désaffiliation (www.aporrea.org, 03/08/2007).

La LIT-QI rejette toute tentative du gouvernement de Chavez de concocter qui doivent être les « représentants » des travailleurs. Nous défendons le droit de l'UNT de réaliser ses élections internes, sans interférence du gouvernement. Nous revendiquons la nécessité que l'UNT avance sur le chemin d'être une centrale totalement « autonome » des patrons et, spécialement, du gouvernement, ce qui ne pourra être obtenu qu’avec le respect le plus absolu de la démocratie ouvrière en son sein.

Toutefois, il est nécessaire de tirer toutes les conclusions de ces faits. Le gouvernement de Chavez n'est pas prêt à tolérer la moindre « autonomie » de l'UNT, ni même le droit élémentaire de choisir librement sa direction. Si l'UNT n'entre pas dans les rangs, la politique de Chavez est d'essayer de la diviser et de la détruire.

Il est dès lors clair que Chavez et son gouvernement sont totalement opposé à toute expression de démocratie ouvrière. Que pouvons-nous alors attendre des organismes d'un « pouvoir populaire » hypothétique, inclus dans le projet de la nouvelle constitution, qui seront téléguidés directement depuis les ministères, les gouvernements et les mayorats ? Même si certains d'entre eux peuvent recevoir le nom trompeur de "soviets" (par lequel on essaye d'associer ce projet avec la Révolution russe de 1917), le véritable objectif sera celui de contrôler les travailleurs et, en même temps, d'utiliser ces organismes comme armes pour détruire les processus plus authentiques d'organisation, comme l'UNT.

Début Retour

Haut Début