| La « question nationale » est
au centre de la situation bolivienne
actuelle. En ce sens, il est d'abord
nécessaire de différencier clairement les
deux revendications d'« autonomie » qui se
font face.
La revendication des peuples originaires
aimara, quechua et tupi-guarani est
totalement juste et légitime parce qu'ils
représentent la majorité absolue du peuple
bolivien et qu’ils ont, en outre, subit
des siècles d'oppression et de pillages. En
même temps, ils revendiquent l'unité
territoriale de la Bolivie, par le biais d'un
« Etat plurinational ». C'est pourquoi, les
révolutionnaires doivent soutenir leur
revendication.
L'« autonomie" réclamée par les
bourgeoisies de la « demi-lune » (et plus
encore, la possible division du pays), au
contraire, est réactionnaire et
pro-impérialiste, comme nous l’avons
vu. Le comble de l'hypocrisie est que la
bourgeoisie de Santa Cruz arrive à
revendiquer une tradition tupi-guarani
différenciée des peuples de l'Altiplano,
alors que son principal dirigeant est un
descendant direct de Croates. C'est pourquoi,
les révolutionnaires doivent combattre cette
« autonomie ».
Toutefois, il est nécessaire de spécifier
mieux la politique des révolutionnaires face
à la question nationale, un sujet qui a
beaucoup été discuté par les bolcheviques,
durant les années préalables à la révolution
socialiste de 1917, puisque l'Empire Russe
était un Etat multinational, avec de
nombreuses nations opprimées.
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Comme norme programmatique,
nous, les marxistes, nous nous opposons à la
division des Etats existants, parce que cela
signifierait aussi une division et une
fragmentation de la classe ouvrière,
protagoniste centrale de la lutte pour le
socialisme. Notre proposition pour les
peuples opprimés est de constituer une
Fédération Socialiste, dans laquelle ces
nations ont leurs pleins droits garantis. En
utilisant le terme que les peuples
originaires eux-mêmes emploient, en Bolivie
nous parlerions de former un « Etat
plurinational socialiste ».
En même temps, nous revendiquons le «
droit à l'autodétermination » pour ces
nations. L'intégration à une Fédération
unifiée ne peut pas être obligatoire mais
doit être le résultat d'une décision libre.
Si, au contraire, ces nations décident de
constituer un nouvel Etat indépendant, nous
respecterons cette décision, même si nous la
considérons comme erronée.
Cela a été le cas, par exemple, avec la
Finlande, dont le peuple a décidé de se
séparer de l'URSS, après la révolution de
1917, ce qui a été totalement respecté par le
gouvernement révolutionnaire dirigé par
Lénine.
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