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Article paru dans Courrier International n°133
La position des marxistes,
face à la question nationale
La « question nationale » est au centre de la situation bolivienne actuelle. En ce sens, il est d'abord nécessaire de différencier clairement les deux revendications d'« autonomie » qui se font face.

La revendication des peuples originaires aimara, quechua et tupi-guarani est totalement juste et légitime parce qu'ils représentent la majorité absolue du peuple bolivien et qu’ils ont, en outre, subit des siècles d'oppression et de pillages. En même temps, ils revendiquent l'unité territoriale de la Bolivie, par le biais d'un « Etat plurinational ». C'est pourquoi, les révolutionnaires doivent soutenir leur revendication.

L'« autonomie" réclamée par les bourgeoisies de la « demi-lune » (et plus encore, la possible division du pays), au contraire, est réactionnaire et pro-impérialiste, comme nous l’avons vu. Le comble de l'hypocrisie est que la bourgeoisie de Santa Cruz arrive à revendiquer une tradition tupi-guarani différenciée des peuples de l'Altiplano, alors que son principal dirigeant est un descendant direct de Croates. C'est pourquoi, les révolutionnaires doivent combattre cette « autonomie ».

Toutefois, il est nécessaire de spécifier mieux la politique des révolutionnaires face à la question nationale, un sujet qui a beaucoup été discuté par les bolcheviques, durant les années préalables à la révolution socialiste de 1917, puisque l'Empire Russe était un Etat multinational, avec de nombreuses nations opprimées.

Comme norme programmatique, nous, les marxistes, nous nous opposons à la division des Etats existants, parce que cela signifierait aussi une division et une fragmentation de la classe ouvrière, protagoniste centrale de la lutte pour le socialisme. Notre proposition pour les peuples opprimés est de constituer une Fédération Socialiste, dans laquelle ces nations ont leurs pleins droits garantis. En utilisant le terme que les peuples originaires eux-mêmes emploient, en Bolivie nous parlerions de former un « Etat plurinational socialiste ».

En même temps, nous revendiquons le « droit à l'autodétermination » pour ces nations. L'intégration à une Fédération unifiée ne peut pas être obligatoire mais doit être le résultat d'une décision libre. Si, au contraire, ces nations décident de constituer un nouvel Etat indépendant, nous respecterons cette décision, même si nous la considérons comme erronée.

Cela a été le cas, par exemple, avec la Finlande, dont le peuple a décidé de se séparer de l'URSS, après la révolution de 1917, ce qui a été totalement respecté par le gouvernement révolutionnaire dirigé par Lénine.

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