Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Article paru dans Courrier International n°134
Rencontre de Travailleurs Latino-Américains et des Caraïbes convoquée par la COB, CONLUTAS, Batay Ouvriye et la TCC
« La Rencontre est une nécessité indispensable et urgente »

Batay Ouvriye

Pour des travailleurs de différents pays, le fait de se rencontrer, de pouvoir discuter de la situation de chaque espace propre et de l'ensemble global, de réfléchir sur la façon de se solidariser mutuellement et d'arriver à mener des luttes communes pour pouvoir décider ensemble une stratégie commune et planifier alors les tactiques correspondantes, tout cela est déjà d'une importance incalculable.

Quand on pense à l'offensive mondiale des entreprises transnationales impérialistes, soutenues par les gouvernements locaux à leur service ; quand on connaît l'objectif qu'ont ces classes dominantes et leurs fonctionnaires marionnettes, coordonnés, pensant et planifiant ensemble pour non seulement nous enlever ce que nous avons déjà acquis en termes de salaire, de conditions de travail ou de pension, nous voler nos ressources naturelles et nos terres, mais aussi pour continuer à élever cette offensive à des niveaux impossibles à prévoir ; quand on éprouve concrètement la violence brutale avec laquelle ils mènent à bien leur exploit... l'importance de cette rencontre tend alors à se transformer en une nécessité indispensable, d'urgence de plus en plus grande.

Notre appui mutuel comme travailleurs, la compréhension collective de cette attaque globale qui s'oriente non seulement contre chacun de nous individuellement mais aussi contre nous tous, dans notre globalité comme force de travail dominée, exige aujourd'hui, plus que jamais, une coordination, une mise en commun théorique et pratique, pour nous débarrasser de ce joug fatal qui projette de nous anéantir définitivement comme êtres humains.

La rencontre n'aboutira certainement pas immédiatement aux ultimes planifications. Elle ne prétend pas non plus inverser du jour au lendemain cette situation de domination et d'exploitation qui nous opprime. Il y aura peut-être des contradictions et des difficultés, conséquences de la domination elle-même que nous subissons, qu'il faudra résoudre progressivement et avec toute la patience et la force qui nous caractérise comme travailleurs. Mais elle aura certainement en son sein profond le germe de notre future victoire.

La classe ouvrière qui fait face directement au capital, même avec toute sa capacité, n'aura pas la force suffisante pour mener toute seule cette lutte extraordinaire qui s'annonce. Il faut la mobilisation de tous les autres travailleurs, les artisans et les petits paysans, eux aussi dominés et exploités, les petits vendeurs, les chômeurs, les travailleurs des services publics, de la santé, de l'éducation, les jeunes organisés, les femmes, les gens des quartiers, des zones paysannes, bref, il faut la mobilisation de tout le peuple. Non seulement parce qu'en réalité nous sommes tous unis face à cette déclaration de guerre ouverte et finale avec laquelle nous menacent les dominants, mais aussi parce que nous souffrons tous sans distinction de la domination et de la répression violente en vigueur. L'exploitation, le pillage et d'autres vols du capitalisme nous concernent tous de l'une ou l'autre façon.

Unité de la classe ouvrière, fraternité intime de toutes les classes de travailleurs, unité des peuples de toute la région de l'Amérique du Sud et des Caraïbes, avec une même histoire globale, avec un seul avenir...

Mais il y a plus. Cette rencontre ouvre la grande possibilité de structurer notre camp, de proposer les travailleurs comme colonne centrale de notre force mobilisatrice, sous la direction de la classe ouvrière, antagonisme historique du capital. Que fleurissent les plaines et chantent les forêts ! Les courageux toucheront le but. La victoire finale nous appartient.

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