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Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Article paru dans Courrier International n°134
Rencontre de Travailleurs Latino-Américains et des Caraïbes convoquée par la COB, CONLUTAS, Batay Ouvriye et la TCC

La Centrale Ouvrière Bolivienne (COB), la Coordination Nationale de Luttes (Conlutas du Brésil), Batay Ouvriye de Haïti et la Tendance Classiste et Combative (TCC) de l'Uruguay viennent de lancer la convocation pour la réalisation d'une Rencontre de travailleurs latino-américaine et des Caraïbes, les 7 et 8 juillet 2008, à Betim (Minas Gerais, Brésil), avec le mot d'ordre Beaucoup de Voix. Une seule Lutte.

La LIT-QI salue cette convocation et y adhère parce qu'elle considère que cette Rencontre peut arriver à constituer un fait historique pour les travailleurs latino-américains et des Caraïbes, un pas très important vers la construction d'une organisation syndicale continentale, qui promeut et renforce leur capacité et leur disposition pour la lutte, déjà démontrée depuis longtemps.

Deux organisations syndicales internationales sont déjà actives dans la région. Une d'elles est la Confédération Syndicale Internationale (CSI), récemment issue de la fusion de la Confédération Internationale d'Organisations Syndicales Libres (CIOSL) et de la Confédération Mondiale du Travail (CMT), respectivement d'idéologie sociale-démocrate et sociale-chrétienne. Elles regroupent les syndicats « amis » de l'impérialisme yankee et européen et de la plupart des gouvernements bourgeois du continent. Ce sont des syndicats défenseurs des privatisations et des plans d'ajustement. La CSI est la confédération la plus forte en termes d'appareil et maniement de fonds.

La seconde organisation est la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), staliniste, qui a commencé à se réorganiser à partir de Cuba, après la crise vécue avec la chute de l'URSS et la restauration capitaliste dans les anciens Etats ouvriers. Malgré sa phraséologie de « gauche », c'est aussi un appareil bureaucratique « ami » d'autres gouvernements bourgeois comme celui de Chavez, au Venezuela, ou de Correa, en Equateur.

Aucune des deux organisations ne constitue un levier sur lequel les travailleurs peuvent s'appuyer pour combattre. Au contraire, elles sont un frein et un obstacle pour cette lutte, comme elles l'ont montré dans les processus révolutionnaires des dernières années où leur principale préoccupation a été « d'éteindre les incendies » et de sauver les meubles pour l'impérialisme et les gouvernements bourgeois. Voilà précisément une des grandes contradictions du processus du continent : il y a des luttes très aiguës qui ne trouvent pas leur expression dans le surgissement d'organisations syndicales fortes et combatives.

Toutefois, en dehors de ces organisations bureaucratiques et pro-bourgeoises, ou agissant en leur sein, de nombreux syndicats ou oppositions syndicales ont vu le jour, qui veulent combattre l'impérialisme, les patrons et les attaques de leurs gouvernements respectifs et qui ont besoin de les combattre.

De ce point de vue, l'appel à la Rencontre est un reflet du processus de montée révolutionnaire que vit la région depuis plusieurs années, et qui s'est manifestée dans plusieurs pays et de différentes manières. C'est cette montée révolutionnaire qui entre en contradiction avec ces bureaucraties syndicales (qu'elles soient pro-impérialistes, « indépendantes » ou « de gauche ») et qui donne lieu au surgissement de nouveaux dirigeants et de nouvelles organisations syndicales. C'est aussi cette montée révolutionnaire qui met à l'ordre du jour, comme tâche présente, d'avancer dans une coordination des luttes en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Ce que signifie la convocation

Dans ce cadre, la convocation de la Rencontre a une signification profonde, sous plusieurs aspects. Voyons les plus importants :

a) Elle met en avant un programme de lutte commune pour tous les pays latino-américains et des Caraïbes, qui inclut des points essentiels de la lutte anti-impérialiste, des revendications ouvrières et populaires et de la lutte contre les politiques des gouvernements du continent.

b) Elle peut permettre d'avancer dans la coordination des luttes qui ont lieu aujourd'hui, isolées et séparées dans chaque pays, bien qu'elles aient des axes et des ennemis communs, comme nous avons vu. Si les conditions et les accords le permettent, ceci pourra se manifester dans une certaine forme de coordination permanente, à partir de la Rencontre elle-même. En tout cas, ce sera un premier pas en ce sens qui permettra, à la fois, l'incorporation d'autres organisations, en plus de celles qui convoquent actuellement à la Rencontre.

c) Elle peut avoir une incidence concrète dans les processus de chaque pays. Comme nous l'avons indiqué, il y a des processus très riches de réorganisation syndicale et de surgissement de nouvelles directions dans plusieurs pays (Argentine, Paraguay, Pérou, Equateur, Costa Rica, etc.). Toutefois, la majorité d'entre eux ont lieu de manière dispersée, sans une expression organisationnelle qui les unifie au niveau national. La convocation de la Rencontre et le développement des activités préparatoires peuvent agir comme un catalyseur et comme un axe unificateur de ces processus au niveau national. La réalisation de rencontres nationales préalables, pour examiner la convocation, élaborer des apports, choisir représentants, etc., peut être très importante en ce sens.

Pour la LIT-QI, la convocation de la Rencontre reprend, dans les faits, la tradition interrompue de l'internationalisme ouvrier, à partir d'un programme très concret de lutte commune. D'autre part, elle le fait avec la compréhension que cet internationalisme ouvrier ne peut pas naître d'une « unité d'appareils », étrangère aux travailleurs, mais uniquement comme une construction des travailleurs eux-mêmes. C'est pourquoi, nous le réitérons, la LIT-QI y adhère et appelle ses militants à le promouvoir avec toutes leurs forces.

Suite Fin

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