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Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Article paru dans Courrier International n°134
Rencontre de Travailleurs Latino-Américains et des Caraïbes convoquée par la COB, CONLUTAS, Batay Ouvriye et la TCC
Une vieille proposition de Trotsky
Pour la LIT-QI, cet appel à la Rencontre de travailleurs latino-américaine et des Caraïbes a une signification spéciale. Avec lui commence à devenir réalité, de fait, une vieille proposition que Leon Trotsky lui-même a formulée, en 1938, depuis son exil au Mexique.

En octobre de cette année, il a maintenu plusieurs entrevues avec le dirigeant ouvrier argentin Mateo Fosa (1), qui avait voyagé au Mexique pour participer à un congrès de représentants syndicaux de plusieurs pays du continent, en représentation de 24 syndicats de son pays.

Ce congrès a fondé une Confédération de Travailleurs Latino-américains, mais Mateo Fosa n'a pas été autorisé à y participer, malgré la représentativité qu'il apportait. Le congrès a eu un fonctionnement totalement bureaucratique, imposé par le stalinisme qui accusait le dirigeant argentin de « trotskyste ».

Le 11 octobre 1938, Trotsky a publié un article sur ces faits, sous la forme d'une déclaration. Il y critique durement le caractère du congrès : « Ce congrès, préparé en tournant le dos aux masses, a été utilisé unilatéralement avec des buts qui n'ont rien à voir avec les intérêts du prolétariat latino-américain mais qui, au contraire, sont fondamentalement hostiles à ces intérêts. La "confédération" créée dans ce congrès ne représente pas l'unification du prolétariat organisé de notre continent mais une fraction politique étroitement liée à l'oligarchie de Moscou. » Par la suite, il analyse le caractère bureaucratique du congrès et le lien de la plupart des participants avec leurs différents gouvernements bourgeois, ainsi que le fait que le congrès n'appelait pas à combattre les « impérialismes démocratiques », comme celui des Etats-Unis, avec l'excuse de « maintenir l'unité contre le fascisme ».

C'est pourquoi, la déclaration formule la conclusion suivante: « Nous sommes des partisans ardents et décidés de l'unification du prolétariat latino-américain et de que celui-ci noue des liens les plus forts possibles avec le prolétariat des Etats-Unis de l'Amérique du Nord. Mais, comme il apparaît de ce que nous disons, il s'agit d'une tâche encore à réaliser. »

Finalement, Trotsky appelle à promouvoir « l'unité du prolétariat latino-américain » sur la base d'une série de points. Le premier était « l'indépendance totale du mouvement syndical par rapport à son propre gouvernement bourgeois et tout impérialisme étranger », et en dernière instance il proposait « la préparation honnête d'un congrès syndical latino-américain avec la participation active des masses travailleuses, c'est-à-dire avec une discussion sérieuse et sans restrictions sur les tâches du prolétariat latino-américain et ses méthodes de lutte ».

La situation actuelle présente beaucoup de différences avec l'époque où Trotsky a fait cet appel. Nous ne sommes pas à la veille d'une nouvelle guerre mondiale et l'appareil staliniste international est tombé, même si beaucoup de phénomènes nationaux et régionaux survivent encore. Mais l'essentiel de son appel garde toute son actualité : la nécessité de l'unité latino-américaine des organisations syndicales et des masses, avec une indépendance totale des gouvernements bourgeois et en dehors des contraintes des bureaucraties syndicales traîtres, afin de coordonner et d'organiser la lutte au niveau continental.


(1) Ces entrevues ont été enregistrées sous diverses formes et ont été publiées dans les Ecrits latino-américains de Trotsky.

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