L'actuelle position du P.T. est
d'autant plus criminelle que les travailleurs
se tournent vers l'opposition et la gauche.
Ce n'est pas pour rien que, dans les
sondages, la première place revient à Lula,
P.T (37 %) ; la seconde, à un autre candidat
qui se dit d'opposition, Gomes, PPS (27 %).
Serra (13%), le candidat de l'actuel
président Cardoso, n'est qu'à la troisième
place. Ce sont là des sondages effectués à
presque un mois du premier tour.
Quand les premières nouvelles
de négociations pour une alliance entre le
P.T. et le P.L. ont commencé à filtrer,
beaucoup de militants et même certains
analystes ont pensé qu'une telle alliance ne
pourrait jamais voir le jour. En effet, tant
étaient importantes les différences de
trajectoire de l'un et l'autre parti, et tant
étaient nombreux, à l'intérieur du P.L, les
ennemis du mouvement ouvrier en général et du
P.T. en particulier.
Plus tard, grande fut la
surprise de la base du P.T. en constatant que
Lula en personne (et en étroite collaboration
avec Alencar, celui qui allait devenir son
colistier P.L.) dirigeait la bataille pour
que cette alliance "stratégique" et
garantissant "une liste électorale viable" se
réalise à n'importe quel prix. En effet, Lula
et la direction du P.T. n'ont pas hésité à
tout miser pour imposer cette alliance au
parti, quitte à intervenir d'autorité dans
certains comités directeurs (...), quitte à
perdre le soutien d'une partie de leurs
bases, ainsi que du mouvement
social.
Le P.L est un parti bourgeois
de droite et, même s'il n'a qu'une petite
représentation parlementaire, certains de ses
cadres sont des membres influents de la
bourgeoisie. Ce sont ces personnages là que
visait Lula : il lui en fallait un, des plus
représentatifs, afin de mieux illustrer le
type d'alliance voulue par le P.T. Le choix
s'est donc arrêté sur la personne de José de
Alencar, grand capitaine d'industrie, dont la
société textile, la "Coteminas", une des plus
importantes du pays, emploie dans ses usines
plus de 15 000 salariés. Alencar a été par
ailleurs le patron de la deuxième (en
importance) Fédération d'Industriels du pays,
celle de l'état de Minas Gerais.
Lula cite souvent en exemple le
caractère "entrepreneur" de Alencar. Il est
vrai que, en bon capitaliste, il fait subir
aux salariés une exploitation impitoyable
dans ses entreprises : journée de 12 heures
quotidiennes, salaires de misère, persécution
de ceux qui voudraient se syndiquer. De plus,
Alencar avait soutenu le coup d'état qui
instaura la dictature militaire en 1964 et il
est, bien entendu, contre le Mouvement des
Sans Terre (MST) et pour l'ALCA.
Mais le P.L. ne se contente pas
d'avoir dans ses rangs "le patron dont le
Brésil a besoin". On y trouve également, et à
des postes de choix, les "Pasteurs de
l'Eglise Universelle du Royaume de Dieu".
Cette secte, transmettant quotidiennement à
travers sa propre chaîne de télévision,
extorque les économies des fidèles, qualifie
les Noirs et la culture afro-brésilienne de
démoniaques, s'en prend aux
homosexuels.
Mais le pompon, c'est ce
dirigeant et député fédéral du P.L. surnommé
le "superpelego" ("ultra jaune", NDLR),
Antonio Medeiros. Cet individu, qui a fondé
"Force Syndicale" pour défendre le
néolibéralisme, milite activement, et en
étroite collaboration avec le gouvernement,
pour la flexibilité et pour tous les projets
du FMI.
Voilà un aperçu de ce qu'est le
P.L., le parti avec lequel, au prix de tant
de d'efforts, Lula a monté sa coalition
nationale.
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