L'actuelle position du P.T. est
d'autant plus criminelle que les travailleurs
se tournent vers l'opposition et la gauche.
Ce n'est pas pour rien que, dans les
sondages, la première place revient à Lula,
P.T (37 %) ; la seconde, à un autre candidat
qui se dit d'opposition, Gomes, PPS (27 %).
Serra (13%), le candidat de l'actuel
président Cardoso, n'est qu'à la troisième
place. Ce sont là des sondages effectués à
presque un mois du premier tour.
Le développement de la campagne
contre l'ALCA constitue une autre expression
du retournement à gauche de la conscience des
masses. Cette campagne a mobilisé une large
avant-garde des mouvements sociaux et tout
laisse penser que le plébiscite populaire, du
1er au 7 septembre, obtiendra plus de 6
millions de voix.
Mais alors que l'avant-garde et
une partie significative des masses virent à
gauche, le P.T. et Lula, eux, virent à
droite.
C'est pourquoi le PSTU a décidé
de présenter la candidature de José-Maria de
Almeida (Zé-Maria). Cette candidature ne fut
pas une décision facile, elle n'a été arrêtée
qu'après une dure bataille et suite à une
campagne pour la constitution d'un Front des
Travailleurs : un Front qui aurait présenté
Lula candidat à la présidence et un candidat
issu du MST à la vice-présidence, sur un
programme de rupture avec le FMI et le modèle
néolibéral. Mais le P.T. a refusé cette
proposition, a présenté un grand capitaliste
à la vice-présidence et a adopté un programme
de défense des "acquis" du néolibéralisme,
"patrimoine" de tout le peuple et non pas
"bien exclusif de l'actuel
gouvernement".
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Cet
ensemble de facteurs a conduit le MST
(Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans
Terre) à voter, lors de leur dernière réunion
nationale, une position "d'indépendance". Par
conséquent, le MST n'apportera pas de soutien
officiel à Lula. La grogne monte également au
sein des secteurs liés aux Pastorales
Sociales de l'Eglise Catholique et à la
théologie de la libération: ils accusent Lula
et le P.T. d'avoir abandonné le projet de
"reformes structurelles" et même la stratégie
de constitution d'un Etat de bien-être social
dans le cadre du capitalisme.Dans ce contexte, un large
boulevard vers l'influence des masses s'ouvre
aux révolutionnaires du Brésil. Un processus
significatif de rupture d'une partie de
l'avant-garde avec le P.T. voit le jour.
Cette rupture s'exprime dans les syndicats,
chez les étudiants et dans le mouvement
populaire. A l'heure actuelle, on discute
déjà ouvertement de la possibilité et de la
nécessité d'un nouveau parti de la classe
travailleuse.Le
PSTU cherche à impulser cette politique en
avançant un programme anticapitaliste et
anti-impérialiste. L'unification des
révolutionnaires socialistes brésiliens, à un
degré supérieur de celui qui donna naissance
au PSTU, représenterait un pas de géant vers
la construction d'une nouvelle direction du
prolétariat de notre pays : une direction
capable de représenter une alternative pour
les masses, face au P.T. Cette tâche pourra
se poser dans la prochaine période, surtout
si Lula était élu président de la
république.
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