Le 14 mai, il y a 60 ans,
l'Etat d'Israël a été fondé sur la base d'une
résolution de l'ONU de 1947, en occupant 55%
du territoire de ce qui était à l'époque le
Mandat Britannique en Palestine.
La légende créée par le sionisme affirme
que s'y sont unis « un peuple sans terre »
(les juifs) avec « une terre sans peuple »
(la Palestine). La réalité était, toutefois,
bien différente. L'organisation sioniste
mondiale et les puissances impérialistes (les
Etats-Unis et l'Angleterre), soutenus par la
bureaucratie stalinienne dirigeante dans
l'ancienne URSS, ont utilisé comme excuse le
drame de milliers de réfugiés juifs
européens, brutalement poursuivis par le
nazisme, pour en transférer une partie vers
la Palestine, de manière totalement
artificielle et avec beaucoup de soutien
financier. L'appui que ce projet a eu de la
part de plusieurs millionnaires juifs
européens, comme les banquiers Rothschild, a
été notoire. La résolution de l'ONU a
légalisé cette usurpation.
De cette façon a été créée une véritable
enclave impérialiste.
C'est-à-dire, un territoire usurpé à la
nation palestinienne, dans lequel ont été
installés des milliers d'immigrants,
provenant surtout de l'Europe Orientale,
totalement dépendants de ce soutien financier
pour survivre, et de ce fait disposés à
défendre la politique de l'impérialisme dans
la région. Ben Gurion, un des principaux
dirigeants sionistes de l'époque et premier
président d'Israël, a exprimé avec une clarté
totale cette association profonde du sionisme
avec l'impérialisme américain : « Notre
plus grande préoccupation était le sort qui
serait réservée à la Palestine après la
guerre. Il était déjà clair que les Anglais
ne conserveraient pas leur Mandat. Ayant
toutes les raisons pour croire que Hitler
serait vaincu, il était évident que la
Grande-Bretagne, même victorieuse, sortirait
très affaiblie du conflit. C'est pourquoi, je
n'avais pas de doute que le centre de gravité
de nos forces devrait passer du Royaume-Uni à
l'Amérique du Nord, qui était sur le point
d'assumer la première place dans le
monde ».
D'autre part, la Palestine n'était pas «
une terre sans peuple » mais la patrie
historique des Arabes palestiniens, dans
laquelle une minorité de juifs d'origine
arabe avait coexisté en paix, pendant
plusieurs siècles. Lors de sa fondation même,
Israël ne s'est pas limité à usurper le
territoire attribué par l'ONU. Le mouvement
sioniste a planifié et mis en oeuvre une
offensive pour s'approprier d'une partie du
secteur accordé aux Palestiniens (20%
additionnel de la surface totale) et en
expulser ses habitants.
Il l'a fait par le biais de ses
organisations armées et avec des méthodes de
terreur contre la population civile. Dans le
village de Der Yasin, par exemple, les
milices sionistes ont assassiné 254 de ses
700 habitants, un massacre qui a été un
véritable symbole de la façon dont a été créé
l'Etat d'Israël. De cette manière, 800 000
palestiniens (un tiers de la population de
l'époque) ont été expulsés de leur terre et
ont donné lieu au drame des réfugiés.
Ce n'est donc pas par hasard que les
Palestiniens rappellent cette date comme la
nakba (catastrophe) puisqu'elle
représente le début d'une réalité pénible.
Actuellement, le peuple palestinien est
divisé entre ceux qui vivent en Israël,
discriminés et traités comme habitants de
seconde classe, les habitants de Gaza et de
la Cisjordanie, soumis à l'encerclement et à
l'agression permanente de sionisme, et les
plus de six millions de réfugiés dans les
nations arabes, qui vivent dans des
campements précaires, souvent poursuivis et
réprimés par les gouvernements arabes
eux-mêmes.
C'est pourquoi, depuis lors, pour le
peuple palestinien ainsi que pour l'ensemble
des masses arabes, la nécessité de combattre
pour la libération de leur terre, en
expulsant l'envahisseur sioniste, est à
l'ordre du jour.
La LIT-QI (Ligue Internationale
des travailleurs - Quatrième Internationale)
soutient inconditionnellement cette lutte du
peuple palestinien contre l'Etat
sioniste. En ce sens, nous ne
faisons que maintenir la position historique
de la IVème Internationale qui, en 1948, a
approuvé une résolution contre la création de
l'Etat d'Israël et a soutenu la revendication
palestinienne de son territoire
historique.
Israël : agent militaire
de l'impérialisme au Moyen-Orient
L'objectif de l'impérialisme, spécialement
de l'impérialisme américain, avec la
fondation d'Israël, a été d'avoir un agent
militaire direct au Moyen-Orient. Il s'agit
d'une région qui, en plus de posséder les
plus grandes réserves de pétrole du monde,
était le théâtre d'un important processus de
lutte anti-impérialiste et contre les «
monarchies pétrolières » corrompues. Il
s'agissait d'avoir « ses propres troupes » à
son service contre le peuple palestinien et
les masses arabes.
Ce n'est pas par hasard que, depuis sa
création, Israël a toujours vécu en état de
guerre officielle ou de fait, comme véritable
« poste militaire avancé ». Voici les actions
et les agressions militaires de cet Etat,
depuis 1948 jusqu'à maintenant :
1948 : Expulsion de
800.000 Palestiniens avec des méthodes
terroristes. Guerre contre des nations
arabes,
1956 : Guerre contre
l'Egypte, qui avait nationalisé le canal de
Suez (alliance secrète avec la France et la
Grande-Bretagne).
1967 : « Guerre des six
jours » contre des nations arabes ;
occupation militaire de Gaza, de la
Cisjordanie, des hauteurs du Golan (Syrie) et
de la péninsule du Sinaï (Egypte).
1973 : « Guerre du Yom
Kippur » contre des nations arabes.
1982 : Invasion et
occupation du sud du Liban (mise en échec
après plusieurs années - Israël se retire «
officiellement » en 2000).
1987-1989 : Répression de
la Première Intifada (Gaza).
1991 : Attaque aérienne
contre l'Iraq (Première Guerre du Golfe).
2000 : Répression de la
Seconde Intifada (Gaza).
2006 : Seconde invasion
du Liban (Israël a été mis en échec par la
résistance du Hezbollah).
2006-2008 : Menace d'«
attaques aériennes éclair » contre l'Iran.
2007-2008 : Attaques
militaires et blocus de Gaza.
Un état
militarisé
L'objectif de la création d'Israël,
illustré dans la chronologie précédente,
explique pourquoi la population israélienne
vit toujours « sur le pied de guerre ». A
l'âge de 18 ans, tout citoyen doit accomplir
un service militaire obligatoire, trois
années pour les hommes et deux pour les
femmes. Ensuite, ils sont « réservistes »
jusqu'à l'âge de 50 ans, avec chaque année un
mois d'entraînement obligatoire.
Pour ces « services militaires », les
Etats-Unis envoient « officiellement » 3
milliards de dollars par an, et 2 milliards
additionnels à d'autres titres. A cela il
faut ajouter les fonds récoltés par les
organisations sionistes du monde entier. De
cette façon, Israël équilibre le déficit de
sa balance commerciale (10 milliards de
dollars) et son déficit budgétaire
chronique.
En même temps, la fabrication d'armements
et de technologie militaire et de sécurité
est devenue, depuis plusieurs années, la
principale activité économique du pays et la
principale rubrique de ses exportations (12
milliards de dollars, 40% du total), déguisée
dans les statistiques comme « exportation de
haute technologie ».
Autrement dit, la majorité de la
population israélienne vit, directement ou
indirectement, du budget militaire et de
l'industrie d'armements. C'est pourquoi, les
forces armées sont, en réalité, l'institution
la plus importante de l'Etat. Ce n'est pas
par hasard que la majorité des chefs
politiques les plus renommés de l'histoire du
pays ont été antérieurement des chefs
militaires.
Un état raciste
Un autre grand mensonge du sionisme est
qu'Israël est un Etat « démocratique et
progressiste ». C'est complètement faux.
Depuis sa fondation, il a été constitué comme
un Etat raciste, par son idéologie et ses
lois destinées à l'expropriation des maisons
et des terres des Palestiniens.
Israël est officiellement
un « Etat juif ». C'est-à-dire, ce n'est pas
un Etat de tous ceux qui résident dans le
pays ou y sont nés. Uniquement peuvent être
des citoyens, ceux qui sont considérés de foi
ou de descendance judaïque. 90% des terres
sont exclusivement réservés pour les juifs, à
travers le Fonds National Juif, dont
le statut définit que ces « terres
d'Israël » appartiennent à cette
institution et ne peuvent pas être vendues ou
données en location à un « non-juif ». Elles
ne peuvent même pas être travaillées par un «
non-juif ». Il est interdit aux Palestiniens
d'acheter ou même de prendre en location les
terres annexées par l'Etat depuis 1948.
Depuis la fondation du pays, il y a un
système de discrimination ethnique qui domine
absolument tous les destins des vies
palestiniennes. Que pourrait-on dire
aujourd'hui d'un pays, dont la politique
officielle serait l'expropriation des terres
des juifs, ou qui interdirait simplement
qu'un juif puisse s'y installer s'il se marie
avec une non-juive ? On dirait, évidemment,
qu'il s'agit d'un flagrant cas de
discrimination antisémite et que cela
pourrait être comparé avec le nazisme ou avec
l'apartheid sud-africain. Ce critère est
toutefois légal en Israël, par le biais d'une
série d'institutions et de lois qui
affectent seulement ses habitants
non-juifs.
La Loi de Nationalité établit des
différences claires dans l'obtention de la
citoyenneté pour les juifs et les non-juifs.
Par la Loi de Citoyenneté, aucun
citoyen israélien ne peut se marier avec un
résident des territoires palestiniens
occupés. Au cas où cela arriverait, il perd
les droits de citoyen israélien, et la
famille doit émigrer si elle ne se sépare
pas.
Par la Loi de Retour, n'importe
quel juif du monde qui déménage au pays, peut
être citoyen israélien et obtenir une
infinité de privilèges que les natifs
non-juifs ne possèdent pas. Mais les parents
des palestiniens de l'Etat d'Israël qui
vivent à l'étranger (dont beaucoup ont été
expulsés de leurs terres en Palestine ou sont
descendants d'expulsés) ne peuvent pas
obtenir le même bénéfice, par le seul fait de
ne pas être juifs.
La Loi de l'Absent permet
l'expropriation des terres qui n'ont pas été
travaillé pendant un certain temps. Mais la
terre d'un juif n'a jamais été expropriée. La
majorité des expropriations ont été faites
contre des réfugiés palestiniens en exil, des
palestiniens habitants en Israël et tout
palestinien qui réside sur la rive
occidentale du Jourdain et avait des terres
dans la zone étendue de Jérusalem.
La fausse « démocratie
israélienne »
La presse occidentale, les média
impérialistes, ne cessent de répéter
qu'Israël est « la seule démocratie du
Moyen-Orient ». Mais comment peut-on appeler
« démocratie » un régime qui poursuit des
personnes pour leur race ou leur religion ?
Comment peut-on appeler « démocratique » un
régime où les habitants originaux, expulsés
en 1948, n'ont pas le droit de retourner à
leurs maisons et à leurs terres et où les
habitants des territoires occupés en 1967
n'ont aucun droit civil ?
Comment peut-on appeler « démocratique »
un régime où les quelques députés d'origine
arabe ne peuvent pas critiquer le sionisme,
sous menace de longues peines de prison, ou
sont obligés d'abandonner le pays, comme cela
a été le cas avec Azmi Bishara. un régime où
la petite minorité d'intellectuels juifs qui
mettent en question les mensonges sur
l'origine d'Israël, ou s'opposent aux
atrocités des gouvernements sionistes, sont
intimidés et empêchés de faire leurs
recherches, comme cela a été le cas avec Ilan
Pappe, qui a abandonné Israël en 2007 pour se
consacrer à l'enseignement en Angleterre, en
raison de la pression qu'il subissait à
l'Université de Haïfa et des menaces de mort
de la part de groupes sionistes ; un régime
où le physicien Mordechai Vanunu a été
kidnappé en Europe pour le supposé crime
d'avoir révélé l'existence d'armes nucléaires
secrètes et a eu l'interdiction de quitter le
pays et même de donner des interviews, après
avoir accompli une peine de plus de 20 ans de
prison.
Dans n'importe quel pays du monde, cette
réalité serait qualifiée comme une dictature
atroce, à peine déguisée par une « démocratie
» pour les oppresseurs sionistes, de la même
façon que les blancs sud-africains avaient
une « démocratie » pendant l'apartheid.
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Le génocide des
Palestiniens
Israël doit exercer une violence
permanente contre la population dominée. Pour
maintenir son caractère colonial et raciste,
il ne peut tolérer aucune résistance interne,
ni aucun défis sur ses frontières. Son
caractère même le conduit à être
expansionniste et à réprimer toute mise en
question, aussi minime qu'elle soit, de sa
nature.
C'est pourquoi, Israël a toujours pratiqué
une politique de « nettoyage ethnique » des
Palestiniens, en les arrachant de leurs
terres ancestrales ou en réprimant avec
dureté aussi bien ceux qui vivent à
l'intérieur de ses frontières que ceux des
territoires de Gaza et de la Cisjordanie.
Environ 11 000 prisonniers politiques
palestiniens, dont des centaines de mineurs
et de femmes, pourrissent dans les prisons
sionistes. Une d'elles vient d'accoucher avec
les menottes aux mains, dans la prison, où
elle reste avec son fils. Soixante-dix
prisonniers ont déjà accompli plus de
vingt ans de prison. La
torture est pratiquée avec l'autorisation de
la justice et les « assassinats sélectifs »
de combattants dans les territoires sont une
routine quotidienne.
La LIT-QI qualifie l'Etat israélien comme
« nazi » parce que, quand on poursuit un
peuple entier, dans le but d'éliminer son
identité, de le rendre esclave ou de
l'expulser de sa terre, il n'y a pas d'autre
nom qui exprime mieux cette essence
politique. La contradiction historique
terrible est que ce sont les descendants de
ceux qui ont été poursuivis en Europe par le
nazisme, qui appliquent maintenant ces mêmes
méthodes contre un autre peuple.
La population d'Israël, éduquée pour être
toujours au service de l'armée, accepte
naturellement, avec une majorité écrasante,
cette réalité d'agressions militaires contre
les Palestiniens et les peuples arabes et
cette politique de génocide, étant donné que
seulement la force des armes peut garantir la
survie de l'enclave coloniale.
Gaza : territoire
palestinien indépendant
La difficulté croissante de l'impérialisme
et d'Israël pour mettre en échec la
résistance palestinienne, les a amenés à
promouvoir, en 1993, les Accords d'Oslo. A
cette occasion, l'organisation Al Fatah et
l'OLP, jusqu'alors la direction incontestée
du peuple palestinien, ont reconnu
l'existence de l'Etat d'Israël et ont
légalisé son usurpation de la majorité du
territoire palestinien. De cette manière, ils
ont abandonné et ont trahi la lutte de leur
peuple. En échange, ils ont reçu la promesse
de permettre dans le futur un « Etat
palestinien », ainsi que la création
immédiate de l'ANP (Autorité Nationale
Palestinienne) à Gaza et en Cisjordanie. Il
s'agissait, en réalité, de petits territoires
isolés, semblables aux bantoustans
sud-africains de l'époque de l'apartheid.
En 2006, le Hamas a gagné les élections de
l'ANP. Son triomphe a été dû au fait qu'il
maintenait encore dans son programme la
proposition de la fin de l'Etat d'Israël et
l'appel à combattre contre lui. La victoire
électorale du Hamas a mis en crise la
politique des accords d'Oslo et a montré le
rejet majoritaire du peuple palestinien à
ceux-ci. Elle a démontré aussi l'usure
profonde de la direction de Mahmud Abbas et
d'Al Fatah, devenue maintenant l'agent
inconditionnel d'Israël et de
l'impérialisme.
Malgré les tentatives conciliatrices du
Hamas, qui a appelé à former un «
gouvernement d'union nationale » avec Al
Fatah, la situation a donné lieu, vers le
milieu de 2007, à des confrontations ouvertes
entre les deux forces et à un coup d'Etat
organisé par Abbas pour supplanter le Hamas
et prendre le contrôle total du gouvernement.
La réaction des masses de Gaza a imposé au
Hamas l'expulsion de l'appareil militaire
d'Abbas et de la police d'Al Fatah de ce
territoire. Cela a été un grand triomphe des
masses palestiniennes parce qu'ils ont libéré
ainsi Gaza du contrôle d'Israël et de ses
agents, en la transformant, dans les faits,
en un territoire palestinien indépendant,
bien que dans des conditions d'isolement très
difficiles.
Vaincre Gaza à tout
prix
Cette situation était totalement
intolérable pour un Etat comme Israël, qui a
lancé une action combinée d'attaques
militaires, d'abord pour détruire
l'infrastructure de génération d'électricité
et d'approvisionnement en eau de Gaza, pour,
ensuite, par des bombardements directs sur la
population civile, et l'imposition d'un
blocus strict, empêcher la réception
d'aliments, de médicaments et de
combustibles. Il fallait mettre en échec à
tout prix la résistance du peuple de Gaza et
l'obliger se rendre.
L'extrême cruauté de cette politique
israélienne, de son blocus et de ses attaques
génocides, ne sont que la continuité des
nombreux crimes que les sionistes ont commis
durant les 60 années d'existence d'Israël.
Cette politique rappelle, sous plusieurs
aspects, celle que les nazis ont menée contre
les juifs, pendant la Seconde Guerre
Mondiale, spécialement la création du Ghetto
de Varsovie qui, en 1943, s'est soulevé
contre l'occupation nazi. Matan Vilani,
vice-ministre de la Défense du gouvernement
israélien d'Ehud Olmert, est même arrivé à
parler d'organiser un « holocauste » à
Gaza.
Mais si le soulèvement du Ghetto de
Varsovie a été violemment écrasé, la
résistance des masses de Gaza se maintient
avec toute sa force. Ils sont arrivés, il y a
quelques mois, à démolir les murs d'une
partie de la frontière avec l'Egypte et ont
obligé le gouvernement de ce pays, la
dictature pro-impérialiste de Hosni Mubarak,
de laisser passer temporairement la
population palestinienne pour
s'approvisionner en nourriture et en
médicaments. En même temps, cette résistance
maintient aussi ses attaques avec des
missiles improvisés sur le territoire
israélien et parvient à faire face à quelques
incursions des forces militaires sionistes,
comme l'embuscade qui a tué trois soldats
israéliens.
60 ans plus tard, la seule
solution est toujours une Palestine Unique,
Laïque, Démocratique et Non-Raciste
La LIT-QI revendique que la seule solution
réelle à la situation de conflit permanent de
la région est la construction d'une Palestine
Laïque, Démocratique et Non-Raciste, le mot
d'ordre constitutif de l'OLP dans les années
70.
Nous nous opposons à la proposition de
l'ONU des « deux Etats », un juif et un autre
palestinien, proposition revendiquée, avec
des variantes, par plusieurs organisations de
gauche. Tout d'abord, un tel « Etat
palestinien », limité à la Bande de Gaza et à
une partie de la Cisjordanie, n'aurait aucune
possibilité réelle d'autonomie économique ou
politique. L'acceptation de ce « mini-Etat »
signifierait, en outre, nier le « droit de
retour » à leur patrie pour des millions de
réfugiés, puisque leurs maisons et leurs
terres expropriées resteraient en Israël. Du
point de vue militaire, ce petit Etat vivrait
entouré en permanence d'une menace
d'agression par un ennemi armé jusqu'aux
dents.
A cette Palestine Unie, Laïque,
Démocratique et Non-Raciste, sans murs ni
camps de concentration, pourront retourner
les millions de réfugiés expulsés de leur
terre, et les millions qui sont restés et
sont aujourd'hui opprimés, récupéreraient
leurs pleins droits.
Pourront aussi y rester, tous les juifs
qui sont disposés à coexister en paix et sur
pied d'égalité. En ce sens, nous appelons les
travailleurs et le peuple israélien à se
joindre à cette lutte contre l'Etat raciste
et gendarme d'Israël, bien que nous sachions
que, par le caractère de la majorité de la
population juive israélienne que nous avons
indiqué, il est fort probable que seulement
une minorité accepte cette possibilité et que
la grande majorité sera disposée à défendre
l'actuel Etat sioniste jusqu'à la fin, les
armes à la main.
Mais la construction de cette Palestine
unique, basée sur la récupération de son
territoire historique, a son principal
obstacle dans l'existence de l'Etat d'Israël,
comme enclave coloniale et Etat gendarme de
l'impérialisme. C'est pourquoi, la LIT-QI
affirme qu'il n'y aura pas de paix au
Moyen-Orient, ni une véritable solution pour
le peuple palestinien, aussi longtemps que
l'Etat d'Israël ne soit pas définitivement
mis en échec et détruit, c'est-à-dire, aussi
longtemps que le cancer impérialiste, qui
corrode la région, ne soit pas extirpé de
manière définitive. Toute autre solution
signifie la survie du « cancer » et la
continuation de son action létale et
destructive. Cette tâche historique,
équivalente à ce qu'a été la destruction de
l'Etat nazi allemand ou l'Etat de l'apartheid
sud-africain, est aujourd'hui à l'ordre du
jour.
En même temps, la LIT-QI affirme que la
lutte pour une Palestine Laïque, Démocratique
et Non-Raciste est une partie fondamentale
des luttes des masses arabes et un pas vers
la construction d'une Fédération Socialiste
de Républiques Arabes.
Il est possible de vaincre
Israël
Jusqu'il y a quelques années, la tâche de
mettre en échec Israël paraissait impossible,
après ses indiscutables victoires militaires
jusqu'en 1973. Cela a été l'excuse, utilisée
par beaucoup de gouvernements arabes et par
la direction d'Al Fatah, pour justifier leur
capitulation face à Israël et leur trahison
de la cause palestinienne.
Nous savons que la lutte contre une
usurpation coloniale est toujours très dure.
Par exemple, l'indépendance de l'Algérie a
exigé des années de rébellion populaire, des
actions partisanes et une campagne mondiale
d'appui pour parvenir à vaincre non seulement
l'armée française mais aussi les groupes
fascistes, comme l'OAS, et obliger les colons
impérialistes français à accepter leur
défaite.
Mais la réalité a beaucoup changé depuis
1973 : les deux intifadas palestiniennes et
le retrait du Liban, en 2000, ont été les
premiers symptômes de l'affaiblissement de
l'Etat d'Israël. De manière beaucoup plus
évidente, la défaite des troupes sionistes au
Liban face à la résistance dirigée par le
Hezbollah, en 2006, a posé la défaite et la
fin de l'Etat d'Israël comme une tâche
possible et présente.
Cet affaiblissement s'est manifesté aussi
dans la réaction de la population israélienne
et la crise politique profonde qui s'est
ouverte dans le pays. Pour la première fois,
l'armée sioniste a été clairement vaincue et
a perdu prestige dans cet échec, mettant en
doute ce qui était jusqu'alors une sécurité
absolue, qu'elle était « invincible » dans la
confrontation avec de possibles insurrections
et des attaques armées des peuples arabes.
En même temps, l'image mondiale du
sionisme, comme un mouvement « progressiste »
et même « socialiste », tombe en miettes, en
mettant à nu son véritable caractère. La
destruction causée au Liban et l'action
génocide à Gaza ont fait que de plus en plus
d'intellectuels et des secteurs
intermédiaires, qui jusqu'alors
sympathisaient avec Israël, le critiquent
maintenant et le dénoncent avec dureté. Ceci
a permis des campagnes de boycott beaucoup
plus fortes, comme en Angleterre, et des
actions couronnées de succès, en Espagne,
contre des concerts de musiciens promus par
Israël. L'isolement du sionisme s'accentue
dans le monde, spécialement dans les secteurs
ouvriers et les mouvements sociaux.
Cet affaiblissement a lieu, en outre, dans
le cadre d'une crise croissante de la
politique de Bush dans la région (la « guerre
contre la terreur »), une politique embourbée
en Iraq et en Afghanistan et profondément
mise en question à l'intérieur même des
Etats-Unis. Israël est une pièce clef du
dispositif militaire impérialiste au
Moyen-Orient et, comme tel, sera défendu
jusqu'aux dernières conséquences par les
Etats-Unis. Mais cette situation d'ensemble
ouvre une nouvelle situation dans la région,
y compris sur le terrain militaire.
L'appui de la population égyptienne aux
Palestiniens qui cherchaient à
s'approvisionner, et l'impossibilité de
l'armée égyptienne de les réprimer ;
l'utilisation de tactiques et d'armes comme
celles utilisées avec succès par le Hezbollah
au Liban, par les groupes de la résistance
palestinienne en Gaza, montrent que la
situation devient plus aiguë dans toute la
région.
Ces faits mettent à l'ordre du jour, comme
possible et actuelle, la tâche historique de
mettre en échec l'Etat raciste d'Israël, 60
ans après sa création. La condition pour cela
est le développement d'une lutte politique et
militaire unifiée du peuple palestinien et de
l'ensemble des masses arabes et musulmanes.
La LIT-QI s'engage de toutes ses forces dans
l'appui à cet objectif.
São Pablo, le 12 mai
2008
Secrétariat International de la
LIT-QI
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