La crise économique qui a
explosé mène plusieurs pays à la faillite et
à la récession qui, déjà, s'est installée
dans les principales économies du monde. La
crise, dont tous reconnaissent déjà qu'elle
est la plus grande depuis celle de 1929, n'en
est qu'à ses débuts, alors que la récession
s'étendra à toute la planète en 2009. Les
travailleurs du monde entier voient avec
crainte la menace du chômage, qui mène à plus
de misère et à la faim. Des millions de
personnes ont déjà perdu leur emploi. Les
entreprises, qui se sont rempli les poches
avec des millions de dollars, ne sont pas
prêtes à utiliser les bénéfices accumulés
durant ces dernières années pour maintenir
l'emploi. La bourgeoisie défend ses bénéfices
et refuse de placer son capital accumulé dans
des investissements qui ne leur garantissent
pas des taux de profit élevés. Elle préfère
les licenciements et les fermetures, dont
l'effet est déjà dévastateur dans beaucoup
d'endroits. Les premiers touchés sont les
minorités opprimées, comme les travailleurs
immigrants ou les noirs dans beaucoup de
pays, et en général les jeunes et les femmes.
Licenciements massifs et
chômage en augmentation
L'augmentation du nombre des chômeurs aux
Etats-Unis a déjà dépassé les 1 900 000
travailleurs en 2008, et on y prévoit de
passer de 6,7 % de chômage en novembre 2008 à
9 % à la fin de 2009. Au mois de novembre,
533 000 emplois ont été détruits aux
Etats-Unis, du jamais vu depuis 34 ans. Les
trois entreprises d'automobiles de Detroit
ont entamé des chômages techniques dans leurs
usines d'Amérique du Nord. La situation est
la plus grave chez Chrysler, qui a débuté un
arrêt majeur de 40 jours.
Les compagnies financières avec des
réseaux internationaux ont annoncé des
licenciements massifs, comme Citigroup qui
déclare qu'il va se débarrasser de 53 000
travailleurs dans le monde. Les fabricants de
voitures américains et japonais font aussi
état de plans de réduction de personnel
touchant des milliers de travailleurs.
Dans les pays de la zone euro, le chômage
a augmenté dans son ensemble 0,4 points par
rapport à l'année passée, et se situe
au-dessus de celui des Etats-Unis avec le 7,7
%. Des milliers de licenciements sont
annoncés dans les usines automobiles, non
seulement celles des filiales américaines et
japonaises mais aussi celles du capital
européen. Renault a annoncé 6 000
licenciements. Chaque jour, plus de 10 000
travailleurs perdent leur emploi dans l'Union
Européenne en ce moment.
A l'intérieur de l'Europe, c'est en
Espagne que la crise est arrivée avec plus de
rapidité et d'intensité pour les
travailleurs. Outre les licenciements dans
les usines automobiles et les entreprises
sous-traitantes, il y a la manifestation de
la bulle immobilière (construction massive de
logements pour spéculer à des prix fous). Le
taux de chômage s'élève déjà à 12,8 % et on
prévoit 4 million de chômeurs en 2009, dont
900 000 seulement dans le secteur du
bâtiment. La croissance du chômage en Espagne
est la plus haute des pays de l'OCDE.
Le Japon, la seconde économie mondiale,
est entré en récession et les grandes
entreprises comme Sony annoncent des milliers
de licenciements et la fermeture de 10 % de
leurs usines d'ici à 2010.
La Chine, considérée par certains comme le
moteur de l'économie mondiale, est en
décélération franche par la chute des
exportations. Plus de 7 000 entreprises ont
déjà fermé leurs portes dans la région de
Guandong, la principale zone industrielle
consacrée à l'exportation. Dans les prochains
mois, 150 millions de travailleurs chinois
qui ont émigré d'autres régions peuvent
perdre leur emploi.
En Inde, on calcule que plus d'un demi
million de travailleurs de l'industrie
textile perdront leurs emplois d'ici à avril
de 2009. Les entreprises de sous-traitance,
très nombreuses en Inde, comme les centres
d'appel (télé-marketing), commencent à
licencier.
Lula, le président brésilien, a assuré que
son pays, avec l'économie la plus importante
d'Amérique latine, est préparée pour la crise
(au point de dire que celle-ci n'allait pas
affecter le Brésil). Toutefois, l'économie
n'est pas régionale mais mondiale et la crise
a déjà des effets directs au Brésil. Une
attaque contre l'emploi a déjà commencé,
attaque qui va être de grande envergure à
court terme. Il y a une fuite de capitaux,
calculée à 200 millions de dollars par jour,
et une chute de la demande de véhicules, ce
qui a amené à la fermeture d'entreprises qui
fabriquent des pièces détachées, à des
licenciements et à des vacances forcées dans
les usines de montage. La multinationale
minière Vale do Rio Doce a annoncé
le licenciement de 1 300 travailleurs, et 7
000 sont en vacances forcées, à cause de
l'effondrement des exportations de
minerais.
En Amérique
latine, la CEPAL (Commission Economique pour
l'Amérique latine et les Caraïbes), un
organisme dépendant de l'ONU, considère que
la création d'emploi va stagner et que le
chômage va augmenter, en touchant surtout les
secteurs les plus précaires et les plus
pauvres. C'est pourquoi elle reconnaît que la
crise économique va toucher spécialement les
femmes, plus nombreuses dans
des secteurs comme l'industrie manufacturière
textile, les « maquiladoras »(1) de tout type, le
commerce, la banque, le service domestique et
l'hôtellerie.
Les attaques
patronales
La bourgeoisie veut faire retomber la
crise sur les travailleurs. Elle essaye donc
d'imposer des licenciements et des réductions
salariales. Les entreprises utilisent en
général les périodes de crise pour imposer
des restrictions aux droits des travailleurs,
restrictions qui deviennent alors
permanentes. L'envergure de cette crise peut
nous donner une idée des attaques qui se
préparent. Les plans de viabilité signifient
précisément ceci : la réduction de personnel
pour éliminer des emplois qui jouissent de
meilleurs salaires et acquis sociaux. Ainsi,
quand ils auront besoin d'engager de nouveau
des travailleurs, ceux-ci entreront dans des
conditions moins favorables. La double
échelle salariale (salaires inférieurs pour
les nouveaux contrats pour le même travail),
qui était déjà pratiquée dans beaucoup
d'entreprises, va s'étendre avec la crise.
Les patrons essayeront maintenant de faire en
sorte que la plupart des salariés se
retrouvent dans la seconde catégorie, et même
l'ensemble des salariés si c'est possible.
L'industrie automobile américaine se trouve
maintenant dans les pires conditions pour
concurrencer les usines de montage japonaises
installées aux Etats-Unis. La modernisation
qu'ils prétendent mettre en oeuvre avec
l'argent public leur servira à avoir des
usines qui ont besoin de moins de main
d'œuvre et où l'exploitation augmente
pour ceux qui continuent à y travailler. En
outre, il y a l'exigence de l'ensemble de la
bourgeoisie qui veut de nouvelles réformes du
travail pour rendre les licenciements moins
onéreux et obtenir une plus grande
précarisation, la dénommée « flexibilité de
l'emploi ».
Les mécanismes de
suppression d'emplois
Les entreprises éliminent des emplois de
différentes façons. Outre les licenciements
secs pour réduire le personnel, ou la
fermeture d'entreprises, ils comptent, dans
certains pays, avec la retraite anticipée
avec une moindre pension, ou des vacances
obligatoires avec des réductions d'acquis
sociaux. C'est le cas, par exemple, dans la
multinationale de l'industrie minière
Vale do Rio Doce, au Brésil. Dans
beaucoup de pays, ces mesures ont besoin de
l'accord et l'appui économique des
gouvernements, ainsi que de la
signature des syndicats.
Souvent, la situation est bien pire. Les «
maquiladoras », présentes partout en Amérique
Centrale, au Mexique et en Haïti, licencient
tout simplement en disant « ne revenez pas
demain ». En Chine, les licenciements ont
lieu, en général, sans indemnisation ni
assurance chômage. Dans la ville de Canton,
130 000 travailleurs abandonnent la ville
chaque jour pour retourner dans leurs régions
d'origine. Ils s'en vont avec leur matelas
sur le dos, car en perdant leur emploi, ils
perdent aussi leur « chambre », qui
jusqu'alors se trouvait dans l'usine
elle-même.
Les plans des
gouvernements et les exigences
patronales
Les grandes entreprises ont profité
d'avantages économiques de la part des
différents Etats pendant toutes ces années.
Les gouvernements nationaux et régionaux leur
ont concédé des réductions d'impôts, des
subventions pour s'installer, des terrains
pour leurs usines, etc.
Maintenant avec la crise, la solution que
proposent les entreprises, et qu'elles
négocient avec les bureaucraties
syndicales, est de recevoir
d'avantage d'aide économique
de la part des gouvernements : ils veulent
l'aval de l'Etat et l'argent public.
Ainsi, outre le chiffre incroyable de 13
000 milliards de dollars, que les
gouvernements ont libéré pour sauver les
organismes financiers, d'autres centaines de
milliards sont réservés par ces gouvernements
pour les entreprises en crise.
En France, le président Sarkozy annonce
100 milliards d'euros pour les entreprises
stratégiques. Le gouvernement de Zapatero
destine 28,9 milliards d'euros, en aide et
moratoire de crédit, pour les petites et
moyennes entreprises qui sont viables.
Partout dans le monde, on accompagne la
crise dans le secteur automobile des
Etats-Unis. Les trois usines de montage,
Ford, Chrysler et GM, ont reçu 17 milliards
de dollars de Bush. Les négociations entre
les démocrates et les républicains pour
l'octroi de l'argent étaient soumises à la
condition que les compagnies présentent dans
les prochains mois des plans de viabilité à
long terme. Ces plans incluent la fermeture
des usines moins compétitives, des réductions
de personnel et de lourdes concessions de la
part des travailleurs.
Les bénéfices patronaux de
ces années
Alors que les gouvernements cautionnent
les licenciements, les pertes de conquêtes et
la faim pour les travailleurs, c'est aux plus
riches que sont destinées les aides de
l'Etat. C'est d'autant plus scandaleux, étant
donné que les multinationales et les banques
ont gagné des fortunes incroyables durant ces
dernières années. Les chiffres des bénéfices
se comptaient comme accroissement par rapport
aux bénéfices de l'année précédente. Il ne
leur suffisait pas de dire qu'ils avaient
fait des bénéfices. Pour être considérés
comme bénéfices, ceux-ci devaient dépasser
ceux de l'exercice précédent.
Voyons quelques exemples. La première
compagnie pétrolière mondiale, l'étasunienne
Exxon Mobil, a obtenu plus de 40 milliards de
dollars de bénéfices en 2007, ce qui
représente une augmentation de presque 10 %
par rapport à l'année précédente et le record
de profit pour une entreprise des Etats-Unis
dans toute l'histoire. Signalons aussi
qu'après la crise de 2001, les entreprises
nord-américaines ont augmenté chaque année
leurs bénéfices de 10 % jusqu'en 2005, et en
2006, les bénéfices ont encore dépassé de 8 %
ceux de l'année précédente. C'est donc bel et
bien une époque sans précédent de bénéfices
patronaux aux Etats-Unis.
En cette même année 2006, les entreprises
espagnoles ont obtenu une augmentation des
bénéfices qui atteint 30,6 % de leur valeur
ajoutée brute (VAB), un chiffre
extraordinaire, jamais atteint depuis 1984,
quand la Banque d'Espagne a commencé à
enregistrer ce type de données.
L'augmentation des bénéfices patronaux de
cette période contraste avec celle des
salaires, qui n'a été que de 3,4 %.
Il est intéressant de constater que les
entreprises ont engrangé des bénéfices non
seulement dans les pays impérialistes mais
aussi dans les pays capitalistes arriérés, où
les taux de profit étaient encore plus
grands. C'est le cas du Chili où la moyenne
d'augmentation des bénéfices de l'année 2006
a été de 43 % par rapport à 2005. Les 10 plus
grandes compagnies ont obtenu 71 % de
bénéfices. Les 8 plus grands consortiums
étrangers au Chili (Santander, Endesa...),
tous espagnols, ont quadruplé leur valeur
boursière en 5 ans.
Du Brésil nous prenons seulement un cas
très éloquent : la compagnie minière Vale
Do Rio Doce. Elle a gagné 25 milliards
de reales (plus de 6 milliards de dollars),
uniquement l'année dernière, et elle a en
caisse 15 milliards de dollars, assez pour
payer les salaires de tous les salariés
pendant les dix prochaines années.
En Argentine les entreprises étrangères
ont obtenu 1,5 dollars de bénéfice pour
chaque dollar d'investissement. Plus
scandaleux encore a été le bénéfice de la
compagnie REPSOL en Bolivie, qui obtenait 10
dollars pour chaque dollar investi.
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Pourquoi sommes-nous
contre la remise d'argent aux banques et aux
entreprises, de la part des gouvernements
?
Nous ne pouvons pas nous laisser tromper
par les discours rebattus que la bourgeoisie
et leurs gouvernements présentent face à la
crise. Quand ils disent que nous devons tous
nous serrer la ceinture, ils se réfèrent
toujours à la ceinture des travailleurs et du
peuple le plus pauvre. Quand les entreprises
disent qu'elles ont besoin de l'argent de
l'Etat pour éviter la fermeture ou davantage
de licenciements, elles mentent sans état
d'âme.
Le capitalisme a seulement deux façons de
sortir d'une crise de cette envergure : en
détruisant de manière massive du capital fixe
- au moyen de fermetures massives d'usines ou
par l'action des guerres (comme les guerres
mondiales) - ou en augmentant de manière
brutale la surexploitation des travailleurs
pour restaurer le taux de profit. Ceci
signifie : réduction de salaires et de
conquêtes, augmentation du rythme de travail
et du temps de travail, et donc une plus
grande exploitation avec moins de
travailleurs (licenciements).
L'argent que les gouvernements remettent
aux banques et aux entreprises en crise
ne va pas servir à éviter les
licenciements. L'argent qui leur
arrive leur sert d'abord à assurer leurs
bénéfices, et il est utilisé en deuxième
instance, comme dans le plan des entreprises
d'automobiles nord-américaines, pour «
moderniser » les usines et réduire le nombre
de salariés. Après l'arrivée des aides
multimillionnaires aux entreprises
financières, des licenciements de centaines
de milliers de travailleurs ont été annoncés
partout dans le monde dans ces organismes.
Cette « aide » aux entreprises est de
l'argent qui est sorti et devra sortir des
poches des travailleurs. C'est le nôtre,
c'est de l'argent public qui a comme origine
la réduction des budgets sociaux. Même dans
les pays européens, on voit déjà comment se
détériorent la santé et l'éducation publiques
et comment continuent à un rythme soutenu les
privatisations de ces secteurs. Un autre
exemple est la politique d'augmentation de
l'âge de la retraite. Soulignons que les
budgets militaires ne sont pas logés à la
même enseigne. Ils continuent à monter
partout dans le monde. Celui des Etats-Unis
est le plus grand des 20 dernières années et
le Maroc a annoncé qu'il va doubler le sien
en 2009.
Nous voyons aussi que, comme ils vont
avoir besoin de davantage d'argent pour les
entreprises, ils vont augmenter les impôts
pour la majorité de la population.
Les bureaucraties
syndicales
Le rôle traître des bureaucraties
syndicales devient plus aigu dans des moments
de crise. Elles s'occupent à négocier les
licenciements et les plans des entreprises.
Bien qu'elles doivent assumer la direction
des luttes contre les licenciements à mainte
occasion, elles ne mènent finalement pas ces
luttes jusqu'au bout et finissent par
négocier avec les patrons.
Les arguments qu'elles utilisent sont les
mêmes que ceux de la bourgeoisie, du genre :
si nous n'acceptons pas ce nombre de
licenciements, l'entreprise devra fermer et
nous perdrons tous les emplois. Quand il
s'agit de la fermeture, c'est : ayons un
licenciement digne, négocions les
indemnisations.
Un aspect assez nouveau est celui de voir
les bureaucraties syndicales accompagner les
chefs d'entreprise pour demander de l'argent
aux gouvernements. C'est le cas pour la
General Motors aux Etats-Unis. Nous savons
que c'est de l'argent que les entreprises
investiront pour supprimer des emplois. Le
rôle de la bureaucratie syndicale des trois
usines de montage nord-américaines est
sinistre. Elle a accepté que les travailleurs
perdent leurs assurances santé et chômage,
pour que le congrès remette l'argent aux
entreprises.
Les grandes centrales syndicales et leurs
organismes internationaux comme l'AFL-CIO
(aux Etats-Unis), la CES (Confédération
Européenne de Syndicats) ou la CSI
(Confédération Syndicale Internationale),
dirigés par ces bureaucraties au service du
maintien du système capitaliste, ont refusé
jusqu'à présent de convoquer des
mobilisations à une grande échelle contre les
licenciements et les plans des gouvernements.
La réponse de la bureaucratie syndicale est
minimale par rapport aux nécessités des
travailleurs, étant donné la brutalité des
attaques que les gouvernements et les
entreprises mettent en oeuvre.
Les appels aux rassemblements essayent
d'affaiblir les mobilisations et non de les
unifier. C'est ce qui s'est passé en Grèce,
où les centrales syndicales ont annulé la
manifestation prévue pour le jour de la Grève
Générale du 10 décembre, afin d'éviter des
troubles. De cette façon ils faisaient
échouer la possibilité d'une mobilisation
unifiée des travailleurs et des étudiants,
qui aurait pu faire tomber le gouvernement du
conservateur Karamanlis. Dans d'autres cas,
la bureaucratie appelle à manifester le même
jour à des endroits différents, afin de ne
pas réunir les travailleurs dans une grande
mobilisation. Un autre exemple est celui des
entreprises automobiles en Espagne. Nous
avons vu comment, lors des premières
mobilisations de la Nissan à Barcelone, les
travailleurs concernés des entreprises qui
fabriquent des pièces détachées pour cette
usine de montage n'ont pas été appelés à
participer à ces mobilisations.
Quand existe la possibilité d'unir tous
les secteurs, comme cela aurait pu être la
réponse à la directive européenne des 65
heures de travail hebdomadaire, la
mobilisation de la CES s'est limitée à une
grève de 5 à 15 minutes. En outre, aucune
publicité, aucune préparation n'a été faite
pour cette mobilisation, qui, dans ces
conditions, restera anecdotique.
L'indignation que la présentation de cette
directive a suscitée, indignation qui a
finalement imposé son rejet au Parlement
européen, n'a pas eu, de la part de la
bureaucratie syndicale, la réponse organisée
dont les travailleurs avait besoin.
La réponse des
travailleurs
Les travailleurs commencent à répondre à
la crise avec d'importantes mobilisations.
Plusieurs pays européens montent au créneau,
avec la Grèce à l'avant-garde, tant contre
les licenciements que face aux plans de
privatisation de l'éducation et de la santé,
ou encore en défense des retraites. En Chine
nous avons connu les protestations violentes
des travailleurs de plusieurs usines qui
menacent de fermer.
Les étudiants et la jeunesse répondent
avec des occupations de facultés et d'écoles,
et avec des affrontement intenses avec la
police et contre les politiques de
privatisation de l'enseignement.
Beaucoup de ces grèves et mobilisations
ont été organisées grâce à l'impulsion par
les organisations de base. Dans d'autres cas,
les travailleurs prennent l'initiative et
commencent leur auto-organisation, comme les
professeurs au Portugal qui, pour la première
fois, ont organisé une mobilisation de plus
de 15 000 personnes en marge de l'appareil
syndical officiel. C'est aussi le cas des
travailleurs de la santé à Madrid, qui se
sont organisés dans une Coordination de
Travailleurs et ont convoqué des dizaines de
milliers de personnes, en dépit de
l'opposition de la bureaucratie syndicale ;
ou les syndicats alternatifs en Italie, qui
ont été capables d'organiser conjointement
une journée de grève et de mobilisation le 17
octobre. Le 12 octobre, le syndicat italien
le plus important, la CGIL, a appelé à une
grève de 4 heures, et beaucoup de catégories,
y compris celle des fonctionnaires publics et
des métallos, ont décidé d'étendre la
protestation à toute la journée. Les
syndicats alternatifs ont aussi rejoint cette
convocation, avec une plate-forme propre de
revendications, en donnant lieu à des
mobilisations qui ont été de dizaines de
milliers de personnes dans les principales
villes italiennes.
Plan ouvrier de lutte et
contre la crise
Il y a une issue à la crise économique
capitaliste sans que le sacrifice de
centaines de millions de travailleurs soit
nécessaire. Mais cette issue n'est pas celle
des capitalistes.
L'argent pour mettre un terme la crise
doit sortir des bénéfices multimillionnaires
que les entreprises ont obtenus durant ces
années. Au lieu de réduire les impôts des
riches, les gouvernements devraient prendre
le contrôle de ces capitaux, en
nationalisant les banques. Comme
nous disions : que la crise soit
payée par les capitalistes.
Nous, les travailleurs, devons lancer un
ensemble de mesures et un plan de lutte
contre la crise, qui doit partir de la
défense des emplois : contre le
chômage, non aux licenciements. Ce
mot d'ordre, qui est la meilleure mesure
contre la crise, n'est adopté ni par les
gouvernements ni par la bureaucratie
syndicale. Il faut exiger des gouvernements
l'interdiction des licenciements.
La nationalisation sans
indemnisation des entreprises qui
licencient des travailleurs sera la façon de
garantir l'interdiction des licenciements, et
leur fonctionnement sera garanti en les
mettant sous contrôle ouvrier. Cette mesure
est en outre bien meilleur marché que celle
qui consiste à remettre des millions aux
entreprises. Un exemple est celui des
entreprises automobiles de Detroit : même en
payant le prix de ce qu'elles valent
maintenant, qui est inférieur à leur valeur
dans les années 40, cela coûterait moins
d'argent que ce qu'elles ont demandé pour
continuer à fonctionner.
Face à l'actuelle baisse de la production,
(qui était jusque là assurée dans des
conditions de surexploitation, avec des
heures supplémentaires, avec des rythmes de
production stressants), nous devons proposer
l'échelle mobile des heures de
travail, c'est-à-dire la réduction
de la journée de travail afin que tous
puissent travailler, sans réduction de
salaire. C'est une mesure que la Quatrième
Internationale a commencée à proposer dans
les années 30 contre le chômage de la Grande
Dépression. Nous pouvons maintenant la
concrétiser avec l'exigence de réduction de
la journées à 36 ou à 35 heures
hebdomadaires, au lieu de l'augmenter, comme
le prétendait la Directive Européenne des 65
heures, ce qui créeraient davantage de
chômage. Et nous exigeons entre-temps
l'indemnisation du chômage
jusqu'à ce que l'Etat garantisse un emploi
digne.
Il faut exiger des gouvernements qu'ils
entament immédiatement des programmes
de travaux publics qui donnent du
travail et qui améliorent les infrastructures
populaires. Nous avons besoin d'hôpitaux
publics de qualité, d'écoles, d'universités,
de logements...
Baisse de l'âge de la
retraite et que chaque retraité soit
remplacé par un travailleur
avec les mêmes droits garantis par loi.
Face aux propositions patronales de «
réformes du travail » et de moratoires dans
les accords contractuels ou les conventions
collectives, il est nécessaire d'exiger
la défense inconditionnelle des
droits du travail et des acquis
sociaux. Tout recul qu'ils
parviennent à nous imposer maintenant va
coûter du sang pour le récupérer dans le
futur et la seule chose que garantissent ce
recul est le bénéfice patronal.
En outre, contre la crise qui donne lieu à
une augmentation de la pauvreté sur toute la
planète, nous devons avancer des mesures
comme : l'augmentation générale des
salaires et la garantie de pensions
dignes pour tous ; le contrôle des
prix des aliments et la garantie de leur
production en mettant un terme la spéculation
des entreprises agraires. Réforme agraire en
donnant la terre à ceux qui la travaillent
!
Ces mesures doivent s'ajouter à d'autres
qui sont indispensables dans les pays
semi-coloniaux, comme par exemple :
Non paiement de la dette externe et
interne et interdiction d'évacuer à
l'étranger les bénéfices des
multinationales.
Pour combattre pour ces mesures et faire
face aux manœuvres de la bureaucratie
syndicale et aux gouvernements, il sera
fondamental de proposer des plans de
lutte unitaires de tous les syndicats et des
organismes de base, en exigeant des
bureaucraties syndicales qu'elles rompent
leurs accords avec les gouvernements et les
entreprises et qu'elles défendent des plans
de lutte ouvriers contre la crise, avec ces
mesures et d'autres que nous rassemblons
ici.
En 2009, l'enjeu est important pour les
travailleurs. Nous pouvons éviter le futur de
misère et de faim que nous promettent les
capitalistes, mais pour cela, une lutte très
dure et intransigeante sera nécessaire. Nous
devons promouvoir des assemblées pour
la prise de décisions et soutenir
les organismes nouveaux qui apparaissent dans
les mobilisations. L'occupation des
entreprises par les travailleurs et
l'organisation de la défense, face à la
répression de l'Etat et les tueurs à gage,
vont être à l'ordre du jour. Dans cette
lutte, les travailleurs doivent restaurer
l'indépendance de classe
pour pouvoir faire face aux gouvernements du
moment et mettre en échec les plans
patronaux.
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