La Quatrième
Internationale - C.I.R. et la stratégie de la
L.O.R.
Ce courant a, depuis une
dizaine d'années, été traversé de crises
successives, en particulier dans sa section
française et dont le dernier exemple, à
l'échelle internationale, est constitué par
la scission en deux groupes distincts du
courant O'Trabalho (adhérent du C.I.R.) du
P.T. brésilien.
Les raisons de cette situation
sont à rechercher dans la politique
opportuniste que développe cette
organisation, politique accentuée par le
tournant de la situation mondiale. Au nom
d'une soi-disant "stratégie" dans la
construction du parti (baptisée la L.O.R), le
C.I.R. impulse la construction systématique
de partis des travailleurs à l'échelle
internationale.
Le G.S.I. considère "la
stratégie de la L.O.R." comme une erreur
théorique, portant en germe le glissement
opportuniste actuel du C.I.R.
En effet, c'était, du point de
vue théorique, mettre sur le même plan la
réalisation d'un objectif historique,
stratégique - la construction du parti
révolutionnaire - et les moyens de sa mise en
oeuvre - les différentes transitions relevant
des conditions circonstancielles existantes à
un moment donné de la lutte de classes,
subordonnant ainsi la fin au moyen, le
général au particulier ; en fait la stratégie
à la tactique.
De ce glissement, de sa non
rectification, le C.I.R a fait une ligne
permanente par la projection mécanique,
systématique à l'échelle internationale,
révélatrice de sa conception
nationale-trotskyste. Ainsi, en France, le
P.C.I. s'est dissout en un Courant Communiste
Internationaliste du P.T. "pour mieux
construire le P.T.". Cette même logique
prévaut dans la ligne de la "reproclamation
de la Quatrième Internationale" : "Nous
formulons l'avis que c'est en posant de façon
conséquente et ouvertement la question de la
reconstitution de l'Internationale (la Q.I. -
NdR) que nous renforcerons l'Entente
Internationale des Travailleurs." (La Vérité,
octobre 1992).
Sur quelle orientation
politique ?
Le M.P.P.T. en France,
précurseur du P.T., s'était constitué sur la
base d'une charte en quatre points de
caractère purement démocratique. La
plateforme d'action adoptée lors du 1er
Congrès du P.T., n'apporte rien de nouveau à
cette charte, si ce n'est quelques références
au socialisme et au capitalisme pour les
jours de fêtes, perdues dans la longue liste
de revendications à caractère démocratique et
économique.
De manière générale, le P.T.
élude la question du pouvoir, c'est-à-dire
l'éviction, la chute de Mitterrand -- le P.T.
lors de la campagne pour le référendum de
Maastricht, n'a à aucun moment lié le "non à
Maastricht" au "non à Mitterrand" -- par le
mote d'ordre de "constituante souveraine" --
et n'avance même pas la perspective d'un
gouvernement ouvrier et paysan.
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Se situant donc sur un terrain
purement démocratique, J.-P. Raffi, membre du
B.P. du C.C.I., écrit dans un article
intitulé "Peut-on être citoyen sous la Vème
République?", paru dans Informations
Ouvrières n°47, nouvelle série : "En
constituant son "mouvement des citoyens", il
(J.-P. Chevènement - NdR) a sans doute mis le
doigt sur le problème central de l'heure,
celui des institutions de la Vème République
qui nie l'existence même de
citoyenneté".
De même, en Espagne,
la section du C.I.R. est engagée dans une
campagne pro-référendum" sur Maastricht qui
ne se prononce pas pour le "non" et qui se
considère comme un "mouvement de
citoyens".
Il est clair que le
cours politique du C.I.R. va vers une
adaptation toujours plus grande au cadre de
la démocratie bourgeoise et qu'il signifie un
renoncement à un combat conséquent pour la
construction-reconstruction de la Quatrième
Internationale.
Un tournant
historique
Cette déviation
opportuniste de caractère liquidateur a été
accentué et accéléré par le tournant dans la
situation politique mondiale.
La chute du mur de
Berlin, la révolution politique qui a
commencé dans l'Est de l'Europe, notamment
dans l'ex-URSS, ont porté un coup fatal à la
bureaucratie comme couche sociale et appareil
international
contre-révolutionnaire.
De ce fait, c'est tout
le système de domination de la bourgeoisie à
l'échelle mondiale, établi à Yalta-Potsdam,
qui s'effondre : la bureaucratie n'est plus à
même de contenir efficacement la montée de la
révolution mondiale.
Et cela d'autant plus
que ce tournant de la situation politique
mondiale a lieu sur fond d'approfondissement
de la crise économique du système capitaliste
et donc d'aiguisement des contradictions
sociales.
C'est pourquoi
l'impérialisme, les U.S.A. en tête, s'est
lancé dans une course pour l'établissement
d'un nouvel ordre mondial, c'est-à-dire de
nouvelles formes de domination. C'est
également une des raisons de l'accélération
de la mise en place de Maastricht par les
bourgeoisies européennes.
Ce tournant historique
sans précédent, la crise mortelle du
stalinisme, ont eu et ont comme conséquence
un repositionnement politique de toutes les
forces qui se réclament du mouvement ouvrier,
y compris les courants trotskystes. Il y a
aujourd'hui une situation de décomposition de
ces organisations et de recomposition sur un
nouvel axe.
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