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DECLARATION DE MOSCOU

Nous présentons cette Déclaration afin de constater les positions basiques communes auxquelles nous, organisations cosignataires, sommes arrivées. Nous y joignons des observations concrètes sur des positions déterminées. Ces observations serviront en même temps comme matière initiale à la discussion programmatique.

A Moscou, le 1er juin 1998

Les Organisations soussignées ont décidé d'unir leurs efforts afin d'avancer dans la tâche de reconstruction du parti ouvrier révolutionnaire mondial.

La lutte pour cet objectif est menée depuis plus de 100 ans et, dans la période actuelle, quatre grandes expériences ont été réalisées, qui ont été transcendantales pour les processus d'organisation internationale du mouvement ouvrier. Mais, en raison des vicissitudes de la lutte de classes et/ou des déviations de leur dirigeants, aujourd'hui, le parti révolutionnaire international n'existe pas. Cette absence signifie le plus grande faiblesse des travailleurs à l'échelle mondiale.

Pour les marxistes, le fait scientifique décisif, est celui de l'existence du système économique, politique et social, capitaliste mondial, auprès duquel est subordonnée la spécificité nationale. L'internationalisme prolétarien n'a pas été inventé par Marx dans son bureau mais il a surgi en tant que réponse à cette réalité objective. De même que la concrétisation de cet internationalisme dans un parti de la révolution mondiale n'est pas une idée née par hasard dans la tête de Lénine, mais elle s'est imposée comme une nécessité pour faire face, de la meilleure façon possible, au capitalisme et à l'impérialisme.

Aujourd'hui plus que jamais, le sort de la révolution, dans quelque pais que ce soit, se joue au niveau international. La "mondialisation" de l'économie rend encore plus juste cette affirmation : les bases matérielles pour la construction du socialisme ne se réaliseront que si la révolution s'étend à l'échelle mondiale. En même temps, la chute de l'appareil central de la bureaucratie du PCUS, combinée à la perte de bases ouvrières par les partis sociaux-démocrates qui appliquent dès le gouvernement les plans impérialistes, libère des forces qui ouvrent des nouvelles opportunités pour avancer dans la tâche stratégique de la reconstruction du parti mondial.

Ces opportunités se voient renforcées alors que l'offensive de plus en plus brutale du capital "globalisé" provoque la réaction d'ouvriers, étudiants, paysans qui lèvent, en différents pays, les mêmes drapeaux dans leurs luttes, contre les plans néolibéraux, contre les privatisations, en défense de la santé, de l'éducation, contre le chômage, contre le travail précaire...

Cette réalité propre aux travailleurs, qui pose avec urgence leur nécessité d'unifier et coordonner les luttes, facilite la tâche de reconstruction de la conscience internationaliste détruite, pendant des décennies, par le stalinisme. On commence à voir les premiers symptômes de cette reconstruction, même si très minoritaire encore, à travers des exemples tels que ceux des dockers de Liverpool ou de l'UPS aux USA. La participation dans ces processus concrets, par le soutien et l'impulsion à l'unité et à la coordination des luttes à l'échelle internationale, doit être une des pièces maîtresses sur laquelle doit s'appuyer la reconstruction du parti ouvrier révolutionnaire international.

Les organisations soussignées, ont initié leurs relations à partir de leur accord général sur les définitions programmatiques de la Déclaration de Paris (Les 21 Points) élaborées par la LIT (Ligue Internationale des Travailleurs) et WI (Internationale Ouvrière). Au cours du processus de discussion, WI a abandonné le contenu essentiel de cette déclaration (un bilan de ce fait est nécessaire), alors que d'autres secteurs s'en réclamaient et l'enrichissaient de leurs apports. La Déclaration de Moscou, ainsi que le progrès dans nos accords, témoignent de ce processus et posent, en même temps, les points de discussion qui restent à l'ordre du jour.

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