Les nouveaux événements mondiaux
confirment que la période actuelle est celle de
l'impérialisme de guerres, de crises, de révolutions,
définie par Lénine.
1- Les
derniers faits qui ont ébranlé le monde (chute du
principal appareil bureaucratique mondial ; la
"mondialisation" ; les nouvelles formes
d'organisation du travail ; l'avancée de la
restauration capitaliste...), additionnés à la grosse
campagne publicitaire de l'impérialisme sur la "mort
du socialisme", ont généré une grande confusion dans
le mouvement ouvrier et de masses. Une conséquence de
ce processus : d'importants secteurs qui se
réclamaient du marxisme révolutionnaire ont commencé
à remettre en question toutes leurs bases théoriques,
idéologiques et programmatiques. Ainsi, on a commencé
à dire que "plus rien n'est bon... il faut chercher
du nouveau", que "la lutte de classes est démodée",
que maintenant il faut penser à un "nouveau
syndicalisme" qu'il ne faut plus penser en termes de
classe mais de "civilité", que la question centrale
est celle de la défense de la liberté individuelle,
celle de l'impulsion des "actions humanitaires",
etc... En conclusion, pour ces secteurs-là, il faut
tout "repenser", dès syndicats jusqu'à la dictature
du prolétariat ; ils estiment donc qu'il faut
élaborer un "nouveau programme" pour pouvoir faire
face à ce qu'ils appellent une nouvelle phase du
capitalisme.
Nous sommes contre ces conceptions. Des
grands changements ont eu lieu : s'en est fini de
l'ordre mondial né de la Deuxième Guerre , la
bureaucratie s'est consacrée, ouvertement et
massivement, à la restauration du capitalisme,
celui-ci progresse dans tout l'Est de l'Europe et
provoque une chute qualitative du niveau de vie et de
culture des masses, il y a à nouveau des guerres et
la carte du continent a profondément changé, des
nouveaux pays ont surgi ; on constitue des nouveaux
blocs régionaux ; on organise des nouvelles formes de
travail, etc... Mais aucun de ces changements n'a
modifié l'essence de la domination
capitaliste.
Ce
qu'on appelle la "mondialisation" n'ouvre pas une
nouvelle phase du capitalisme. Elle n'annule pas mais
intensifie, au contraire, et porte au plus haut point
les cinq caractéristiques de la période impérialiste
signalées par Lénine :
1)
concentration de la production et de la gestion des
grands monopoles ;
2) naissance, développement et prépondérance du
capital financier produit de la fusion des capitaux
bancaire et industriel ;
3) exportation de capital et pas seulement de
marchandises ;
4) partage du monde entre les oligopoles ;
5) partage du monde entre les grandes puissances
impérialistes qui garantissent ainsi le contrôle des
marchés et des matières premières.
Par conséquent, nous ne pensons pas que
nous sommes dans une nouvelle phase qui oblige à tout
"repenser". Nous sommes convaincus que nous nous
trouvons encore dans la phase impérialiste, de
décadence du capitalisme, de crises, de guerres et de
révolutions, qu'a définie Lénine.
2 - Pour
cette raison nous estimons que nous avons déjà un
point de départ : une théorie, un programme et un
modèle de parti. Nous nous appuyons sur les
résolutions et les thèses des quatre premiers congrès
de la 3ème Internationale, sur tous ses
principes stratégiques essentiels en relation à :
l'impérialisme, l'Etat capitaliste, la démocratie et
le réformisme ; les problèmes de la prise du pouvoir
et de la dictature du prolétariat ; le rôle de la
Direction de la classe ouvrière vis-à-vis des paysans
et de la lutte des masses opprimées ; les soviets, le
travail dans les syndicats ; le parlementarisme ; les
tactiques du Front Unique Ouvrier.
3 - De
même, nous défendons le programme de Transition et la
Conférence de Fondation de la 4ème
Internationale en 1938, en tant que continuité de la
tradition programmatique du bolchevisme et en tant
qu'expression de l'avant-garde de la lutte contre la
bureaucratie du PCUS qui (en raison de la défaite de
la révolution mondiale et de l'isolement de l'Etat
soviétique) a usurpé le pouvoir politique dans le
premier Etat ouvrier et a corrompu le parti
communiste et la 3 ème Internationale.
Bien entendu, le programme se doit
d'être actualisé et enrichi. Jamais, ni Trotsky, ni
la 4ème Internationale n'ont considéré le
Programme comme étant achevé. En réalité, il n'y a
pas de programma achevé, puisque celui-ci va en se
construisant et en s'enrichissant dans la mesure où
il est confronté à l'expérience de la lutte de
classes. D'ailleurs, dès 1938, lorsqu'il a été
approuvé, on a compris qu'il faudrait compléter le
Programme de Transition par rapport aux problèmes de
la prise du pouvoir, de la transition au
socialisme... Evidemment, depuis les grands
événements qui voient le jour après la 2 ème Guerre
mondiale, et fondamentalement après 89/90, cette
actualisation est devenue encore plus nécessaire et
urgente.
Mais il s'agit bien d'une actualisation
et non pas de l'élaboration d'un nouveau programme,
puisque les postulats centraux des quatre premiers
Congrès de l'Internationale Communiste et le
Programme de Transition ont été confirmés par
l'Histoire.
La situation du capitalisme
mondial
4 - Le
travail de reconstruction du parti mondial, la lutte
pour résoudre la crise de Direction révolutionnaire
s'appuient sur une conclusion fondamentale de
l'analyse marxiste : dans la phase de décomposition
capitaliste, les rapports capitalistes de production
sont devenus un obstacle absolu au développement des
forces productives de l'Humanité.
L'important développement technologique
et scientifique (éléments importants des forces
productives) des dernières décennies, réalisé dans le
cadre des rapports capitalistes de production en
décomposition, n'a pas servi à améliorer le niveau de
vie des masses mais, au contraire, a servi à la
destruction des deux éléments les plus importants des
forces productives : l'homme et la nature. Les
désastres écologiques, le retour d'anciennes plaies
et maladies, les licenciements massifs provoqués par
l'automatisation, des pays entiers dépendant de la
"charité internationale" pour faire face à la
famine... ce sont là quelques manifestations de
l'agonie mortelle du système capitaliste qui mettent
encore en évidence que l'alternative "socialisme ou
barbarie" est plus réelle que jamais dans la vie de
millions de personnes.
5 - Le
capitalisme impérialiste a pu survivre à la grande
montée révolutionnaire de la fin de la
2ème guerre mondiale grâce, uniquement, à
la bureaucratie stalinienne et ses partis qui ont
maintenu un contrôle de fer sur la classe ouvrière et
empêché la victoire de la révolution dans plusieurs
pays d'Europe. Ceci a permis plusieurs années d'une
relative stabilité dans les principaux pays
impérialistes. Les bourgeoisies, avec le soutien de
l'impérialisme et de la social-démocratie, ont réussi
à garder le pouvoir, mais à un gros prix, puisque
pour détourner les masses de la révolution, ils ont
dû leur concéder d'énormes conquêtes en établissant
ce qu'on a appelé des "Etats Providence".
Mais cette période, relativement longue
d'expansion capitaliste dans les pays impérialistes
et quelques autres régions, a aussi été marquée par
des guerres et par le développement de la misère,
principalement dans les anciennes colonies, ce qui
caractérise la période impérialiste.
Aujourd'hui, toutefois, une fois passé
le "boom" de la post guerre, la surexploitation du
soi-disant "Tiers monde" ne suffit plus et pour
pouvoir surmonter la chute des taux de profit, le
capitalisme impérialiste a besoin d'intensifier le
degré d'exploitation à l'échelle de la planète.
Actuellement, y compris dans les pays impérialistes,
le capitalisme ne répond plus aux luttes par des
réformes, mais il se voit, au contraire, obligé de
détruire les conquêtes sociales obtenues au cours des
luttes précédentes, notamment celles de
l'enseignement, la santé, la sécurité sociale.
Aujourd'hui, en effet, il faut en finir avec cet
"Etat Providence" et, dès lors, l'exploitation
capitaliste devient plus évidente pour les
travailleurs du monde entier.
Au
début des années 90, l'impérialisme avait,
apparemment, conquis une nouvelle forteresse. Il a su
profiter de la confusion créée par la chute du
stalinisme pour avancer dans l'application de ses
plans néo-libéraux et il est apparu ainsi, face au
travailleurs du monde, comme une force conquérante et
invincible. C'était l'époque de la grosse campagne
idéologique sur "la défaite du socialisme et la
suprématie du capitalisme". On affichait les succès
économiques des "miracles" argentin et brésilien, des
"tigres" asiatiques, et l'impérialisme semblait une
force tout puissante, homogène et sans
contradictions. Le grand symbole a été alors la
Guerre du Golfe, avec sa "sainte alliance" autour des
USA et la défaite écrasante de l'Irak.
Mais tout cela n'a pas beaucoup duré.
Les ouvriers et les masses dépossédées ont repris la
rue au Chiapas, en Argentine, en France, en Corée, en
Russie... Les plans néo-libéraux ont alors débuté
leur crise, les "miracles" mexicains, argentins,
asiatiques se sont écroulés ; dans les pays de l'Est
on a commencé a perdre les illusions dans le
capitalisme et a récupérer la conscience
anti-impérialiste... et le Golfe est redevenu un
symbole, mais cette fois-ci non pas du pouvoir
dominateur de l'impérialisme américain, mais de
l'intensification des heurts et des crises inter
impérialistes. Pour la première fois en plusieurs
années, les USA n'ont pas pu imposer leur politique à
l'ONU, et les mouvements surgis contre la guerre n'y
étaient pas pour rien.
Aujourd'hui, la campagne pour la
suprématie du capitalisme n'a plus le même écho. La
crise, économique et politique, est claire et nette
et la nouvelle crise du Golfe prouve en toute clarté
que, malgré toutes les tentatives, un nouvel ordre
mondial n'a pu être imposé pour remplacer l'ancien
issu de Yalta et Postdam, qui s'est écroulé avec la
chute de l'appareil central du stalinisme. Cependant,
il n'y a jamais suffit de sa seule crise, pour
vaincre l'impérialisme, il s'y trouvera toujours des
Directions réformistes et traîtres pour le soutenir,
tant qu'il n'y aura pas la Direction révolutionnaire
pour diriger la lutte.
Mais il n'est pas possible d'avancer
dans la construction de la Direction révolutionnaire
et dans la construction de partis bolcheviks à
échelles nationale et internationale, si nous ne
sommes pas capables de prendre part à toutes ces
luttes, grandes ou petites, contre l'impérialisme et
contre les bourgeoisies nationales, en faisant face
aux Directions traîtres et en se battant pour la
Direction du mouvement de masses.
Les Directions traditionnelles
bureaucratiques et parlementaristes (réformistes et
ex-staliniens) de la classe ouvrière font l'unité
avec la bourgeoisie et s'intègrent, progressivement,
à l'Etat et aux gouvernements. Ces Directions sont
ainsi cohérentes avec leur propre nature d'agents de
l'impérialisme à l'intérieur de la classe ouvrière.
Comme l'espace propice au réformisme se resserre de
plus en plus, comme les possibilités sont des plus
moindres d'offrir ne serait-ce que quelques miettes,
ces Directions bureaucratiques éprouvent de moins en
moins le besoin de se proclamer socialistes ou un
tant soit peu classistes.
La Chute de l'appareil stalinien
mondial et l'avancée de la restauration
capitaliste.
6 - Une
importante discussion théorico-historique reste
ouverte, entre les organisations soussignées, sur le
caractère de classe de l'ex URSS et des Etats où la
bourgeoisie a été expropriée. Mais cette discussion
ne peut occulter l'acquis des importants accords
obtenus.
7 - Le
processus de restauration capitaliste, initié depuis
plusieurs années, s'est accéléré pendant la dernière
décennie. Ceci est vrai aussi bien là où les masses
ont infligé une défaite au régime bureaucratique (ex
URSS), que là où les masses ont subi une défaite
(Chine), ou encore là où le procès révolutionnaire
n'a pas eu lieu (Cuba). L'avancée de la restauration
est en train de provoquer un processus de destruction
des niveaux de vie et de culture des masses, dans ces
pays. En même temps, cette nouvelle réalité pose aux
travailleurs de nouvelles tâches puisque, maintenant,
il doivent faire face et à la bureaucratie qui les
opprime et à la nouvelle bourgeoisie qui organise
toute la production en fonction de son
profit.
La
restauration signifie la perte de grandes conquêtes
pour les masses de ces pays mais, contradictoirement,
elle n'a pas entraîné, jusqu'à maintenant, un répit
pour le capitalisme mondial. Le capitalisme, ne se
trouvant pas dans une période d'expansion, n'a pu
profiter des énormes marchés qui s'ouvrent à lui,
pour résoudre sa crise. Au contraire, ce processus de
restauration lui à en fait créé de nouveaux problèmes
politiques, du fait de la destruction de l'ordre
mondial, de l'augmentation du degré d'instabilité, de
la dispersion du contrôle de l'armement nucléaire, de
la génération de guerres comme celles de Bosnie et de
Tchétchénie, d'insurrections comme en Albanie, et de
situations extrêmement incontrôlables comme au
Kosovo.
La
dure et crue réalité capitaliste et les attaques aux
nationalités opprimées, refroidissent les illusions
des masses dans l'économie de marché et poussent, de
plus en plus à la lutte, la classe ouvrière des pays
de l'Est. Maintenant, il est encore plus manifeste
que les travailleurs de l'Ouest et ceux de l'Est ont,
en fait, les mêmes ennemis. Cette évidence rend plus
consciente la nécessité d'unité des travailleurs des
deux côtés de l'Europe.
Dans les républiques de l'ex URSS et
dans la plupart des pays de l'Est, subsistent encore
des conquêtes importantes que le capitalisme se doit
de liquider pour pouvoir asseoir de façon stable son
pouvoir. Les luttes qui ont déjà lieu dans
différentes régions de l'ex URSS, annoncent de grands
affrontements pour la défense des conquêtes
menacées.
Une participation décidée dans les
luttes qui ont déjà commencées, ainsi que la défense
inconditionnelle de la propriété d'Etat face aux
attaques pour la privatisation, sont des conditions
fondamentales pour avancer dans la construction de la
Direction révolutionnaire, à la chaleur de ces
conflits.
De
la même façon, devant l'offensive de la restauration,
les campagnes pour la défense du marxisme, du
socialisme sont d'une importance capitale pour la
construction de la Direction révolutionnaire
mondiale. Ces campagnes seront décisives pour nous
démarquer clairement de la bureaucratie stalinienne
qui a, pendant des décennies, avec ses trahisons et
ses crimes, sali le nom de socialisme.
8 -
L'avancée de la restauration capitaliste ne doit pas
cacher la victoire qu'a signifié la destruction de
l'appareil stalinien mondial. Les processus de l'ex
URSS et de l'Est de l'Europe ont détruit l'utopie
réactionnaire du "socialisme dans un seul pays", et
confirmé la théorie de la révolution permanente par
rapport à la nature mondiale de la révolution
socialiste et le rôle dirigeant de la classe
ouvrière.
Par les événements de 89/90, l'Histoire
a confirmé sans appel son verdict contre l'idée
révisionniste qui attribuait à la bureaucratie, ou à
un de ses secteurs, la capacité de jouer un rôle
progressif. Ces événements ont prouvé, en effet, que
les bureaucratie, dans leur ensemble, sont passées du
côté de la restauration.
Mais la conséquence la plus positive de
la défaite de l'appareil central stalinien, c'est
qu'elle a provoqué la crise, à l'échelle mondiale, de
tous les appareils bureaucratiques qui dépendaient,
d'une façon ou d'une autre, de l'appareil central.
Deux processus opposés en ont découlé : d'une part,
les directions majoritaires virent à droite ; d'autre
part, ce virement à droite provoque de réponses, par
la gauche, de secteurs (encore minoritaires)
exprimées à travers des affrontements, des fissures,
des ruptures avec les organisations traditionnelles.
On peut dire que la chute de l'appareil central de la
bureaucratie a généré une libération de forces ainsi
qu'une recherche généralisée d'une nouvelle
Direction. Cette recherche s'exprime de différentes
façon, en dehors des organisations traditionnelles et
à leur intérieur. Elle s'est exprimé en France, où
une candidate se réclamant du trotskisme a obtenu 5%
des voix aux élections nationales ouvrant la
possibilité de construire un nouveau parti
révolutionnaire, possibilité qui a été frustrée par
la direction de LO. Cette recherche s'exprime aussi à
travers la construction du PT aux USA ainsi qu'à
travers le développement d'oppositions syndicales ou
de nouvelles centrales syndicales aux USA, en Corée,
au Brésil, en Argentine.
Ce
processus s'exprime aussi au niveau de la
construction de la Direction révolutionnaire. D'une
part, des courants significatifs qui se réclamaient
ou se réclament encore du trotskisme abandonnent leur
tâche stratégiques de la construction du Parti
mondial. L'exemple majeur de cette attitude
liquidationniste est le SU, qui a abandonné la tâche
-parce que la considérant comme dépassée- de
construction de la 4ème Internationale.
D'autre part, de secteurs encore minoritaires,
d'origines diverses, réagissent à cette politique
liquidationniste et cherchent à se regrouper pour
avancer dans la tâche historique de construction du
parti ouvrier révolutionnaire mondial.
Notre groupement fait partie de ce
processus progressif. Et le fait que nous prenons en
charge cette construction avec des organisations
révolutionnaires de Russie, Ukraine, Pologne est la
meilleure preuve des nouvelles possibilités ouvertes
grâce à l'écroulement de l'appareil
stalinien.
Nous défendons le modèle et
revendiquons dans sa totalité les leçons de la
Révolution Russe d'octobre 1917
9 - Nous
défendons tous les processus révolutionnaires qui ont
abouti à l'expropriation de la bourgeoisie et à la
rupture avec l'impérialisme (Chine, Cuba, Vietnam),
mais la révolution dont nous nous réclamons, et que
nous revendiquons, est la Révolution Russe de 1917,
où la classe ouvrière, à travers les soviets dirigés
par le parti bolchevik, a pris le pouvoir et instauré
la dictature révolutionnaire du
prolétariat.
Nous revendiquons, dans sa totalité,
les enseignements de la Révolution Russe, aussi bien
quant au rôle de la classe ouvrière, que quant au
rôle dirigeant du parti et de l'Internationale, que
quant à la nécessité de défense de la révolution. La
lutte permanente pour la démocratie ouvrière, aussi
bien au niveau de l'Etat qu'au niveau des syndicats,
est aussi une leçon de la Révolution
d'Octobre.
10 -
L'expropriation de la bourgeoisie réalisée par les
directions bureaucratiques (Chine, Cuba, Vietnam...)
est différente de celle réalisée par la classe
ouvrière dirigée par son parti révolutionnaire. Mais
cette expropriation est toutefois une importante
victoire du mouvement des masses se traduisant par
une amélioration qualitative de leur niveau de vie et
elle est, en même temps, un coup sérieux au
capitalisme impérialiste. Mais la défense de ces
conquêtes n'a rien à voir avec la défense des
fossoyeurs de ces révolutions, à savoir : les partis
staliniens et les régimes qu'ils ont imposés. Nous
dénonçons particulièrement les capitulations devant
stalinisme, les positions comme celles du SU, qui
cherchent à identifier la défense des conquêtes de la
Révolution Cubaine avec la défense du régime de Fidel
Castro.
Dans notre lutte contre l'impérialisme,
nous nous affrontons au boycott économique exercé par
les USA, mais le blocus n'est pas le principal
problème actuel à Cuba. Ce n'est pas le blocus qui
remet en cause, aujourd'hui, les deux grandes
conquêtes de la Révolution Cubaine (l'expropriation
de la bourgeoisie et l'indépendance vis-à-vis de
l'impérialisme), mais c'est Castro lui-même qui, aidé
par l'impérialisme européen, est en train de
restaurer le capitalisme à Cuba, de privatiser une
grande partie de son économie, et d'approuver des
lois beaucoup plus favorables aux inversions
étrangères que celles de n'importe quel autre pays
latinoaméricain. La lutte pour la défense des
conquêtes de la révolution Cubaine passe donc par
l'impulsion d'une révolution contre le régime
politique dirigé par Fidel Castro. Cette révolution
devra : remplacer le régime de Castro par des
organismes démocratiques de la classe ouvrière et du
peuple ; rompre les accords avec l'impérialisme
passés par Castro ; restituer à l'Etat tout ce qui a
été privatisé ; remplacer l'actuelle "planification"
bureaucratique au service de la restauration
capitaliste par une planification démocratique pour
satisfaire les besoins des producteurs et
consommateurs. Fondamentalement, la nouvelle
révolution devra mettre l'Etat cubain au service du
développement de la révolution socialiste
latinoaméricaine et mondiale.
Avec les peuples opprimés contre
l'impérialisme
11- Nous
faisons face à la tâche de construction du parti
révolutionnaire mondial en distinguant très nettement
le nationalisme des opprimés du nationalisme des
oppresseurs. Nous sommes du côté des nations
opprimées quand elles sont attaquées et défendons
leur droit à l'autodétermination. Pour cette raison,
devant les attaques de l'impérialisme ou du
nationalisme oppresseur, nous sommes
inconditionnellement avec les peuples kurde,
bosniaque, du Kosovo, palestinien, irlandais, basque,
catalan, tchetchene, irakien.
12-
Malgré nos différences fondamentales avec les
mouvements nationalistes bourgeois et
petits-bourgeois, nous défendons tous les mouvements
de libération face aux attaques venant de
l'impérialisme ou des nationalismes oppresseurs. Nous
défendons tout particulièrement ceux qui se
retrouvent face à une intervention militaire ou
devant la menace d'une telle agression. Nous
défendons inconditionnellement le droit à
l'autodétermination qui inclus, comme disait Lénine,
le droit à l'indépendance. Notre politique est celle
pour la Fédération de Républiques Socialistes mais on
doit y accéder par choix et non pas par la force.
Seule la libre association des peuples peut réussir
l'objectif final de l'abolition des
frontières.
Mais en aucun cas cette défense ne
signifie que nous donnions notre appui politique à
des gouvernements bourgeois nationaux de ces pays.
Nous défendons les mouvements de libération nationale
tout en luttant pour que la classe ouvrière et les
masses opprimées développent de façon indépendante
leurs propres méthodes de lutte.
Les tâches démocratiques, y compris
celle de la libération nationale, ne peuvent être
achevées que sous la direction du prolétariat et de
sa dictature révolutionnaire. Nous rejetons toute
alliance, permanente ou stratégique, avec la
bourgeoisie, ou avec ses forces, ou avec la petite
bourgeoisie.
Cependant, nous n'excluons pas des
alliances tactiques pour l'action, telles des actions
anti-impérialistes ou anti-gouvernementales
conjointes, que nous considérons
essentielles.
13- Nous
dénonçons les politiques de l'impérialisme, des
bourgeoisies nationales et des bureaucraties en vue
d'enterrer les processus révolutionnaires dans
l'impasse des élections. Nous dénonçons les courants
réformistes qui agissent en tant que courroie de
transmission de l'impérialisme en défendant les soi-
disant "valeurs universelles" de la démocratie
bourgeoisie.
Nous nous saisissons des libertés
démocratiques conquises par les masses et les
défendons quand elles sont remises en question, mais
sans perdre de vue notre propre objectif : la lutte
contre la bourgeoisie et ses institutions.
Nous luttons pour la destruction du
parlement bourgeois, des élections bourgeoises,
etc... Mais quand les conditions réelles ne nous
permettent pas d'atteindre cet objectif, nous
participons des procès électoraux avec un objectif
central : attaquer ces institutions, divulguer
largement notre programme et avancer dans la
construction du parti révolutionnaire.
14- Nous
dénonçons les accords de paix au Moyen Orient, ceux
du CAN en Afrique du Sud et ceux que le gouvernement
britannique cherche à appliquer pour en finir avec la
lutte pour l'unité en Irlande. Ils ont tous les mêmes
objectifs que les accords de Contadora et Esquipulas
: démobiliser les masses, en trahissant leurs
objectifs historiques. Ainsi les Sandinistes en
agissant comme des fonctionnaires du gouv ernement de
Violeta Chamorro, la police de Mandela en réprimant
les grévistes noirs, la police d'Arafat en réprimant
les mobilisations des Palestiniens... ne nous
laissent aucun doute sur les véritables bénéficiaires
de tels accords ni sur le caractère traître des
Directions qui les ont signés.
15- Nous
dénonçons les politiques de l'impérialisme menées par
son instrument mondial : les Nations Unies. En Bosnie
les forces de l'ONU ont servi à détruire
l'indépendance nationale du peuple bosniaque et aidé
l'agression national fasciste de la Grande Serbie.
Les impérialiste entendaient, par ces moyens, assurer
leur contrôle économique et politique sur cette
région. Et si l'ONU n'a pas eu à intervenir dans le
conflit en Tchetchenie, c'est parce que l'application
des sanglantes méthodes d'extermination contre les
Tchetchènes est revenue à Yeltsine, le représentant
des intérêts capitalistes en ex URSS. En Irak, l'ONU
impose des sanctions économiques qui, chaque jour,
coûtent la vie à des milliers d'enfants.
En
Haïti, l'ONU intervient sous prétexte de restaurer la
démocratie... en Somalie, sous prétexte d'éviter la
famine et la guerre civile... en Albanie, sous
prétexte de "sauver" la population du "chaos"... Mais
la vérité c'est que les interventions impérialistes
dans le monde entier, réalisées sous l'égide de
l'ONU, ont un même et unique objectif : assurer la
continuité de l'exploitation capitaliste, en imposant
des gouvernements qui lui sont inconditionnellement
soumis, pour éviter ainsi le danger de la révolution,
lorsque celle-ci est à l'ordre du jour.
Nous défendons l'indépendance
politique de la classe ouvrière et ses méthodes
traditionnelles de lutte
16- De
même que nous sommes contre des accords stratégiques
avec la bourgeoisie, nous rejetons fermement toute
participation dans un gouvernement bourgeois, quel
qu'il soit. Nous affirmons que les gouvernements de
Front Populaire (c'est-à-dire de collaboration de
classes entre les Directions de la classe ouvrière et
des secteurs de la bourgeoisie, tel celui qu'on a
voulu installer au Brésil avec Lula), sont des
gouvernements bourgeois et donc
contre-révolutionnaires.
L'existence d'un gouvernement de Front
Populaire met le parti révolutionnaire devant des
enjeux et des opportunités exceptionnellement
favorables mais, aussi, devant des grands dangers.
Ces opportunités viennent non pas du fait que de tels
gouvernements puissent être progressifs, mais du fait
que, à cette occasion, les Directions traîtres, à la
tête du gouvernement, peuvent être plus facilement
démasquées et dévoiler ainsi, devant les masses, leur
vraie nature : celle d'agents contre-révolutionnaires
à l'intérieur du mouvement ouvrier. Les dangers
viennent de l'espoir qui, pendant toute une période,
va alimenter le mouvement de masse qui considère que
ce gouvernement est le sien. Par conséquent, le
danger vient de la pression que les masses vont
exercer sur le parti révolutionnaire qui peut, ainsi,
être amené à capituler et à appeler au soutien du
Front Populaire ou de ses mesures apparemment
progressistes.
Devant un gouvernement de ce type, il y
a danger de tomber dans des déviations opportunistes,
de ne pas s'affronter à lui, de ne pas dénoncer sa
nature bourgeoise. Mais il existe aussi le danger
d'une déviation sectaire et de le caractériser comme
un gouvernement bourgeois ordinaire sans considérer
que, précisément, parce qu'un important secteur des
masses le considère comme son gouvernement, il faut
une politique particulière pour lui faire
face.
17- Nous
considérons que la politique (appliquée par les
bolcheviks en Russie en 1917, conseillée par Lénine
pour l'Angleterre en 21, par Trotsky pour l'Espagne
et pour la France dans les années 30) d'exiger que
les Directions traîtres rompent avec la bourgeoisie
et gouvernent avec un programme anticapitaliste,
reste une tactique fondamentale pour s'affronter aux
gouvernements de Front Populaire. Cette politique,
connue comme la "tactique du gouvernement ouvrier et
paysan", est d'une importance capitale pour impulser
une rupture des masses avec leurs Directions
traîtres. Car, grâce à cette tactique, on démontrera
que ces Directions préfèrent gouverner avec la
bourgeoisie, plutôt que de gouverner avec un
programme anticapitaliste au service de la classe
ouvrière.
18- Nous
sommes pour toutes les méthodes de lutte politique
que le mouvement ouvrier a adoptées tout au long de
son histoire. Aussi, nous sommes contre les groupes
petits-bourgeois qui cherchent à remplacer ces luttes
par des actions isolées des masses, de terrorisme
individuel ou de guérilla. Nous défendons de tels
militants face à la bourgeoisie et l'impérialisme,
mais nous rejetons les méthodes qu'ils
utilisent.
Ce
rejet n'est pas dû à des considérations d'ordre moral
mais politique. Le cas du MRTA au Pérou, fin 96, est
un exemple récent de l'effet négatif de telles
méthodes : il s'y développait, alors, un intéressant
processus de luttes ouvrières qui produisait un
éloignement de Fujimori, de la part d'une grande
partie de la bourgeoisie. L'occupation, à ce moment,
de l'ambassade japonaise par le MRTA a provoqué une
grande commotion nationale et une onde de sympathie
internationale envers les guérilleros. Cependant, le
résultat concret de cette action a été la
réunification de la bourgeoisie, autour de Fujimori.
Outre le massacre des combattants du MRTA qu'il a
commis, Fujimori en a profité pour approfondir la
répression contre l'ensemble de la classe ouvrière ce
qui s'est traduit par un recul du processus de luttes
qui s'initiait alors.
19- Nous
affirmons, avec Marx, que "l'émancipation des
travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs
eux-mêmes", mais pour ce faire, la classe a besoin du
pouvoir, le pouvoir de décider de sa destinée. Contre
les appareils bureaucratiques, contre les
"commandants" qui parlent au nom des ouvriers ou des
masses, nous disons : que les travailleurs décident.
Pour la plus large démocratie ouvrière à tous les
niveaux, dans les luttes, les syndicats, dans les
luttes pour le droit à la terre.
20- Nous
luttons pour construire, dans tous les pays, des
partis bolcheviks qui participent à la lutte des
classes et se battent pour leur Direction, qui aient
l'objectif central de la prise du pouvoir et qui
soient des sections du parti mondial de la
révolution.
Ces partis, pour réussir leurs
objectifs, doivent s'organiser sur la base de
principe du centralisme démocratique qui est le
contraire du centralisme bureaucratique des partis
staliniens. Le centralisme démocratique c'est, en
effet, la plus large démocratie, dans la discussion
et dans l'élaboration politique, et la discipline et
la centralisation la plus rigoureuse dans l'action.
Le centralisme démocratique s'impose en tant que
principe parce que nécessaire et pour élaborer une
politique correcte, et pour nous affronter avec
succès à nos puissants ennemis : l'impérialisme, les
bourgeoisies nationales, les bureaucraties.
Nous revendiquons le modèle de la
Troisième et de la Quatrième
Internationale.
21- Les
organisations qui signent cette déclaration ont des
origines différentes. Les unes proviennent du
mouvement trotskyste et d'autres pas. Pour cette
raison, bien que nous soyons d'accord sur la
nécessité de travailler à la reconstruction du Parti
Ouvrier Révolutionnaire Mondial, la discussion est
ouverte pour déterminer si cette tâche doit être
envisagée comme la reconstruction de la Quatrième
Internationale ou non.
Ce
sur quoi nous sommes d'accord, c'est qu'un tel parti
doit se construire comme la continuité programmatique
et organisationnelle de la Troisième (de ses 4
premiers Congrès) et de la Quatrième.
Nous rejetons tous les liquidationistes
qui, au nom du marxisme (et plus souvent du léninisme
et du trotskysme), abandonnent la tâche de la
construction du parti de la révolution mondiale et de
partis bolcheviques au plan national. En ce sens nous
rejetons toute proposition fédérative pour
l'Internationale. L'époque impérialiste, de crises,
guerres et révolutions, exige un parti mondial, et
une fédération n'est pas un parti. Nous revendiquons
un parti mondial qui se base sur le principe du
centralisme démocratique, constitué de partis
léninistes de combat au plan national. Pour ce motif,
nous prendrons le temps qu'il faudra, pour voir si
les accords programmatiques nécessaires pour former
une nouvelle organisation centralisée
démocratiquement existent entre les différentes
organisations.
22- Les
organisations signataires, revendiquent la plus ample
collaboration avec tous les secteurs dans la lutte
contre l'impérialisme, contre les gouvernements,
contre les bureaucraties syndicales Nous revendiquons
aussi la même collaboration avec les différentes
organisations politiques et intellectuelles
marxistes, dans la discussion théorique, activité
imprescriptible pour notre actualisation
programmatique.
Cependant, nous sommes sélectifs quand
nous abordons les tâches de la construction du parti
mondial. Nous défendons la construction de ce parti
mondial avec ceux qui seront d'accord sur un
programme révolutionnaire, sur l'application de ce
programme dans la lutte des classes, et sur la morale
et les méthodes de loyauté qui doivent régir les
relations entre révolutionnaires.
L'Internationale que nous voudrions
construire ne pourrait permettre aucune déviation par
rapport aux principes révolutionnaires, par rapport
aux problèmes qui ont trait à l'insurrection, la
dictature du prolétariat, la forme soviétique de
l'Etat, le régime du parti et la morale ouvrière et
révolutionnaire.
23- La
reconstruction du parti mondial signifie aussi la
reconstruction des principes moraux et des relations
de loyauté qui ont été détruite par le stalinisme.
Pour ce motif, nous rejetons catégoriquement
:
-
La méthode des calomnies, la violence et les
accusations morales élaborées pour réduire au silence
ou discréditer les opposants politiques. En
particulier nous condamnons les calomnies contre
Vargas (B. Nagy), J. Hansen, G. Novack, T. Wohlforth,
N. Field, R. Napuri, Pedro Carrasquedo, J.-P.
Bacherer et les plus récentes de David North contre
Cliff Slaughter.
- La méthode du "tout est bon" (agressions physiques,
vols, occupations de locaux, etc.) pour règler les
débats internes.
- La méthode du recours à la justice bourgeoise pour
résoudre des différends entre révolutionnaires.
- La méthode des sectes qui approchent les
organisations révolutionnaires seulement pour y
promouvoir un travail fractionnel ou pour y établir
des forums permanents de discussion.
Les pas à franchir
La
tâche de la reconstruction du Parti Ouvrier
Révolutionnaire Mondial sera un long processus qui
dépendra beaucoup de l'avancée des luttes de la
classe ouvrière et de sa réorganisation.
Pour autant, la construction d'une
nouvelle organisation internationale (supérieure à
celles qui existent), qui puisse fonctionner sur la
base du centralisme démocratique et avancer sur le
chemin de la reconstruction du Parti Mondial, ne sera
pas immédiate.
Ce
qui se pose aujourd'hui, c'est de vérifier, à partir
de la discussion programmatique et de la
participation conjointe dans la lutte des classes,
s'il existe ou non les accords et relations de
loyauté nécessaires pour pouvoir aboutir à une
organisation de ce type.
Pour avancer vers cet objectif, les
organisations soussignées créeront un Comité
Coordinateur (KORKOM) qui aura les attributions
suivantes :
1-
Impulser la discussion
programmatique à partir d'un calendrier
proposé.
2- Garantir l'édition d'une revue
théorico-programmatique et du Bulletin Interne de
Discussion.
3- Entrer en contact avec
d'autres organisations révolutionnaires.
4- Impulser la participation
conjointe dans la lutte des classes et la
participation à des campagnes politiques et d'appui
aux luttes ouvrières, en créant une commission de
dirigeants et militants syndicaux ayant pour tâche
centrale d'impulser la solidarité et la coordination
des luttes ouvrières internationales.
5- Impulser une campagne
internationale de Défense du Marxisme pour les 150
ans du Manifeste Communiste.
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