Il y a plus de 150 ans, avant même la
fondation de la Ière internationale, cette
phrase résumait tout à la fois la nécessité d'une
union de la classe ouvrière contre le capital, et le
caractère international de la lutte. La configuration
de l'époque présente, caractérisée par l'aggravation
de la barbarie destructrice du capitalisme, rend ce
défi - l'union des travailleurs en lutte dans le
monde entier - plus pertinent que jamais. Les
travailleurs de 12 pays (Brésil, Argentine, Espagne,
Equateur, Paraguay, Afrique du sud, Vénézuela,
Allemagne, Bolivie, Colombie, Canada,
Grande-Bretagne) qui se sont réunis à Caraguatatuba,
dans l'état de Sao Paulo, au Brésil déclarent la
création du RESEAU INTERNATIONAL
DE SOLIDARITE SYNDICALE.
Ce réseau se veut une réponse
à la nécéssité urgente d'unifier les actions des
travailleurs qui luttent pour défendre leurs droits
contre la flexibilisation accrue du travail, contre
le chomage et qui résistent à l'offensive
néo-libérale sous toutes ses formes. Nous avons
besoin de construire ce réseau parce que les
syndicats, et tout spécialement l'Union
Internationale des Fédérations ont renoncé à
combattre le capitalisme et décidé à la place de
collaborer avec ce dernier. NOUS
NOUS BATTRONS :
contre la "flexibilisation" de nos
droits,
pour défendre le droit à la santé
et à la sécurité des conditions de travail, en
luttant contre les causes des maladies et des
accidents dus au travail,
pour la préservation de
l'environnement,
contre le chômage,
contre les processus de
privatisation, pour défendre les services publics
dans le domaine de la santé, de l'éducation, du
bâtiment.
pour défendre la lutte des paysans
pour la terre, comme le montrent le MST au Brésil,
l'exemple du Paraguay etc.
contre le remboursement de la
dette extérieure par les pays d'Afrique, d'Asie et
d'Amérique latine
contre la violence et la
répression exercées à l'encontre la classe
ouvrière,
contre la collaboration de
classes, sous toutes ses formes, qui transforme les
syndicats et les autres organisations ouvrières en
simples courroies de transmission de l'idéologie
néo-libérale.
Bien évidemment, ces quelques
principes ne traitent pas de toutes les difficultés
auxquelles doivent faire face les ouvriers. Ils ne
sont pas définitifs, et des additions pourront
certainement être apportées. Ces principes expriment
nos priorités générales, étant entendu qu'il faut
garder à l'esprit le fait que notre manque de
ressources nous empêchent de nous lancer dans toutes
les luttes que nous voudrions mener pour tous les
travailleurs, de quelque nationalité qu'ils soient ou
encore pour le soutien sans conditions aux réfugiés,
la défense des peuples indigènes, la défense de
l'enfance, la défense de la sécurité
sociale.
D'autres propositions ont été
faites, avec le soutien de tous les membres présents.
Ainsi nous nous sommes
accordés sur les points suivants :
Défense
de la liberté d'organisation des travailleurs contre
les bureaucraties syndicales (...),
Lutte contre toutes les formes de
discrimination, d'oppression et de violence exercées
sur la femme,
Lutte contre toutes les formes de
racisme,
Pleine égalité de tous les
travailleurs de quelque nationalité qu'ils
soient,
Soutien aux réfugiés.
Notre réseau a pour but
l'union des syndicats, des dirigeants, et des
militants du monde entier qui approuvent nos
principes et qui sont prêts pour lancer des actions
et les étendre, selon ces principes, dans le lieu où
ils vivent et travaillent. Le réseau a donc un
caractère syndical, un caractère de classe, une
dimension populaire et se donne, par dessus tout,
pour but la lutte. Cependant il ne s'agit pas d'un
nouveau syndicat. Il accepte la participation de tous
ceux qui veulent lutter, indépendamment de leur
affiliation syndicale... En ce sens, une attention
particulière sera portée à la jeunesse.
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Le réseau veut être un outil de lutte
pour les jeunes travailleurs en quête d'un monde
meilleur. Le réseau rejette l'exploitation et
l'oppression capitalistes. C'est pourquoi il revêt un
caractère socialiste dans la mesure où il aspire à
une société libérée de toute oppression et
exploitation d'aucune sorte. Mais il ne s'agit pas
d'un parti politique ni d'un relais avec un parti ou
une organisation quels qu'ils soient. Le réseau
préservera son autonomie et son indépendance.
Nous sommes pleinement conscient qu'il
ne s'agit pas là de la première expérience d'une
telle nature aussi nous nous déclarons prêts à unir
nos forces avec d'autres pour construire une
solidarité entre travailleurs dans le but d'accroître
notre potentiel en combinant nos activités. Nous,
qui nous sommes réunis à Caraguatatuba réaffirmons
notre solidarité avec les travailleurs du monde
entier et notre soutien tout particulier aux
travailleurs Volkswagen de Mexico, actuellement en
lutte pour leurs salaires, au peule équatorien, en
lutte contre le modèle économique du FMI qu'on tente
de lui imposer, au peuple colombien, menacé d'une
agression militaire du gouvernement de Pastrana et de
l'impérialisme américain, et au peuple péruvien, en
lutte pour mettre fin à la dictature Fujimori.
Nos buts
immédiats sont les suivants:
lancer une campagne de solidarité
avec les travailleurs Volkwagen de Mexico,
actuellement en lutte et maintenir notre solidarité
avec les travailleurs Volkswagen d'Afrique du sud,
répondre aux besoin de solidarité et de soutien de
tous ceux qui luttent, où qu'ils soient dans le
monde. Tout membre du réseau, informé de tels
situations, se doit d'en informer le reste du réseau
de manière à ce que nous puissions apporter notre
soutien aux travailleurs concernés,
lancer une campagne de solidarité
avec la Colombie, contre l'intervention militaire US
et le "plan Colombie",
lancer une campagne de solidarité
avec l'Equateur, en lutte contre l'emprise du dollar
sur l'économie,
affirmer notre soutien sans
condition au non-paiement de la dette
extérieure,
mettre en place des campagnes pour
réclamer la libération de tous les prisonniers
politiques,
contre le blocus économique à Cuba.
Nous avons également décidé de nous
donner les objectifs suivants :
publier un rapport complet de
cette réunion avec la mention des principales
contributions,
mettre en place un comité de
liaison au Brésil pour coordonner la tâche en
Amérique latine et les syndicats engagés dans le
réseau,
favoriser l'échange d'informations
et d'expériences, l'action solidaire dans chaque
branche (métallos, industrie chimique, éducation,
santé). Pour cela, il est important de préparer le
plus possible le sommet de l'OEA prévu prochainement
à Montévidéo,
continuer à travailler avec les
camarades d'Europe et d'Afrique du Sud en vue de la
création de comités de coordination dans ces régions,
et pour organiser un nouveau congrès
mondial.
profiter du Forum Social
International de Porto Alegre en 2001 pour organiser
un congrès de militants pour créer des contacts et
étendre le réseau. Dans le même but, nous devons
participer au congrès de Prague du 26 septembre
2000.
Vive
la lutte internationale de la classe ouvrière !
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