Ça y est. Allègre a sauté. Et
l'on serait tenté de pousser un soupir de
soulagement. Mais il faudra encore manifester
pour le retrait de toutes les réformes
libérales de la Gauche plurielle, car seule
la lutte paie. On sait d'expérience que Jack
Lang n'est pas le " réformateur "-bulldozer
que prétendait être Allègre. Il n'en a pas
moins prouvé par le passé que l'Éducation
Nationale a tout à craindre de lui. D'autant
qu'à l'inverse de son prédécesseur, l'homme
aime bien agir dans l'ombre.
Il a d'ores et déjà
clairement annoncé sa volonté "de préserver, voire
d'amplifier, les éléments de réforme discutés
depuis plusieurs mois". Et ce malgré
l'opposition au projet que profs et élèves
manifestent depuis des mois dans les rues de
Paris et de province. Et quand Allègre
demande ouvertement que la gestion des écoles
soit confiée aux communes, celle des collèges
aux départements et celle des lycées aux
régions, on peut être sûr que cette politique
sera appliquée par Jack Lang. Déjà, il
poursuit la réforme des lycées lancée pr
Allègre, et pour faire passer la pilule, il
veut nous faire croire qu'il augmente les
heures de cours au lycée. En fait, il réduit
les heures en demi-groupes, ce qui fait
beaucoup moins d'heures à payer aux profs, et
ne fait qu'aggraver le problème des classes
surchargées! De même, rien n'est fait pour
les départements en difficulté. Lang annonce
2800 créations de postes pour la prochaine
rentrée, alors que le Gard, l'Hérault, le Val
de Marne et le Val d'Oise estiment leurs
seuls besoins à... 5000 postes pour ces 4
départements!
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Pourtant, Allègre a été
balayé. Si Jospin a
remodelé son gouvernement, c'est sous la
pression de la rue. Sous la pression
des salariés organisés dans l'unité à travers
des assemblées générales. Dans tous les
services publics (postes, finances, etc.),
ils refusent la loi sur les 35 heures et la
flexibilité qu'elle entraîne! Sous la
pression des personnels de santé qui refusent
de voir les soins mesurés à l'aune des coûts
et non des besoins! Sous la
pression des profs, des étudiants et des
élèves qui refusent de voir l'Éducation
Nationale livrée aux barons de l'économie
libérale! Il nous faut pousser
l'avantage, et nous mobiliser dans l'unité,
pour obtenir :
Le retrait de la
réforme des lycées professionnels.
Le retrait de
la semestrialisation et de la licence
professionnelle.
Le retrait du
projet U3M avec ses " pôles d'excellence
".
La restitution
des places supprimées aux Capes et agrégation
depuis des années, ainsi que la
titularisation de tous les personnels
précaires, maîtres auxiliaires, emplois
jeunes, etc.
Le 1er mai 2000
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