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Colombie - Communiqué du secrétariat de la LIT-QI
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Yankees go home !

Le peuple colombien vit actuellement des moments de grand tension, non seulement par la forte répression qu'exerce le gouvernement de Pastrana et la violente présence des troupes paramilitaires étroitement liés à l'armée, mais aussi par la présence d'un autre ennemi : le Plan Colombia. Nous publions ici quelques extraits d'une déclaration de la Ligue Internationale des travailleurs Q.I, à ce sujet.

Le 30 août, Bill Clinton a visité la Colombie pour donner officiellement le feu vert au Plan Colombie. Deux jours après, au Brésil, les présidents latino-américains se sont réunis solennellement pour donner leur approbation au " Plan " et rendre ainsi " légitimes " les interventions militaires yankees en Amérique du Sud.

Ce Plan Colombie compte avec le soutien et la contribution de l?ONU et prévoit l'envoi immédiat de 1 300 millions de dollars des USA (en plus des 350 millions déjà versés), dont 950 reviendront à l'armée et la police, le reste étant destiné à " l'investissement social ". Le tout, ne serait que le début d'un plan qui prévoit un investissement de 7 500 millions de dollars provenant des pays voisins et surtout de l'Union Européenne.

De même, le plan prévoit l'envoi de 80 hélicoptères d'attaque, l'entraînement de forces spéciales, l'utilisation d'armes chimiques pour la " guerre biologique ", un armement lourd, etc. En plus, il prévoit la présence de 500 " conseillers " nord-américains, un chiffre qui pourrait être revu à la hausse "s'il existait des évidences d'une agression ".

Depuis un an déjà, la menace d'une intervention yankee et le spectre du Vietnam planent sur le pays. Ce n'est donc pas étonnant si Clinton a commencé sa brève visite par une explication : " Il ne s'agit ni du Vietnam ni de l'impérialisme? ".

Les interventions militaires de l'impérialisme américain ont une fois de plus invoqué le prétexte de " l'aide humanitaire " et, en l'occurrence, une cause tellement " admirable " : celle de la lutte contre le trafic de drogue. L'hypocrisie est sans limites, les USA étant le premier consommateur du monde de cocaïne et accaparant, par ailleurs, la part du lion du bénéfice généré par le trafic mondial.

On prétexte en outre la nécessité imminente de l'intervention parce que la guerrilla serait financée par le narco-trafic : selon les autorités colombiennes, cela rapporterait aux FARC une recette de 500 millions de dollars par an. En supposant que ce soit vrai, les FARC ne toucheraient alors que 1 % du bénéfice de ce trafic! Mais qui toucherait les 99 % restants ? Le 4 juillet dernier on a intercepté 1 485 Kg de cocaïne pure, pour une valeur de 53 millions de dollars, auprés d'un des groupes paramilitaires colombien ; les AUC (Autodefensas Unidas de Colombia), des groupes paramilitaires solidement liés à l'armée, sont en fait les principaux bénéficiaires du narco-trafique. Ils ont eux-mêmes reconnu, récemment, que ce commerce représentait 70 % de leurs ressources.

Il faut chercher la vrai explication de l'intervention militaire nord-américaine dans la crise totale : politique, économique et militaire, de la bourgeoisie et de l'Etat colombiens. En dépit des 35 000 assassinats des dix dernières années, celui-ci n'a pu vaincre la guerrilla, et les accords avec le FMI n'ont pas empêché que 77 % de la population se trouve dans une extrême misère.

Le ministre des affaires extérieures, Guillermo Fernàndez Soto, l'explique à sa manière : " l'aide nord-américaine doit forcer la guerrilla à négocier ". Et le député conservateur Roberto Camacho de préciser que : " si la paix avance, la composante militaire du Plan colombia pourrait être revue à la baisse ".

Pour l'impérialisme dans son ensemble, les buts de ces " accords de paix " sont les mêmes que ceux qui ont été appliqués en Amérique Centrale, au Nicaragua, au Salvador et au Guatemala. Comme disait James Petras : " après les accords de paix, ces pays, complétement dépouillés, se sont transformés en paradis pour les spéculateurs ; les paysans pauvres sont restés sans terres ; ceux qui bafouaient les droits de l'homme sont restés au pouvoir, pendant que l'oligarchie réclamait ses biens depuis Miami."

Cependant, la solution ne consiste pas, comme préconisent les dirigeants des FARC et de l'ELN, à en appeler aux gouvernements européens ou aux gouvernements " démocratiques " latino-américains, qui seraient les arbitres de la " paix ". Pas plus que la solution n?est pas dans la promesse des ces groupes " de ne pas effectuer des opérations militaires dans les autres pays ". Au delà de différences tactiques, la politique de l'impérialisme américain et celle des " démocraties " européennes sont essentiellement les mêmes. Le 8 juillet dernier, dans un forum à Madrid de soutien au " processus de paix " en Colombie, les Européens sont arrivés à cette conclusion : " Ainsi qu'annoncé par Solanas il y a deux semaines à Bogota et répété hier à Madrid, l'Union Européenne donne tout son soutien au Plan Colombie ".

Il faut mobiliser les peuples de tout le continent et du monde, pour répudier cette intervention de récolonisation menée sous couvert de lutte contre le trafic de drogue. Il faut unifier avec cette campagne la défense de la révolution équatorienne.

Il est évident qu'il y a différentes appréciations quant au chemin que doit prendre ce combat. Notre courant, comme d'autres le feront, défendra ses points de vue sur cette question. Mais ces différences ne doivent pas être un obstacle à la plus large unité d'action avec les organisations syndicales, politiques, de la guerrilla, des indigènes et autres, pour combattre ensemble l'impérialisme et ses agents locaux, dont le gouvernement Pastrana.

Le SI de la LIT-QI, le 10 septembre 2000.

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