Nous assistons actuellement à une agression
de l'armée d'Israël contre le peuple palestinien et une
révolution de ce peuple en réponse à cette agression. C'est
un devoir de toutes les organisations démocratiques,
populaires, marxistes, partis politiques, organisations
syndicales et de jeunes, de dénoncer partout le massacre en
solidarité avec la Palestine.
Une fois de plus nous assistons à la lutte d'un peuple qui
veut garantir son autodétermination, contre l'ordre colonial
en vigueur au service des intérêts des grandes métropoles
impérialistes. Il faut organiser des manifestations devant
les ambassades yankees et israéliennes, condamner l'agression
sioniste et exiger le retrait immédiat des troupes
israéliennes de Jérusalem et des territoires occupés. Avec
les communautés palestiniennes dans chaque pays il faut
organiser une campagne de solidarité qui défende
l'autodétermination du peuple palestinien. Nous devons
entourer la révolution palestinienne (l'Intifada) de toute
notre solidarité. La victoire des palestiniens sera une
victoire de tous les peuples du monde sur le chemin de leur
libération nationale et sociale.
Les
antécédents du conflit
Selon la presse internationale, l'origine de ce conflit
serait la haine ethnique et religieuse, c'est à dire, juif
contre arabe, arabe contre juif. Mais l'histoire nous montre
autre chose:
L'impérialisme naissant à la fin du siècle passé et
pendant ce siècle a encouragé cette haine raciale sous le mot
d'ordre : diviser pour régner. Il a divisé artificiellement
le monde arabe en des dizaines de pays pour pouvoir contrôler
les richesses de la région.
Pendant des siècles, l'implantation de juifs en Palestine
s'est faite principalement pour des motifs religieux et sans
conflits importants étant donné la tolérance arabe
traditionnelle. Pendant treize siècles, il y a eu une
intégration totale des juifs dans la société arabe. Ce n'est
qu'avec la naissance du sionisme, promu par l'impérialisme,
que la tolérance et l'intégration ont pris fin.
Après la première guerre mondiale, et jusque après la
seconde, il y avait en Europe des millions de juifs
persécutés et affamés qui cherchaient une place au soleil,
sans être pour autant assimilés à l'économie régionale qui
traversait une grande crise.
Après la première guerre mondiale, les grands bourgeois
juifs (comme les barons Hirsch et Rotschild) ont alors
proposé une solution à ce problème : en les utilisant comme
chair à canon pour leur entreprise commerciale. De cette
façon le sionisme commença à concentrer une communauté juive
de plus en plus importante en Palestine, un phénomène qui
s'accentua encore après la seconde guerre mondiale. Les
sionistes attaquaient de plus en plus violemment les
palestiniens pour les expulser de leurs terres.
La création d'Israël décidée en 1948 faisait
partie des accords entre les États-Unis, l'Angleterre et
l'URRS après la seconde guerre mondiale.
L'ONU propose alors une partition du territoire
palestinien, pour laisser la place au nouvel "État" d'Israël.
Pour garantir l'accord, il fallu une guerre contre tous les
pays arabes de la région. Avec l'appui de l'impérialisme
yankee (en collaboration avec la bureaucratie russe), la
région riche en pétrole et qui était le théâtre de grandes
révolutions a pu être contrôlée. Israël gagne la guerre et
expulse les palestiniens qui doivent se contenter de
misérables campements de réfugiés dans les zones de Gaza et
de Cisjordanie (des ghettos ou "bantoustans" encerclés par
l'armée israélienne) ou sont disséminés dans les multiples
pays arabes.
C'est à partir de ce moment que les palestiniens sont
expulsés de leur patrie par l'État raciste d'Israël, jusqu'à
maintenant il n'y a plus jamais eu de paix dans la région.
Les États-Unis ont armé Israël jusqu'aux dents comme un poste
avancé de leurs propres forces militaires en y injectant des
ressources financières comme dans aucun autre pays du monde,
afin d'assurer la stabilité sociale de cette enclave
militaire coloniale, un "porte-avions sur terre ferme", pour
garantir leur domination coloniale sur la région.
L'État d'Israël, enclave coloniale raciste et
théocratique, fait office de gendarme de l'impérialisme
yankee dans la région, et c'est la raison pour laquelle il
vit en état de guerre permanent depuis sa création en
1948.
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Le retour de
l'Intifada
(...) Depuis le 27 septembre 2000, une révolution est en
marche en Palestine, elle s?appelle la Nouvelle Intifada.
C'est la rébellion générale d'un peuple qu'on ne laisse pas
vivre sur sa propre terre et qui cohabite tous les jours avec
l?armée d'occupation israélienne en guerre permanente ; et
qui dispose d'un armement lourd de dernière génération mis à
sa disposition par les Etats-Unis.(...)
En quinze jours, 99 personnes ont perdu la vie, dont 95
palestiniens et 4 israéliens. Ces chiffres parlent d'eux
mêmes et désigne l'agresseur le mieux armé en même temps
qu'ils identifient les agressés. Parmi les morts, on compte
beaucoup d'enfants d'environ douze ans car il s'affrontent,
avec leur peuple, à l'occupation de leur nation.
Ces affrontements sont les plus importants dans la région
depuis les années 1987-1993,depuis la première Intifada, la
rébellion palestinienne pendant laquelle en six ans l'armée
israélienne a tué 1258 personnes et qui n'a pris fin qu'avec
la capitulation de Yasser Arafat, qui a accepté de
s'agenouiller devant Israël et de signé un "Plan de Paix" qui
accepte le contrôle de l'État fasciste d'Israël sur tout le
territoire.
Lors des affrontements des derniers jours, les israéliens
ont utilisés des missiles anti-chars, des grenades de
percussion, des tanks et des hélicoptères de combat pour
essayer d'écraser la révolution. Pendant ce temps, le chef de
la Sécurité Palestinienne déclarait timidement : "Jusqu'à
maintenant nous n'avons tiré aucune balle contre les soldats
israéliens, mais nous ne pouvons pas rester impassible
infiniment."
Une nouvelle situation politique est ouverte dans la
région après le retrait des troupes israéliennes du Liban en
mai 2000, expulsées par la lutte armée du peuple, après 18
années d'occupation du sud Liban. Ce qui montre que la
garantie de la victoire n'est pas le "plan de paix" mais la
lutte frontale du peuple en arme contre l'envahisseur, pour
l'expulser. Cette lutte a mis fin au mythe de l'invincibilité
des troupes israéliennes.
Cet exemple a montré à tout le peuple palestinien que la
lutte peut défaire l'armée israélienne, alors que les plans
de paix, promus par Washington, ne peuvent conduire qu'à
l'esclavage colonial à perpétuité.
Les affrontements s'étendent maintenant aussi à
l'intérieur même du "territoire" israélien où vivent un
million d'arabes, en général un secteur de la population qui
a une meilleure situation que celle des palestiniens des
camps et qui se mobilise plus difficilement. Cette fois-ci,
ils sont tous ensemble, solidaire de la lutte palestinienne
général, ce qui donne lieu à un début de guerre civile à
l'intérieur même d'Israël.
Dans le monde il y a de nombreuses manifestations de
solidarité avec la cause palestinienne, contre l'agression
sioniste, principalement dans le monde arabe. Au Maroc, plus
d'un demi million de manifestants agitaient le drapeau
palestinien et lançaient des cris en faveur de l'Intifada. Il
y a déjà eu des manifestations massives en Égypte et au
Yemen,(...).
Suite à ces pressions, les 22 gouvernements arabes, réunis
au Caire au début d'octobre, ont adopté une résolution à
l'unanimité qui condamne Israël et qui "offre un soutien
politique, financier et moral aux palestiniens contre
l'agression israélienne". Mais ces gouvernements
bourgeois dépendants de l'impérialisme yankee, ont au centre
de leur politique la défense de la "paix". Ainsi en Jordanie,
où 40% de la population est d'origine palestinienne, le roi a
interdit les manifestations en faveur des palestiniens. Il
craint que la mobilisation révolutionnaire de ces 40% de la
population n'engendre la déstabilisation de la Jordanie. En
Syrie aussi, la police a empêché à 2000 manifestants d'entrer
dans l'ambassade des USA.
Barak vient d'annoncer la constitution d'un gouvernement
"d'unité nationale" avec Ariel Sharon, le leader de l'extrême
droite israélienne. Ce qui signifie en claire qu'Israël est
prête à mener une guerre d'extermination totale contre les
palestiniens. Ce même Ariel Sharon est le promoteur de
l'invasion du Liban en 1982 et est responsable de la mort de
plus de vingt mille palestiniens et libanais. C'est également
l'auteur de la provocation récente de Jérusalem qui a
réveillé la rébellion palestinienne. (...).
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