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Déclaration - Publiée dans l'Internationaliste n°41
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Socialisme ou barbarie !

Déclaration du Groupe Socialiste Internationaliste - GSI - Pour la reconstruction de la Ligue Internationale des Travailleurs Quatrième Internationale - LIT-QI - à propos des attentats aux USA et de la "croisade" de G. W. Bush.

De Berlin à New-York

En 1989, la chute du Mur de Berlin marquait la fin de l'ordre édifié conjointement par la bureaucratie stalinienne et les principales puissances impérialistes à Yalta et Potsdam à la fin de la Seconde guerre mondiale. Ces événements symbolisaient aussi le début d'une nouvelle période de l'impérialisme "l'époque des guerres et des révolutions" (Lénine).

Cette nouvelle période a vu les différents impérialismes s'engager dans la tentative de mettre sur pied un "nouvel ordre mondial" qui s'est vite révélé être un nouveau désordre mondial. La mondialisation financière a connu une accélération et un approfondissement inouï remettant brutalement en cause l'ensemble des conquêtes ouvrières et s'attaquant de plus en plus ouvertement aux libertés démocratiques.

Profitant de la désorientation momentanée de la classe ouvrière, et de l'absence d'une alternative révolutionnaire, un nouvel intégrisme déferlait sur le monde : l'ultra libéralisme. Théorisée par Friedrich Von Hajek et ses disciples, promue par R. Reagan et M. Thatcher et adoptée avec quelques amendements de pure forme par les sociaux-démocrates et staliniens désormais "rénovés", cette idéologie était présentée comme parée de toutes les vertus : la libéralisation des échanges, le retour de l'Etat à ses fonction régaliennes, la privatisation tous azimuts, le développement de la concurrence ne pouvaient avoir que des avantages pour les "consommateurs" et pour les "investisseurs". On passerait désormais du principe classique de la démocratie bourgeoise "un homme, une voix" à un adage nouveau "une action une voix". "La démocratie, c'est le marché libre", proclamaient les apôtres de la tyrannie financière.

Le pillage des ressources de la planète s'est accentué, les cours des matières premières ont totalement échappé aux pays qui les produisent. La nouvelle division internationale du travail qui s'est imposée est basée sur un parasitisme accru du capital financier, la délocalisation, l'exploitation du travail des enfants, le développement du travail gratuit en milieu pénitentiaire, etc. Tout est bon pour faire baisser les "coûts de production". L'esclavage (au sens strict du terme) recommence à se développer sous des prétextes divers...

Parallèlement, les puissances impérialistes s'affrontent de plus en plus violemment pour le contrôle des marchés et pour imposer chacune "sa" nouvelle division du travail, à son profit exclusif. De ces affrontements inter-impérialistes sont nés les pires atrocités des ces 15 dernières années : la guerre du Golfe avec l'utilisation de munitions à uranium appauvri qui ont contaminé la région pour des générations, la tragédie de la région des Grands Lacs en Afrique et les centaines de milliers de morts du Rwanda, les conflits autour de l'éclatement de la Yougoslavie pour le rétablissement du capitalisme dans l'ensemble des Balkans, la guerre de Tchetchénie pour le contrôle des richesses minières et pétrolières de l'ex-URSS...

La liste s'allonge de jour en jour. Mais où sont donc les coupables des ces milliers et milliers de morts ? Ne peut-on mettre un nom sur cette abomination permanente, ne peut-on lui donner un visage ? L'anonymat est le principe du capitalisme, la société anonyme en est la base. "On" meurt de faim ou "on" se suicide parce qu'"on" a été licencié. Par qui ? Des actionnaires. Qui sont-ils ? Mystère. Le secret commercial et le secret bancaire sont là pour les protéger. Qu'importe alors de savoir que l'argent du crime irrigue les circuits financiers via des paradis fiscaux mis en place par des banques et des pays "respectables" : USA, Royaume-Uni, Allemagne, France, Japon, Suisse, etc.

On l'apprend dans toute bonne faculté de "science éco.", le capitalisme n'est pas immoral, il est amoral. Pour lui, pas de bien ni de mal. Tout est bon pour faire des profits qui sont sa raison d'être et son moteur. La recherche du profit maximum justifie tout a priori, l'anonymat fait le reste.

Aussi, dans les années 80, tout droit sortis des écoles de commerce et de management une nouvelle génération de cadres parcourrait les entreprises annonçant être "des tueurs" et n'avoir "aucun état d'âme". Souvenez-vous des "cost killers" et des agités du "downsizing", gourous au discours sectaire, portés en vedettes par les journaux économiques et financiers faisant l'éloge de la violence économique.

La lutte des classes ne s'est pas arrêtée le 9 novembre 1989

Mais voilà, l'idéologie, et surtout la pratique libérale (capitaliste !) se heurtent depuis quelques années à une autre réalité. L'"agent économique rationnel ayant une connaissance parfait du marché à tout moment" apparaît pour ce qu'il est : une chimère. Les intérêts contradictoires se sont aiguisés.

La classe ouvrière et le prolétariat enterrés bien hâtivement par les sociologues à la mode, se révèlent bien vivants. La lutte des classes est, elle, une réalité tangible et irréfutable. Par mille et un canaux, les exploités et les opprimés ont élevé la voix ces dernières années. Les grèves et manifestations se sont multipliées à travers le monde, contre la mondialisation et ses conséquences de tous les jours. Sur tous les continents, le mouvement ouvrier cherche à se réorganiser sur de nouveaux axes.

Ceci jusqu'aux USA où, après les grèves UPS et Boeing, le mouvement syndical est entré dans une phase ascendante profitant de l'arrivée dans la lutte de jeunes générations. Le mouvement pour un Labor Party est l'expression politique de cette tentative des travailleurs des Etats-Unis de s'organiser indépendamment des traditionnels partis bourgeois, républicains et démocrates, qui verrouillent les institutions et travaillent comme prestataires de services de multinationales. Une prise de conscience très importante s'est opérée ces cinq dernières années dont Seattle a marqué un tournant. La peine de mort elle-même est devenue l'objet de débats révélateurs de ce changement.

Enfin, l'élection controversée de l'actuel président des USA portait en elle les germes d'une crise politique majeure au sein même de la principale puissance impérialiste.

Quelques mois plus tard, les attentats contre les tours du World Trade Center et le Pentagone, leurs milliers de morts et de blessés, ne servent pas la cause des exploités et des opprimés. Cela ne fait aucun doute, ils ne servent pas la cause du peuple palestinien. Quels que soient les buts visés par leurs instigateurs et leurs exécutants, qui que soient ces gens.

L'arme de l'attentat et du terrorisme individuel, Lénine et Trotsky l'ont démontré maintes fois, est inefficace pour imposer un changement révolutionnaire du monde car il est l'arme des "minorité agissantes" et non des masses. En outre, il permet le plus souvent aux classes au pouvoir de donner une "légitimité" à la violence policière et au terrorisme d'Etat. L'exemple de la "stratégie de la tension" dans les années 70, en Italie surtout, en est la démonstration flagrante.

Par ailleurs, beaucoup rappellent et soulignent que les USA, comme d'autre puissances impérialistes, n'ont jamais hésité à utiliser des moyens qu'ils qualifient de terroristes contre des états ou des mouvements politiques qu'ils jugent "inacceptables". Ne citons qu'un exemple, suffisant : les tentatives contre Cuba.

Les attentats aux USA et leurs conséquences sont déjà utilisés par les puissances impérialistes et en premier lieu par le gouvernement et le lobby militaire US pour imposer leur vision de l'ordre, de la "liberté" et de la "démocratie". L'Etat sioniste s'est déchaîné contre Jénine, Jéricho et Gaza dès que la télévision s'est focalisée sur Manhattan... Sharon, celui des massacres de Sabra et Chatila, s'est lancé immédiatement dans l'amalgame entre Arafat et Ben Laden ! Tout serait donc permis dorénavant pour mettre à genoux les Palestiniens.

G.W. Bush désigne aujourd'hui "le terrorisme islamique" et, plus personnellement O. Ben Laden. Allié des USA pendant la guerre Soviéto-Afghane, celui-ci se serait retourné contre son créateur pendant la guerre du Golfe... Noriega, Sadam Hussein, Ben Laden : trois noms révélateurs de la réalité de la politique US ces 25 dernières années. La CIA et le FBI, la NSA et la NRO, les services secrets des différentes armes et leur "alliés" de la "communauté du renseignement", se seraient-ils trompés... pendant 25 ans ?... Ils n'ont "rien vu venir" ?

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