De Berlin à
New-York
En 1989, la chute du Mur de Berlin
marquait la fin de l'ordre édifié
conjointement par la bureaucratie stalinienne
et les principales puissances impérialistes à
Yalta et Potsdam à la fin de la Seconde
guerre mondiale. Ces événements symbolisaient
aussi le début d'une nouvelle période de
l'impérialisme "l'époque des guerres et des
révolutions" (Lénine).
Cette nouvelle période a vu les différents
impérialismes s'engager dans la tentative de
mettre sur pied un "nouvel ordre mondial" qui
s'est vite révélé être un nouveau désordre
mondial. La mondialisation financière a connu
une accélération et un approfondissement
inouï remettant brutalement en cause
l'ensemble des conquêtes ouvrières et
s'attaquant de plus en plus ouvertement aux
libertés démocratiques.
Profitant de la désorientation momentanée
de la classe ouvrière, et de l'absence d'une
alternative révolutionnaire, un nouvel
intégrisme déferlait sur le monde : l'ultra
libéralisme. Théorisée par Friedrich Von
Hajek et ses disciples, promue par R. Reagan
et M. Thatcher et adoptée avec quelques
amendements de pure forme par les
sociaux-démocrates et staliniens désormais
"rénovés", cette idéologie était présentée
comme parée de toutes les vertus : la
libéralisation des échanges, le retour de
l'Etat à ses fonction régaliennes, la
privatisation tous azimuts, le développement
de la concurrence ne pouvaient avoir que des
avantages pour les "consommateurs" et pour
les "investisseurs". On passerait désormais
du principe classique de la démocratie
bourgeoise "un homme, une voix" à un adage
nouveau "une action une voix". "La
démocratie, c'est le marché libre",
proclamaient les apôtres de la tyrannie
financière.
Le pillage des ressources de la planète
s'est accentué, les cours des matières
premières ont totalement échappé aux pays qui
les produisent. La nouvelle division
internationale du travail qui s'est imposée
est basée sur un parasitisme accru du capital
financier, la délocalisation, l'exploitation
du travail des enfants, le développement du
travail gratuit en milieu pénitentiaire, etc.
Tout est bon pour faire baisser les "coûts de
production". L'esclavage (au sens strict du
terme) recommence à se développer sous des
prétextes divers...
Parallèlement, les puissances
impérialistes s'affrontent de plus en plus
violemment pour le contrôle des marchés et
pour imposer chacune "sa" nouvelle division
du travail, à son profit exclusif. De ces
affrontements inter-impérialistes sont nés
les pires atrocités des ces 15 dernières
années : la guerre du Golfe avec
l'utilisation de munitions à uranium appauvri
qui ont contaminé la région pour des
générations, la tragédie de la région des
Grands Lacs en Afrique et les centaines de
milliers de morts du Rwanda, les conflits
autour de l'éclatement de la Yougoslavie pour
le rétablissement du capitalisme dans
l'ensemble des Balkans, la guerre de
Tchetchénie pour le contrôle des richesses
minières et pétrolières de l'ex-URSS...
La liste s'allonge de jour en jour. Mais
où sont donc les coupables des ces milliers
et milliers de morts ? Ne peut-on mettre un
nom sur cette abomination permanente, ne
peut-on lui donner un visage ? L'anonymat est
le principe du capitalisme, la société
anonyme en est la base. "On" meurt de faim ou
"on" se suicide parce qu'"on" a été licencié.
Par qui ? Des actionnaires. Qui sont-ils ?
Mystère. Le secret commercial et le secret
bancaire sont là pour les protéger.
Qu'importe alors de savoir que l'argent du
crime irrigue les circuits financiers via des
paradis fiscaux mis en place par des banques
et des pays "respectables" : USA,
Royaume-Uni, Allemagne, France, Japon,
Suisse, etc.
On l'apprend dans toute bonne faculté de
"science éco.", le capitalisme n'est pas
immoral, il est amoral. Pour lui, pas de bien
ni de mal. Tout est bon pour faire des
profits qui sont sa raison d'être et son
moteur. La recherche du profit maximum
justifie tout a priori, l'anonymat fait le
reste.
Aussi, dans les années 80, tout droit
sortis des écoles de commerce et de
management une nouvelle génération de cadres
parcourrait les entreprises annonçant être
"des tueurs" et n'avoir "aucun état d'âme".
Souvenez-vous des "cost killers" et des
agités du "downsizing", gourous au discours
sectaire, portés en vedettes par les journaux
économiques et financiers faisant l'éloge de
la violence économique.
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La lutte des classes ne
s'est pas arrêtée le 9 novembre
1989
Mais voilà, l'idéologie, et surtout la
pratique libérale (capitaliste !) se heurtent
depuis quelques années à une autre réalité.
L'"agent économique rationnel ayant une
connaissance parfait du marché à tout moment"
apparaît pour ce qu'il est : une chimère. Les
intérêts contradictoires se sont aiguisés.
La classe ouvrière et le prolétariat
enterrés bien hâtivement par les sociologues
à la mode, se révèlent bien vivants. La lutte
des classes est, elle, une réalité tangible
et irréfutable. Par mille et un canaux, les
exploités et les opprimés ont élevé la voix
ces dernières années. Les grèves et
manifestations se sont multipliées à travers
le monde, contre la mondialisation et ses
conséquences de tous les jours. Sur tous les
continents, le mouvement ouvrier cherche à se
réorganiser sur de nouveaux axes.
Ceci jusqu'aux USA où, après les grèves
UPS et Boeing, le mouvement syndical est
entré dans une phase ascendante profitant de
l'arrivée dans la lutte de jeunes
générations. Le mouvement pour un Labor Party
est l'expression politique de cette tentative
des travailleurs des Etats-Unis de
s'organiser indépendamment des traditionnels
partis bourgeois, républicains et démocrates,
qui verrouillent les institutions et
travaillent comme prestataires de services de
multinationales. Une prise de conscience très
importante s'est opérée ces cinq dernières
années dont Seattle a marqué un tournant. La
peine de mort elle-même est devenue l'objet
de débats révélateurs de ce changement.
Enfin, l'élection controversée de l'actuel
président des USA portait en elle les germes
d'une crise politique majeure au sein même de
la principale puissance impérialiste.
Quelques mois plus tard, les attentats
contre les tours du World Trade Center et le
Pentagone, leurs milliers de morts et de
blessés, ne servent pas la cause des
exploités et des opprimés. Cela ne fait aucun
doute, ils ne servent pas la cause du peuple
palestinien. Quels que soient les buts visés
par leurs instigateurs et leurs exécutants,
qui que soient ces gens.
L'arme de l'attentat et du terrorisme
individuel, Lénine et Trotsky l'ont démontré
maintes fois, est inefficace pour imposer un
changement révolutionnaire du monde car il
est l'arme des "minorité agissantes" et non
des masses. En outre, il permet le plus
souvent aux classes au pouvoir de donner une
"légitimité" à la violence policière et au
terrorisme d'Etat. L'exemple de la "stratégie
de la tension" dans les années 70, en Italie
surtout, en est la démonstration
flagrante.
Par ailleurs, beaucoup rappellent et
soulignent que les USA, comme d'autre
puissances impérialistes, n'ont jamais hésité
à utiliser des moyens qu'ils qualifient de
terroristes contre des états ou des
mouvements politiques qu'ils jugent
"inacceptables". Ne citons qu'un exemple,
suffisant : les tentatives contre Cuba.
Les attentats aux USA et leurs
conséquences sont déjà utilisés par les
puissances impérialistes et en premier lieu
par le gouvernement et le lobby militaire US
pour imposer leur vision de l'ordre, de la
"liberté" et de la "démocratie". L'Etat
sioniste s'est déchaîné contre Jénine,
Jéricho et Gaza dès que la télévision s'est
focalisée sur Manhattan... Sharon, celui des
massacres de Sabra et Chatila, s'est lancé
immédiatement dans l'amalgame entre Arafat et
Ben Laden ! Tout serait donc permis
dorénavant pour mettre à genoux les
Palestiniens.
G.W. Bush désigne aujourd'hui "le
terrorisme islamique" et, plus
personnellement O. Ben Laden. Allié des USA
pendant la guerre Soviéto-Afghane, celui-ci
se serait retourné contre son créateur
pendant la guerre du Golfe... Noriega, Sadam
Hussein, Ben Laden : trois noms révélateurs
de la réalité de la politique US ces 25
dernières années. La CIA et le FBI, la NSA et
la NRO, les services secrets des différentes
armes et leur "alliés" de la "communauté du
renseignement", se seraient-ils trompés...
pendant 25 ans ?... Ils n'ont "rien vu
venir" ?
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