C'est un des slogans
entendus dans les quelques 117 manifestations
organisées dans tout le pays, avec
"public, privé, tous ensemble",
"capitalisation non, répartition
oui", "37,5 ans maximum, taux plein
à 60 ans, 75% pour tous". Même la police
reconnait plus d'un million de manifestants
en tout ! Les syndicats annoncent 2
millions, plus de 250 000 à Paris. De
nombreux jeunes étaient là, actifs et
retraités reprenaient le slogan de 95 "tous
ensemble". Cela malgré des transports en
commun paralysés dans de très nombreuses
villes.
Les fonctionnaires, les employés du
secteur nationalisé mais aussi les
travailleurs de l'automobile, de banques et
assurances privées, d'entreprises de la
construction, de la chimie, de
l'électronique, de la téléphonie, de la
presse ou du spectacle étaient dans la rue :
la jonction entre les travailleurs du public
et du privé est en train de s'opérer.
Le nombre de grévistes, qui n'est pas
totalement connu à l'heure où ces lignes sont
écrites, fait ressortir toutefois jusqu'à 90%
dans certains hôpitaux, 70% dans l'éducation
nationale, 45% à la Poste, plus de 55% dans
les chemins de fer et les transports en
commun de la région de Paris (chiffres
reconnus par les patrons ! donc en dessous de
la réalité).
Dans certains secteurs, comme les chemins
de fer, il est déjà question de reconduire la
grève. A une journaliste qui lui demande si
son organisation donne un mot d'ordre pour
poursuivre, le secrétaire général de la CGT,
qui appelle le ministre "à de véritables
négociations" répond que les assemblées
générales déciderons. Mais il insiste sur le
prochain rendez-vous de manifestation qui est
fixé au... dimanche 25 mai, pour un défilé
national à Paris ! Le Conseil des ministre
devant prendre sa décision définitive le
28...
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Le secrétaire général de la CFDT de son
côté se déclare "prêt à aller jusqu'au
bout pour améliorer le projet" du
gouvernement. Le ministre F. Fillion explique
quant à lui qu'il "n'entendra pas le
message de ceux qui refusent la réforme"
mais qu'il est prêt à "entendre tous ceux
qui souhaitent agir pour améliorer le
projet".
Tout le monde reconnait que c'est le plus
gros mouvement de grève et manifestations
depuis 1995, même si on prend en
considération la manifestation du 1er mai
2002... manifestation dont le souvenir
ressurgit pourtant aujourd'hui
ironiquement.
En effet, au Premier ministre, J.-P.
Raffarin, qui a déclaré ces derniers jours
que "ce n'est pas la rue qui
gouverne", de nombreuses pancartes
faisant référence à l'élection présidentielle
rappelaient que c'est bien "la rue" qui l'a
mis là ou il est ! Et les slogans d'insister
: "Juppé on t'a eu, Raffarin on
t'aura".
D'ores et déjà, au dela de l'exigence sur
les retraites, le mouvement tend dorénavant à
poser la question du gouvernement, ce que les
directions syndicales liée à la défunte
"gauche plurielle" ne peuvent en aucun cas
accepter. La journée d'aujourd'hui rend
immédiatement nécessaire l'appel à la grève
générale dans l'unité.
Le 13 mai 2003
au soir.
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