| Les Etats-Unis d'Amérique, la
plus puissante machine de guerre de
l'impérialisme, entament une fois de plus une
entreprise de génocide contre le peuple
irakien. C'est une guerre d'occupation et de
destruction contre un pays qui n'accepte pas
d'être transformé en colonie. L'impérialisme
déclare la guerre aux peuples du monde, pour
imposer son ordre néo-colonial, et reçoit en
réponse une des plus grandes mobilisations
anti-impérialistes de l'histoire.
L'arrogance impérialiste ne connaît pas de
limites. Avant que la guerre ne finisse,
l'administration Bush a déjà partagé l'Iraq
et distribué le butin de guerre entre les
entreprises de la clique dirigeante. Alors
qu'elle sème la terreur, la mort et la
destruction, Bush affirme que l'armée
d'occupation sera reçue avec "joie".
Entre-temps, le monde assiste et participe à
la résistance héroïque du peuple irakien.
Le capital bouge au rythme de la guerre.
Ainsi, les actions en bourse montent ou
baissent selon le nombre de victimes causées
par les milliers de tonnes de bombes jetées
sur Bagdad. Le capitalisme révèle son essence
: il se nourrit de la vie des milliers
hommes, femmes et enfants qui meurent soit
sous les bombes américaines, soit sous la
misère et la faim provoquées par
l'exploitation impérialiste en temps de
"paix".
Cette guerre coloniale est l'expression de
la soif insatiable du système capitaliste et
du parasitisme impérialiste en décadence qui,
à travers la guerre, passe du pillage
économique à la piraterie. C'est là une
guerre contre les peuples de la planète,
initiée en sol irakien mais qui prolifère
dans les rues et les villes du monde entier.
Et son résultat n'est pas écrit d'avance.
Des millions dans la rue
contre l'impérialisme.
Nous saluons les millions de manifestants
qui descendent dans les rues des Etats Unis
et de toute l'Europe. En touchant le coeur de
l'ennemi dans sa propre arrière-garde, ils
deviennent une des armes les plus importantes
de cette guerre. Ces manifestants sont la
preuve vivante du grand mensonge, lancé par
la presse impérialiste, selon lequel ces
gouvernements agiraient au nom de leurs
peuples. Ainsi, il devient clair pour tout le
monde que ces gouvernements agissent, en
réalité, en fonction d'intérêts mesquins :
les plans de pillages de leurs
entreprises.
Dans les pays impérialistes, la lutte des
masses contre la guerre est également une
lutte contre leurs propres gouvernements. Les
millions de personnes qui descendent dans les
rues, en Europe, montrent que l'ennemi
principal est à la maison. Le spectaculaire
courant de solidarité internationaliste qui
s'exprime dans la rue doit continuer et
s'approfondir, jusqu'au renversement de ces
gouvernements qui, avec la destruction de
l'Iraq, veulent avancer dans la destruction
des conquêtes sociales.
Comme un traînée de
poudre, les mobilisations s'étendent aux
peuples soumis à la domination
impérialiste.
Les grandes mobilisations qui se
développent dans les pays du Moyen-Orient (et
la répression consécutive, déchaînée par les
dictatures de la région, fantoches de
l'impérialisme), peuvent et doivent se
transformer en lutte de toutes les masses
arabes contre leurs propres gouvernements.
Ces gouvernements, pris en otage entre les
grandes actions des masses et leur fidélité
au maître impérialiste, répriment et essayent
d'empêcher le développement des
mobilisations. Car la lutte contre la guerre
coloniale en Iraq est aussi la lutte contre
chacune des dictatures pro impérialistes de
la région.
De même, mobilisations et haine de
l'ennemi impérialiste se développent chez les
peuples dominés de l'Amérique Latine et, en
tant que peuples dominés, ils s'unissent au
peuple irakien. Sur le continent
latino-américain, la guerre coloniale menée
par l'impérialisme s'exprime, à l'heure
actuelle, à travers le projet de la ZLEA
(ALCA). Renforcer la lutte contre la guerre
en Iraq est aussi renforcer la lutte contre
la colonisation en Amérique Latine, tâche qui
doit être assumée de manière consciente par
les organisations des travailleurs.
Les Etats-Unis ont perdu
la bataille des consciences.
L'immense machine de publicité
impérialiste a été incapable de gagner la
conscience des masses à son entreprise de
génocide, ce qui est déjà une grande
victoire. Le caractère colonial évident de
cette guerre nous impose de ne pas arrêter
notre lutte aux résultats militaires de
l'agression contre l'Iraq. Car le projet
impérialiste est de transformer le pays en
protectorat américain et la guerre est au
service de cette politique.
L'accord entre impérialismes, au sein de
l'ONU, était de soumettre l'Iraq par la faim.
L'ONU a fait son travail en désarmant l'Iraq,
en détruisant son infrastructure
industrielle, en le soumettant à un blocus
qui a mené plus d'un million de personnes à
la mort. La résistance du régime de Bagdad,
ainsi que des intérêts contradictoires
vis-à-vis de la recolonisation, expliquent la
division qui règne entre impérialismes,
division exacerbée en outre par l'action des
masses.
L'impérialisme français, qui laisse
filtrer une petite allure "pacifiste",
cherche à garantir ses intérêts en combattant
pour un "protectorat multilatéral".
Cependant, ce n'est pas pour un tel objectif
que des millions de personnes descendent dans
la rue en Europe. La lutte contre la guerre
doit être de plus en plus la lutte contre le
projet colonialiste. Projet dans lequel
l'Iraq, à travers cette entreprise de
terreur, constitue la première victime.
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La Ligue Internationale
des Travailleurs - Quatrième
Internationale (LIT-QI) appelle à
élargir notre lutte contre la guerre
coloniale, à la lutte contre l'occupation et
la recolonisation de l'Iraq, que l'occupation
et recolonisation soient menées sous le
drapeau de l'aigle impérialiste américain, ou
sous le drapeau de ce repère de bandits que
sont les "Nations Unies".
Nous devons et pouvons transformer ce
soulèvement mondial anti-impérialiste en
lutte consciente contre la guerre et la
recolonisation au Moyen-Orient et sur tous
les continents. La guerre contre l'Iraq est
la continuation, par les armes, des plans
appliqués dans chacun des pays dominés par
l'impérialisme, plans qui causent chaque jour
autant de victimes que celles que nous
voyons, en concentré, sous l'horreur de la
guerre.
La croissance de la conscience
anti-impérialiste, partout dans le monde, met
à l'ordre du jour la possibilité d'organiser
une défaite profonde des objectifs politiques
de l'impérialisme et de son entreprise en
Iraq. La résistance héroïque du peuple
irakien montre au monde que cette lutte ne se
terminera pas avec l'occupation militaire de
l'Iraq.
Seules garanties de victoire, l'avancée de
la conscience internationaliste et la
continuité des mobilisations. Celles-ci
peuvent et doivent assumer différentes formes
: depuis les grandes mobilisations de rue et
le boycott des produits des entreprises
impérialistes, jusqu'à la grève générale dans
ceux des pays où la polarisation sociale
contre le gouvernement crée les conditions
pour cette tâche.
Il n'y aura de paix
qu'avec la défaite de
l'impérialisme.
Il ne peut pas y avoir de paix si l'Iraq
est transformé en colonie des Etats Unis.
Pour notre part, nous combattons pour la paix
dans un Iraq souverain, où le peuple irakien
décidera de son propre destin. Voilà
pourquoi, avec tous les moyens à notre
portée, nous devons nous battre pour la
défaite des Etats Unis dans cette guerre
coloniale.
Bien qu'étant la direction la moins
indiquée pour combattre l'impérialisme, la
dictature de Saddam est à la tête d'un pays
attaqué par la machine militaire la plus
puissante de l'histoire. Une victoire de
l'armée d'occupation imposerait, au peuple
irakien, une dictature encore plus sanglante
que celle de Saddam. Les Kurdes et les
minorités religieuses seraient opprimés
davantage, par un pouvoir beaucoup plus fort
et encore plus cruel.
Nous considérons les victoires du peuple
irakien sur le champs de bataille - chaque
destruction de tank yankee, chaque embuscade
contre l'armée d'occupation - comme les
nôtres.
Notre grande tâche est de continuer à
affaiblir la machine de guerre de
l'impérialisme. Une partie de cette tâche est
la lutte pour renverser les gouvernements qui
soutiennent Bush dans cette entreprise de
génocide. A bas Blair,
Aznar et Berlusconni !
Il faut également démasquer l'immense
majorité des gouvernements qui se disent
contre la guerre mais qui ne bougent pas un
doigt contre les Etats Unis. Nous devons
exiger de chacun d'eux la rupture
diplomatique et commerciale avec les Etats
Unis. Assez d'hypocrisie
! L'heure des déclarations a été dépassée par
l'action de l'armée américaine. Rompez
immédiatement les relations avec le
gouvernement Bush, organisateur du génocide
!
C'est aux masses populaires, et non pas à
l'impérialisme, de changer la carte politique
du Moyen-Orient à travers la lutte contre les
lâches monarchies agenouillées devant
l'impérialisme et complices de la guerre de
recolonisation. Les masses populaires doivent
exiger de leurs gouvernements le soutien à la
résistance du peuple irakien. Des armes et des hommes pour la
résistance !
Les pays dominés par l'impérialisme ne
doivent pas continuer de payer une dette
externe servant à financer des missiles pour
massacrer le peuple irakien. Exigeons des
gouvernements des pays dominés qu'ils ne
financent plus le massacre. Suspension du paiement de la
dette externe et des relations diplomatiques
et commerciales avec les Etats Unis
!
Transformons notre haine et indignation
dans une lutte consciente contre ce régime
impérialiste de terreur et de barbarie.
Avec le peuple irakien
contre l'occupation impérialiste !
Yankees hors de l'Iraq
!
le 24 mars
2003
Ligue
Internationale des Travailleurs - Quatrième
Internationale
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