Une fois de plus, la classe
ouvrière et le peuple bolivien montrent le
chemin à leurs frères latino-américains. La
lutte héroïque des travailleurs et des
paysans boliviens pour empêcher le
gouvernement de Goni Lozada, l'agent cynique
de l'impérialisme, de livrer le gaz aux
entreprises américaines à un prix dérisoire,
a mené à une insurrection qui polarise tout
le pays. Le gaz bolivien est la seconde
réserve du monde. Les pillards impérialistes
et leurs marionnettes indigènes qui
appliquent sans pitié le néolibéralisme, qui
ont privatisé toutes les principales
entreprises, qui ont déjà volé l'argent et
l'étain du pays, pensaient compléter le
pillage sans réaction populaire ; mais les
travailleurs et le peuple bolivien ont perdu
patience et ont décidé de faire face au
"gringo".
Pour commencer, les paysans de l'Altiplano
ont paralysé les routes de leur région et ont
fait face à la répression gouvernementale à
Warisata, où ont été tuées au moins 5
personnes. A partir du 29 septembre, les
travailleurs convoqués par la Centrale
Ouvrière Bolivienne (COB) ont commencé une
grève générale avec coupure de routes, qui
avait comme objectif explicite - en plus de
défendre le gaz du pays - de se débarrasser
du gouvernement fantoche de l'impérialisme.
Cette grève s'est étendue autour de la
capitale et elle a paralysé complètement la
ville de El Alto.
Face à ce véritable soulèvement national,
le régime de Goni avec le MNR, le MIR, etc. a
répondu avec la répression militaire en
tirant à balles réelles contre des civils,
ayant déjà assassiné au moins 50 personnes, y
compris un enfant de 5 ans, et blessé des
dizaines d'autres, à El Alto et sur les
routes qui entourent la capitale La Paz.
D'autres secteurs sont en train de
rejoindre ce soulèvement : les camionneurs,
les enseignants, les paysans d'autres régions
comme Cochabamba et Oruro ; ils isolent de
plus en plus le gouvernement qui ne sait rien
faire d'autre que répondre par la répression
armée au nom de la "démocratie" !
Face à cela, et voyant que le bateau
coule, des secteurs de la bourgeoisie
bolivienne et des gouvernements
latino-américains parlent de "reprendre le
dialogue" et d'arriver à un grand accord
social en défense de la démocratie ; parmi
eux, il y en a qui parlent d'une "nouvelle
fondation de la Bolivie" par le biais d'une
quelconque "réforme constitutionnelle" ou
Assemblée Constituante.
Malheureusement, des secteurs de la gauche
bolivienne font écho à ce type de
proposition, qui cherche à sauver le régime
démocratique colonial quoiqu'au prix d'une
diminution du pouvoir de Goni ou même d'une
démission du président.
D'abord, il est nécessaire de soutenir la
lutte des travailleurs et du peuple jusqu'à
la chute du gouvernement Goni. Deuxièmement,
il ne faut pas chercher des médiations ou
accorder un répit pour qu'un autre Goni,
comme son vice-président Mesa, émerge d'une
négociation entre les secteurs de
l'oligarchie pour continuer à soumettre le
pays. Il est inconcevable que cette lutte
héroïque se termine dans une issue
constitutionnelle bourgeoise, pour qu'ensuite
on continue à appliquer les plans du FMI et
de l'impérialisme, comme en Argentine et en
Equateur.
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Pour un gouvernement des
travailleurs
L'unique voie pour mettre un terme à la
faim, à la politique d'abandon des richesses
du pays et à la recolonisation, est un
gouvernement des travailleurs et des paysans.
Il faut associer la COB avec les
organisations paysannes et populaires et
former un gouvernement basé sur l'immense
majorité du peuple bolivien, qui prend en
mains la tâche non seulement de défendre les
richesses comme le gaz, mais aussi d'expulser
l'impérialisme et d'assumer la conduite du
pays.
Ce gouvernement devrait être constitué par
la COB, avec la participation de la
Confédération Syndicale Unique des
Travailleurs Paysans de la Bolivie (CSTUCB)
et des forces politiques de gauche comme le
MAS d'Evo Morales et le MIP de Felipe Quispe
(Malku) et devrait assumer la défense du gaz
et des richesses du pays pour les mettre au
service des travailleurs et du peuple
bolivien, ainsi que le non-paiement de la
dette exterieure et la rupture avec la ZLEA
(ALCA) et le FMI.
Soutien total à la lutte
de la COB, à la grève générale et aux
coupures de routes.
Le gaz pour le peuple
bolivien, non pour les impérialistes des
transnationales !
A bas le gouvernement de
Goni et du FMI !
Rupture de relations
diplomatiques avec ce gouvernement assassin,
agent de l'impérialisme !
Aucun pacte, aucun accord
avec l'oligarchie !
Pour un gouvernement de la
COB avec Solares, Evo Morales et
Malku !
Ce qui se passe aujourd'hui en Bolivie
intéresse tous les travailleurs et tous les
peuples d'Amérique Latine. Tout comme en 1952
la grande révolution bolivienne a montré la
possibilité d'un processus révolutionnaire
ouvrier en Amérique Latine, maintenant la
grève générale avec coupure de routes fait
chanceler un gouvernement qui s'est fait
remarquer par son asservissement au grand
maître du nord. Une victoire des travailleurs
boliviens sera une grande victoire de toute
l'Amérique Latine contre les bourgeoisies à
solde et l'impérialisme américain. Ce serait
une victoire contre la ZLEA, contre le FMI,
pour la défense de l'indépendance nationale,
contre la soumission à l'impérialisme et
contre les gouvernements ghurkhas qui
répriment leur peuple. Nous devons entourer
cette lutte de notre solidarité, faire valoir
dans toutes les organisations ouvrières et
populaires le soutien à
la rébellion des travailleurs
boliviens et exiger des gouvernements
latino-américains la rupture immédiate des relations
avec le gouvernement assassin de
Goni.
Secrétariat
International de la
Ligue
Internationale des Travailleurs - Quatrième
Internationale
15/10/2003
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