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Déclaration de la LIT-QI

Pseudo puce Retour aux déclarations et communiqués 2003

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Vive la lutte des travailleurs boliviens contre l'impérialisme et ses agents assassins.

Une fois de plus, la classe ouvrière et le peuple bolivien montrent le chemin à leurs frères latino-américains. La lutte héroïque des travailleurs et des paysans boliviens pour empêcher le gouvernement de Goni Lozada, l'agent cynique de l'impérialisme, de livrer le gaz aux entreprises américaines à un prix dérisoire, a mené à une insurrection qui polarise tout le pays. Le gaz bolivien est la seconde réserve du monde. Les pillards impérialistes et leurs marionnettes indigènes qui appliquent sans pitié le néolibéralisme, qui ont privatisé toutes les principales entreprises, qui ont déjà volé l'argent et l'étain du pays, pensaient compléter le pillage sans réaction populaire  ; mais les travailleurs et le peuple bolivien ont perdu patience et ont décidé de faire face au "gringo".

Pour commencer, les paysans de l'Altiplano ont paralysé les routes de leur région et ont fait face à la répression gouvernementale à Warisata, où ont été tuées au moins 5 personnes. A partir du 29 septembre, les travailleurs convoqués par la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) ont commencé une grève générale avec coupure de routes, qui avait comme objectif explicite - en plus de défendre le gaz du pays - de se débarrasser du gouvernement fantoche de l'impérialisme. Cette grève s'est étendue autour de la capitale et elle a paralysé complètement la ville de El Alto.

Face à ce véritable soulèvement national, le régime de Goni avec le MNR, le MIR, etc. a répondu avec la répression militaire en tirant à balles réelles contre des civils, ayant déjà assassiné au moins 50 personnes, y compris un enfant de 5 ans, et blessé des dizaines d'autres, à El Alto et sur les routes qui entourent la capitale La Paz.

D'autres secteurs sont en train de rejoindre ce soulèvement  : les camionneurs, les enseignants, les paysans d'autres régions comme Cochabamba et Oruro  ; ils isolent de plus en plus le gouvernement qui ne sait rien faire d'autre que répondre par la répression armée au nom de la "démocratie"  !

Face à cela, et voyant que le bateau coule, des secteurs de la bourgeoisie bolivienne et des gouvernements latino-américains parlent de "reprendre le dialogue" et d'arriver à un grand accord social en défense de la démocratie  ; parmi eux, il y en a qui parlent d'une "nouvelle fondation de la Bolivie" par le biais d'une quelconque "réforme constitutionnelle" ou Assemblée Constituante.

Malheureusement, des secteurs de la gauche bolivienne font écho à ce type de proposition, qui cherche à sauver le régime démocratique colonial quoiqu'au prix d'une diminution du pouvoir de Goni ou même d'une démission du président.

D'abord, il est nécessaire de soutenir la lutte des travailleurs et du peuple jusqu'à la chute du gouvernement Goni. Deuxièmement, il ne faut pas chercher des médiations ou accorder un répit pour qu'un autre Goni, comme son vice-président Mesa, émerge d'une négociation entre les secteurs de l'oligarchie pour continuer à soumettre le pays. Il est inconcevable que cette lutte héroïque se termine dans une issue constitutionnelle bourgeoise, pour qu'ensuite on continue à appliquer les plans du FMI et de l'impérialisme, comme en Argentine et en Equateur.

Pour un gouvernement des travailleurs

L'unique voie pour mettre un terme à la faim, à la politique d'abandon des richesses du pays et à la recolonisation, est un gouvernement des travailleurs et des paysans. Il faut associer la COB avec les organisations paysannes et populaires et former un gouvernement basé sur l'immense majorité du peuple bolivien, qui prend en mains la tâche non seulement de défendre les richesses comme le gaz, mais aussi d'expulser l'impérialisme et d'assumer la conduite du pays.

Ce gouvernement devrait être constitué par la COB, avec la participation de la Confédération Syndicale Unique des Travailleurs Paysans de la Bolivie (CSTUCB) et des forces politiques de gauche comme le MAS d'Evo Morales et le MIP de Felipe Quispe (Malku) et devrait assumer la défense du gaz et des richesses du pays pour les mettre au service des travailleurs et du peuple bolivien, ainsi que le non-paiement de la dette exterieure et la rupture avec la ZLEA (ALCA) et le FMI.

Soutien total à la lutte de la COB, à la grève générale et aux coupures de routes.

Le gaz pour le peuple bolivien, non pour les impérialistes des transnationales !

A bas le gouvernement de Goni et du FMI  !

Rupture de relations diplomatiques avec ce gouvernement assassin, agent de l'impérialisme !

Aucun pacte, aucun accord avec l'oligarchie !

Pour un gouvernement de la COB avec Solares, Evo Morales et Malku !

Ce qui se passe aujourd'hui en Bolivie intéresse tous les travailleurs et tous les peuples d'Amérique Latine. Tout comme en 1952 la grande révolution bolivienne a montré la possibilité d'un processus révolutionnaire ouvrier en Amérique Latine, maintenant la grève générale avec coupure de routes fait chanceler un gouvernement qui s'est fait remarquer par son asservissement au grand maître du nord. Une victoire des travailleurs boliviens sera une grande victoire de toute l'Amérique Latine contre les bourgeoisies à solde et l'impérialisme américain. Ce serait une victoire contre la ZLEA, contre le FMI, pour la défense de l'indépendance nationale, contre la soumission à l'impérialisme et contre les gouvernements ghurkhas qui répriment leur peuple. Nous devons entourer cette lutte de notre solidarité, faire valoir dans toutes les organisations ouvrières et populaires le soutien à la rébellion des travailleurs boliviens et exiger des gouvernements latino-américains la rupture immédiate des relations avec le gouvernement assassin de Goni.

Secrétariat International de la

Ligue Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale

15/10/2003

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