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- Publié dans l'Internationaliste n°48
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Pas de sang pour du pétrole !
Non à la guerre contre l'Irak  !

Dans la rue, dans les usines et les écoles, nous allons combattre l'impérialisme génocide  !

Nous sommes à la veille d'une agression génocide de la plus grande puissance impérialiste de nos temps, les Etats-Unis de l'Amérique du Nord, contre un pays pauvre. Cette nouvelle guerre contre-révolutionnaire se développe selon les tendances de ce début du siècle XXI, marquées par la recrudescence de la politique impérialiste de pillage colonial à partir de la guerre en Afghanistan. La marche à la guerre contre l'Irak fait partie de la politique contre-révolutionnaire de George W. Bush, dont l'expression publique la plus claire est "la doctrine de la guerre préventive". Cette doctrine cherche à adapter la politique américaine aux besoins impérialistes, à un moment de crise économique qui s'approfondit : accélérer l'occupation des sources de pétrole et le contrôle absolu de la région stratégique du Moyen-Orient, dans le cadre d'une politique globalement recolonisatrice, en se basant sur l'utilisation sans réserve du pouvoir impérialiste pour contrôler les sources de richesse comme le pétrole et pour soumettre les peuples qui s'opposent  à  lui.

Entre-temps, le scénario pour cette confrontation met à nu un important changement depuis la guerre en Afghanistan : ces derniers mois, l'expérience des peuples a avancé partout dans le monde, avec cette nouvelle politique qui annonce chaque fois davantage de misère, de guerre et de massacres pour toute l'humanité. Pendant que la plus grande armée de la planète concentre de plus en plus d'avions, de navires et de soldats pour s'emparer de l'Irak par assaut et pour le coloniser, en massacrant la population irakienne, la dimension qu'a déjà prise la mobilisation mondiale contre la guerre, ainsi que la conscience anti-impérialiste croissante dans tous les continents, rend possible un virement décisif dans la situation mondiale, au cours de la lutte contre la guerre, en stimulant la rébellion des peuples contre l'ordre dominant.

L'impérialisme veut faire de cette guerre un nouveau et important pas dans son escalade de terreur contre les peuples. Ce n'est pas par hasard qu'au même moment on intensifie la pression sur le Venezuela en soutenant tout ce qui est putschiste, qu'augmente la répression contre le peuple palestinien, qu'on accélère l'ALCA et le Plan Colombie. Aux Etats-Unis même se multiplient les attaques contre les droits des travailleurs et des femmes et on attaque de front les immigrants, en particulier ceux d'origine arabe.

Les mensonges de Bush pour justifier l'attaque contre l'Irak

Le prétexte présenté pour cette guerre par Bush et son équipe centrale, tous originaires du complexe "pétrole et armes", est la supposée "possession d'armes de destruction massive" par le gouvernement de Saddam Hussein. Le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a été chargé de présenter au Conseil de Sécurité de l'ONU, avec couverture de la TV, les supposées preuves de la possession de ces armes par l'Irak. Le texte de sa longue intervention a été tellement mal préparé que quelques jours après, il était déjà réfuté de manière ferme par des journalistes comme Robert Fisk et par l'ancien coordinateur de la commission d'inspecteurs de l'ONU, Scott Ritter. Il a été aussi démenti par des membres du service secret britannique - qui ont informé à la télévision anglaise qu'il n'y avait pas la moindre preuve d'une relation entre l'Irak et Al Qaeda. Le comble est que le dossier de Tony Blair même contre Saddam, utilisé par Colin Powell dans son rapport à l'ONU, était une énorme fraude, copiée en grande partie d'un texte d'un étudiant américain et basé sur des données de... il y a 12 ans !

Toutefois, la plus grande contradiction est que Bush et Blair parlent d'armes de destruction massive que l'Irak pourrait utiliser, alors qu'ils pratiquent depuis plus de dix ans une véritable destruction massive de l'Irak, à travers l'embargo commercial et la destruction des installations pharmaceutiques et de production d'aliments. On évalue à 500  000 le nombre de décès d'enfants de moins de six ans et à environ un million celui d'adultes, pendant ces douze années, à cause des privations innombrables résultantes du blocus et des bombardements incessants que les puissances impérialistes ont maintenus dans cette période. On parle de la "désobéissance" de l'Irak, mais personne ne mentionne Israël dont il est prouvé qu'il dispose de bombes atomiques et qui occupe les territoires palestiniens, en violation de plusieurs résolutions de l'ONU, depuis plus de 35 ans.

Cette moustache lui va si bien... Entre-temps, Bush et Blair promettent encore davantage de destruction et massacres : Donald Rumsfeld a menacé "de faire retourner l'Irak à l'âge de pierre" si le gouvernement de Saddam ne capitule pas totalement. Pour cela, ils sont prêts à utiliser leurs armes nucléaires et chimiques "à titre préventif". C'est-à-dire, pour prévenir une utilisation possible d'armes de destruction massive dont ils n'ont même pas prouvé l'existence, ils menacent le pays et la population de la région avec l'utilisation de tout le terrible arsenal d'armes de l'impérialisme, déjà utilisé précédemment à Hiroshima et Nagasaki, au Vietnam et dans les Balkans.

Un double objectif dans la guerre : le contrôle du pétrole et la modification de la carte du Moyen-Orient

Cette guerre, comme l'antérieure guerre du Golfe, a derrière les coulisses la décision impérialiste de garantir à tout prix le libre accès à une région qui garantit 60% de l'approvisionnement en pétrole de l'Occident ; mais la nouvelle guerre n'est pas une simple réédition de l'autre guerre du Golfe. C'est beaucoup plus que cela, parce que nous vivons à un autre moment : nous avons derrière nous deux an et demi d'Intifada et une situation chaque fois plus difficile pour le principal soutien de l'impérialisme dans le Moyen-Orient, Israël. En 1991, Bush père demandait à Israël de ne pas intervenir.  Actuellement la guerre contre l'Irak ne se limite pas à coloniser uniquement ce pays. Bush veut imposer son ordre dans toute la région, aujourd'hui fort instable et menaçant la principale réserve de pétrole du monde. L'aventure guerrière contre l'Irak inclut aussi une modification de la carte du Moyen Orient, ainsi qu'une nouvelle agression contre les droits de la Palestine. En effet, Sharon trame, avec le soutien de Bush, de profiter de la guerre pour expulser des centaines de milliers de familles palestiniennes des territoires occupés de la Cisjordanie et de Gaza vers la Jordanie.

Sharon prépare cette attaque et l'entraînement de ses soldats se fait conjointement avec des troupes des Etats Unis, sous prétexte que lui aussi doit "éliminer le terrorisme". Il s'agit d'une guerre doublement contre-révolutionnaire, dans laquelle s'associent le principal impérialisme et l'état colonial d'Israël, dirigé par un criminel de guerre, pour éliminer deux foyers d'opposition, l'Intifada et l'Irak. Entre-temps, cette alliance peut avoir une surprise désagréable  : malgré les régimes bourgeois corrompus et vendus aux capitaux américains, comme l'Arabie Saoudite, l'Egypte et la Jordanie, les masses du Moyen Orient manifestent de plus en plus leur indignation et leur rébellion et, en fonction du développement de la résistance des masses irakiennes et palestiniennes, la guerre peut délier des processus révolutionnaires dans toute la région. Voilà la peur des régimes comme celui de la Turquie, où 90% de la population n'accepte pas qu'on cède les bases militaires pour les opérations contre l'Irak ; voilà la peur des monarchies pétrolières ; voilà la peur de plusieurs dirigeants politiques de l'Europe et des Etats Unis.

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