Dans la rue, dans les usines et
les écoles, nous allons combattre l'impérialisme
génocide !
Nous sommes à la veille d'une agression
génocide de la plus grande puissance impérialiste de
nos temps, les Etats-Unis de l'Amérique du Nord,
contre un pays pauvre. Cette nouvelle guerre
contre-révolutionnaire se développe selon les
tendances de ce début du siècle XXI, marquées par la
recrudescence de la politique impérialiste de pillage
colonial à partir de la guerre en Afghanistan. La
marche à la guerre contre l'Irak fait partie de la
politique contre-révolutionnaire de George W. Bush,
dont l'expression publique la plus claire est "la
doctrine de la guerre préventive". Cette doctrine
cherche à adapter la politique américaine aux besoins
impérialistes, à un moment de crise économique qui
s'approfondit : accélérer l'occupation des sources de
pétrole et le contrôle absolu de la région
stratégique du Moyen-Orient, dans le cadre d'une
politique globalement recolonisatrice, en se basant
sur l'utilisation sans réserve du pouvoir
impérialiste pour contrôler les sources de richesse
comme le pétrole et pour soumettre les peuples qui
s'opposent à lui.
Entre-temps, le scénario pour cette
confrontation met à nu un important changement depuis
la guerre en Afghanistan : ces derniers mois,
l'expérience des peuples a avancé partout dans le
monde, avec cette nouvelle politique qui annonce
chaque fois davantage de misère, de guerre et de
massacres pour toute l'humanité. Pendant que la plus
grande armée de la planète concentre de plus en plus
d'avions, de navires et de soldats pour s'emparer de
l'Irak par assaut et pour le coloniser, en massacrant
la population irakienne, la dimension qu'a déjà prise
la mobilisation mondiale contre la guerre, ainsi que
la conscience anti-impérialiste croissante dans tous
les continents, rend possible un virement décisif
dans la situation mondiale, au cours de la lutte
contre la guerre, en stimulant la rébellion des
peuples contre l'ordre dominant.
L'impérialisme veut faire de cette
guerre un nouveau et important pas dans son escalade
de terreur contre les peuples. Ce n'est pas par
hasard qu'au même moment on intensifie la pression
sur le Venezuela en soutenant tout ce qui est
putschiste, qu'augmente la répression contre le
peuple palestinien, qu'on accélère l'ALCA et le Plan
Colombie. Aux Etats-Unis même se multiplient les
attaques contre les droits des travailleurs et des
femmes et on attaque de front les immigrants, en
particulier ceux d'origine arabe.
Les mensonges de Bush pour
justifier l'attaque contre l'Irak
Le
prétexte présenté pour cette guerre par Bush et son
équipe centrale, tous originaires du complexe
"pétrole et armes", est la supposée "possession
d'armes de destruction massive" par le gouvernement
de Saddam Hussein. Le Secrétaire d'Etat américain,
Colin Powell, a été chargé de présenter au Conseil de
Sécurité de l'ONU, avec couverture de la TV, les
supposées preuves de la possession de ces armes par
l'Irak. Le texte de sa longue intervention a été
tellement mal préparé que quelques jours après, il
était déjà réfuté de manière ferme par des
journalistes comme Robert Fisk et par l'ancien
coordinateur de la commission d'inspecteurs de l'ONU,
Scott Ritter. Il a été aussi démenti par des membres
du service secret britannique - qui ont informé à la
télévision anglaise qu'il n'y avait pas la moindre
preuve d'une relation entre l'Irak et Al Qaeda. Le
comble est que le dossier de Tony Blair même contre
Saddam, utilisé par Colin Powell dans son rapport à
l'ONU, était une énorme fraude, copiée en grande
partie d'un texte d'un étudiant américain et basé sur
des données de... il y a 12 ans !
Toutefois, la plus grande contradiction
est que Bush et Blair parlent d'armes de destruction
massive que l'Irak pourrait utiliser, alors qu'ils
pratiquent depuis plus de dix ans une véritable
destruction massive de l'Irak, à travers l'embargo
commercial et la destruction des installations
pharmaceutiques et de production d'aliments. On
évalue à 500 000 le nombre de décès d'enfants de
moins de six ans et à environ un million celui
d'adultes, pendant ces douze années, à cause des
privations innombrables résultantes du blocus et des
bombardements incessants que les puissances
impérialistes ont maintenus dans cette période. On
parle de la "désobéissance" de l'Irak, mais personne
ne mentionne Israël dont il est prouvé qu'il dispose
de bombes atomiques et qui occupe les territoires
palestiniens, en violation de plusieurs résolutions
de l'ONU, depuis plus de 35 ans.
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Entre-temps, Bush et Blair promettent
encore davantage de destruction et massacres : Donald
Rumsfeld a menacé "de faire retourner l'Irak à l'âge
de pierre" si le gouvernement de Saddam ne capitule
pas totalement. Pour cela, ils sont prêts à utiliser
leurs armes nucléaires et chimiques "à titre
préventif". C'est-à-dire, pour prévenir une
utilisation possible d'armes de destruction massive
dont ils n'ont même pas prouvé l'existence, ils
menacent le pays et la population de la région avec
l'utilisation de tout le terrible arsenal d'armes de
l'impérialisme, déjà utilisé précédemment à Hiroshima
et Nagasaki, au Vietnam et dans les
Balkans.
Un double objectif dans la guerre
: le contrôle du pétrole et la modification de la
carte du Moyen-Orient
Cette guerre, comme l'antérieure guerre
du Golfe, a derrière les coulisses la décision
impérialiste de garantir à tout prix le libre accès à
une région qui garantit 60% de l'approvisionnement en
pétrole de l'Occident ; mais la nouvelle guerre n'est
pas une simple réédition de l'autre guerre du Golfe.
C'est beaucoup plus que cela, parce que nous vivons à
un autre moment : nous avons derrière nous deux an et
demi d'Intifada et une situation chaque fois plus
difficile pour le principal soutien de l'impérialisme
dans le Moyen-Orient, Israël. En 1991, Bush père
demandait à Israël de ne pas intervenir.
Actuellement la guerre contre l'Irak ne se limite
pas à coloniser uniquement ce pays. Bush veut imposer
son ordre dans toute la région, aujourd'hui fort
instable et menaçant la principale réserve de pétrole
du monde. L'aventure guerrière contre l'Irak inclut
aussi une modification de la carte du Moyen Orient,
ainsi qu'une nouvelle agression contre les droits de
la Palestine. En effet, Sharon trame, avec le soutien
de Bush, de profiter de la guerre pour expulser des
centaines de milliers de familles palestiniennes des
territoires occupés de la Cisjordanie et de Gaza vers
la Jordanie.
Sharon prépare cette attaque et
l'entraînement de ses soldats se fait conjointement
avec des troupes des Etats Unis, sous prétexte que
lui aussi doit "éliminer le terrorisme". Il s'agit
d'une guerre doublement contre-révolutionnaire, dans
laquelle s'associent le principal impérialisme et
l'état colonial d'Israël, dirigé par un criminel de
guerre, pour éliminer deux foyers d'opposition,
l'Intifada et l'Irak. Entre-temps, cette alliance
peut avoir une surprise désagréable : malgré les
régimes bourgeois corrompus et vendus aux capitaux
américains, comme l'Arabie Saoudite, l'Egypte et la
Jordanie, les masses du Moyen Orient manifestent de
plus en plus leur indignation et leur rébellion et,
en fonction du développement de la résistance des
masses irakiennes et palestiniennes, la guerre peut
délier des processus révolutionnaires dans toute la
région. Voilà la peur des régimes comme celui de la
Turquie, où 90% de la population n'accepte pas qu'on
cède les bases militaires pour les opérations contre
l'Irak ; voilà la peur des monarchies pétrolières ;
voilà la peur de plusieurs dirigeants politiques de
l'Europe et des Etats Unis.
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