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Tract - Déclaration du GSI

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Pour un NON de la classe ouvrière
et de la jeunesse à la
« constitution européenne »
«L'union européenne offre à ses citoyens (...) un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée » (extrait de l'article I-3 du traité).

Il faut savoir que la politique de "régulation des flux migratoires", le démantèlement et la privatisation des services publics, la "concurrence" qui renforce les monopoles privés et pousse les travailleurs toujours plus loin dans la course à la misère, la privatisation des systèmes de protection sociale (santé, retraite,...), la privatisation de la santé et de l'éducation, la criminalisation de l'action syndicale, tout cela c'est déjà le cadre et la politique de l'Union Européenne.

Il faut en effet rappeler que la «  constitution européenne  » écrite par Giscard, défendue par Chirac, l'UMP, le PS et les Verts comme «  progressiste  » est surtout une compilation des traités existant...

Malgré cela, L'article III-177 entre autre, faisant référence à l'article I-3, insiste une nouvelle fois sur la libéralisation du marché  : «l'action des États membres et de l'Union comporte, dans les conditions prévues par la Constitution, l'instauration d'une politique économique fondée sur l'étroite coordination des politiques économiques des états membres, le marché intérieur et la définition d'objectifs communs, et conduite conformément au respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre. ».

La fin de tous les services publics

Une constitution entièrement soumise aux intérêts du capital, au service de la destruction-privatisation des services publics ne peut être un progrès pour la classe ouvrière et la jeunesse de plus en plus soumises à la loi du marché, à la loi du profit.

Dans cette «  constitution européenne  » les services publics sont redéfinis comme « services d'intérêt économique général » et sont amenés de par l'article III-147.1 à être privatisés car il y est dit que « la loi cadre européenne établit les mesures pour réaliser la libéralisation d'un service déterminé... ».

Ainsi l'article III-167.1 scelle la destruction-privatisation des services publics  : « (...) sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre les Etats Membres, les aides accordées par les Etats Membres, ou au moyen de ressources d'Etat sous quelques forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions ».

Les droits sociaux sacrifiés
sur l'autel de la libre concurrence

Dans cette optique, l'existence d'un salaire minimum, les allocations chômage et les aides sociales, les syndicats (de travailleurs bien sûr) constituent autant d'entraves à la flexibilité du "marché du travail" et donc de distorsions de concurrence. Finis le salaire minimum, les allocations, les aides sociales. Finis les syndicats, le code du travail et les conventions collectives  !

Charlie McGreevy, successeur de Frits Bolkenstein enfonce le clou  : "le principe du pays d'origine doit être maintenu car c'est la clé de voûte de la directive [sur la "libéralisation des services" NDR]". La Constitution et les traités européens ne servent qu'à impulser les délocalisations et dumping social.

Dorénavant un travailleur roumain pourrait recevoir un salaire au niveau de celui de la Roumanie, même s'il travaille en France, du moment que la société qui l'emploi est roumaine  !

Le maintien de la compétitivité, c'est la course à la misère.

Une constitution Européenne
antidémocratique et anti- laïque

Du point de vue même de la démocratie bourgeoise, ce texte n'est pas une constitution, mais une constitution-loi-règlement quii mélange des normes juridiques de degrés différents pour leur donner une force suprême  : l'essentiel du texte n'est qu'un code de la concurrence  !

"Article II-62 : 1. Toute personne a droit à la vie. (...)." Qu'est ce que "la vie", juridiquement parlant, dans ce texte ? Rien ne le précise. Les anti-IVG de tous poils vont pouvoir se précipiter à la Cour Européenne de justice pour faire annuler toute législation pro-IVG dans les pays membres.

"Article II-70  : 1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites. (...)". En public  ? Sur le voie publique, dans les lieux publics, à l'école, à l'hôpital, dans l'administration  ? Partout, à l'américaine.

L'Union Européenne se situe dans le cadre de la référence au christianisme (son logo à 12 étoiles est la reprise d'un symbole religieux catholique), elle est anti-laïque en ce sens qu'elle fait de la liberté religieuse un principe supérieur à celui de la liberté de conscience. La constitution ouvre la voie au retour de délit de blasphème... là où il avait disparu.

Les institutions de l 'Union Européenne sont-elles séparés des églises ? Le mot laïcité n'apparaît nulle part, la question de la séparation des Eglises et de l'Etat non plus.

Coordonner la résistance à l'échelle de l'Europe

Pour répondre sur le terrain de la lutte des classes à cette constitution réactionnaire sur toute la ligne, les travailleurs doivent s'organiser et se mobiliser à l'échelle de l'Europe.

L'Europe capitaliste a bien compris le danger que représenterait une telle union des travailleurs d'Europe. C'est pourquoi elle tente d'intégrer les travailleurs au processus de destruction de leurs propres droits, en les trompant sur la réalité de la « constitution ».

C'est le cas de la C.E.S. (Confédération Européenne des Syndicats), qui appelle à soutenir la « constitution », en osant déclarer que la charte « des droits fondamentaux » représente un progrès pour les travailleurs.

La coordination des travailleurs à l'échelle de l'Europe pour la défense de nos droits devient aujourd'hui une question vitale.

Seule une mobilisation européenne des travailleurs pourra mettre à bas cette constitution européenne antidémocratique, bâtie sur la surexploitation des travailleurs.

Abrogation de tous les traités capitalistes

Pour la défense des services publics, pour la défense des droits sociaux, nous devons nous battre à l'échelle de l'Europe pour l'abrogation de tous les traités (Rome, Maastricht, Amsterdam, Schengen et Nice).

Nous avons aujourd'hui la possibilité de réaliser le "tous ensemble" dans les luttes et dans les urnes pour dire non à la «  constitution européenne  » de Chirac-Raffarin-Hollande. Nous avons la possibilité d'infliger une défaite à l'UMPS, soutenu par les Verts, et à tous les tenants d'une supposée « économie sociale de marché ».

Pour une Europe des travailleurs

Car l'union de toute l'Europe, la vraie Europe sociale, les Etats-Unis Socialistes d'Europe, ne peut être construite que dans le cadre d'une mobilisation révolutionnaire pour la socialisation de tous les moyens de production.

Dans une période marquée par la crise structurelle du système capitaliste et l'aiguisement de la lutte des classes, la seule force sociale et politique qui puisse dépasser le cadre des frontières nationales est le prolétariat.

C'est la seule classe qui soit historiquement porteuse d'un véritable internationalisme et qui, se débarrassant de la propriété privée des moyens de production et de la concurrence, puisse poser les bases d'une authentique Europe unie.

Une Europe construite par et pour les travailleurs, la seule Europe sociale possible: les Etats-Unis Socialistes d'Europe.

Tous ensemble pour la victoire du NON à la constitution européenne !

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