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Déclaration de la LIT-QI

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Impérialistes, hors d’Irak !
Vive la résistance irakienne !
L’Irak aux Irakiens !
La Guerre de Libération Nationale de l'Irak représente aujourd'hui, à l'échelle mondiale, la principale confrontation entre l'impérialisme et le mouvement des masses. Dans l'occupation de l'Irak se jouent, en grande partie, les destinées de l'actuelle politique de l'impérialisme américain. Une défaite de Bush et des USA ouvrirait des conditions largement plus favorables à l'avancée des masses dans le monde entier. Aujourd'hui, la permanence et le progrès de cette résistance (pourtant confrontée au plus puissant dispositif militaire lancé contre un pays dans les dernières années), prouvent concrètement aux masses du monde qu'il est possible de vaincre l'impérialisme. Comme le fit en son temps la guerre du Vietnam, l'issue de cette confrontation pourrait affecter profondément l'impérialisme, en l'affaiblissant qualitativement ou en l'empêchant d'élargir son offensive contre les mouvements de masses et contre les peuples. La possibilité de vaincre militairement l'impérialisme existe, grâce à l'héroïque résistance des masses irakiennes. Nous devons donc consacrer toutes les forces socialistes et celles du mouvement ouvrier international au succès d'une telle éventualité.

L'enfer de l'occupation

L'occupation coloniale par les USA est à l'origine d'une situation insupportable pour la population irakienne : absence du minimum nécessaire de conditions alimentaires, sanitaires et d'enseignement ; taux de chômage à 70% ; taux moyen d'inflation annuelle arrivé à 37% en juin dernier ; manque d'électricité, de pétrole même,… dans le pays qui en possède la deuxième réserve mondiale ! Ce sont là des conséquences directes de l'occupation militaire, avec ses saccages et sa corruption, qui viennent se rajouter aux souffrances déjà imposées par le blocus d'après la guerre du Golfe. C'est cette situation insupportable qui explique le caractère large et massif de la haine manifestée à l'égard de l'impérialisme et ses collaborateurs. Chaque jour qui passe, la population constate quel est le but unique de l'occupant et ses complices : voler le pétrole et contrôler toutes les richesses du pays. La législation de l'occupant impérialiste va jusqu'à faire payer, à la population, des charges pour les frais de manutention de l’armée d'occupation ! Tout comme les nazis pendant le 2nde Guerre.

Ainsi, le nombre de civils irakiens morts des suites directes de l'invasion et de l'occupation est estimé à 100 000 personnes. Car les massacres, comme celui de Fallujah ou d’autres moins connus, sont en effet un des moyens employés par l’impérialisme pour terroriser la population civile et la dissuader d’adhérer à la résistance. De plus, des milliers de personnes meurent de la famine ou des maladies causées par les épouvantables conditions de vie qu’on leur impose. Il faut encore y rajouter les milliers de personnes arrêtées (parce qu’étant « suspectes »), humiliées, torturées, et enfin les exécutions sommaires de prisonniers, comme celles perpétrées dans la prison de Abu Grahib.

Le 26 juillet dernier, le porte-parole du Pentagone, Larry Di Rita, a informé que les forces d’occupation US détenaient alors 17 000 prisonniers irakiens. Cependant, ce chiffre n’incluait pas les personnes emprisonnées par les forces de sécurité irakiennes, au nombre de 10 500 en mars, et au moins 4 000 de plus en avril.

Une guerre de libération nationale

Le peuple irakien livre une véritable guerre de libération nationale avec soutien de masses : une guerre qui s’élargit et dans laquelle l’occupant impérialiste s’embourbe progressivement, une guerre qui met de plus en plus en échec l'armée d’invasion et ses collaborateurs irakiens. Les services de renseignement impérialistes, eux-mêmes, estiment que la résistance militaire compte avec plus de 80 000 combattants. Les grèves ouvrières, les manifestations, les protestations des associations de défense des droits de l’homme, la lutte armée : autant d’expressions de la résistance du peuple irakien face à l’occupant.

Aussi, les jeunes célèbrent ouvertement les actions de la résistance, et lorsqu’une patrouille US est atteinte, ils manifestent leur joie sur les décombres en flammes des équipements militaires. Récemment, 5 jeunes garçons de moins de 15 ans ont même été arrêtés, pour contraindre la population à dénoncer ceux qui, à la suite d’une action de la résistance, avaient été filmés en train de se réjouir habillés des uniformes de soldats US morts. Le soutien massif à la résistance naît de la haine de l’envahisseur, de la haine de celui qui saccage les richesses du pays, assassine, torture, brûle villes et quartiers.

Cette résistance grandissante, cette guerre de libération remet quotidiennement en question le pouvoir de l’occupant, et limite fortement ses capacités de contrôle sur le pays. Une impuissance face à laquelle l’envahisseur réagit par des crimes de plus en plus atroces : voilà quelle est la réalité que la presse de l’impérialisme et compagnie cherche à occulter.

Des organismes qui ne peuvent être suspectés de « gauchisme », Amnesty International par exemple, ont dénoncé l’état actuel des droits de l’homme en Irak. Récemment, les arrestations de centaines d’enfants « suspectés de terrorisme » ont été révélées, cette méthode faisant partie de la stratégie générale des USA dans la soi-disant « guerre contre la terreur ».

Le 25 mai 2005, Amnesty International n’a pas hésité à affirmer que « le centre de détention de Guantánamo est devenu le goulag de notre époque», et sa secrétaire générale, Irene Khan, a déclaré que : « Quand le pays le plus puissant de la planète piétine la primauté de la loi et les droits de l’homme, il autorise tous les autres à enfreindre les règles impunément et sans vergogne. ».

Les élections frauduleuses n’ont rien changé. A bas le gouvernement fantoche !

Ces faits n’ont pu être étouffés par les élections frauduleuses de janvier dernier. Des élections organisées avec le soutien de l’ONU, des impérialismes allemand et français, et avec la complicité des directions politiques et religieuses kurde et chiite. Plus de la moitié des Irakiens ont boycotté ces élections. Et beaucoup de ceux qui ont voté, l’ont fait non pas pour légitimer l’occupation mais en pensant que leur vote permettrait d’avancer vers la reconquête de l’indépendance du pays, comme leurs dirigeants le leur avaient promis. Sans parler des menaces de retrait de la carte de rationnement (seul moyen de se nourrir, pour beaucoup d’Irakiens) à ceux qui n’iraient pas voter. Néanmoins, il s’est très vite avéré que le nouveau gouvernement ne serait qu’un fantoche prisonnier de l’impérialisme US, tout comme le précédent, celui de l'ex-agent de la CIA, Allawi. Cette élection frauduleuse, organisée sous la houlette de l’occupant, avec le soutien de l’impérialisme européen et la bénédiction l’ONU, n’a pas réussi à résoudre l’impasse de l’occupation coloniale : à l’opposé de ce que les représentants de l’impérialisme en avaient escompté, la résistance s’est élargie depuis, et le nouveau gouvernement fantoche (malgré la présence de partis chiites collaborationnistes, tels le Conseil Suprême de la Révolution Islamiste CSRII, et le Dawa) n'a même pas la stabilité requise pour organiser le retrait graduel des forces d’occupation, et leur substituer une armée et une police nationales acquises à sa cause.

Le but de Bush, une fois ce gouvernement suffisamment stabilisé, était de retirer le gros de ses troupes et laisser un contingent apte à contrôler les richesses fondamentales et à assurer le pouvoir réel, par fantoches locaux interposés. Mais aujourd’hui, même sur le terrain militaire, les USA et consorts se retrouvent dans une situation très difficile qui rend manifeste l’échec d’une telle politique. Déjà, certains alliés ont rappelé leurs troupes, comme l’Espagne, ou se sont repliés, comme l’Italie. La situation du gouvernement USA devient de plus en plus compliquée : l’actuel contingent ne lui permet pas de contrôler l’Irak mais il ne peut pas y envoyer un nombre plus important de soldats (il lui faudrait quelque 400 ou 500 mille de plus) sans revenir au recrutement militaire obligatoire, dont l’abolition fut le résultat direct de la défaite au Vietnam. Revenir à un tel système pourrait entraîner une grave crise à l’intérieur des USA.

Mouvement contre la guerre aux USA et comparaisons avec la guerre du Vietnam

Même si la résistance irakienne est l’élément fondamental de la lutte contre l’occupation, la bataille menée à l’intérieur des pays agresseurs, comme pendant la guerre du Vietnam, sera décisive pour la défaite impérialiste. Dans ce sens, il est très encourageant de constater que, à peine deux ans plus tard, l’usure et les pertes des troupes impérialistes, ainsi que le degré de crise interne aux USA, sont comparables aux niveaux atteints au cours de la seconde moitié des années 1960, alors que l’intervention USA au Vietnam durait déjà depuis presque 10 ans. Aujourd’hui, les coups portés par la résistance sont si puissants, qu'ils ont entraîné une stagnation de l’offensive et une remise en question du contrôle du territoire par les forces d’occupation américaines. Ainsi que des conséquences directes à l’intérieur des USA, dont la presse évoque déjà un « enlisement », un « nouveau Vietnam », etc.

Le nombre de déserteurs et d’objecteurs de conscience augmente de semaine en semaine. Jusqu’à maintenant, le Pentagone reconnaît presque 6 000 AOW (initiales en anglais de « absents de guerre », c'est-à-dire des déserteurs), mais personne ne sait au juste combien de soldats se sont cachés ni combien s'en sont enfuis au Canada.

Entre-temps, les familles de militaires et les vétérans s’organisent (comme le prouve la vague de solidarité suscitée par l’appel de Cindy Sheehan, mère d’un soldat américain tombé en Irak) et exigent le retour des soldats.

Le nombre reconnu de pertes américaines dépasse déjà les 1 800, et le nombre de blessés graves les 30 000. De plus, les objectifs de recrutement de l’armée et des marines ont cessé d’être atteints depuis la fin 2004. Un mouvement de jeunes contre les « recruteurs » (des fonctionnaires militaires sévissant dans les établissements scolaires et les endroits fréquentés, pour recruter des jeunes à grand renfort de promesses) a vu le jour et s’élargit à travers lycées et universités de tout le pays. Le rejet de la politique de Bush s’amplifie et les sondages d’opinion révèlent qu’une majorité de la population est contre la guerre.

Henry Kissinger, qui fut secrétaire d’état pendant le gouvernement Nixon, a déclaré que la situation en Irak ressemble beaucoup à celle du Vietnam mais que, pour autant, il ne faut pas s’en aller avant d’avoir vaincu l’ennemi : « Pour moi, la tragédie du Vietnam c’est la division qui s’est produite au sein des USA, c’est cela qui empêcha d’atteindre un résultat compatible avec les sacrifices réalisés », et d’ajouter : « les USA doivent rappeler tous les soldats qui ne sont pas indispensables à l’objectif américain de stabilisation de l’Irak, mais nous ne pouvons pas initier une retraite avant d’avoir défini quel est cet objectif. » Pour résumer, selon Kissinger rester en Irak pourrait entraîner une nouvelle division à l’intérieur de USA et donc une nouvelle défaite, mais se retirer de l’Irak reviendrait à reconnaître la défaite, à hypothéquer les projets de domination USA sur la région, et à ouvrir un dangereux précédent d’impuissance qui encouragerait la lutte de tous les peuples de la planète.

Pour sa part, le sénateur républicain Chuck Hagel a déclaré, en comparant l’Irak et le Vietnam : « plus longtemps on restera en Irak, plus les similitudes iront en s’accentuant, essentiellement parce qu’on est de plus en plus submergés, qu’on subit de plus en plus de pertes, et qu’il y a de plus en plus de discordances et de durs débats aux USA.»(1). Pour être brefs, selon le sénateur, les USA sont en train de subir une défaite comme au Vietnam.

A ce contexte, sont venus se rajouter les événements tragiques de la Nouvelle Orléans, une véritable torpille sous la ligne de flottaison de la politique Bush. Le peuple des USA, plus particulièrement ses couches ouvrières et les plus pauvres sont en train de payer de leur vie la misérable politique impérialiste. Le budget nécessaire au renforcement des digues a été maintes fois refusé, alors même que les dépenses journalières de l’occupation en Irak dépassaient celles de la guerre du Vietnam ! Car en Irak, les USA dépensent actuellement 5,6 milliards de dollars par mois, alors qu’on a évalué le coût moyen des huit dernières années de guerre au Vietnam à 5,1 milliards de dollars par mois (en dollar actuel). Aussi, beaucoup d’habitants de la Nouvelle Orléans, indignés à juste titre, n’ont pas manqué de rappeler à Bush que les hélicoptères ayant fait défaut aux victimes de Katrina étaient précisément ceux affectés à l’infâme guerre d’occupation de l’Irak.

Tentatives d'issue de la part de l'impérialisme et de ses complices

Dans l’impasse, les USA avaient tout misé sur les élections pour faire la transition vers un gouvernement irakien « digne de confiance », dans lequel il fallait inclure la direction bourgeoise chiite. Mais leur tentative de donner une légitimité « démocratique » à l’occupation a échoué.

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