| Depuis le retrait de l'armée
syrienne du Liban, l'état major israélien
piaffait d'impatience. L'occasion était trop
belle : les manoeuvres autour du nucléaire
iranien, la présence du puissant « parrain »
US en Irak, l'affaiblissement du régime
syrien, un gouvernement libanais fantoche qui
a fait allégeance à Washington et à Paris,
tout cela lui ouvrait une opportunité au
Liban auquel les ultras n'ont jamais renoncé.
Aussi, il n'aura pas fallu longtemps pour
que les sionistes se jettent à nouveau sur
une proie qu'ils convoitent depuis toujours.
Nous avons donc eu raison d'affirmer que le
retrait de Gaza fin 2005, ne correspondait
pour l'essentiel qu'à un mouvement tactique
destiné à « reculer pour mieux sauter ».
Depuis deux semaines, prenant prétexte de
l'enlèvement de deux de ses soldats, l'armée
israélienne s'est lancée dans une destruction
systématique des infrastructures civiles et
militaires du Liban qui a déjà fait plusieurs
centaines de morts, destruction qui précède
fort probablement une intervention massive
des forces terrestres. Les concentrations de
troupes et de matériels à la frontière entre
Israël et le Liban, au moment où ces lignes
sont écrites, vont dans ce sens.
En attaquant le Liban,
l'armée israélienne ne mène pas une action
défensive. Seuls des petits enfants
peuvent encore croire à la fable de la «
sécurité d'Israël ». En effet, jamais les
dirigeants israéliens, ni les dirigeants des
organisations sionistes, n'ont renoncé à
l'objectif d'un « Grand Israël » (de la
Méditerranée au Jourdain ou du Nil à
l'Euphrate, selon les variantes), celui-ci
est donc toujours d'actualité.
Cet objectif est d'autant plus actuel
qu'il s'insère parfaitement dans la
perspective tracée par les impérialistes
européens et états-unien d'un « grand marché
» du proche et du moyen-orient, sur fond de
balkanisation de l'Irak et de la Syrie. En réalité, l'armée israélienne
se met en situation d'écraser la révolution
palestinienne et se positionne pour, le cas
échéant, frapper militairement
l'Iran.
En effet, les généraux israéliens l'ont
souvent montré dans le passé, ils ne
connaissent pas, eux, les « lignes rouges »
et les « limites » qu'ils veulent imposer à
leurs ennemis. Ils estiment avoir tous les
droits que leur donnent 200 têtes nucléaires
qui, depuis longtemps, peuvent atteindre
l'Iran... Israël n'a pas signé le traité de
non-prolifération nucléaire !
Ce n'est donc pas par
hasard que l'agression militaire au Liban en
juillet reprend les mêmes schémas qu'à Gaza
en juin : multiplication des
provocations israéliennes qui mènent
immanquablement à une riposte du Hamas ou du
Hezbollah, puis usage massif de l'aviation,
de la marine et de l'artillerie, mise en
oeuvre de la tactique des « incursions » et
entrée en actions des forces spéciales.
« L'american way of war », indique une
volonté d'écraser physiquement la résistance
palestinienne comme les velléités de
résistance libanaise. C'est aussi ce que
montre la volonté d'humilier les peuples
palestiniens et libanais. D'un côté l'armée
israélienne pousse les libanais à l'exode,
d'un autre elle bombarde les populations en
fuite sur les routes pendant que l'ONU verse
des larmes hypocrites sur les victimes
civiles.
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Ce n'est
donc pas l'ONU qui peut faire cesser
l'agression, elle qui a toujours couvert la
politique d'expansion de cette gigantesque
base militaire US qu'est Israël. C'est
d'ailleurs le rôle dévolu à la FINUL au
sud-Liban ! Les gesticulations de
l'impérialisme français au Liban et
l'hypocrisie des « corridors humanitaires »,
elles, cachent mal son ralliement à la
position de l'impérialisme US.
L'objectif affirmé de l'impérialisme est
de désarmer le Hezbollah, conformément à la
résolution 1559 du Conseil de sécurité de
l'ONU, ce qui revient en fait à livrer le
Liban aux sionistes, l'armée libanaise
n'ayant pas été capable de la moindre
réaction face à l'agression.
Le bras armé de l'impérialisme au proche
orient doit être stoppé, son armée doit être
vaincue. La responsabilité du mouvement
ouvrier est écrasante. Comme l'a dit K. Marx
: « un peuple qui en opprime un autre ne peux
pas être libre », le devoir des travailleurs
israéliens est de rompre avec la bourgeoisie
sioniste qui le mène à la catastrophe.
Les travailleurs israéliens doivent entrer
dans la lutte contre « leur » état et « leur
» armée, les soldats israéliens doivent
refuser de combattre la résistance
palestinienne et libanaise, c'est la forme
pratique de cette nécessaire rupture.
Le devoir des travailleurs israéliens et
palestiniens est de faire jonction, contre E.
Olmert et M. Abbas pour poser les bases d'une
Palestine laïque démocratique et socialiste
qui ne peux se construire que sur les
décombres de l'utopie réactionnaire des «
deux états », du ghetto à ciel ouvert voulu
par T. Herzl et Z. Jabotinsky et créé par
l'impérialisme pour son propre intérêt :
l'état d'Israël.
Le Hezbollah, comme mouvement religieux
chiite représente au Liban un courant
nationaliste bourgeois qui est prêt à tous
les compromis avec l'impérialisme, comme
c'est le cas en Irak. Cependant, il mène, là,
sous la pression des masses, le combat contre
un élément essentiel du dispositif de
l'impérialisme. De même, en Palestine, le
Hamas, comme courant nationaliste bourgeois
lui aussi, a montré en acceptant le « plan
des prisonniers » qu'il était prêt à un
compromis honteux avec Olmert et Abbas,
pourtant, du fait de la mobilisation du
peuple palestinien il est contraint de
s'opposer aux sionistes et d'organiser la
résistance à l'agression.
Dans cette situation,
sans approuver en rien leur orientation ni
leur idéologie, le GSI qui est conséquent
dans son soutien à la lutte que mènent les
peuples libanais et palestiniens appuie
toutes les organisations qui combattent
l'agression sioniste en Palestine et au
Liban.
Le GSI approuve toute
initiative unitaire qui irait dans ce
sens.
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