| Depuis quelques semaines la
situation sociale et politique en France est
en train d'évoluer sensiblement. En réponse
aux attaques du gouvernement, on assiste à
une accélération et à une multiplication des
grèves, qui correspondent au ras-le-bol des
jeunes et des travailleurs. Les exemples les
plus récents ont été les grèves des agents de
la SNCF, de la RATP et d'EDF-GDF contre la
réforme des régimes spéciaux, celles des
étudiants contre la réforme des universités
ou encore celle des personnels d'Air France
pour l'augmentation des salaires et
l'amélioration des conditions de travail.
Dans toute l'Europe les conflits ont
également tendance à se multiplier, dans le
public comme dans le privé.
Il n’y a rien à
négocier
Toutefois l'ensemble de ces mouvements a
dû faire face au même obstacle : l'attitude
des directions syndicales et politiques. Ces
dernières cherchent avant tout à éviter un
affrontement avec le gouvernement. Pour ce
faire, alors que leur rôle est d’aider
à organiser la grève, elles se sont opposées
à la reconduction du mouvement après la
journée du 18 octobre et ont tout fait pour
empêcher que la grève d'Air France ne se
prolonge.
Les dirigeants de l’ex-gauche
plurielle ont approuvé les directives
européennes remettant en cause les droits des
travailleurs. Les directions syndicales,
composées essentiellement de militants du PS,
du PC... présentent la réforme du régime des
retraites comme inéluctable, et refusent
d'avancer la seule revendication qui soit
dans l'intérêt des travailleurs, celle du
retour à 37,5 annuités pour tous avec un
départ maximum à 60 ans à taux plein. Ces
directions se saisissent de toutes les
perches tendues par le gouvernement pour «
négocier » en se gardant bien de contredire
ses mensonges.
Aussi elles ne disent pas que les agents
de la RATP, d'EDF-GDF et de la SNCF ont une
surcotisation qui permet de financer leurs
régimes spéciaux. Ils ne disent pas qu'une
des premières mesures du gouvernement a été
d'accorder 15 milliards de cadeaux fiscaux
aux plus riches, alors que selon Conseil
d'Orientation sur les Retraites (COR) un
retour à 37,5 annuités pour tous, public
comme privé, ne coûterait que 8 milliards
d'euros.
Elles ne disent pas non plus que
l'objectif du gouvernement est de faire
sauter les régimes spéciaux pour accélérer,
dès l'année prochaine, l’application de
la réforme des retraites de 2003 et faire
passer tout le monde au plus vite à 41, 42
puis 45 annuités. Elles ne disent pas que le
patronat, au titre des exonérations de «
charges » (c'est à dire du pillage du salaire
indirect des travailleurs) doit plusieurs
dizaines de milliards d'euros à la sécurité
sociale, que le « trou » est donc virtuel, et
que les franchises médicales sont doublement
injustifiées (elles font payer les malades
pour autres malades et remettent en cause le
principe de solidarité).
Enfin, elles ne disent pas que les départs
massifs à la retraite devraient être
l'occasion d'embaucher massivement et de
résoudre le chômage, ce qui permettrait que
plusieurs millions de travailleurs
aujourd'hui précaires ou sans emploi cotisent
au régime de retraite et à la sécurité
sociale. Non il n'y a rien à négocier
!
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En réponse à la pression de la base, les directions syndicales se contentent d'appeler à de nouvelles journées de grève, mais dispersées, comme si l'objectif était de diviser les travailleurs. Rien n'est joué
Malgré les manoeuvres des directions
syndicales, les différentes mobilisations ont
montré la détermination des travailleurs et
particulièrement des jeunes travailleurs. En
effet le rajeunissement des effectifs, dont
beaucoup ont connu auparavant la précarité,
donne un caractère plus explosif aux
mobilisations et rend la marge de manoeuvre
des directions syndicales encore plus
étroite. Chez les étudiants, qui ont commencé
à se mobiliser contre la loi Pécresse sur
l'autonomie des universités, on voit
également la détermination. Dès les premières
AG, la question de l'unité avec les
travailleurs et de l'abrogation immédiate et
sans condition de la loi Pécresse a été posée
: cette détermination correspond à
l'expérience acquise lors de la mobilisation
contre le CPE.
La journée du 20 novembre dépasse déjà le
cadre de la fonction publique : les
travailleurs de France Telecom, de La Poste,
ceux des bâtiments et travaux publics (qui se
battent pour la retraite à 55 ans), les
étudiants appellent à faire grève. Certains
dirigeants syndicaux de la SNCF, d'EDF-GDF et
de la RATP parlent déjà de reconduire le
mouvement à partir du 13 novembre pour faire
la jonction avec les autres travailleurs le
20 novembre. Les travailleurs d'Air France
parlent déjà d'une nouvelle grève au mois de
novembre.
Unifier les luttes et
construire la grève générale
La question qui est posée aujourd'hui,
face à la dimension des attaques qui
correspondent à une véritable provocation de
la part du gouvernement à l'encontre de
l'ensemble des travailleurs, est de
centraliser et d'unifier les luttes.
C'est la seule manière de lever l'obstacle
bureaucratique. En 2006, c'est la pression
des jeunes et des travailleurs, qui, unis,
avaient imposé l'unité aux directions
syndicales et avaient contraint le
gouvernement à reculer. Actuellement les
conditions sont mûres pour que la classe
ouvrière s'organise pour combattre les plans
du gouvernement.
C'est pourquoi nous appelons dès
aujourd'hui tous les jeunes et les
travailleurs à se mobiliser dans l'unité pour
créer les conditions de la grève générale.
Paris, le 4
novembre 2007
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