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Document publié dans l'Internationaliste n°72

Pseudo puce Retour aux déclarations et communiqués 2007

Unifions nos luttes et construisons la grève générale : Tous dans la rue le 20 novembre !

Déclaration du GSI – Section française de la LIT-QI

La grève pour la défense des régimes spéciaux de retraite est porteuse de l'exigence du retour à 37,5 années de cotisations, avec un départ à 60 ans maximum et une pension à taux plein pour tous, secteur public et privé. Dans un contexte de développement de grèves pour les salaires et l'emploi (Air-France, etc.), après l'énorme succès du 18 octobre, les directions syndicales (CGT en tête) ont choisi la division, en appelant à une « journée d'action reconductible », sur la défense des régimes spéciaux le 14 novembre. Le 20, une nouvelle « journée d'action », des fonctionnaires cette fois, est programmée pour l'emploi et le pouvoir d'achat. Cependant, le 17, les cheminots, les agents de la RATP, les électriciens et gaziers sont toujours massivement en grève, une grève reconduite jour après jour en assemblée générale unitaire, malgré les manoeuvres de divisions.

Dans les universités, voyant se profiler les premiers blocages, la direction de l'UNEF, qui le 28 juin estimait que « le texte sauvait l'essentiel », a appelé les étudiants à... étudier la loi Pécresse. Aujourd'hui, à travers leurs assemblées massives et leur coordination nationale, les étudiants exigent l'abrogation de la loi de privatisation des universités. Ils manifesteront le 20 avec les fonctionnaires, les cheminots, etc. La grève et la manifestation du 20 marqueront un tournant : ou bien les appareils syndicaux, à force de division, parviennent à en faire un enterrement de première classe, ou bien la voie est ouverte vers la généralisation de la grève.

Les directions syndicales montent en première ligne

Face à l'ampleur du rejet des contre-réformes par la base, les directions syndicales montent en première ligne pour obtenir « l'ouverture de négociations » sur les régimes spéciaux de retraites et sur l'application de la « loi Pécresse. Ainsi, par la voix de son secrétaire général, la direction confédérale de la CGT a-t-elle pris la responsabilité historique, sans précédent, de demander au gouvernement, à Sarkozy directement, l'ouverture de négociations tripartites (Etat, patronat, syndicats), par branche ou par entreprise, sur la question des régimes spéciaux.

Ce faisant, B. Thibault a ouvert une porte de sortie au gouvernement, à la veille de la grève du 14, indiquant par là qu'il acceptait le cadre de la réforme, prenant le risque d'une profonde et durable division. Bien entendu, l'Elysée s'est empressé d'accepter. Le ministre X. Bertrand exige maintenant que la grève cesse avant d'ouvrir ces négociations, affirmant qu'il a reçu des assurances sur ce point ! Illico, le porte-drapeau de la capitulation, F. Chérèque, secrétaire général de la CFDT, déclare sur France3 avoir les éléments pour « suspendre la grève à la SNCF », après avoir reçu une « lettre de méthode » du ministre du Travail, X. Bertrand. Mais les travailleurs de la SNCF ne sont pas B. Thibault, ni F. Chérèque, et la grève continue.

De leur part, au moment où les étudiants se prononcent massivement dans leurs assemblées générales pour l'abrogation de la « loi Pécresse », les dirigeants de l'UNEF multiplient les rencontres avec la ministre de l'enseignement supérieur : « nous attendons que la ministre engage des négociations conséquentes sur les modifications de la loi LRU, loi sur l'autonomie des universités, votée cet été, et sur les questions budgétaires, tant sur la programmation pluriannuelle que sur le budget 2008 » (Libération, le 14 novembre 2007). Toutefois, qu'y a-t-il à négocier ? Dans un cas comme dans l'autre, rien !

Le PS et le PCF soutiennent la politique du gouvernement

Il est évident, mais nous le savions depuis qu'il a annoncé vouloir être une opposition constructive, que le PS soutient les réformes sur le fond. Déjà, le 19 octobre, F. Hollande, premier secrétaire du PS, avait déploré qu’il « n'y ait pas eu véritablement de négociation ». Il avait conseillé : « Je dis au gouvernement : ouvrez, rouvrez (...) le cadre global qui doit permettre les discussions entreprises par entreprise. Si vous ne le faites pas, vous aurez un certain nombre de mouvements. » (Le monde, le 19 octobre 2007). Le 14 novembre, le même F. Hollande insiste : « Il a fallu attendre (...) pour que l'Etat daigne dire qu'il serait présent dans des réunions dans chacune des entreprises. On n'aurait pas pu y penser plus tôt ? Je demande au président de la République, au gouvernement, de ne pas perdre une minute de plus et d'ouvrir la négociation de manière à ce qu'on sorte de ce conflit dignement avec une réforme qui sera consentie » (c'est nous qui soulignons, NDLR).

Quant au PCF, par un communiqué du 14 novembre, il estime que : « Grâce à l’attitude responsable des syndicats et la très forte mobilisation des salariés, le gouvernement est contraint à trouver le chemin d’une véritable négociation. C’est une première victoire (c'est nous qui soulignons, NDLR). Le gouvernement doit donc prendre toute sa place dans les négociations à venir entre syndicats et directions d’entreprise, afin de répondre aux attentes et aux revendications des salariés en lutte. Face à l’attitude constructive des syndicats, il serait totalement irresponsable que le gouvernement tente une nouvelle fois de mettre en scène une fausse concertation. ». Négocier entreprise par entreprise, « une première victoire » ?

Il n'y a rien à négocier !

Négocier sur les régimes spéciaux de retraite, c'est accepter le cadre de régression imposé par le gouvernement Sarkozy-Fillon. Cadre de régression en ce sens que, au nom de l'« équité », tous les travailleurs seraient désormais alignés sur la plus mauvaise des situations, avec 40 ans de cotisation pour tous, tout de suite, et la réduction des pensions pour ceux qui prendraient tout de même leur retraite à 60 ans, sans avoir cotisé assez longtemps.

Négocier, c'est en outre accepter qu'en 2008 le gouvernement mette sur la table un nouveau projet qui s'appliquera à l'ensemble des travailleurs du privé comme du public : allongement de la durée de cotisation (41, 42 ans, etc.), baisse des pensions et, c'est le centre des attentes capitalistes, basculement d'une part déterminante des retraites sur la capitalisation. C'est la mise en bourse de nos retraites, de façon à assurer aux spéculateurs un flux permanent d'argent frais et dont ils seraient les bénéficiaires réels !

Négocier sur la loi Pécresse d'« autonomie des universités », c'est accepter le principe de la loi qui vise à contraindre les universités à fonctionner comme des entreprises, à faire appel massivement aux capitaux privés, à mettre en oeuvre une sélection des étudiants « par le fric », avec l'explosion des frais d'inscription qui endetteront des familles ouvrières à vie. En définitive, cela aboutit à remettre l'enseignement supérieur, « clés en main », aux multinationales. C'est bien une loi de privatisation... de ce qui rapporte, le reste sera liquidé purement et simplement.

Négocier, c'est accompagner ces mesures, c'est trahir les intérêts objectifs des travailleurs et de la jeunesse. A ce stade, c'est accepter que les organisations syndicales deviennent des rouages de l'appareil d'Etat, c'est briser l'outil séculaire construit par la classe ouvrière pour la défense de ses intérêts en toute indépendance, face aux capitalistes.

Unifier les luttes en France et en Europe

La lutte des classes est nationale dans sa forme et internationale dans son contenu. Les contre-réformes, dictées par les capitalistes, sont impulsées par l'UE (Union Européenne), l'OCDE (Organisation pour le Développement et la Coopération Economique), ainsi que par tous les gouvernements sur la base d'un catalogue de mesures, présentées comme « inéluctables », dans les domaines de la santé, de l'éducation, des services publics, de la protection sociale, etc.

Aussi, l'application d'une même politique à l'échelle de l’Europe pose les conditions objectives d'une riposte unifiée sur l'ensemble du continent. La grève des cheminots allemands pour les salaires fait écho à celles des navigants commerciaux d'Air France ou des travailleurs italiens contre la précarité et pour la sauvegarde des retraites. De même, la « réforme » de l'enseignement supérieur a déjà provoqué des mobilisations de grande ampleur en Allemagne et en Grèce. Ce combat des travailleurs dans chaque pays, contre des attaques de dimension européenne, doit aussi trouver une débouchée à l'échelle du continent.

Unifions nos luttes et construisons la grève générale !

Nous ne partons pas de rien. Après l'énorme succès du 18 octobre, des centaines de milliers de cheminots, traminots, gaziers, électriciens, etc., se sont à nouveau mis en grève, le 14 novembre, paralysant le pays et manifestant massivement. Malgré les obstacles dressés par les directions bureaucratiques, la grève s'est poursuivie largement au delà du 14 novembre.

De même, malgré la brutale répression dans les universités, jeudi 15, 36 sites universitaires étaient toujours en grève, dont 29 bloqués, alors que 5 autres étaient fermés par l'administration. La coordination nationale étudiante appelle à manifester avec les fonctionnaires le 20 novembre également.

Le 20 novembre, une jonction pourrait s'opérer entre les cheminots, traminots, électriciens, gaziers, et les fonctionnaires, les étudiants ouvrant une perspective d'unification des luttes qui pourrait déboucher sur la grève générale. La grève générale porterait un coup d'arrêt aux attaques brutales du gouvernement aidé par les appareils bureaucratiques.

Paris, le 17 novembre 2007

Tous dans la rue le 20 novembre !

Pour nos revendications :

37,5 ans de cotisation maximum pour tous !

Départ à taux plein à 60 ans maximum !

Oui à la répartition, non à la capitalisation !

Abrogation de la loi Pécresse de privatisation des universités !

Abrogation des ECTS/LMD !

Le 20 novembre faisons grève et manifestons
(A Paris : départ place d'Italie 14 heures)

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