| Cette décision est le résultat
de plus de trois ans de discussions, de
réunions, de lignes politiques communes sur
les principaux faits de la lutte des classes,
et d’action politique commune là où les
deux organisations ont des partis. Cela a été
un processus franc et loyal, au cours duquel
les désaccords ont été ouvertement posés,
toujours à la recherche d’un programme
et des politiques communes pour aller vers la
construction d’une organisation
internationale ; une organisation qui nous
permette d’avancer vers la solution du
principal problème des travailleurs et de
l’humanité : une direction
révolutionnaire permettant de détruire le
capitalisme impérialiste et de démarrer la
construction du socialisme avec démocratie
ouvrière.
Les accords nous unissant sont ces mêmes
principes de base qui ont été remis en
question, voire abandonnés, par tant
d’organisations soi-disant
révolutionnaires et trotskistes. Ces
dernières ont en effet succombé à
l’énorme vague d’opportunisme née
de la restauration capitaliste dans les
anciens états ouvriers bureaucratisés
(faussement appelés socialistes), et de la
destruction de l’énorme appareil
staliniste mondial ; appareil que, de Moscou,
contrôlait le parti communiste de l’ex
URSS. Ces accords sont les suivants :
- Le capitalisme impérialiste est le pire
ennemi des travailleurs et des peuples du
monde. Les impérialismes nord-américain,
européen et japonais, malgré leurs
différences, s’unissent pour
exploiter et opprimer la classe ouvrière
et les peuples de la planète, y compris
dans leurs propres pays.
- Nous sommes pour la révolution
socialiste mondiale. Il n’y a pas
de révolution socialiste si les usines,
la banque et le commerce ne sont pas
expropriés aux capitalistes (nationaux et
étrangers) et passés aux mains des
travailleurs. Il faut établir un
Gouvernement Ouvrier, Paysan et
Populaire, c’est-à-dire une
dictature Révolutionnaire du Prolétariat
fonctionnant sur la démocratie ouvrière,
conformément au régime instauré par le
Parti Bolchevique de Lénine et Trotski de
1917 à 1924 -années épiques de la grande
Révolution Russe-, le plus démocratique
que l’humanité ait jamais connu.
- Nous sommes pour mener, dans tous les
pays de la planète, dans toutes les
organisations ouvrières et populaires,
une lutte intransigeante pour la conquête
et la défense de la démocratie ouvrière :
c’est la raison d’être du
trotskisme et ce, depuis l’époque
de l’Opposition de Gauche en URSS,
courant implacablement persécuté par le
régime bureaucratique stalinien qui
s’est substitué à la démocratie des
soviets. La lutte pour la démocratie
ouvrière implique une bataille sans merci
contre les bureaucraties syndicales et
politiques qui gouvernent, avec des
méthodes de gangsters, les organisations
de masse de la classe ouvrière et qui
empêchent les travailleurs de discuter
ouvertement, en assemblées, des tâches et
politiques à mettre en œuvre contre
l’exploitation capitaliste. La
lutte pour la démocratie ouvrière
signifie, en définitive, une bataille
pour que la classe ouvrière et ses
méthodes se placent de nouveau à la tête
de tous les exploités dans la lutte
contre l’impérialisme et ses alliés
directs et indirects, ces derniers étant
l’obstacle à l’instauration
du socialisme, en lieu et place du
capitalisme ; le socialisme, tel que
conçu par Marx et mis en pratique par le
Parti Bolchevique au cours des premières
années de la Révolution Russe. La lutte
pour la démocratie ouvrière signifie, en
même temps, le combat idéologique et
politique le plus intransigeant contre
toutes les expressions de la démocratie
bourgeoise ; ce régime qui, par le biais
de son parlementarisme formel, détourne
les travailleurs de leur lutte contre le
capitalisme impérialiste, les maintenant
sous la domination de leurs ennemis de
classe.
- Nous nous opposons aux gouvernements de
front populaire, tels ceux de Lula, Evo
Morales et Tabaré Vàsquez qui, tous, sont
des gouvernements bourgeois appliquant
les plans de l’impérialisme et des
bourgeoisies nationales. Nous nous
opposons, également, aux gouvernements
nationalistes bourgeois, tels ceux de
Chavez au Venezuela, Correa en Equateur,
et Ortega au Nicaragua qui, tous,
déguisés en opposants de
l’impérialisme, et se prétendant
les « socialistes du XXIème siècle », ont
pour seuls objectifs de préserver
l’exploitation capitaliste et
détourner la mobilisation de la classe
ouvrière et les masses laborieuses. Dans
la lutte contre ces gouvernements, nous
combattons la politique de toutes ces
organisations qui se réclament du
mouvement ouvrier mais qui, capitulant
dans les faits, se placent du côté de la
bourgeoisie. Nous combattons par
conséquent la politique de la
social-démocratie et celle de leurs
soutiens, les vieux partis communistes
stalinistes. Nous combattons également
les courants qui, comme le mandélisme
(Secrétariat Unifié de la QI) et le
lambertisme, ont rompu avec la tradition
léniniste et trotskiste dès lors
qu’ils ont intégré le gouvernement
bourgeois de Lula.
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- La classe ouvrière est le protagoniste
de la révolution socialiste ; sa tâche,
faire des paysans et du peuple
travailleur ses alliés. Pour nous, ces
deux mots d’ordre des fondateurs de
la Première Internationale restent
d’une totale actualité :
«L’émancipation des travailleurs
sera l’œuvre des travailleurs
eux-mêmes ! » ; « Travailleurs de tous
les pays, unissez-vous ! ».
- Pour accomplir de telles tâches, il
faut construire un Parti Mondial de la
Révolution ; un parti qui devra :
fonctionner avec centralisme démocratique
; mettre la classe ouvrière au centre de
son action ; avoir comme raison
d’être la lutte pour le pouvoir
-tant dans chaque pays qu’à
l’échelle de la planète- afin que
l’Etat passe sous le contrôle de la
classe ouvrière ; faire de la théorie
révolutionnaire un des principaux outils
de définition du programme et des mots
d’ordre. Autrement dit : un parti
léniniste de combat qui briguera la
direction des travailleurs et qui
s’opposera aux ainsi dits « partis
anti-capitalistes » ; lesquels partis,
sous leur verbiage « socialiste »,
occultent leur véritable volonté de
renoncer à la lutte de classe ouverte
contre les gouvernements bourgeois et
l’impérialisme.
Nous sommes pour la défaite militaire des
armées d’occupation en Irak et pour la
victoire de la résistance du peuple irakien.
Nous nous plaçons du côté de ceux qui sont
pour la défaite militaire des forces de
l’ONU, et pour la victoire de la
résistance populaire en Afghanistan. Quant
aux troupes des ONU et OTAN (en fait, des
troupes impérialistes), nous exigeons leur
retrait immédiat du Kosovo, d’Haïti et
de tous les pays où elles interviennent sous
prétexte de raisons «humanitaires».
Nous appelons les travailleurs et les
peuples du Venezuela, du Brésil, de Bolivie,
d’Uruguay, d’Equateur, du
Nicaragua et d’Argentine à se
débarrasser de toute illusion vis-à-vis de
leurs gouvernements respectifs, et à se
mobiliser pour s’opposer aux plans des
mêmes. Ils sont, tous, des gouvernements
bourgeois qu’il faudra vaincre pour en
finir avec l’exploitation
capitaliste.
Nous appelons la classe ouvrière à garder
une totale indépendance vis-à-vis des états,
gouvernements et partis de la bourgeoisie, et
à construire son propre instrument politique
: le Parti Révolutionnaire International.
Pour tout ce qui précède, nous adressons
un appel urgent à tous les partis et groupes
révolutionnaires -trotskistes ou non- qui
seraient d’accord avec ces principes de
base et la politique qui en découle, à
unifier nos forces dans la tâche de
reconstruction de la Quatrième Internationale
fondée par Trotski en 1938, comme riposte à
la dégénérescence staliniste, cette dernière
ayant enfin débouché sur la restauration
capitaliste dans l’URSS et dans tous
les autres états ouvriers, y compris la
Chine. Nous les appelons à construire,
ensemble, un Parti Mondial doté d’un
programme révolutionnaire, fonctionnant avec
centralisme démocratique et ayant pour
objectifs la destruction du capitalisme
impérialiste et la construction d’une
société socialiste.
La réunification de la LIT (QI) et du CITO
constitue un premier pas dans ce sens, dans
la mesure où cette réunification fait partie
de la reconstruction de la LIT, celle fondée
par Nahuel Moreno dans le but de reconstruire
la Quatrième Internationale.
A São Paulo, le
12 mars 2007.
CITO - LIT-QI
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