Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Tract du GSI - Publiée dans l'Internationaliste n°73
Diffusé lors de la manifestation des employés de la fonction publique le 24 janvier 2008

Pseudo puce Retour aux déclarations et communiqués 2008

Luttons contre la fin programmée
du code du travail, du CDI et de
la durée légale du temps de travail !
Ecraser les salariés pour remplir les poches des actionnaires et du patronat, c’est le but réel des mesures annoncées par le gouvernement. C'est pourquoi il faut libérer le marché du travail de toutes les entraves...c'est pourquoi il faut balayer l’ensemble des conquêtes de la classe ouvrière.

Après l’échec du CPE et du CNE grâce aux mobilisations, le gouvernement, -avec la complicité et l'accord des bureaucraties syndicales (FO, CFTC, CGC et CFDT en particulier), sous couvert de lutte contre le chômage -, s'apprête à transposer dans la loi (après les élections municipales de mars 2008) le projet de modernisation du marché du travail.

Les éléments les plus importants contenus dans ce projet dangereux, et qui auront des conséquences négatives sur la vie quotidienne de millions de salariés, sont : l'allongement de la période d'essai, la création d'une rupture « conventionnelle »pour les salariés en CDI, et, la création d'un CDD à « terme incertain » pour la « réalisation d'un objet défini » d'une durée maximale de 36 mois.

Ce type de contrat à durée déterminée existe déjà en Italie où il a été mis en place par le gouvernement Berlusconi. Le contrat de mission est un contrat basé sur la durée d’un projet. Ce n'est donc ni un CDI, ni un véritable CDD. En fait il s'apparente plus à une longue mission d'intérim ! De plus, les projets de missions risques de se succédés les uns après les autres...

La rupture conventionnelle, ou licenciement par consentement mutuel, est synonyme de mobilité permanente forcée pour les salariés. Ils seront ainsi totalement soumis aux aléas du marché et à la volonté des actionnaires. Le licenciement par consentement mutuel est la codification dans la loi de la possibilité de licencier sans aucune entrave pour les patrons ! Le CDI, tel que nous le connaissons aujourd'hui, sera donc méthodiquement vidé de son contenu.

Dans ce cadre, la disparition de 63 tribunaux des Prud’homme prévue par la réforme de la carte judiciaire apparaît logique : ils ne seront plus d’aucune utilité ! Les nouveaux contrats de travail c'est la garantie de la fin de la sécurité de l'emploi et la porte ouverte à la précarité.

Parallèlement, Sarkozy a annoncé la flexibilisation des 35H et la possibilité de monnayer ses RTT au nom de la hausse du pouvoir d'achat. Ce qui revient à contraindre les salariés à renoncer à leurs jours de congés pour pouvoir survivre...ou gagner plus. En clair, la flexibilisation des 35h est synonyme de la fin de la durée légale du temps de travail !

Afin de sauvegarder sa propre légalité, le gouvernement a pris soin en toute discrétion de mener à bien, -avec le soutien actif des bureaucraties syndicales -, une refonte totale du droit du travail (sous couvert de « simplification » du code du travail), mieux à même de répondre juridiquement à une réforme structurelle du marché du travail. Et pour contraindre les travailleurs à accepter docilement leur sort, les attaques contre le droit de grève (service minimum) se sont multipliées dans différents secteurs.

La destruction-privatisation
de l'enseignement public

Enfin, l’application de la loi LRU, c'est-à-dire l’autonomie des universités, s’applique méthodiquement. Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur, a annoncé une nouvelle offensive visant à professionnaliser l’ensemble des licences. Afin d’assurer au patronat une main d’œuvre particulièrement rentable, il est nécessaire pour le gouvernement de détruire la reconnaissance légale de la qualification des travailleurs : c'est-à-dire la reconnaissance des diplômes dans le code du travail et les conventions collectives.

L’alternative proposée à la jeunesse est claire : une éducation privée ou une éducation au rabais. La promesse de Sarkozy de financer 10 projets universitaires est l’acte final de la constitution des pôles d’excellence, cette université d’élite compétitive et sélective. Et d’où proviennent les crédits ? De la casse du service public : Les sommes affectées aux pôles d’excellence proviennent de la vente d’une part substantielle du capital d’EDF/GDF.

L’ensemble de l’enseignement public est visé. Après les facs, ce sont les écoles maternelles qui sont dans le collimateur du gouvernement. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, a annoncé une réforme importante de l’école maternelle sur la base d’un rapport préconisant le développement des crèches d’entreprise. Ainsi, dès le plus jeune âge, le futur travailleur pourra s’épanouir au sein de l’entreprise en ayant bien en tête que toute son existence est soumise à la bonne volonté des patrons.

Les exigences de l'union européenne

Toutes ces « réformes urgentes » répondent à l’exigence d’un marché européen où la concurrence doit être « libre et non faussée ». Il est nécessaire pour tous les capitalistes européens d’amplifier leurs attaques contre les travailleurs. C’est ainsi qu’il faut saisir la volonté du président de passer en force un traité européen refusé par les jeunes et les travailleurs en 2005. L’Union Européenne n’est que le cadre d’accords entre pays impérialistes pour laisser le champ libre au patronat à toujours plus d’exploitation. De ce point de vue, le oui du PS au dit « traité européen simplifié »confirme bien son ancrage à...droite.

Seule la lutte paie !

Malgré la répression, les mensonges médiatiques et les trahisons des directions syndicales, les mobilisations continuent. Les travailleurs des hôpitaux ont construit une mobilisation massive en luttant contre la dégradation de leurs conditions de travail et la privatisation de l’Hôpital public. Les cheminots, qui ont été à la pointe des premières luttes d’ampleur contre le gouvernement Sarkozy-Fillon affirment que la question des régimes spéciaux n'est pas réglée.

Le gouvernement matraque sa propagande sur la question du pouvoir d’achat mais chacun peut aujourd’hui se rendre compte du mensonge du « travailler plus pour gagner plus ». Bien au contraire, ce qui nous attend, c’est la baisse des salaires et la hausse des prix pratiqués par les géants de la distribution ou les transnationales pétrolières.

La responsabilité des organisations dites de gauche dans la situation de la classe ouvrière n’est plus à démontrer. Les yeux rivés sur les élections municipales, ces organisations n’offrent aucune perspective aux luttes des travailleurs. Alors que nous sommes à l’heure d’un choix de société, doit-on accepter la société de la misère et de la barbarie, conséquences du système capitaliste… ou au contraire lutter pour un autre choix de société, celui du socialisme, qui garantit la satisfaction des besoins sociaux de chacun.

Des grèves se développent sur des revendications salariales, alors même que la récession économique est officialisée. Le prochain rendez-vous appelé par les organisations syndicales de la fonction publique le 24 Janvier doit être un jour dont les travailleurs se saisissent pour affirmer leur refus de la politique du gouvernement et du MEDEF.

Paris, le 17 janvier 2007

Jeunes, travailleurs : unité pour un vrai travail, un vrai salaire pour tous !

Contre la casse du code du travail, contre la remise en cause
du droit de grève, des 35h et du CDI !

Contre la destruction-privatisation de l'enseignement public !

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