| Ecraser les salariés pour
remplir les poches des actionnaires et du
patronat, c’est le but réel des mesures
annoncées par le gouvernement. C'est pourquoi
il faut libérer le marché du travail de
toutes les entraves...c'est pourquoi il faut
balayer l’ensemble des conquêtes de la
classe ouvrière.
Après l’échec du CPE et du CNE grâce
aux mobilisations, le gouvernement, -avec la
complicité et l'accord des bureaucraties
syndicales (FO, CFTC, CGC et CFDT en
particulier), sous couvert de lutte contre le
chômage -, s'apprête à transposer dans la loi
(après les élections municipales de mars
2008) le projet de modernisation du marché du
travail.
Les éléments les plus importants contenus
dans ce projet dangereux, et qui auront des
conséquences négatives sur la vie quotidienne
de millions de salariés, sont : l'allongement
de la période d'essai, la création d'une
rupture « conventionnelle »pour les salariés
en CDI, et, la création d'un CDD à « terme
incertain » pour la « réalisation d'un objet
défini » d'une durée maximale de 36 mois.
Ce type de contrat à durée déterminée
existe déjà en Italie où il a été mis en
place par le gouvernement Berlusconi. Le
contrat de mission est un contrat basé sur la
durée d’un projet. Ce n'est donc ni un
CDI, ni un véritable CDD. En fait il
s'apparente plus à une longue mission
d'intérim ! De plus, les projets de missions
risques de se succédés les uns après les
autres...
La rupture conventionnelle, ou
licenciement par consentement mutuel, est
synonyme de mobilité permanente forcée pour
les salariés. Ils seront ainsi totalement
soumis aux aléas du marché et à la volonté
des actionnaires. Le licenciement par
consentement mutuel est la codification dans
la loi de la possibilité de licencier sans
aucune entrave pour les patrons ! Le
CDI, tel que nous le connaissons aujourd'hui,
sera donc méthodiquement vidé de son
contenu.
Dans ce cadre, la disparition de 63
tribunaux des Prud’homme prévue par la
réforme de la carte judiciaire apparaît
logique : ils ne seront plus d’aucune
utilité ! Les nouveaux contrats de travail
c'est la garantie de la fin de la sécurité de
l'emploi et la porte ouverte à la
précarité.
Parallèlement, Sarkozy a annoncé la
flexibilisation des 35H et la possibilité de
monnayer ses RTT au nom de la hausse du
pouvoir d'achat. Ce qui revient à contraindre
les salariés à renoncer à leurs jours de
congés pour pouvoir survivre...ou gagner
plus. En clair, la flexibilisation
des 35h est synonyme de la fin de la durée
légale du temps de travail !
Afin de sauvegarder sa propre légalité, le
gouvernement a pris soin en toute discrétion
de mener à bien, -avec le soutien actif des
bureaucraties syndicales -, une
refonte totale du droit du travail (sous
couvert de « simplification » du code du
travail), mieux à même de répondre
juridiquement à une réforme structurelle du
marché du travail. Et pour
contraindre les travailleurs à accepter
docilement leur sort, les attaques contre le
droit de grève (service minimum) se sont
multipliées dans différents secteurs.
La
destruction-privatisation
de l'enseignement public
Enfin, l’application de la loi LRU,
c'est-à-dire l’autonomie des
universités, s’applique méthodiquement.
Valérie Pécresse, la ministre de
l’enseignement supérieur, a annoncé une
nouvelle offensive visant à professionnaliser
l’ensemble des licences. Afin
d’assurer au patronat une main
d’œuvre particulièrement
rentable, il est nécessaire pour le
gouvernement de détruire la reconnaissance
légale de la qualification des travailleurs :
c'est-à-dire la reconnaissance des diplômes
dans le code du travail et les conventions
collectives.
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L’alternative proposée à
la jeunesse est claire : une éducation privée
ou une éducation au rabais. La promesse de
Sarkozy de financer 10 projets universitaires
est l’acte final de la constitution des
pôles d’excellence, cette université
d’élite compétitive et sélective. Et
d’où proviennent les crédits ? De la
casse du service public : Les sommes
affectées aux pôles d’excellence
proviennent de la vente d’une part
substantielle du capital d’EDF/GDF.
L’ensemble de l’enseignement
public est visé. Après les facs, ce sont les
écoles maternelles qui sont dans le
collimateur du gouvernement. Xavier Darcos,
ministre de l’éducation nationale, a
annoncé une réforme importante de
l’école maternelle sur la base
d’un rapport préconisant le
développement des crèches d’entreprise.
Ainsi, dès le plus jeune âge, le futur
travailleur pourra s’épanouir au sein
de l’entreprise en ayant bien en tête
que toute son existence est soumise à la
bonne volonté des patrons.
Les exigences de l'union
européenne
Toutes ces « réformes urgentes » répondent
à l’exigence d’un marché européen
où la concurrence doit être « libre et non
faussée ». Il est nécessaire pour tous les
capitalistes européens d’amplifier
leurs attaques contre les travailleurs.
C’est ainsi qu’il faut saisir la
volonté du président de passer en force un
traité européen refusé par les jeunes et les
travailleurs en 2005. L’Union
Européenne n’est que le cadre
d’accords entre pays impérialistes pour
laisser le champ libre au patronat à toujours
plus d’exploitation. De ce point de
vue, le oui du PS au dit « traité européen
simplifié »confirme bien son ancrage
à...droite.
Seule la lutte paie
!
Malgré la répression, les mensonges
médiatiques et les trahisons des directions
syndicales, les mobilisations continuent. Les
travailleurs des hôpitaux ont construit une
mobilisation massive en luttant contre la
dégradation de leurs conditions de travail et
la privatisation de l’Hôpital public.
Les cheminots, qui ont été à la pointe des
premières luttes d’ampleur contre le
gouvernement Sarkozy-Fillon affirment que la
question des régimes spéciaux n'est pas
réglée.
Le gouvernement matraque sa propagande sur
la question du pouvoir d’achat mais
chacun peut aujourd’hui se rendre
compte du mensonge du « travailler plus pour
gagner plus ». Bien au contraire, ce qui nous
attend, c’est la baisse des salaires et
la hausse des prix pratiqués par les géants
de la distribution ou les transnationales
pétrolières.
La responsabilité des organisations dites
de gauche dans la situation de la classe
ouvrière n’est plus à démontrer. Les
yeux rivés sur les élections municipales, ces
organisations n’offrent aucune
perspective aux luttes des travailleurs.
Alors que nous sommes à l’heure
d’un choix de société, doit-on accepter
la société de la misère et de la barbarie,
conséquences du système capitaliste…
ou au contraire lutter pour un autre choix de
société, celui du socialisme, qui garantit la
satisfaction des besoins sociaux de
chacun.
Des grèves se développent sur des
revendications salariales, alors même que la
récession économique est officialisée. Le
prochain rendez-vous appelé par les
organisations syndicales de la fonction
publique le 24 Janvier doit être un jour dont
les travailleurs se saisissent pour affirmer
leur refus de la politique du gouvernement et
du MEDEF.
Paris, le 17
janvier 2007
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