Paris le, 7 avril
2008
Depuis plusieurs semaines nous nous
mobilisons contre les mesures de plus en plus
dures d'un gouvernement qui a décidé de
détruire l'enseignement public. Les 11 200
postes de professeurs supprimés l'année
prochaine préparent des attaques encore plus
profondes de l'école. On prévoit déjà la
saignée de 16 000 postes pour la rentrée
2009, avec l'objectif d'atteindre 80 000
suppressions d'ici 2012 !
La compagnie Sarkozy-Fillon-Darcos
orchestre véritablement la dégradation totale
de nos conditions d'étude, préparant la
privatisation de tout l'enseignement.
Parallèlement aux suppressions de postes qui
entraînent surcharge des classes et
fermetures de cours, le gouvernement
s'attelle à casser le Bac, premier diplôme
qualifiant, celui qui ouvre les portes de
l'Enseignement Supérieur.
Bac unique = Bac
individuel
L'annonce du Bac unique cimente le projet
dans son ensemble : l'atomisation du diplôme.
Le "socle commun de connaissances et de
compétences" introduit par la loi Fillon en
2005 devra servir de base ultra minimale aux
programmes scolaires. Tous les Bacs actuels
vont se fondre dans ce socle. Plus besoin
d'un Bac L, ni d'un Bac S ou ES (C'est ainsi
que Darcos a déclaré : "La voie générale
doit être réorganisée en vue de ces
objectifs -mener 80 % d’une classe
d’âge au niveau du baccalauréat -.
Je pense notamment à la réduction des
déséquilibres qui opposent les différentes
filières du baccalauréat, entre une filière
scientifique prestigieuse au lycée mais
insuffisante à faire émerger de réelles
vocations scientifiques, une filière
économique et sociale aux débouchés
incertains et une série littéraire en déclin
constant depuis dix ans, qui
n’accueille plus qu’un lycéen sur
dix"). Et à terme, plus besoin non plus
des Bacs professionnel et technologique. En
supprimant une année de formation au Bac-pro
(enterrant par la même occasion les diplômes
de BP), le gouvernement va faire de juteuses
économies et en profitera pour l'aligner sur
le régime de Bac unique.
Dorénavant notre Bac sera individualisé.
Son contenu ne sera plus défini par l'Etat et
donc sa valeur ne sera plus égale partout en
France. Le contenu du diplôme ne sera défini
que par le lycée qui nous le fournira (La
mise en valeur des options et des stages dans
le Bac unique aura la même conséquences que
le contrôle continu dont notre mobilisation a
empêcher l'application en 2005). La
suppression de la carte scolaire porte cette
logique à son aboutissement. Le Bac unique
devient l'officialisation de la concurrence
entre les établissements et la course entre
tous les élèves pour intégrer le meilleur
établissement. Agrémenté de stages, d'options
diverses selon le parcours qui sera choisi
pour le lycéen, ce Bac unique ne sera plus un
diplôme, mais un laissez-passer pour une
éventuelle université, ou directement pour
l'usine.
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Sélection et hypocrisie
budgétaire
"L'école va mal. On me demande des
postes: je réponds études surveillées,
nouveaux programmes, stages, revalorisation
du lycée professionnel." (X.Darcos, le
1er avril 2008). Répondez nous M. Darcos,
comment des heures de colle, un socle
minimaliste de connaissances, et des stages
en entreprises remplaceraient de vraies
heures de cours, données par des enseignants
qualifiés, sur la base d'un vrai programme
scolaire ?! Comment osez-vous appeler la mort
des BP et la suppression d'une année de
formation au Bac-pro, une revalorisation de
filière ?!
Vos mensonges ne peuvent cacher la
réalité. La suppression de la carte scolaire
aidera les familles qui en ont les moyens de
mettre leurs enfants dans des lycées
prestigieux. La majorité des élèves sera
dirigée directement vers des lycées de
seconde classe qui la formeront à accepter
n'importe quel travail, au salaire le plus
bas.
Privatisation des facs, casse du code du
travail et CPE pour tous, anéantissement du
système de retraite par solidarité... Avec
les mesures du gouvernement, c'est tout notre
avenir qui est condamné à la précarité et à
la misère. Sarkozy et Fillon ont-ils
seulement une bonne raison de sacrifier ainsi
la jeunesse ? L'unique refrain que nous
chante à tire larigot la chorale
ministérielle depuis plus d'un an c'est :
"les caisses de l'Etat sont vides."
Saignée pour
saignée
Les caisses de l'Etat sont vides? Alors
comment Sarkozy compte-il financer sa guerre
en Afghanistan!? A l'heure où les prévisions
de budget pour l'année 2009 tombent, nous
avons déjà fait les calculs. De l'argent il y
en a... pour la guerre, mais pas pour
l'école.
2300 soldats français interviennent déjà
en Afghanistan. Sarkozy a annoncé au sommet
de l'OTAN qu'il en enverrait 1000 militaires
de plus, dont 300 des forces spéciales. Si
l'on ajoute à ça la volonté d’envoyer
le porte-avion Ch. De Gaulle sur place, Cela
porterait à 5000 le nombre d'hommes payés
pour "à la fois éradiquer les talibans,
l'extrémisme, et en même temps, mener une
politique de développement" (H. Morin,
ministre de la Défense). C'est à dire pour
défendre l'impérialisme français et les
intérêts des entreprises qui investissent
déjà en Afghanistan !
La lutte prend de l'ampleur dans nos
lycées. Le GSI appelle les lycéens à unifier
ce mouvement autours de revendications
communes. Nous devons nous lier encore plus
profondément avec nos professeurs parce que
le gouvernement ne reculera que face à notre
unité et notre détermination. Nous nous
mobiliserons jusqu'au bout
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