Paris, le 15 avril
2008
Depuis plusieurs semaines, un nombre
croissant de lycéens lutte contre la
suppression de 11 200 postes de professeurs
prévue par le gouvernement pour la rentrée
prochaine. La manifestation du jeudi 10 avril
a réuni entre 70 000 et 80 000 manifestants,
dont 40 000 à Paris. Contrairement au message
que veut faire passer le gouvernement, comme
chaque fois que les jeunes manifestent, les
lycéens connaissent très bien les enjeux de
ces suppressions : il s'agit tout bonnement
de détruire le système éducatif
public. Les mensonges sur la
démographie et sur les finances de l'Etat ne
peuvent cacher la réalité : le gouvernement
applique les directives d'un patronat qui
demande expressément la privatisation de tous
les services publics et la casse du code
travail. Aujourd'hui, il porte un
coup décisif aux droits de la jeunesse et des
travailleurs en s'attaquant frontalement à
l'Enseignement Secondaire Public.
Alors que le ministre de l'Education
Nationale, X. Darcos fait mine d'ignorer les
revendications de la jeunesse, on ne
peut que saluer la détermination dont font
preuve les lycéens.
Nous pouvons gagner, nous pouvons
faire reculer le gouvernement et les
capitalistes par la lutte ! Les
ouvriers de l'usine Dacia (Renault) en
Roumanie se sont battus pendant plus de trois
semaines de grève. Ils demandaient une
augmentation de 60% de leur salaire afin de
faire face à l'inflation qui appauvrit les
travailleurs du pays depuis son intégration à
l'Union Européenne. Les menaces de
délocalisation de la direction de Renault
n'ont pas intimidé les grévistes. Ils ont
continué leur combat jusqu'à obtenir une
réelle augmentation de salaire (+28%).
Leur lutte intransigeante a forcé la
direction de l'entreprise à céder. C'est une
véritable victoire politique de la classe
ouvrière, une expérience exemplaire pour la
jeunesse et les travailleurs en lutte partout
en Europe !
En France, la jeunesse lycéenne est à
l'avant garde de la lutte. Il ne
s’est pas passé une année depuis 2002
sans que la jeunesse ne descende dans la rue
pour défendre ses droits. Cette
nouvelle génération est en train d'acquérir
une importante expérience : auto-organisation
en AG, manifestations, grèves, structurées
parfois par des piquets devant les
établissements, la jeunesse a su se
réapproprier les moyens de luttes du
mouvements ouvriers. Malheureusement le peu
de soutien que lui portent aujourd’hui
les organisations syndicales d'enseignants et
le relais quasi inexistant de la part
d'organisations soi-disant révolutionnaires
risquent d'isoler le mouvement. Par
leur intransigeance et leur détermination les
lycéens montrent la voie ! Il faut maintenant
approfondir la lutte en appelant
systématiquement les professeurs et les
parents d’élèves à se joindre au
mouvement : c'est dans l'unité que nous
pourrons faire reculer le gouvernement
!
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