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Déclaration publiée dans l'Internationaliste n°82

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Déclaration du GSI

En Europe et en France, Unifions les luttes contre les gouvernements au service des spéculateurs et des banquiers !

La crise « financière » est en réalité une crise économique d'ampleur mondiale. Tous les secteurs sont touchés, les banques et les assurances arrivant en tête. Ainsi, Citigroup - qui, fin 2007, était la septième banque au monde - vient de se voir attribuer une garantie de 200 milliards de dollars de la part de l'Etat fédéral US. Après avoir supprimé 23 000 emplois ces derniers mois, Citigroup annonce encore 50 000 nouveaux licenciements, soit en tout près d'un quart de ses effectifs licenciés sur un très court laps de temps.Cet exemple est emblématique de ce qui se passe dans tous les pays et dans tous les secteurs. Les plans de licenciements massifs, après avoir frappé les banques et les assurances, frappent désormais l'automobile, le bâtiment, les travaux publics, l'industrie et les transports. En effet, la récession s'étend dans le monde entier. Tous les pays de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique), sont touchés. Alors que la « zone euro » est en récession, il faut le culot monstrueux d'un gouvernement Sarkozy pour oser tabler, dans ce pays, sur une croissance de... 0,1% en 2009 !

Le Bureau international du travail prévoit 20 millions de chômeurs dans le monde en 2009

Dans toute l'Europe, des milliers de licenciements sont annoncés chaque jour : Unilever, 12 000 ; Hewlett-Packard, 9 300 ; Arcelor-Mittal, 9 000 ; BMW, 8 100 ; British Telecom (BT), 10 000 ; Alitalia et Air One, 10 000 ; et Skanska, Nokia, HSBC, le Crédit Suisse, etc., la liste s'allonge tous les jours. En Espagne, pour le seul secteur de l'automobile, 50 000 emplois seraient en danger en 2009. Le Bureau international du travail prévoit 20 millions de chômeurs supplémentaires dans le monde en 2009, soit en tout 210 millions !

Sarkozy nous avait prévenus : « on ne pourra pas éviter qu'il y ait des licenciements »...

En France, les plans de licenciements se succèdent : 6 000 suppressions d'emplois chez Renault, 3 550 chez PSA, 1 400 chez Arcelor Mittal... Le nombre de mises en chantier dans la construction résidentielle devrait tomber de 430 000 à environ 330 000… L'industrie poursuit sa chute : -14 200 postes sur le trimestre, -52 900 postes sur un an… La France a détruit plus d'emplois qu'elle n'en a créés au troisième trimestre 2008. La crise financière est bel et bien une crise économique et sociale aux conséquences concrètes et dramatiques pour des millions d'individus.

Dans toute l'Europe les luttes se multiplient

Partout dans le monde, la mobilisation s'est engagée, à des degrés divers. Sur tout le continent européen, des manifestations et des grèves se développent contre les fermetures d'usines, contre les licenciements, contre la remise en cause de la protection sociale, de la santé et de l'éducation.

En Italie, le 30 octobre, l'éducation publique a été secouée par un très important mouvement de grève, 90% des écoles du pays étaient fermées et 1 million de personnes ont défilé à Rome contre la suppression de 130 000 postes d'enseignants… Au Portugal, le 08 novembre, plus de 100 000 professeurs ont manifesté contre la politique du gouvernement Socrates en matière d'éducation… En Espagne, le 13 novembre, les manifestations contre le plan Bologne de privatisation de l'université, et contre la privatisation de la santé ont rassemblé au total plus de 40 000 personnes…

En France aussi les mobilisations se multiplient

Dans notre pays, les revendications pour les salaires et pour la défense de l'emploi sont au premier plan des grèves et, dans certaines entreprises, la pression des travailleurs est si forte que les directions syndicales se sont vues contraintes à mobiliser ensemble, dans l'unité. Les exemples ne manquent pas.

Le jeudi 20 novembre, la journée de mobilisation dans l'Education contre les réformes Sarkozy-Darcos (qui prévoient 85 000 suppressions de postes), a été réussie avec plus de 200 000 manifestants, une grève massivement suivie dans le primaire, et des manifestations dans toute la France… Le jeudi suivant, des milliers de chercheurs ont manifesté contre la réorganisation du CNRS, dénonçant la suppression de 900 postes et la diminution de 25% des places au concours d'entrée du CNRS ; environ 200 protestataires ont occupé le siège de l'Agence nationale de la recherche (ANR) à Paris, symbole de la précarité croissante des emplois dans la recherche.

Pour sa part, le service public de télévision était, lui, en grève et dans la rue le 25 novembre, pour protester contre le projet de loi sur l'audiovisuel public, examiné à l'Assemblée nationale. Il y avait 85 % de grévistes à France Télévisions selon les syndicats, 43 % selon la direction. « On veut rester indépendants » ont scandé, entre autres mots d’ordre, les 4 000 manifestants, qui n'ont pu approcher du Palais-Bourbon, défendu par une barrière de gendarmes…

Les salariés de l'ANPE se sont aussi massivement mobilisés, le lundi 1er décembre avec près 70% de grévistes, contre les conditions de mise en oeuvre de la fusion avec les ASSEDICS. Plus de 400 agences étaient fermées, sur un total de 1 000 points d'implantation (la naissance juridique de Pôle emploi, organisme issu du mariage entre l'ANPE et les Assedic, étant prévue pour le 1er janvier 2009).

Ce même lundi, les praticiens urgentistes des hôpitaux ont entamé une grève illimitée contre les suppressions de postes, et contre leurs conditions de travail qui se dégradent mois après mois.

Pour unifier les luttes et les revendications...

Face à la multiplication des plans sociaux, à la précarité des intérimaires et des CDD, au chômage technique, aux suppressions d'emplois dans la fonction publique ; face à la multiplication des luttes en ordre dispersé et aux violentes attaques des gouvernements européens, menées contre les travailleurs avec la complicité de la CES (Confédération Européenne des Syndicats), nous devons nous unir !

Le « diviser pour mieux régner » du gouvernement Sarkozy-Fillon a assez duré ! C'est pourquoi, nous devons imposer aux confédérations syndicales l'unité d'action jusqu'au bout, jusqu'à la défaite de ce gouvernement. Il en va de la survie de millions de travailleurs et de jeunes ! Les syndicats doivent être au service des travailleurs, leurs dirigeants doivent être nos représentants et non les « partenaires sociaux » du gouvernement et du MEDEF.

... Il faut s'organiser !

Aujourd'hui, en France, il n'existe pas de parti politique qui défende ouvertement, tout de suite, maintenant, une perspective révolutionnaire de rupture avec le système capitaliste, pour une société socialiste. Toutes les organisations qui se réclament de la classe ouvrière, de « gauche » ou d'« extrême gauche », refusent la rupture avec l'ordre institutionnel. Elles refusent d'ouvrir la voie de la grève générale. Elles refusent d’œuvrer à la mise en place de comités de grève, centralisés dans un comité national central de grève.

Elles ne font pas de la lutte contre les bureaucraties syndicales et politiques, pour la défense de l'indépendance de classe des syndicats, un axe politique essentiel. Aussi, et nous le savons par expérience, pour réaliser l'unité contre le gouvernement il nous faudra, comme lors de la mobilisation contre le CPE, nous battre contre la division orchestrée par les bureaucraties syndicales et politiques.

Assez des journées d'actions en ordre dispersé et sans lendemain, alors que nous avons un seul et même ennemi ! Vive l'unité des travailleurs ! Aujourd'hui, plus que jamais, ce qui fait défaut en France, c'est un parti révolutionnaire internationaliste pour le socialisme ! Ce qui fait défaut, c'est un parti qui défende jusqu'au bout les intérêts des travailleurs. Un parti qui défende un gouvernement ouvrier et paysan issu de la mobilisation révolutionnaire des travailleurs et des jeunes, issu de la rupture avec le capitalisme et ses institutions. C'est pourquoi nous appelons les travailleurs, les jeunes, les militants, à nous rejoindre pour construire la LIT-QI et sa section française.

Par ailleurs, pour tenter de répondre en partie à l'urgence de la situation, le GSI a commencé à constituer dans la jeunesse des Comités Anticapitalistes d'Action pour le Socialisme. Ces comités peuvent être un instrument pour l'action et l'organisation politique, pour aider à la mobilisation.

Pour le socialisme !

Tant que les capitalistes resteront aux commandes de l'économie, ils nous feront payer leur crise et reprendront ensuite leur course vers l'abîme, vers la barbarie qui déjà menace le monde. La solution pour éviter ce péril qui plane sur l'humanité, c'est de retirer tout pouvoir aux capitalistes. C'est pourquoi, il faut leur retirer la propriété des moyens de production et d'échange. Nous avons besoin d'un mode de production basé sur la socialisation des moyens de production à l'échelle du monde, un mode de production seul à même de satisfaire les besoins sociaux et vitaux de l'humanité.

Oui ! Le mode de production capitaliste a failli, il doit céder la place au socialisme.

Pour l'unité d'action, pour l'unification des luttes, pour la grève générale :
Mobilisation jusqu'au bout !

Pour un gouvernement des ouvriers et des paysans :
Dehors le gouvernement Sarkozy-Fillon !

Pour les Etats-Unis socialistes d'Europe :
Dehors les gouvernements européens au service des banquiers !

À bas l'Europe capitaliste de Maastricht-Amsterdam !

Le 2 décembre 2008

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