| La crise « financière » est en
réalité une crise économique d'ampleur
mondiale. Tous les secteurs sont touchés, les
banques et les assurances arrivant en tête.
Ainsi, Citigroup - qui, fin 2007, était la
septième banque au monde - vient de se voir
attribuer une garantie de 200 milliards de
dollars de la part de l'Etat fédéral US.
Après avoir supprimé 23 000 emplois ces
derniers mois, Citigroup annonce encore 50
000 nouveaux licenciements, soit en tout près
d'un quart de ses effectifs licenciés sur un
très court laps de temps.Cet exemple est
emblématique de ce qui se passe dans tous les
pays et dans tous les secteurs. Les plans de
licenciements massifs, après avoir frappé les
banques et les assurances, frappent désormais
l'automobile, le bâtiment, les travaux
publics, l'industrie et les transports. En
effet, la récession s'étend dans le monde
entier. Tous les pays de l'OCDE (Organisation
pour la coopération et le développement
économique), sont touchés. Alors que la «
zone euro » est en récession, il faut le
culot monstrueux d'un gouvernement Sarkozy
pour oser tabler, dans ce pays, sur une
croissance de... 0,1% en 2009 !
Le Bureau international du
travail prévoit 20 millions de chômeurs dans
le monde en 2009
Dans toute l'Europe, des milliers de
licenciements sont annoncés chaque jour :
Unilever, 12 000 ; Hewlett-Packard, 9 300 ;
Arcelor-Mittal, 9 000 ; BMW, 8 100 ; British
Telecom (BT), 10 000 ; Alitalia et Air One,
10 000 ; et Skanska, Nokia, HSBC, le Crédit
Suisse, etc., la liste s'allonge tous les
jours. En Espagne, pour le seul secteur de
l'automobile, 50 000 emplois seraient en
danger en 2009. Le Bureau international du
travail prévoit 20 millions de chômeurs
supplémentaires dans le monde en 2009, soit
en tout 210 millions !
Sarkozy nous avait
prévenus : « on ne pourra pas éviter qu'il y
ait des licenciements »...
En France, les plans de licenciements se
succèdent : 6 000 suppressions d'emplois chez
Renault, 3 550 chez PSA, 1 400 chez Arcelor
Mittal... Le nombre de mises en chantier dans
la construction résidentielle devrait tomber
de 430 000 à environ 330 000…
L'industrie poursuit sa chute : -14 200
postes sur le trimestre, -52 900 postes sur
un an… La France a détruit plus
d'emplois qu'elle n'en a créés au troisième
trimestre 2008. La crise financière est bel
et bien une crise économique et sociale aux
conséquences concrètes et dramatiques pour
des millions d'individus.
Dans toute l'Europe les
luttes se multiplient
Partout dans le monde, la mobilisation
s'est engagée, à des degrés divers. Sur tout
le continent européen, des manifestations et
des grèves se développent contre les
fermetures d'usines, contre les
licenciements, contre la remise en cause de
la protection sociale, de la santé et de
l'éducation.
En Italie, le 30 octobre, l'éducation
publique a été secouée par un très important
mouvement de grève, 90% des écoles du pays
étaient fermées et 1 million de personnes ont
défilé à Rome contre la suppression de 130
000 postes d'enseignants… Au Portugal,
le 08 novembre, plus de 100 000 professeurs
ont manifesté contre la politique du
gouvernement Socrates en matière
d'éducation… En Espagne, le 13
novembre, les manifestations contre le plan
Bologne de privatisation de l'université, et
contre la privatisation de la santé ont
rassemblé au total plus de 40 000
personnes…
En France aussi les
mobilisations se multiplient
Dans notre pays, les revendications pour
les salaires et pour la défense de l'emploi
sont au premier plan des grèves et, dans
certaines entreprises, la pression des
travailleurs est si forte que les directions
syndicales se sont vues contraintes à
mobiliser ensemble, dans l'unité. Les
exemples ne manquent pas.
Le jeudi 20 novembre, la journée de
mobilisation dans l'Education contre les
réformes Sarkozy-Darcos (qui prévoient 85 000
suppressions de postes), a été réussie avec
plus de 200 000 manifestants, une grève
massivement suivie dans le primaire, et des
manifestations dans toute la France…
Le jeudi suivant, des milliers de chercheurs
ont manifesté contre la réorganisation du
CNRS, dénonçant la suppression de 900 postes
et la diminution de 25% des places au
concours d'entrée du CNRS ; environ 200
protestataires ont occupé le siège de
l'Agence nationale de la recherche (ANR) à
Paris, symbole de la précarité croissante des
emplois dans la recherche.
Pour sa part, le service public de
télévision était, lui, en grève et dans la
rue le 25 novembre, pour protester contre le
projet de loi sur l'audiovisuel public,
examiné à l'Assemblée nationale. Il y avait
85 % de grévistes à France Télévisions selon
les syndicats, 43 % selon la direction. « On
veut rester indépendants » ont scandé, entre
autres mots d’ordre, les 4 000
manifestants, qui n'ont pu approcher du
Palais-Bourbon, défendu par une barrière de
gendarmes…
Les salariés de l'ANPE se sont aussi
massivement mobilisés, le lundi 1er décembre
avec près 70% de grévistes, contre les
conditions de mise en oeuvre de la fusion
avec les ASSEDICS. Plus de 400 agences
étaient fermées, sur un total de 1 000 points
d'implantation (la naissance juridique de
Pôle emploi, organisme issu du mariage entre
l'ANPE et les Assedic, étant prévue pour le
1er janvier 2009).
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Ce même lundi, les praticiens
urgentistes des hôpitaux ont entamé une grève
illimitée contre les suppressions de postes,
et contre leurs conditions de travail qui se
dégradent mois après mois.
Pour unifier les luttes et
les revendications...
Face à la multiplication des plans
sociaux, à la précarité des intérimaires et
des CDD, au chômage technique, aux
suppressions d'emplois dans la fonction
publique ; face à la multiplication des
luttes en ordre dispersé et aux violentes
attaques des gouvernements européens, menées
contre les travailleurs avec la complicité de
la CES (Confédération Européenne des
Syndicats), nous devons nous unir !
Le « diviser pour mieux régner » du
gouvernement Sarkozy-Fillon a assez duré !
C'est pourquoi, nous devons imposer aux
confédérations syndicales l'unité d'action
jusqu'au bout, jusqu'à la défaite de ce
gouvernement. Il en va de la survie de
millions de travailleurs et de jeunes ! Les
syndicats doivent être au service des
travailleurs, leurs dirigeants doivent être
nos représentants et non les « partenaires
sociaux » du gouvernement et du MEDEF.
... Il faut s'organiser
!
Aujourd'hui, en France, il n'existe pas de
parti politique qui défende ouvertement, tout
de suite, maintenant, une perspective
révolutionnaire de rupture avec le système
capitaliste, pour une société socialiste.
Toutes les organisations qui se réclament de
la classe ouvrière, de « gauche » ou d'«
extrême gauche », refusent la rupture avec
l'ordre institutionnel. Elles refusent
d'ouvrir la voie de la grève générale. Elles
refusent d’œuvrer à la mise en
place de comités de grève, centralisés dans
un comité national central de grève.
Elles ne font pas de la lutte contre les
bureaucraties syndicales et politiques, pour
la défense de l'indépendance de classe des
syndicats, un axe politique essentiel. Aussi,
et nous le savons par expérience, pour
réaliser l'unité contre le gouvernement il
nous faudra, comme lors de la mobilisation
contre le CPE, nous battre contre la division
orchestrée par les bureaucraties syndicales
et politiques.
Assez des journées d'actions en ordre
dispersé et sans lendemain, alors que nous
avons un seul et même ennemi ! Vive l'unité
des travailleurs ! Aujourd'hui, plus que
jamais, ce qui fait défaut en France, c'est
un parti révolutionnaire internationaliste
pour le socialisme ! Ce qui fait défaut,
c'est un parti qui défende jusqu'au bout les
intérêts des travailleurs. Un parti qui
défende un gouvernement ouvrier et paysan
issu de la mobilisation révolutionnaire des
travailleurs et des jeunes, issu de la
rupture avec le capitalisme et ses
institutions. C'est pourquoi nous appelons
les travailleurs, les jeunes, les militants,
à nous rejoindre pour construire la LIT-QI et
sa section française.
Par ailleurs, pour tenter de répondre en
partie à l'urgence de la situation, le GSI a
commencé à constituer dans la jeunesse des
Comités Anticapitalistes d'Action pour le
Socialisme. Ces comités peuvent être un
instrument pour l'action et l'organisation
politique, pour aider à la mobilisation.
Pour le socialisme
!
Tant que les capitalistes resteront aux
commandes de l'économie, ils nous feront
payer leur crise et reprendront ensuite leur
course vers l'abîme, vers la barbarie qui
déjà menace le monde. La solution pour éviter
ce péril qui plane sur l'humanité, c'est de
retirer tout pouvoir aux capitalistes. C'est
pourquoi, il faut leur retirer la propriété
des moyens de production et d'échange. Nous
avons besoin d'un mode de production basé sur
la socialisation des moyens de production à
l'échelle du monde, un mode de production
seul à même de satisfaire les besoins sociaux
et vitaux de l'humanité.
Oui ! Le mode de production capitaliste a
failli, il doit céder la place au
socialisme.
Pour l'unité
d'action, pour l'unification des luttes, pour
la grève générale :
Mobilisation jusqu'au bout !
Pour un gouvernement
des ouvriers et des paysans :
Dehors le gouvernement Sarkozy-Fillon !
Pour les Etats-Unis
socialistes d'Europe :
Dehors les gouvernements européens au service
des banquiers !
À bas l'Europe
capitaliste de Maastricht-Amsterdam !
Le 2 décembre
2008
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