| Le samedi 1 mars, le
gouvernement colombien d'Álvaro Uribe,
directement soutenu et orienté par les
Etats-Unis, a envahi l'Equateur dans une
opération militaire pour assassiner Raúl
Reyes, le numéro 2 du secrétariat des Forces
Révolutionnaires de la Colombie (FARC). Reyes
et 16 guérilleros ont été bombardés par
l'aviation colombienne lorsqu'ils dormaient.
Cette attaque a été suivie par une invasion
terrestre qui a finalement abouti à
l'assassinat des survivants.La Ligue
Internationale des Travailleurs - Quatrième
International (LIT-QI) condamne cette attaque
militaire et la violation de la souveraineté
de l'Equateur. L'impérialisme, par le biais
du gouvernement marionnette d'Uribe, prétend
instaurer la même pratique que celle d'Israël
contre les organisations palestiniennes dans
les territoires occupés et contre le
Hezbollah au Liban, c'est-à-dire le « droit »
de les attaquer en tout lieu, en violant
totalement la souveraineté des pays de la
région. En Amérique du Sud, l'impérialisme
cherche quelque chose de ce genre : le Plan
Colombie et le Plan Patriote sont des
tentatives de mettre en échec la guérilla des
FARC et de transformer le pays en une
forteresse yankee dans la région, financée
avec des milliards de dollars d'aide
militaire et prête à intervenir dans les
autres pays.
Il faut une mobilisation unitaire des
masses, qui unifie les travailleurs et les
secteurs populaires, pour mettre fin à cette
agression militaire de l'impérialisme et de
ses agents dans le continent. La LIT-QI
appelle toutes les organisations ouvrières,
paysannes, estudiantines et populaires du
continent à exiger des gouvernements des pays
latino-américains de rejeter l'attaque du
gouvernement colombien contre l'Equateur et
de rompre les relations politiques et
diplomatiques avec le gouvernement
marionnette d'Álvaro Uribe.
La LIT-QI n'est pas pour une guerre entre
des pays exploités par l'impérialisme.
Toutefois, dans ce cas, il y a une agression
militaire d'un gouvernement agent de
l'impérialisme contre un pays (l'Equateur) et
la menace contre un autre (le Venezuela).
Uribe est seulement le bras de Bush. Dans le
cas où cette attaque se transformerait en
guerre - alternative qui, pour le moment,
n'est pas la plus probable - nous
n’hésiterions pas un instant à appeler
à la défense de l'Equateur et du Venezuela
contre l'agression militaire de
l'impérialisme et de ses acolytes.
En ce moment, la défense de l'Equateur et
du Venezuela exige plus que des discours et
des déclarations de condamnation. Il faut des
mesures anti-impérialistes effectives de la
part des gouvernements de Hugo Chavez et de
Rafaël Correa. La première mesure est que le
gouvernement Correa exige que l'impérialisme
américain évacue immédiatement la Base de
Manta, qui a participé, selon des
dénonciations, à la logistique de l'opération
militaire pour tuer Reyes.
La seconde est l'expropriation, sans
indemnisation et avec contrôle ouvrier, des
multinationales pétrolières qui continuent,
en association avec les entreprises étatiques
de ces pays, à exploiter les hydrocarbures au
Venezuela et en Equateur. On ne peut pas
envisager la préparation pour la défense
militaire du Venezuela et de l'Equateur
contre l'agression de l'armée colombienne -
armée, conseillée et orientée par
l'impérialisme - si les entreprises de
l'ennemi agissent avec une liberté totale
pour exploiter la classe ouvrière du
Venezuela et de l'Equateur et pour défendre
les intérêts impérialistes. D'autre part, il
est fondamental de cesser de payer la dette
externe qui draine les ressources de ces deux
pays et dont le paiement est utilisé par
l'impérialisme pour financer son appui au
gouvernement d'Uribe et à l'armée marionnette
de la Colombie.
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Finalement, pour qu'il y ait
une véritable unité des travailleurs et des
peuples vénézuélien et équatorien contre les
agressions du gouvernement d'Uribe et de
l'impérialisme, il est fondamental d'exiger
que les gouvernements du Venezuela et de
l'Equateur s'occupent des revendications
justes de la classe ouvrière, tels que la
hausse des salaires en lien avec
l'augmentation du coût de la vie, la liberté
et l'autonomie syndicale, et la fin de la
persécution politique à l’égard des
dirigeants syndicaux et autres activistes et
militants sociaux.
D'autre part, la LIT-QI se solidarise avec
les FARC pour la mort d'un de ses dirigeants.
Nous défendons les guérillas contre les
agressions de l'impérialisme et des Etats
bourgeois. Cette position de principes
n'implique pas notre accord, ni avec la
stratégie ni avec les méthodes des FARC. Dans
son programme, cette organisation défend un
gouvernement d'unité nationale qui inclut la
bourgeoisie et des secteurs de la droite en
Colombie. Elle défend une réforme de l'Etat
et de la démocratie bourgeoise, et non une
révolution socialiste. Les FARC cherchent à
remplacer la mobilisation des masses, de la
classe ouvrière et du paysannat, par la lutte
militaire d'une armée populaire contre
l'armée bourgeoise. D'autre part, nous sommes
totalement en désaccord avec la méthode de
mener des actions militaires et des
kidnappings de manière totalement séparée du
mouvement de masses et en marge de celui-ci,
ce qui mène souvent à choquer le sentiment
des travailleurs et des secteurs populaires.
Tout ceci se résume en un programme et une
stratégie réformistes accompagnés d'une
tactique de guérilla, c'est-à-dire un
réformisme armé.
La LIT-QI n'est pas d'accord avec ces
positions des FARC. Nous répudions toutefois
l'attaque du gouvernement d'Uribe et de
l'impérialisme contre cette organisation,
nous manifestons notre solidarité avec elle
et nous appelons toutes les organisations du
mouvement de masses à exiger des
gouvernements latino-américains, en
commençant par ceux de Chávez et de Correa,
qu'ils reconnaissent les FARC comme force
belligérante.
De même, la LIT-QI dénonce le rôle
dictatorial et assassin du gouvernement
d'Uribe : il encourage l'action des
paramilitaires, des trafiquants de
stupéfiants, des multinationales et de
l'armée, qui ont massacré des paysans, des
étudiants, des travailleurs et des dirigeants
syndicaux, avec le solde de 40 mille «
disparus » et l'expulsion de 4 millions de
paysans de leurs terres, sous prétexte de
combattre la guérilla. La LIT-QI se
solidarise avec la résistance du peuple
colombien contre la barbarie militaire et les
crimes de l'Etat. Il faut une véritable
campagne démocratique contre l'impunité de
ces crimes, et pour le châtiment de ses
auteurs qui continuent à agir de façon
organisée. Il s'agit de deux aspects
fondamentaux de la même lutte : contre les
crimes du gouvernement d'Uribe en Colombie et
contre ses agissements comme agent de
l'impérialisme dans la zone.
Dans ce sens, nous appelons toutes les
organisations ouvrières, populaires et
démocratiques d’Amérique latine et du
monde entier à se joindre aux mobilisations
qui auront lieu dans différents pays, le 6
mars, en hommage aux victimes des
paramilitaires et des crimes de l'Etat en
Colombie, en protestant ainsi contre ces
faits et contre l'agression militaire du
gouvernement d'Uribe envers le peuple de
l'Equateur.
Le
4 mars 2008
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