| Ces dernières semaines, la
Colombie a fait la une des principaux médias
de la planète. Dépassant le cadre de
l'information routinière sur le conflit armé
et le trafic de drogue, cette fois-ci
l'attention s'est centrée sur les conditions
de détention dramatiques de centaines de
personnes séquestrées, sur la libération de
certaines d'entre elles et sur la très
importante manifestation politique du 4
février contre les FARC, qui sont
responsables de ces rétentions. Cette
manifestation a constitué, dans les faits, un
soutien de masse à la politique de guerre
contre l'insurrection militaire, appelée
Sécurité Démocratique et menée par le
président Alvaro Uribe Velez.
Uribe, représentant des secteurs les plus
ultra-réactionnaires de la bourgeoisie
colombienne, compte sur l'appui ferme du
gouvernement de G. W. Bush. De plus, le
gouvernement Uribe est complice des
organisations paramilitaires, qui, lors des
deux dernières décennies, sous prétexte de
combattre l'insurrection armée, ont été
responsables de la mort et de la disparition
de milliers de personnes, ainsi que du
déplacement forcé de près de quatre millions
de paysans pauvres, avec l'objectif de
s'approprier leurs terres.
L'action barbare menée par les
paramilitaires a été soutenue par l'armée
régulière colombienne, par des
transnationales telle que la Chiquita Brands,
par des chefs d'entreprise, par des
propriétaires terriens, par des
fonctionnaires gouvernementaux et par les
dirigeants des principaux partis politiques
de la bourgeoisie. Cette alliance,
lorsqu'elle a été dénoncée par l'opposition
au gouvernement, a donné lieu au dénommé
scandale de la “para-politique”.
Ce scandale a entraîné des arrestations et
des enquêtes judiciaires de près de cinquante
parlementaires, qui constituent la base
politique du gouvernement Uribe.
Le 6 mars prochain, à l'initiative du
Mouvement des Victimes des Crimes d'Etat
(Movice) – qui regroupe la population
touchée par ce génocide et les organisations
politiques et sociales poursuivies par le
régime –, une autre manifestation est
appelée. Cette fois-ci, il s'agit de
condamner la tentative du gouvernement Uribe
de garantir l'impunité pour les crimes
exécutés par les paramilitaires et les agents
de l'Etat, au bénéfice de la bourgeoisie et
de l'impérialisme
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Le gouvernement Uribe a voulu
stigmatiser la manifestation du 6 mars en
affirmant “qu'elle avait été appelée
par les FARC”, en réponse à la
manifestation réactionnaire du 4 février. Le
Movice a condamné cette déclaration et a
réaffirmé le caractère démocratique de la
manifestation, dont l'objectif est d'exiger
“la vérité, la justice et la réparation
intégrale” pour les victimes de la
barbarie paramilitaire et de l'Etat. En même
temps le Movice s'est désolidarisé
politiquement des actions militaires de
l'insurrection armée. La manifestation du 6
mars est également l'occasion d'inaugurer la
4e Rencontre Nationale des Victimes des
Crimes d'Etat. Les organisateurs de cette
rencontre espèrent réunir plus de 2000
délégués venus de tout le pays, et espèrent
que cela puisse être le lieu pour discuter
d'un plan d'action et de mobilisation pour
obliger le gouvernement à punir les
responsables des génocides, ceux qui les ont
financés et pour accorder des réparations aux
victimes.
La mobilisation démocratique du peuple
colombien cherche à empêcher que les cas
récents d'impunité perpétrés par les régimes
autoritaires et dictatoriaux en Amérique
Latine ne se répètent. C'est la raison pour
laquelle nous devons soutenir la
manifestation du 6 mars à échelle
internationale. Les socialistes
révolutionnaires du Parti Socialiste des
Travailleurs de Colombie, font partie du
Movice et sont impliqués dans cette tâche. En
tant que membres de la Ligue Internationale
des Travailleurs, nous invitons tous nos
partis à réaliser des actions de protestation
dans les pays où nous sommes présents, devant
les ambassades colombiennes, en appelant les
gouvernements respectifs à isoler
politiquement le gouvernement autoritaire de
Alvaro Uribe Velez ainsi que son protecteur,
l'impérialisme US. C'est pourquoi nous
invitons à diffuser l'appel du Movice à la
manifestation, que nous reproduisons
ci-dessous.
Secrétariat International de
la LIT
4 mars 2008
Lire le texte de l'appel du
Mouvement National des Victimes des Crimes
d'Etat
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