Logo Quatrième Internationale
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Retour aux déclaration et communiqués 2008

Document publié dans Courrier International n°144

Pseudo puce Retour au dossier sur la crise capitaliste

Version imprimable Imprimer
Déclaration de la LIT-QI sur la crise de l'économie mondiale

Le capitalisme entraîne le monde dans l'abîme.

Seulement une Révolution Socialiste peut sauver l'humanité.

On se souviendra de l'année 2008 comme étant celle de la manifestation d'une des plus grandes crises de l'histoire du système capitaliste. Ce qui paraissait être une crise cyclique comme tant d'autres, est apparue dans ses véritables proportions. Depuis le 15 septembre, avec la chute de la banque Lehman Brothers, la panique s'est installée sur les marchés capitalistes du monde entier. Quelques-unes des plus grandes banques des Etats-Unis et d'Europe sont entrées en concordat,(1) ont chuté ou sont entrées en faillite dissimulée. L'offre de crédit est gelée de manière généralisée. Ni les institutions financières ni les capitalistes individuels ne veulent prêter d'argent. Le manque de crédit menace de paralyser l'économie américaine à un tel point que la FED (la banque centrale des Etats-Unis) prête de l'argent directement pour que les entreprises puissent fonctionner, ce qui est totalement hors de ses attributions. Les gouvernements des principaux pays impérialistes sont intervenus, en injectant plus de mille milliards de dollars dans les banques et dans l'économie. Ceci n'a pas arrêté la crise. Jour après jour, on assiste aux plus importantes chutes boursières, depuis de nombreuses décennies. Pour la seule première semaine d'octobre, les bourses du monde entier ont accusé des pertes globales de 6 200 milliards de dollars dans la valeur des actions. Les actions des plus grandes entreprises du monde « s'évaporent », comme celles de General Motors et Exxon, considérées traditionnellement comme solides. Voilà ce qu'est devenue, sans exagération, la situation actuelle de l'économie mondiale.

Le « paquet » qui vient d'être approuvé, le 12 octobre, par huit pays européens (paquet qui destine plus de 2 000 milliards de dollars à l'aide des banques) et des mesures semblables des gouvernements des Etats-Unis (700 milliards de dollars, uniquement pour le « plan Paulson »), de l'Australie et des pays du Moyen Orient - une intervention étatique sans précédent dans le système financier mondial - ne parviendront pas à inverser la crise ni à empêcher la récession. Cela pourrait peut-être calmer les marchés pour quelques jours, mais les effets globaux de cette opération gigantesque sur les budgets, les dettes publiques et les taux d'inflation des pays concernés, peuvent produire des répercussions encore plus négatives dans le futur.

La crise de l'économie capitaliste est une réalité qui se trouve aujourd'hui au centre de tous les événements mondiaux. D'autre part, il s'agit d'un processus qui en est à peine à ses débuts et qui va affecter, dans une mesure plus ou moins grande, tous les pays. Il n'y a pas de doute que les répercussions les plus graves retomberont sur les travailleurs et les pauvres du monde entier.

Le système financier des Etats-Unis et de l'Europe est en pleine faillite. La banque Lehman est tombée, Merril Lynch a été incorporée à la Bank of America, Bearn Stearns a été reprise par Morgan Stanley, Wachovia est passé à Wells Fargo et Goldman Sachs a mis en vente son paquet d'actions. Fannie Mae et Freddie Mac, les deux plus grandes entreprises de la branche hypothécaire des Etats-Unis, sont tombées et ont été nationalisées par le gouvernement américain. La compagnie d'assurances AIG (la plus grande des Etats-Unis et du monde) est tombée, elle aussi. Washington Mutual, la plus grande banque du secteur immobilier des Etats-Unis, a connu le même sort.

Cette violente centralisation de capitaux dans le système financier s'est étendue à l'échelle internationale : HBOS d'Angleterre a été acquise par Lloyds, et Santander (Espagne) a absorbé les succursales de Bradford and Bingley. Les gouvernements européens ont été obligés d'intervenir pour sauver la Banque Fortis (la plus grande de Belgique), HBOS et Bradford-Bingley (les deux d'Angleterre), et Hypos Real Estate (principale banque de financement immobilier d'Allemagne).

Le gouvernement d'Angleterre a étatisé partiellement les banques les plus importantes du pays, en injectant 50 milliards de livres dans ces institutions en échange d'une partie des actions. C'était une « étatisation » pour sauver les banquiers, parce que l'Etat recapitalise leurs entreprises mais permet qu'ils continuent à être les propriétaires des banques. Le gouvernement des Etats-Unis et d'autres gouvernements de pays impérialistes suivront peut-être cet exemple.

Il y a eu une énorme « combustion » de capital fictif dans cette courte période : des titres chargés de crédits « pourris », des hypothèques insolvables, des actions survalorisés, etc. Mais il y a eu aussi des pertes de capital réel, touchant principalement les fonds de pension et de petits investisseurs qui ont mis leurs économies dans des titres ou des actions.

Il y a déjà une récession dans les pays capitalistes impérialistes, en commençant par les Etats-Unis, une récession qui s'étend au monde entier. La France compte déjà avec deux trimestres de suite de croissance négative. Le Japon a subi une chute de 2% du PIB au second trimestre de cette année. Il y a déjà une récession en Italie, en Angleterre et en Espagne. Il y a aussi une récession dans certains des pays plus faibles d'Europe, comme l'Islande et l'Irlande. Il y a eu une chute des ventes d'automobiles aux Etats-Unis, avec une moyenne de 30% en septembre. General Electric, une des plus grandes entreprises du monde, a connu une chute de 12% de ses ventes et cherche du financement.

On ne peut pas encore prévoir si cette récession va durer à peine deux ou trois ans ou si elle va inaugurer une longue période de dépression, semblable à celle qui a suivi la crise de 1929. Ce n'est pas par hasard que la plupart des économistes bourgeois ou des dirigeants politiques mentionnent la crise de 1929. Ils le font pour nier que le monde est sur le point d'entrer dans une période semblable, ou bien pour souligner les similitudes entre les deux processus et, ainsi, tirer la sonnette d'alarme sur le risque que la crise puisse évoluer vers une situation semblable ou pire. La crise de 1929 est un fantôme qui fait peur à la bourgeoisie mondiale parce qu'elle sait que cela signifierait une période prolongée de déclin du capitalisme lui-même, avec des conséquences politiques énormes.

De toute manière, il s'agit déjà, au moins, de la plus grande crise de l'économie mondiale depuis 1929. Il y aura certainement des pays plus touchés et d'autres moins, mais aucun pays n'échappera aux effets de la récession installée dans les pays impérialistes.

En outre, cette crise économique a une particularité qui fait qu'elle dépasse les précédentes, qu'elle est plus généralisée et dévastatrice que celles des années 90 : son épicentre se trouve aux Etats-Unis, la plus grande économie du monde et le cœur de l'impérialisme. Ceci fait que la crise est porteuse d'un potentiel maximum d'extension et d'approfondissement. Les pays les plus fragiles et dépendants n'ont aucune possibilité d'échapper à ses effets.


(1) Le terme de « concordat » est employé ici pour désigner des procédures, variables selon les pays, destinées à empêcher, ou seulement à retarder, la mise en faillite d'une entreprise.

SuiteFin

Haut Début