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Communiqué du GSI

Les travailleurs de Guadeloupe
montrent la voie !

Vive la grève générale en Guadeloupe
contre les profiteurs de la crise !

Fin 2008, face à un mouvement contre les hausses du prix du carburant parti de Guyane qui s'était propagé à la Guadeloupe et à la Réunion, le Ministre des colonies, Y. Jego, s'en est sorti par une pirouette. Les compagnies pétrolières s'en sont alors tirées à bon compte, les subventions étant allées directement gonfler leurs profits... Cependant aucun problème n'a été réglé, les revendications des travailleurs n'ont pas été satisfaites. C'est l'amorce d'une nouvelle explosion, plus forte encore, en Guadeloupe.

Tout ce qui est nécessaire à la Guadeloupe est importé, ou peu s'en faut. Tout vient de la « métropole » ou bien tout y transite. Les industries et l'agriculture locales sont sans cesse malmenées par les décisions de l'Union européenne qui privilégie les marchandages internationaux sans se soucier des conséquences pour les travailleurs. Le sucre et la banane sont l'illustration de cette politique au compte des capitalistes. Ceux-ci encaissent les subventions, profitent de la défiscalisation de leurs « investissements » dans les « DOM », puis, quand ils se sont bien rempli les poches, ils s'en vont là où les salaires sont encore plus bas, en République dominicaine, par exemple.

La réalité coloniale de la Guadeloupe est au centre des revendications qui touchent à la propriété des terres agricoles, au poids économique des vieilles familles de colons. Il faut ajouter que de nombreux emplois qualifiés ou des postes de maîtrise et d'encadrement, tant dans les administrations que dans les entreprises privées sont occupés par des « métropolitains ».

En Guadeloupe, en 2007, le chômage s'élevait à près de 23% selon la norme du Bureau international du travail. Chiffre très sous évalué donc... La hausse des carburants et des produits de première nécessité ont donc provoqué une forte tension sociale fin 2008, cette première mobilisation débouchant sur la constitution d'un collectif qui a appelé à une journée de grève générale contre la vie chère le 20 janvier 2009.

L'appel à la grève générale le 20 janvier à la Guadeloupe autour du «Liyannaj kont pwofitasyon » (« Comité contre l’exploitation outrancière ») réunissant une cinquantaine de syndicats, partis et associations a été très majoritairement suivi. Plus de 3 000 manifestants ont parcouru les rues de Pointe-à-Pitre, faisant le tour des entreprises pour faire débrayer les travailleurs et demandant aux commerçants de baisser leur rideau aux cris de « grève générale ». La plate-forme rédigée montre l'ampleur des problèmes auxquels les travailleurs de Guadeloupe sont confrontés. Le Comité demande en premier lieu “la baisse des prix de tous les produits de première nécessité, des impôts et taxes [et] la baisse immédiate de 50 centimes par litre du prix des carburants ”. Il exige aussi le gel des loyers et une augmentation salariale générale de 200 euros.

Localisation de la Guadeloupe

Le 21, c'était 5 000 manifestants qui se retrouvaient dans les rues de Pointe-à-Pitre. L'aéroport « pôle Caraïbes » à été bloqué, un des deux ponts sur la rivière salée entre la Grande terre et la Basse terre a été coupé. Des piquets mobiles ont été mis en place autour de Jarry, la principale zone d'activité de l'île centrée sur le port.

Le samedi 24, ce sont 10 000 personnes qui ont manifesté en scandant : « La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo : yo péké fè sa yo vlé an péyi an-nou » (La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas : ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays). Le droit des guadeloupéens à disposer d'eux-mêmes est donc en train de venir au premier plan, englobant les revendications. Le 23, le Comité avait quitté les négociations à la Préfecture face aux tentatives de l'Etat de diviser le mouvement. L'Etat colonial est donc tenu en échec.

Comme de mars à mai 1967, ils avaient montré la voie vers mai 68, les travailleurs de Guadeloupe montrent la voie de la mobilisation unitaire pour faire plier le gouvernement, ils montrent la voie de la grève générale, ils montrent le voie vers la libération des dernières colonies de l'impérialisme français.

Paris, le 25 janvier 2009

A tous, les travailleurs de Guadeloupe montrent la voie !

Le 29 janvier, tous en grève, tous dans la rue !

Grève générale pour faire plier le gouvernement !

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