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Document publié dans l'Internationaliste n°89

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Communiqué du Groupe Socialiste Internationaliste

Pour la reconstruction de la Ligue Internationale des travailleurs – Quatrième Internationale

Iran : la révolution reprend son cours.

En 1979, la mobilisation révolutionnaire des peuples d'Iran à mis fin à une monarchie brutale entièrement inféodé à l'impérialisme. Il sied aujourd'hui très mal au prétendant au trône de Perse de se faire passer pour un grand démocrate quand on sait ce qu'ont dû endurer les travailleurs, les paysans et la jeunesse d'Iran de la période qui va du renversement du gouvernement de Mossadegh, en 1953, à la chute de la dynastie des Pahlavi, un quart de siècle plus tard.

En 1979, face à l'explosion révolutionnaire, l'impérialisme a misé sur le secteur politique dominé par Rouhollah Khomeini qui est rentré de son exil à Neauphle le Château, près de Paris, descendant la passerelle de l'avion, à Téhéran, au bras d'un commandant de bord d'Air France...

En l'absence d'un parti révolutionnaire, le parti de Khomeini est parvenu a se saisir de l'ensemble des leviers du pouvoir et a instauré une république islamique, un régime bourgeois très réactionnaire, persécutant les militants ouvriers, la jeunesse et les femmes.

Dans un premier temps cependant, le régime des Ayatollah a dû accepter de faire des concessions sur le plan social et composer avec les sentiments anti-impérialistes des peuples d'Iran. Khomeini a peiné à contenir la révolution qui a renversé le Shah. Aussi, il a dû faire face à l'agression de l'Irak de S. Hussein commandité par l'impérialisme dont le but était d'écraser la révolution dans le sang. La guerre Iran-Irak a fait plus d'un million de morts, l'Irak ayant reçu un soutien direct des impérialistes étatsunien et français notamment.

Aujourd'hui, la crise du système capitaliste avec lequel la semi-colonie de la « république islamique » n'a bien entendu jamais rompu, frappe aussi l'Iran. Le régime d'Ahmadinejad est ainsi contraint de chercher à reprendre les concessions lâchées dans les années 1980. Les grèves se sont multipliées ces dernières années, toujours férocement réprimées par le régime, de même que les mobilisations de la jeunesses à l'exemple de celles de 1999.

Les nuages qui s'accumulaient au dessus du régime depuis des années ont fini par éclater et les masses se sont engouffrées dans la brèche qu'ont constituée les élections. L'annonce du résultat à été la goutte qui a fait déborder le vase.

En effet, l'élection du 12 juin 2009 a vu la « victoire » d'Ahmadinejad, reconduit à plus de 64% des voix, le grand perdant étant Mir Hossein Moussavi, ancien Premier ministre sous la présidence de Khamenei, de 1981 à 1989. Ce résultat a provoqué une mobilisation telle que l'Iran n'en avait pas connu depuis 1979. La répression s'est rapidement abattue sur les manifestants qui, le jour, défilent dans les rues et, le soir, se rassemblent sur les toits pour scander « Dieu est grand, mort au dictateur », un slogan qui est à lui seul un révélateur des contradictions à l'oeuvre dans ce mouvement.

Après la sanglante réaction du régime, samedi 20 juin, qui aurait fait 17 morts à Téhéran, des dissensions sont apparues publiquement entre les responsables des différentes factions au pouvoir comme celles de Khatami ou Rafsandjani.

Ainsi, sous la pression d'un mouvement populaire qu'il ne parvient pas à calmer, le conservateur Moussavi, présenté par les impérialistes comme un grand démocrate, en est arrivé à s'opposer à Ali Khamenei, le « guide suprême », une sorte de « bonaparte » juché au sommet du régime théocratique dont il est sensé être l'arbitre.

Vendredi 19, « l'arbitre » s'est rangé au côté d'Ahmadinejad et à déclaré en substance que si les manifestations continuaient, Moussavi porterait la responsabilité des conséquences. Mis au pied du mur après la sanglante journée du 20, Moussavi s'en est pris directement à Khamenei. Il l'a accusé, sans le nommer, de menacer le caractère républicain de la république islamique, de viser l'imposition d'un nouveau système politique et l'a rendu personnellement responsable de la répression.

Dès lundi 22 juin, les manifestations se sont multipliées ainsi que les grèves et quelle que soit l'issue de la mobilisation en cours, on peut dire que le régime, l'Etat, sont atteints jusque dans leurs sommets. Au delà de ce qu'est Moussavi, un politicien bourgeois et réactionnaire qui a le soutien des impérialistes, l'explosion populaire l'a d'ores-et-déjà contraint à aller beaucoup plus loin qu'il ne le voulait. Il est bien le leader malgré lui de la contestation iranienne. En l'absence d'un parti révolutionnaire, les travailleurs, les paysans, la jeunesse et les femmes d'Iran se sont saisis de l'instrument qu'ils avaient sous la main pour crier leur rejet du régime.

En s'en prenant à Khamenei, Moussavi a « franchi le Rubicon ». En Iran, rien ne sera plus comme avant. Cette première poussée des masses a mis à nu l'extrême fragilité du régime issu de la contre-révolution islamique de Khomenei, suite au renversement du Shah. Ahmadinejad et Khamenei vont tout faire pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, mais l'avenir du régime est désormais plus qu'incertain. La révolution reprend son cours, posant une nouvelle fois, avec une acuité renforcée, la nécessité d'un parti ouvrier révolutionnaire pour le socialisme.

Le Secrétariat du GSI

Paris, le 22 juin 2009

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