| Depuis plusieurs mois, les
travailleurs de Nouvelle-Calédonie sont
mobilisés contre l'arbitraire capitaliste et
colonial. Suite à un licenciement abusif à la
compagnie aérienne locale, Aircal, en mars
dernier, les affrontements se sont multipliés
sur fond d'une politique de pourrissement, de
division et de répression impulsée par les
autorités coloniales. Depuis deux mois, le
Président du syndicat USTKE, Gérard Jodar,
est incarcéré. Fin juin, il a été condamné à
un an de prison ferme.
C'est dans ce contexte que le « sommet
France-Océanie » s'est réuni à Nouméa, le 31
juillet, dans une ville quadrillée par les
gardes mobiles, envahie par les gaz
lacrymogènes. N. Sarkozy s'est décommandé,
tout comme F. Fillon, montrant aux chefs de
gouvernement des états voisins en quel
considération ils sont tenus par
l'impérialisme français. B. Kouchner,
ministre des affaires étrangères, était
présent, flanqué de Marie-Luce Penchard,
secrétaire d'état chargée de l'outre-mer.
Tant Kouchner que Penchard, rejouant le
refrain du « respect de l'état de droit »
comme préalable à tout contact, ont refusé de
rencontrer les dirigeants de l'USTKE. La
signature d'un accord, le 6 août, mettant fin
au conflit à Aircal, après plusieurs jours
d'affrontements violents entre les
travailleurs mobilisés par leur syndicat,
l'USTKE, et les forces de répressions, ne
clôt pas la question centrale de la
répression et de la criminalisation de
l'action syndicale.
En Kanaky, chaque conflit syndical mène
automatiquement à des poursuites contre les
militants de l'USTKE. Que ce soit au port de
Nouméa, à Carsud ou Aircal, etc. Ces
poursuites et ces condamnations inacceptables
sont autant d'instruments de pression contre
les luttes légitimes des travailleurs de
Nouvelle Calédonie.
C'est une politique délibérée de l'état
colonial, de ses représentants et alliés sur
place. C'est une politique au service du
maintien des privilèges de la bourgeoisie
locale et des intérêts des multinationales
minières présentes en Nouvelle-Calédonie qui
encaissent les profits faramineux de la
production de nickel (troisième producteur
mondial, un quart des réserves).
Ces pressions sont également la marque
d'un état colonial agressif, méprisant et
arrogant qui ambitionne de mettre les Kanaks
en minorité, qui cherche à attiser les
divisions parmi eux, qui tente d'opposer les
Mélanésiens, les Polynésiens et les
populations originaire de plusieurs pays
d'Asie. Un état colonial qui n'a de cesse de
susciter des affrontements politiques entre
les secteurs indépendantistes plus ou moins
radicaux.
Ainsi, un « groupe de soutien » au
Haut-Commissaire vient d’être mis en
place. Une pétition scandaleuse circule
également, exigeant la démission de G. Jodar
de la présidence de l'USTKE. Ceci démontre la
détermination de la bourgeoisie coloniale à
semer la confusion chez les travailleurs en
Kanaky, à en discréditer les modes
d’action. Cette campagne constitue une
intolérable ingérence de l’appareil
d’Etat au sein de l’USTKE.
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Après les poursuites, les
condamnations, la répression policière,
soutenue par la bourgeoisie locale et par la
petite bourgeoisie caldoche et «
métropolitaine », l'Etat colonial cherche
maintenant le moyen de démanteler les
fondements mêmes de l’auto-organisation
des travailleurs kanaks en lutte et envisage
même de dicter au syndicat le choix de ses
dirigeants !
En multipliant les provocations, en jouant
à fond sur la répression, l'Etat colonial et
son représentant sur place, le
Haut-Commissaire, Y. Dassonville, ainsi que
le Président du gouvernement territorial, P.
Gomès, veulent s'assurer que le résultat du
référendum d'autodétermination, prévu entre
2014 et 2018, sera conforme à leurs attentes,
conformes aux intérêts qu'ils défendent. La
promulgation, le 6 août également, des lois
organisant les transferts de compétences et
l'avenir institutionnel de la
Nouvelle-Calédonie va dans ce sens.
Les travailleurs, les militants ouvriers,
la jeunesse de « métropole » doivent appuyer
inconditionnellement les revendications des
travailleurs de Nouvelle-Calédonie et
soutenir le droit du peuple Kanak dépossédé à
disposer de son avenir, débarrassé de
l'oppression coloniale.
Ce combat passe par l'arrêt de la
répression, l'arrêt des poursuites, la
libération des militants
emprisonnés. La violence,
illégitime, est du côté des capitalistes qui
exploitent, licencient, jettent chaque jour
des milliers dans la misère, les poussent
vers la déchéance et même la mort. Et l'on
ose menacer de poursuites les travailleurs
pour avoir jeté des oeufs sur leur patron !
Et l'on jette en prison des syndicalistes qui
défendent des revendications légitimes,
elles, des travailleurs qui luttent pour la
suivie face à la rapacité des exploiteurs qui
ont, eux, « l'état de droit » et sa police à
leurs côtés.
Il est de la responsabilité de toutes les
organisations syndicales de soutenir les
militants de l'USTKE réprimés, tout comme il
est de leur responsabilité de
soutenir les travailleurs en lutte
quels que soient leurs moyens d'action
collective.
Le GSI appellent à signer massivement
l'adresse aux confédérations syndicales
pour une campagne nationale, unitaire
et inconditionnelle de soutien aux
travailleurs et aux militants en butte à la
répression, en France et dans ses
dernières colonies.
Non à la criminalisation de l'action
syndicale !
Arrêt de la répression, arrêt des
poursuites, libération immédiate des
militants de l'USTKE emprisonnés !
Respect du droit du peuple Kanak à
disposer de lui-même !
Paris,
le 7 août 2009
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