Logo Quatrième Internationale
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Pseudo puce Retour aux déclarations et communiqués 2009
Nouvelle-Calédonie (Kanaky) :
Halte à la répression, libération immédiate de tous les syndicalistes emprisonnés !

Communiqué du Groupe Socialiste Internationaliste, Pour la reconstruction de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale

Depuis plusieurs mois, les travailleurs de Nouvelle-Calédonie sont mobilisés contre l'arbitraire capitaliste et colonial. Suite à un licenciement abusif à la compagnie aérienne locale, Aircal, en mars dernier, les affrontements se sont multipliés sur fond d'une politique de pourrissement, de division et de répression impulsée par les autorités coloniales. Depuis deux mois, le Président du syndicat USTKE, Gérard Jodar, est incarcéré. Fin juin, il a été condamné à un an de prison ferme.

C'est dans ce contexte que le « sommet France-Océanie » s'est réuni à Nouméa, le 31 juillet, dans une ville quadrillée par les gardes mobiles, envahie par les gaz lacrymogènes. N. Sarkozy s'est décommandé, tout comme F. Fillon, montrant aux chefs de gouvernement des états voisins en quel considération ils sont tenus par l'impérialisme français. B. Kouchner, ministre des affaires étrangères, était présent, flanqué de Marie-Luce Penchard, secrétaire d'état chargée de l'outre-mer.

Tant Kouchner que Penchard, rejouant le refrain du « respect de l'état de droit » comme préalable à tout contact, ont refusé de rencontrer les dirigeants de l'USTKE. La signature d'un accord, le 6 août, mettant fin au conflit à Aircal, après plusieurs jours d'affrontements violents entre les travailleurs mobilisés par leur syndicat, l'USTKE, et les forces de répressions, ne clôt pas la question centrale de la répression et de la criminalisation de l'action syndicale.

En Kanaky, chaque conflit syndical mène automatiquement à des poursuites contre les militants de l'USTKE. Que ce soit au port de Nouméa, à Carsud ou Aircal, etc. Ces poursuites et ces condamnations inacceptables sont autant d'instruments de pression contre les luttes légitimes des travailleurs de Nouvelle Calédonie.

C'est une politique délibérée de l'état colonial, de ses représentants et alliés sur place. C'est une politique au service du maintien des privilèges de la bourgeoisie locale et des intérêts des multinationales minières présentes en Nouvelle-Calédonie qui encaissent les profits faramineux de la production de nickel (troisième producteur mondial, un quart des réserves).

Ces pressions sont également la marque d'un état colonial agressif, méprisant et arrogant qui ambitionne de mettre les Kanaks en minorité, qui cherche à attiser les divisions parmi eux, qui tente d'opposer les Mélanésiens, les Polynésiens et les populations originaire de plusieurs pays d'Asie. Un état colonial qui n'a de cesse de susciter des affrontements politiques entre les secteurs indépendantistes plus ou moins radicaux.

Ainsi, un « groupe de soutien » au Haut-Commissaire vient d’être mis en place. Une pétition scandaleuse circule également, exigeant la démission de G. Jodar de la présidence de l'USTKE. Ceci démontre la détermination de la bourgeoisie coloniale à semer la confusion chez les travailleurs en Kanaky, à en discréditer les modes d’action. Cette campagne constitue une intolérable ingérence de l’appareil d’Etat au sein de l’USTKE.

Après les poursuites, les condamnations, la répression policière, soutenue par la bourgeoisie locale et par la petite bourgeoisie caldoche et « métropolitaine », l'Etat colonial cherche maintenant le moyen de démanteler les fondements mêmes de l’auto-organisation des travailleurs kanaks en lutte et envisage même de dicter au syndicat le choix de ses dirigeants !

En multipliant les provocations, en jouant à fond sur la répression, l'Etat colonial et son représentant sur place, le Haut-Commissaire, Y. Dassonville, ainsi que le Président du gouvernement territorial, P. Gomès, veulent s'assurer que le résultat du référendum d'autodétermination, prévu entre 2014 et 2018, sera conforme à leurs attentes, conformes aux intérêts qu'ils défendent. La promulgation, le 6 août également, des lois organisant les transferts de compétences et l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie va dans ce sens.

Les travailleurs, les militants ouvriers, la jeunesse de « métropole » doivent appuyer inconditionnellement les revendications des travailleurs de Nouvelle-Calédonie et soutenir le droit du peuple Kanak dépossédé à disposer de son avenir, débarrassé de l'oppression coloniale.

Ce combat passe par l'arrêt de la répression, l'arrêt des poursuites, la libération des militants emprisonnés. La violence, illégitime, est du côté des capitalistes qui exploitent, licencient, jettent chaque jour des milliers dans la misère, les poussent vers la déchéance et même la mort. Et l'on ose menacer de poursuites les travailleurs pour avoir jeté des oeufs sur leur patron ! Et l'on jette en prison des syndicalistes qui défendent des revendications légitimes, elles, des travailleurs qui luttent pour la suivie face à la rapacité des exploiteurs qui ont, eux, « l'état de droit » et sa police à leurs côtés.

Il est de la responsabilité de toutes les organisations syndicales de soutenir les militants de l'USTKE réprimés, tout comme il est de leur responsabilité de soutenir les travailleurs en lutte quels que soient leurs moyens d'action collective.

Le GSI appellent à signer massivement l'adresse aux confédérations syndicales pour une campagne nationale, unitaire et inconditionnelle de soutien aux travailleurs et aux militants en butte à la répression, en France et dans ses dernières colonies.

Non à la criminalisation de l'action syndicale !

Arrêt de la répression, arrêt des poursuites, libération immédiate des militants de l'USTKE emprisonnés !

Respect du droit du peuple Kanak à disposer de lui-même !

Paris, le 7 août 2009

Haut Début