Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant et Archives Léon Trotsky
Document publié dans l'Internationaliste n°87

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Déclaration du Groupe Socialiste Internationaliste, section française de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (LIT-QI)

Aucune sanction, aucune poursuite, aucune condamnation pour les travailleurs qui luttent !

Ce n'est pas à nous de payer la crise des capitalistes !

Depuis des mois, la crise du système capitaliste frappe des millions d'entre nous, travailleurs, qui de par le monde sommes jetés au chômage. Dans ce pays, chaque mois, les licenciements se comptent par dizaines de milliers. Qu'ils soient réellement provoqués par la crise ou que les patrons se cachent derrière cet alibi pour mener des restructurations brutales, ces licenciements sont inacceptables.

Pendant des années, sous prétexte de « réalisme économique » et pour les besoins de leur concurrence, patrons, actionnaires et capitalistes ont exigé de nous tous les efforts : travailler toujours plus pour gagner toujours moins, supporter les brimades, se plier au chantage des fermetures d'usines et des délocalisations, sacrifier notre vie de famille.

Les capitalistes nous ont imposé la flexibilité, la remise en cause de nos acquis sociaux, le démantèlement de notre protection sociale, la privatisation des services publics. Ils cherchent toujours à faire de notre santé et de l'instruction de nos enfants la source de profits encore plus juteux. Ils ont empoché des profits considérables, mais pour eux, cela ne suffisait pas. Ils ont utilisé les richesses que nous avons produites pour spéculer. Ils nous ont plongés dans les dettes. Ils ont cherché à tirer des profits encore plus grands de nos malheurs avec leurs bataillons d'avocats, de notaires, d'huissiers et leurs officines de recouvrement.

Les capitalistes ont multiplié toutes les acrobaties financières possibles. Et ce, le plus souvent en toute légalité puisque les gouvernements à leurs ordres, à leur botte, ont fait des lois permettant aux capitalistes d'échapper, dans tous les cas, aux conséquences de leurs actes. Avec cynisme, les spéculateurs appellent cela « pile, je gagne ; face, tu perds ». Leur seule règle : « privatiser les profits, socialiser les pertes ». Ils ont pris des risques avec le produit de notre travail, ils ont perdu, provoquant la pire crise depuis celle de 1929.

Ayant perdu des milliers de milliards de dollars, les capitalistes exigent maintenant que nous remboursions, à la fois, nos dettes et leurs pertes ! Quel culot monstrueux ! Les capitalistes ont mené l'économie mondiale à la catastrophe, ont mené des pays au bord de la faillite, mais ils continuent à diriger les entreprises, et ils en sont toujours les actionnaires, les propriétaires.

Subventions pour les patrons, répression pour les grévistes ?

Dans chaque pays nous assistons au même scandale moral, social et politique : les gouvernements déversent des centaines, des milliers de milliards de dollars, ou d'euros, d'argent public dans les caisses d'entreprises privées. Les patrons et les actionnaires font ce qu'ils veulent de cet argent, ils n'ont de compte à rendre qu'à eux-mêmes, les gouvernements ne leur demandant que des promesses, des « engagements de bonne conduite », des « chartes de déontologie » faites pour amuser la galerie.

Les patrons sont « incités » à faire bon usage de l'argent public qu'ils ont pris l'habitude de dilapider pour le plus grand profit des actionnaires et, bien entendu, en fidèles larbins du capitalisme, ils se servent au passage de confortables bonus, des parachutes dorés ou de grasses retraites de luxe. Là aussi, bien entendu, cet avocat d'affaires qui est à la tête du pays, N. Sarkozy, leur fait la leçon, leur adresse des remontrances et exige d'eux des engagements et des promesses. Lesquelles promesses « n'engagent que ceux à qui elles sont faites », selon la formule de Ch. Pasqua, parrain en politique de N. Sarkozy. Ils doivent bien rigoler, ceux qui ont financé son élection... Même s’ils sont aussi inquiets.

Ainsi, la brutalité et la haine de classe des capitalistes n'a pas de limites. Là où les travailleurs rechignent à se soumettre et se révoltent contre la tyrannie capitaliste, là où les travailleurs qui n'ont plus rien à perdre combattent pour conserver leur dignité, ils sont traînés en justice ! Sarkozy et Fillon, complices des capitalistes, menacent les travailleurs de toutes les rigueurs de « l'Etat de droit » et de leur justice de classe. Sarkozy et Fillon osent menacer et poursuivent les travailleurs qui refusent de payer la crise des capitalistes.

Défendre les grévistes sanctionnés et poursuivis est un devoir pour tous

Il est grand temps pour les directions des organisations syndicales de rompre avec les pratiques de « dialogue social » qui entravent l'action des travailleurs et des organisations syndicales. Il faut travailler à unifier les luttes à l'échelle du pays, du continent, du monde, comme le préconisent les métallurgistes du Brésil (voir au verso de ce tract). Aujourd'hui, la responsabilité de toutes les organisations syndicales, à tous les niveaux, c'est d'organiser la solidarité de l'ensemble de la classe ouvrière contre l'arbitraire gouvernemental et patronal par une campagne massive pour :

Aucune sanction, aucune poursuite, aucune condamnation pour les travailleurs qui luttent !

Paris, 1er mai 2009

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