De novembre à janvier, nous,
lycéens de la France entière, nous sommes
mobilisés contre la réforme des lycées menée
par Xavier Darcos, ministre de l'éducation
nationale. Cette mobilisation massive a fait
reculer le gouvernement. Mais bien que nous
ayons gagné cette « bataille », Sarkozy et
ses ministres continuent leurs
contre-réformes, tant dans les universités
que dans les lycées. Les dernières annonces
de réformes éducatives confirment que le
gouvernement a pour objectif de tirer un
trait sur notre école publique, laïque et
gratuite.
Des stages à la place des
cours
Le 8 avril, Sarkozy, accompagné de Darcos,
est intervenu dans le lycée Samuel de
Champlain à Chennevières sur Marne (Val de
Marne) et a déclaré vouloir un rapprochement
lycées-entreprises estimant que «
l’établissement d’une
relation entre le milieu scolaire et le
milieu professionnel serait un progrès
considérable et permettrait aux jeunes de
connaître l’entreprise avant
d’entrer dans le monde du travail
». Ce projet intéresse doublement les
capitalistes. D'une part, cela leur permet
d’investir et de spéculer dans les
lycées et, d'autre part, cette mesure leur
offre une main-d’œuvre stagiaire
gratuite et corvéable à merci. Les
patrons, exonérés du salaire direct ou
indirect (ce qu'ils appellent leurs « charges
») préfèreront donc les stagiaires, les
apprentis et les intérimaires sous-payés aux
salariés, et continueront ainsi de précariser
la jeunesse.
Mais que
gagneront les lycéens au terme de ces
différents stages? Rien ! D'autant plus que
les lycéens connaissent déjà bien le monde du
travail : selon un sondage CSA de novembre
2006 (1), sur
479 lycéens interrogés, 28% ont déjà exercé
une activité salariée, 18% ont déjà
exercé ou exercent une activité salariée
durant la période scolaire, 6%
exerçaient une activité salariée durant
l'enquête, en sachant que pour la moitié des
lycéens répondant travailler, cette activité
est non-déclarée. 20% des lycéens
déclarant travailler le font pour vivre
! La misère du capitalisme n'épargne
pas la jeunesse. En tant que futurs
travailleurs, nous devons lutter tous
ensemble pour défendre nos droits et nos
acquis sociaux. Et nous devons nous battre
avec les travailleurs pour l'interdiction des
licenciements.
L'Etat ne finance plus,
les entreprises sponsorisent !
Depuis 2007, avec la LRU, les entreprises
privées investissent directement dans les
universités. Cela leur donne le droit de
sélectionner les étudiants en fonction de
leurs besoins et de définir le contenu des
enseignements. Un mouvement identique se
profile pour l'enseignement secondaire, lui
aussi victime du désengagement financier de
l'État et de l'inégalité des financements
régionaux. Comme pour les universités,
les lycées se trouvent en situation
de pénurie budgétaire et, dès lors,
l'ouverture aux capitaux privés apparaît
comme une bouée de sauvetage pour certains
chefs d'établissements.
De multiples
partenariats entreprises/lycées sont ainsi
envisageables : sponsorisation des écoles
comme aux Etats-Unis, ou achat de matériel
contenant des publicités ou des exercices «
orientés »…, comme additionner des
hamburgers ! Ainsi, 800 professeurs
d'EPS ont participé en 2004 à l'opération «
Garde ton corps à l'esprit »
sponsorisée par Coca-Cola, soi-disant pour
inciter les jeunes à l'exercice physique en
leur offrant des podomètres où ils
mesurent les calories perdues (2).
Confession et
sélection
Le patronat n'est pas le seul à profiter
de l'ouverture du « marché éducatif ».
L'Eglise a elle aussi les faveurs de Sarkozy.
Depuis un décret du 19 avril dernier,
les diplômes du Vatican sont reconnus par
l'Etat Français. Quelques jours plus tard, le
ministère autorisait les centres catholiques
de formation d’enseignants à délivrer
des masters reconnus par l’Etat
! La remise en cause de la laïcité
est un aspect fondamental de la
privatisation. La religion doit rester une
affaire privée : elle ne concerne ni l'Etat,
ni l'école. Le gouvernement qui, en 2006,
finançait déjà à hauteur de 11 milliards
d'euros les écoles privées et
confessionnelles, n'a pas à livrer la
jeunesse à l'archaïsme des dogmes et des
rituels sacrés ! Nous réclamons que
les fonds publics aillent à l'école publique
à hauteur des besoins et que le gouvernement
cesse de financer l'enseignement privé et
confessionnel !
Après la
destruction de la carte scolaire qui
permettait une égalité d'accès à l'école, le
gouvernement met officiellement nos lycées en
concurrence : le site de l'éducation
nationale communique un classement des lycées
selon leur pourcentage de bacheliers (3). Les familles
cherchent légitimement à inscrire leurs
enfants dans des lycées plus réputés. Ces
lycées ont donc plus de demandes
d'inscription qu'ils n'ont de places. Le
proviseur choisit alors, en dernier recours,
qui peut s'inscrire ou non dans son
établissement. La concurrence entre
les lycées devient synonyme de sélection
arbitraire. Ca suffit ! Nous voulons une
école qui permette à tous d'accéder à une
qualification, nous voulons une éducation
publique, laïque, gratuite pour tous et
ouvrant des vraies perspectives d'avenir
!
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Pour un vrai parti
révolutionnaire de la jeunesse !
Depuis 2005, chaque fois que les lycéens
se sont mobilisés, ils ont imposé au
gouvernement de reculer. Alors que nous
étions nombreux au mois de janvier dernier,
déterminés à nous battre jusqu'au bout,
pourquoi les « syndicats » lycéens n'ont-ils
pas aidé à construire une vraie coordination
nationale lycéenne qui aurait permis
d'étendre et d'unifier notre mouvement ?
Pourquoi les lycéens du NPA et des JC
n'ont-ils pas appuyé et relayé les nombreux
appels à l'unité avec les étudiants et les
ouvriers, discutés dans nos AG ? Avaient-ils
peur de ne plus pouvoir contrôler notre
mobilisation ? Ou bien préparaient-ils déjà
les élections européennes ?
Après le 29 janvier, le 19 mars et
le 1er mai, nous en avons assez des journées
d'action à répétition ! Il faut être aux
côtés des étudiants et des travailleurs en
lutte pour aider à la construction de la
grève générale illimitée !
Force est de constater que la jeunesse
manque cruellement d'une organisation
politique pour construire ses mobilisations
et proposer une alternative au capitalisme.
C'est pourquoi nous appelons tous les
lycéens qui veulent réellement se
battre contre la casse de l'éducation
publique imposée par le capitalisme à
rejoindre le GSI. Nous appelons tous
les lycéens qui veulent en finir avec le
système d'exploitation et de misère
capitaliste à s'organiser avec nous pour
construire un vrai parti révolutionnaire de
la jeunesse socialiste et internationaliste
!
Organisons-nous pour construire un parti
socialiste et internationaliste de la
jeunesse qui défendra nos revendications :
Pour un enseignement public, laïque et
gratuit pour tous de la maternelle à
l'université !
Financements publics de l'école à hauteur
des besoins
Restitution de tous les postes supprimés
!
Défense inconditionnelle de la laïcité :
Fonds publics exclusivement à l'école
publique !
Non à la reconnaissance des diplômes
religieux !
Les entreprises hors des nos lycées !
La place d’un lycéen est au lycée :
Non aux stages lycéens !
Non à la concurrence ! Non à la sélection
!
Unité des lycéens avec la jeunesse
étudiante et les travailleurs en lutte !
Le 2
mai 2009
(1) http://www.unl-fr.org/
(2) http://ecolesdifferentes.free.fr/
(3) http://www.education.gouv.fr/
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