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Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
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Document publié dans l'Internationaliste n°87

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Déclaration des lycéens du Groupe Socialiste Internationaliste

Section française de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale

Organisons-nous pour la défense de l’école publique !

De novembre à janvier, nous, lycéens de la France entière, nous sommes mobilisés contre la réforme des lycées menée par Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale. Cette mobilisation massive a fait reculer le gouvernement. Mais bien que nous ayons gagné cette « bataille », Sarkozy et ses ministres continuent leurs contre-réformes, tant dans les universités que dans les lycées. Les dernières annonces de réformes éducatives confirment que le gouvernement a pour objectif de tirer un trait sur notre école publique, laïque et gratuite.

Des stages à la place des cours

Le 8 avril, Sarkozy, accompagné de Darcos, est intervenu dans le lycée Samuel de Champlain à Chennevières sur Marne (Val de Marne) et a déclaré vouloir un rapprochement lycées-entreprises estimant que « l’établissement d’une relation entre le milieu scolaire et le milieu professionnel serait un progrès considérable et permettrait aux jeunes de connaître l’entreprise avant d’entrer dans le monde du travail ». Ce projet intéresse doublement les capitalistes. D'une part, cela leur permet d’investir et de spéculer dans les lycées et, d'autre part, cette mesure leur offre une main-d’œuvre stagiaire gratuite et corvéable à merci. Les patrons, exonérés du salaire direct ou indirect (ce qu'ils appellent leurs « charges ») préfèreront donc les stagiaires, les apprentis et les intérimaires sous-payés aux salariés, et continueront ainsi de précariser la jeunesse.

Mais que gagneront les lycéens au terme de ces différents stages? Rien ! D'autant plus que les lycéens connaissent déjà bien le monde du travail : selon un sondage CSA de novembre 2006 (1), sur 479 lycéens interrogés, 28% ont déjà exercé une activité salariée, 18% ont déjà exercé ou exercent une activité salariée durant la période scolaire, 6% exerçaient une activité salariée durant l'enquête, en sachant que pour la moitié des lycéens répondant travailler, cette activité est non-déclarée. 20% des lycéens déclarant travailler le font pour vivre ! La misère du capitalisme n'épargne pas la jeunesse. En tant que futurs travailleurs, nous devons lutter tous ensemble pour défendre nos droits et nos acquis sociaux. Et nous devons nous battre avec les travailleurs pour l'interdiction des licenciements.

L'Etat ne finance plus, les entreprises sponsorisent !

Depuis 2007, avec la LRU, les entreprises privées investissent directement dans les universités. Cela leur donne le droit de sélectionner les étudiants en fonction de leurs besoins et de définir le contenu des enseignements. Un mouvement identique se profile pour l'enseignement secondaire, lui aussi victime du désengagement financier de l'État et de l'inégalité des financements régionaux. Comme pour les universités, les lycées se trouvent en situation de pénurie budgétaire et, dès lors, l'ouverture aux capitaux privés apparaît comme une bouée de sauvetage pour certains chefs d'établissements.

De multiples partenariats entreprises/lycées sont ainsi envisageables : sponsorisation des écoles comme aux Etats-Unis, ou achat de matériel contenant des publicités ou des exercices « orientés »…, comme additionner des hamburgers ! Ainsi, 800 professeurs d'EPS ont participé en 2004 à l'opération « Garde ton corps à l'esprit » sponsorisée par Coca-Cola, soi-disant pour inciter les jeunes à l'exercice physique en leur offrant des podomètres où ils mesurent les calories perdues (2).

Confession et sélection

Le patronat n'est pas le seul à profiter de l'ouverture du « marché éducatif ». L'Eglise a elle aussi les faveurs de Sarkozy. Depuis un décret du 19 avril dernier, les diplômes du Vatican sont reconnus par l'Etat Français. Quelques jours plus tard, le ministère autorisait les centres catholiques de formation d’enseignants à délivrer des masters reconnus par l’Etat ! La remise en cause de la laïcité est un aspect fondamental de la privatisation. La religion doit rester une affaire privée : elle ne concerne ni l'Etat, ni l'école. Le gouvernement qui, en 2006, finançait déjà à hauteur de 11 milliards d'euros les écoles privées et confessionnelles, n'a pas à livrer la jeunesse à l'archaïsme des dogmes et des rituels sacrés ! Nous réclamons que les fonds publics aillent à l'école publique à hauteur des besoins et que le gouvernement cesse de financer l'enseignement privé et confessionnel !

Après la destruction de la carte scolaire qui permettait une égalité d'accès à l'école, le gouvernement met officiellement nos lycées en concurrence : le site de l'éducation nationale communique un classement des lycées selon leur pourcentage de bacheliers (3). Les familles cherchent légitimement à inscrire leurs enfants dans des lycées plus réputés. Ces lycées ont donc plus de demandes d'inscription qu'ils n'ont de places. Le proviseur choisit alors, en dernier recours, qui peut s'inscrire ou non dans son établissement. La concurrence entre les lycées devient synonyme de sélection arbitraire. Ca suffit ! Nous voulons une école qui permette à tous d'accéder à une qualification, nous voulons une éducation publique, laïque, gratuite pour tous et ouvrant des vraies perspectives d'avenir !

Pour un vrai parti révolutionnaire de la jeunesse !

Depuis 2005, chaque fois que les lycéens se sont mobilisés, ils ont imposé au gouvernement de reculer. Alors que nous étions nombreux au mois de janvier dernier, déterminés à nous battre jusqu'au bout, pourquoi les « syndicats » lycéens n'ont-ils pas aidé à construire une vraie coordination nationale lycéenne qui aurait permis d'étendre et d'unifier notre mouvement ? Pourquoi les lycéens du NPA et des JC n'ont-ils pas appuyé et relayé les nombreux appels à l'unité avec les étudiants et les ouvriers, discutés dans nos AG ? Avaient-ils peur de ne plus pouvoir contrôler notre mobilisation ? Ou bien préparaient-ils déjà les élections européennes ?

Après le 29 janvier, le 19 mars et le 1er mai, nous en avons assez des journées d'action à répétition ! Il faut être aux côtés des étudiants et des travailleurs en lutte pour aider à la construction de la grève générale illimitée !

Force est de constater que la jeunesse manque cruellement d'une organisation politique pour construire ses mobilisations et proposer une alternative au capitalisme. C'est pourquoi nous appelons tous les lycéens qui veulent réellement se battre contre la casse de l'éducation publique imposée par le capitalisme à rejoindre le GSI. Nous appelons tous les lycéens qui veulent en finir avec le système d'exploitation et de misère capitaliste à s'organiser avec nous pour construire un vrai parti révolutionnaire de la jeunesse socialiste et internationaliste !

Organisons-nous pour construire un parti socialiste et internationaliste de la jeunesse qui défendra nos revendications :

Pour un enseignement public, laïque et gratuit pour tous de la maternelle à l'université !

Financements publics de l'école à hauteur des besoins

Restitution de tous les postes supprimés !

Défense inconditionnelle de la laïcité : Fonds publics exclusivement à l'école publique !

Non à la reconnaissance des diplômes religieux !

Les entreprises hors des nos lycées !

La place d’un lycéen est au lycée : Non aux stages lycéens !

Non à la concurrence ! Non à la sélection !

Unité des lycéens avec la jeunesse étudiante et les travailleurs en lutte !

Le 2 mai 2009


(1) http://www.unl-fr.org/

(2) http://ecolesdifferentes.free.fr/

(3) http://www.education.gouv.fr/

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