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Déclaration du Groupe Socialiste Internationaliste – section française de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale

Réfugiés et sans-papiers : les rafles et les expulsions doivent cesser !

Suite à la destruction du camp de réfugiés de Calais et l'expulsion des travailleurs qui occupaient le trottoir de la bourse du travail, il faut l'unité de toute la classe ouvrière pour exiger que cesse les rafles, les expulsions et l'exploitation des sans-papiers !
Le mardi 22 septembre, Eric Besson envoie policiers et CRS démanteler le camp de réfugiés situé près du port de Calais. Ce village de fortune, appelé la « jungle », est ensuite passé sous les bulldozers afin qu'il ne reste rien des abris de ces familles immigrantes qui cherchaient à atteindre l'Angleterre. 276 personnes ont été arrêtées dont 125 mineurs. Ils ont été disséminés dans divers centres de rétention présents sur le territoire français en attente de jugement. Les mineurs, qui ne peuvent être expulsés, ont été séparés de leur famille et placés en centres d'hébergement.

Le camp de Sangatte, ouvert en 1999 fermait en novembre 2002. Le gouvernement de la « gauche plurielle » avait ouvert ce camp afin de canaliser les travailleurs réfugiés, de les empêcher de demander asile et de s'installer en France, et de les orienter vers l'Angleterre. Cette dernière, qui ne fait pas parti de l'Espace de Schengen, décida en 2002 de fermer ses frontières pour des raisons électorales. Suite à une rencontre avec son homologue britannique, N. Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, décidait de fermer Sangatte.

L'espace de Schengen vise à créer une Europe qui accueille une main-d'œuvre étrangère qualifiée et peu coûteuse. La masse des travailleurs qui fuient la misère ou la guerre pour trouver du travail dans les pays impérialistes est systématiquement réprimée afin de baisser le coût de sa force de travail et permettre aux capitalistes de la réduire à un quasi esclavagisme.

Jeudi 24 septembre, E. Besson prévenait qu'il « il y aura des retours forcés pour les personnes ne relevant ni du droit d'asile, ni du retour volontaire », selon la volonté de Sarkozy. Or, pour ce gouvernement qui prête main forte à l'impérialisme américain dans la guerre qu'il mène en Afghanistan (près de 3 000 soldats français sont actuellement sur place au titre de l'OTAN), les travailleurs réfugiés Afghans n'ont pas le droit d'asile et sont condamnés à rentrer au pays, à se résoudre à se faire exploiter en cachette en France ou à contacter au plus vite des passeurs qui leur feront traverser la Manche. La plupart des travailleurs raflés ont été libérés et cherchent aujourd'hui à rejoindre à nouveau le nord de la France.

Mercredi 23 septembre, le CSP-75, à l'origine de l'occupation de la bourse du travail du 3ème arrondissement, inaugurait son « ministère de la Régularisation de Tous les Sans-Papier » situé dans les locaux du CPAM dans le 18ème. Le même jour, les troupes d'Aliot Marie délogeait 50 travailleurs sans-papiers qui avaient maintenu leur occupation du trottoir suite à la brutale intervention du service d'ordre de la CGT dans la bourse du travail en juin dernier. Qui a dénoncé cette expulsion ? Pourquoi les organisations qui soutiennent « ministère de la Régularisation » ne sont elles pas intervenues ?

Au cœur de la crise économique, les travailleurs immigrés voient leur répression augmenter autant que leur exploitation ! Quelles perspectives politiques sont données aux sans-papiers ? Rien n'est mis en place par les organisations de la classe ouvrière pour aider à l'unité de toute la classe, pour rompre enfin l'isolement effroyable dont sont victimes les travailleurs immigrés dans leurs luttes. La division et l'absence de réponse politique livre quotidiennement ces travailleurs aux quotas du gouvernement et à l'exploitation des capitalistes. Pourtant, la division et l'absence de réponse politique sont les seules perspectives apportées par les bureaucraties syndicales, elles-mêmes couvertes par l'ensemble des partis d'extrême gauche !

Le Groupe Socialiste Internationaliste condamne la destruction de « la jungle » de Calais comme il condamne le délogement des sans-papiers du trottoir de la bourse du travail. Nous réclamons la libération de tous les travailleurs raflés lors de ces interventions. Parce qu'il est inhumain de laisser des travailleurs réfugiés vivre dans une « jungle », comme des bêtes, à la merci des passeurs mafieux, survivre grâce à la charité de la population locale, nous exigeons qu'il leur soit accordé le droit d'asile, que l'Etat leur fournisse un logement sain pour eux et leur famille, et qu'ils aient le droit de travailler en France.

Nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas obtenir du gouvernement actuel, qui a constitué un ministère « spécial » de l'Identité Nationale pour réprimer et effrayer les travailleurs immigrés, la satisfaction de nos revendications. L'arrêt des rafles et la fermeture des camps de rétentions, comme la régularisation de tous les travailleurs sans-papier ne seront imposés que par un gouvernement issu de la mobilisation unitaire de toute la classe ouvrière et de la population. Un gouvernement qui doit rompre avec le capitalisme, rompre avec l'Union Européenne et l'espace de Schengen pour appuyer la perspective des Etats-Unis Socialistes d'Europe, qui est la seule union européenne possible pour tous les travailleurs.

Paris, le 28 septembre 2009

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