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Honduras
Ni la répression, ni les négociations n’ont stoppé la résistance !

Allons plus loin dans la lutte
contre le Coup d'Etat !

Déclaration de la Ligue Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale

Le peuple hondurien continue de résister au Coup d’Etat. Après les gigantesques manifestations de la fin de semaine dernière, pendant lesquelles le gouvernement putchiste de Micheletti a brutalement réprimé les masses (causant la mort de deux militants : Isy Obed Murillo et Gabriel Fino) et bien que Manuel Zelaya n’a pas pu revenir au Honduras, le mouvement qui a commencé il y a déjà 13 jours n’a pas fléchit, ce qui démontre une inébranlable volonté d’en finir avec ce Coup d’Etat orchestré par un puissant front contre-révolutionnaire de toute la bourgeoisie, des Forces Armées, de l’Eglise, du Parlement, de la Cour Suprême, des médias (qui organisent dorénavant un blocus médiatique). Malgré cela, la résistance est toujours aussi forte. Hier a eu lieu une journée de paralysie partielle des principales routes du pays dans le cadre du blocage civique national appelé par le FNR. Il y a eu des piquets massifs dans les principales villes de la région nord du pays (Cortes, Santa Barbara, Atlantida, Colon, Lloro), dans la région centrale (Comayagua et Tegucigalpa) et à Olancho. Les camarades de la Red Comal (un réseau de micro entrepreneurs paysans et citadins pauvres) ainsi que les camarades du COPIN (organisation indigène) ont marché vers Tegucigalpa.

Comme fruit de la situation mondiale, l’impérialisme et la bourgeoisie de toute l’Amérique centrale ont été obligés de ne pas reconnaître les putchistes, mais ils tentent de faire pression pour que le peuple hondurien accepte, par la négociation, un arrangement avec ces derniers au nom de la paix et de la « gouvernabilité ». C’est cette manœuvre que le gouvernement Arias et l’impérialisme ont tenté quand ils ont appelé à une médiation.

Le gouvernement du Costa Rica a essayé d’imposer la capitulation à Manuel Zelaya. Cependant, devant le refus des putchistes, Arias n’eut aucune possibilité de proposer quelque chose à Zelaya, et sa manœuvre n’a eu alors aucun résultat. Le Front National contre le Coup d’Etat craignait une capitulation de Zelaya, et face à ça, il a décidé d’envoyer une délégation de 7 représentations des organisations populaires qui sont venus avec le mandat d’empêcher une négociation entre le gouvernement putchiste et Zelaya. De plus, le Front exigeait comme unique solution au conflit le départ des putchistes, et la convocation d’une Constituante. Comme produit des mobilisations massives qui continuaient au Honduras, la présence des délégués a aidé à ce que la manœuvre d’Oscar Arias et du Département d'état nord-américain ne se soit pas concrétisée.

Bien qu’à certains moments, la tentative de négociation dans le dos du peuple du Honduras a été freinée, elle est restée la principale politique de l’impérialisme, pour éviter que ce soit le peuple hondurien qui règle ses comptes avec les putchistes. C’est pourquoi le Front contre le Coup d’Etat et toutes les organisations qui le soutiennent doivent rester en alerte face à une nouvelle convocation à la négociation qui pourrait les dépasser.

La résistance continue

Jeudi, les méthodes de la rue ont été reprises avec plus de force pour affronter les gorilles, puisque les organisations populaires se sont mobilisées dans toutes les régions, par exemple sur la route qui relie Tegucigalpa et le sud du pays, un blocus massif a été réalisé que le gouvernement putchiste n’a pas osé réprimer. De plus, le vendredi 10 juillet, un blocage civique a été appelé, ce qui a paralysé plusieurs routes du pays.

Pendant que le gouvernement putchiste de Micheletti gèle les comptes des centrales ouvrières et des syndicats enseignants, les gouvernements impérialistes (bien que l’OEA et l’ONU ne reconnaissent pas le gouvernement issu du coup militaire) continuent de commercer et refusent à prendre des mesures plus fortes comme le gel des comptes bancaires des putchistes.

Nous, la LIT, avons appelé à appuyer l’actuelle résistance du peuple hondurien et à renforcer les actions de force comme le blocage civique, de manière à garantir l’auto-organisation nécessaire pour se protéger de la répression des putchistes. De plus, nous dénonçons les tentatives de négociation dans le dos du peuple qui essayent de légitimer le gouvernement putchiste. La mobilisation du peuple hondurien est un message clair à Zelaya pour qu’il ne rouvre pas une table de négociations, il doit plutôt appeler à appuyer et à renforcer le blocage civique et toutes les autres actions de force que les masses honduriennes réalisent.

Les médias et les gouvernements bourgeois veulent convaincre les masses qu’à travers la gestion diplomatique ils vont rendre la liberté au peuple hondurien. Nous prévenons le mouvement ouvrier international et les peuples qu’aujourd’hui plus que jamais il est indispensable de donner toute notre solidarité à la résistance du peuple hondurien jusqu’à ce qu’il vienne à bout du Coup d’Etat. Pour cela, il est nécessaire d’organiser des manifestations de rejet du Coup d’Etat dans tous les pays, et d'exiger la suspension des relations commerciales avec Honduras jusqu’à ce que Zelaya soit rétabli.

Appui total aux mobilisations ! Approfondissement du blocage civique jusqu’à la victoire !

Aucune négociation avec les putchistes. Dehors Micheletti ! Rétablissement de Zelaya.

Jugement et sanction pour les putchistes meurtriers !

Tous les gouvernements à commencer par les Etats-Unis doivent rompre avec tous types d’aide économique et militaire au gouvernement putchiste.

Pour la rupture des relations diplomatiques avec Honduras jusqu’à ce que les putchistes partent.

Pour une assemblée constituante libre, démocratique et souveraine.

Le 10 juillet 2009

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