| 22 jours de résistance contre
le coup d’Etat s’achèvent au
Honduras. Pendant ces trois semaines le
peuple travailleur hondurien a fait montre de
sa force historique, des dizaines de milliers
d’honduriens ont participé à la
résistance contre le coup d’Etat,
supportant la répression et la persécution.
Comme en informe le communiqué du 19
juillet du Front National contre le coup
d’Etat (qui coordonne les
mobilisations), les auteurs du coup
d’Etat ont perpétré : « 4
assassinats, 1158 détentions illégales,
harcèlement et persécution des représentants
du mouvement social ; 14 médias, 14
journalistes et 4 organisations sociales ont
subi des atteintes à la liberté
d’expression ». Doivent
s’ajouter à cela les intimidations
quotidiennes dans les entreprises, dans les
cités ou dans les centres d’études,
outre la furieuse campagne anticommuniste que
vomissent les journaux partisans du coup
d’Etat et la quasi-totalité des chaînes
de télévision.
Malgré cela, le peuple hondurien a
continué à résister et à faire
l’histoire, bien que le massacre à
l’aéroport de Toncontín et le premier
tour des négociations au Costa Rica aient
produit un moment de confusion, le mouvement
populaire a progressivement retrouvé sa
confiance et sa force, de nouveaux secteurs
s’y sont incorporé.
Les travailleurs
de l’éducation réunis dans la FOMH
(1) ont
constitué la colonne vertébrale de la lutte
urbaine, articulant autour d’eux
d’autres travailleurs de l’Etat,
des paysans et des habitants. Le mercredi et
le jeudi de la semaine dernière, plusieurs
barrages sur les routes dans tous le pays ont
frappé les entreprises liées au coup
d’Etat, empêchant les exportations. Le
point noir résidait toujours dans les
centrales ouvrières qui négligeaient
d’appeler à la grève générale.
Il est impératif de comprendre en ce
moment le rôle joué par l’impérialisme
américain et sa politique sur la scène
hondurienne. Les principaux personnages du
coup d’Etat, civils comme militaires,
ont été formés par l’impérialisme
yankee, aussi bien pendant la « sale guerre »
des années 80 qu’à l’époque
néolibérale. L’ambassade américaine a
sans cesse encouragé la dissidence contre
Zelaya, mais sa stratégie fondamentale a
toujours été l’usure électorale et le
chantage ; mais quand l’extrême droite
hondurienne, confiante dans l’appui de
ses maîtres impérialistes, exécuta le coup
d’Etat, l’administration Obama ne
put soutenir ouvertement le coup d’Etat
(comme cela s’était passé dans les
années 80). Cette situation contradictoire a
abouti à ceci : bien que les auteurs du coup
d’Etat aient obtenu presque
l’unanimité des élites honduriennes
pour le mettre à exécution, ils sont restés
totalement isolés au point de vue
international.
Nous rejetons le piège de
la négociation
Face à cette situation, le gouvernement
impérialiste cherche un vieux coquin de
confiance : Oscar Arias Sanchez, président du
Costa Rica, directement placé en « médiateur
» par le département d’Etat. Le « plan
Arias » avait pour objectif de stabiliser la
situation conflictuelle ouverte par le coup
d’Etat. Même si le plan Arias pose la
nécessité de rétablir Zelaya à
l’exécutif, les autres points visent à
éviter de convoquer un Assemblée Nationale
Constituante et surtout à garantir
l’impunité des auteurs du coup
d’Etat et la protection de toutes les
institutions corrompues qui l’ont
orchestré (Cour Suprême, Tribunal Suprême,
Forces Armées, Commission des droits de
l’Homme).
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En plein dans une situation
paradoxale, où ni le coup d’Etat ne se
consolidait, ni le mouvement populaire
n’arrivait à en expulser les auteurs,
se poursuivent les secondes négociations au
Costa Rica, où l’on présente le « plan
Arias » en 7 points.
Ce qui est nouveau dans ces négociations
c’est que la délégation de Zelaya
accepte les 7 points du plan, abandonnant les
bannières fondamentales dressées par le Front
National contre le coup d’Etat comme la
Constituante, et elle accepte
l’impunité des auteurs du coup
d’Etat et la protection de la tête des
armées. Cette prise de position de Zelaya
remet sur la table des négociations les
motifs qui ont conduit à la résistance
populaire.
Malgré l’accord de Zelaya avec le
plan Arias, les négociations ne sont pas
parvenues à satisfaire les exigences de la «
droite dure » qui ne veut pas du retour de
Zelaya, mais qui surtout veut des garanties
claires pour les Forces Armées et les
partisans civils du coup d’Etat.
Dans ce cadre, il est d’une extrême
importance que le Front National de
Résistance contre le coup d’Etat trace
une ligne nette d’indépendance face au
gouvernement, non seulement en dénonçant le
rôle d’Arias (chose déjà faite) mais
aussi en exigeant la rupture nette de Zelaya
avec les négociations et les intentions du
Plan Arias. Ainsi qu’en dénonçant son
accord avec les plans du Département
d’Etat personnifiés par Oscar Arias.
Il dépend du mouvement populaire de
maintenir la lutte dans les rues et surtout
de garantir le Débrayage Civique National
pour se débarrasser enfin des auteurs du coup
d’Etat, assurer leur jugement et leur
châtiment et pour parvenir à effacer les
vieilles institutions à travers la
convocation d’un Assemblée Nationale
Constituante libre et souveraine.
Retour
inconditionnel de Zelaya !
Il faut organiser et préparer le Débrayage
Civique National jusqu’à la déroute du
coup d’Etat !
Jugement et peines pour les militaires et
les civils qui ont orchestré le coup
d’Etat et mené la répression contre le
peuple !
Liberté pour tous les prisonniers
politiques ! A bas la répression du coup
d’Etat sous toutes ses formes !
Rupture immédiate avec les négociations au
Costa Rica ! A bas le plan Arias !
Seul le peuple mobilisé peut garantir
l’Assemblée Constituante libre et
souveraine !
Il faut maintenir et approfondir la
solidarité internationale avec le peuple
hondurien ! Boycott commercial et
diplomatique jusqu’à la chute des
auteurs du coup d’Etat !
(1) Federación de la Organizaciones
Magisteriales de Honduras, fédération des
organisations enseignantes du Honduras
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